J'apprends à regarder

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Mercredi 28 juillet 2010

aujourd'hui, rien de prévu

Ma voisine d’en face se lisse les cheveux depuis plus d’une heure. Avant, elle s’était longuement maquillée. Je suis attablé à un restaurant pas terrible et pourtant assez cher, dans l’aéroport de Jakarta. Il est 9h du matin, et je n’ai pas dû dormir plus de cinq heures depuis deux jours. Deux jours exaltants et décevants comme seule Bali sait les préparer, alternance de moments de grâce et d’autres lestés de poisses en tous genres.

Lundi donc, vers 16h, il m’avait fallu quitter, en habit traditionnel, la fête du temple du palais d’Abianbase. Le seul problème, c’est que ça ne se fait pas, puisqu’il ne saurait y avoir de rendez vous plus important que ces fêtes de temple. Seule solution dans ces cas-là, choisie de concert avec Grégoire: le gros mensonge que personne ne croit mais qui dédouane tout le monde. Cette fois-ci, je me suis éclipsé “pour recharger les batteries de l’appareil photo” et “j’ai reçu un coup de fil urgent qui me pressait de rentrer fissa”. Hop, c’était parti. En fait, on m’attendait au petit séminaire une heure plus tard, et j’ai dû foncer comme un malade pour pour y arriver pas trop en retard. Une heure de moto en cinquième voie, celle de la ligne du milieu, ou par les bas côtés pour doubler les énormes camions. Joie. Il pleuvait à seaux… et je suis arrivé noirci par les eaux salies des routes. Tout ça pour aller célébrer dans une famille l’action de grâce pour la naissance du petit dernier. Les grands parents sont riches cathos et voulaient que le beau-fils, français, entende un peu parler de religion chez lui. Commande donc d’une homélie en français à destination des 3 personnes capables de le comprendre… les trois étant évidemment celles qui devaient avoir la mine la plus concernée, même si par choix, ils n’auraient peut être pas été là. Grand moment qui en rappelait d’autres, quand on allait porter la communion dans certaines familles de donateurs.  Grands petits-côtés de l’église indonésienne… De retour, texto m’annonçant qu’il fallait les habits traditionnels pour le lendemain, donc au programme du soir, lessive expresse de la veste, imbibée de l’eau noire des routes balinaises…

Le lendemain matin, il fallait que je sois à Ubud à 7h, donc levé à 4h45 pour la messe de 5h30, le temps de commencer à préparer la valise pour la suite et l’appareil photo pour la journée. Parti juste après la messe, et ayant organisé les derniers détails de mon voyage du lendemain, ce fut une expérience bien plus sympathique de voir le soleil se lever sur le Gunung Agung, au milieu des rizières, à fond sur la moto… A 7h, je rejoignais Grégoire pour filmer son groupe de chant et de danse… 20 minutes de moto plus tard, on arrivait au fin fond de la montagne… où ses musiciens étaient en train de préparer un lawar –viande hachée finement et mêlée d’épices- pour son anniversaire. Comme d’habitude, il avait fallu foncer pour se poser longtemps à ne rien faire. Le temps d’une virée au fond d’une rizière par des chemins hasardeux à l’arrière de motos pour aller chercher de l’alcool fermenté dans un arbre à 15 mètres de hauteur (jamais je ne pourrais monter comme ça le long d’un bambou entaillé), on finit par arriver sur le lieu pour filmer. une rizière en escaliers merveilleuse… et trois bonnes heures au soleil de musique. Je suis chargé de faire des films en gros plan… intéressant.

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Un peu cramés, on rentre vers treize heures, fait deux interviews, attend pas mal… et on file continuer le boulot un peu plus au sud, chez, KetutIMG_8072-1, le dalang surdoué. ll voudrait que je danse devant lui! Ah Ah… bon moyen d’être ridicule. Bon, en deux mouvements, on classe l’affaire… et comme il n’est pas encore tard, Grégoire décide, après le transfert des dix gigaoctets de données d’enregistrer quelques morceaux de Gender… Mais on a épuisé son enregistreur. ce sera donc pour le mien! Trois quarts d’heure de musique hallucinante. le Gender, c’est vraiment classe! Comme on s’apprête à partir, ils nous invitent à manger… comme ça se fait presque tout le temps à Bali, et ça ne se refuse que IMG_8101-3rarement. Et ça permet à la pluie d’arriver… on attend un moment et on se décide à partir quand même, chacun de notre côté. Comme les phares de la moto sont un peu en vrac, la route, que je n’avais jamais prise devient délirante. On n’y voit rien, je manque de taper dans un gars, fait gicler les flaques, et 40 minutes plus tard, me voici de nouveau, en habit traditionnel –propre et humide- au palais d’Abianbase où ils donnent un Gambuh, un théâtre chanté balinais extrêmement ancien, lent, et beau. Je me devais d’être là parce que le maître du palais, Agung Raka PayadnyaIMG_8166-10 voulait que je puisse prendre des photos pour Kati, une amie commune à lui, Grégoire, moi et une palanquée d’autres balinais. Heureusement, il ne pleut plus. Le temps de manger un morceau, (oui, encore) et le spectacle et les photos commencent. Au bout d’une demie-heure, la pluie se remet à tomber à torrents. Le sol disparait sous une quasi rivière. C’est délirant.

et ça dure. ça dure… ça dure

le spectacle se termine. On attend la rotation des parapluies, mais il faut que je rentre à Denpasar, où, à 4h30, quelqu’un doit m’emmener à l’aéroport. minuit. il pleut, on me déconseille de partir.

Me voilà donc assis, avec Grégoire sur le Bale, devant sa chambre, sur une moquette rouge, à deviser en espérant une accalmie. une heure. ça tombe toujours. 1h30, je tente l’aventure. Il pleuvra pendant toute la route, et je mets une heure trente à faire ce que je pourrais faire en moins d’une heure si la nuit avait été claire. Rincé. A trois heures du mat’ j’arrive devant la grille verrouillée du séminaire. Intact mais rincé. il me faut l’escalader, j’ai pas la clé, en rangeant la moto  sur le côté! Le temps de faire mes bagages, il est 3h30 et je devrai me lever à 4h pour partir à l’autre bout de l’Indonésie rencontrer un coopérant. départ prévu à 4h30, je pensais que ce serait en moto, et il flotte toujours. ce sera en voiture. Ouf…

Et me voici dans ce resto pourrave de l’aéroport domestique de Jakarta, face à une minette qui se lisse les cheveux depuis une heure… et je me dis qu’entre spectacles inoubliables, rencontres improbables (et j’en oublie) et poisses vertigineuses, j’ai bien fait 1. de partir seul à Bali 2. de ne pas tout trop prévoir.

La suite plus tard.

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Lundi 26 juillet 2010

Comme avant

la santé est revenue après quelques heures  de sommeil… et si on reçoit des tombereaux de flotte sous la forme d’averses diluviennes et qu’il faut lever les pieds en moto pour passer les gués que sont devenues les routes, tout va encore pour le mieux. Hier, Messe à Gianyar… et homélie à la clé. en Indonésien. Puis, spectacle des Kobagi, sur scène, grandiose.

Je suis reparti dans l’après-midi pour Dalung où j’ai retrouvé les petits danseurs pour un cours extraordinaire… Discrètement, je me suis positionné derrière eux et ai suivi le topeng keras… Bon, mise à part une suée diluvienne elle aussi, on ne pourra pas dire que ce fut merveilleux niveau qualité de mes mouvements… mais ça fait un bien fou. et j’y reprends un plaisir non caché. Quoiqu’il arrive, ils sont toujours meilleurs!

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Le soir, je me décide à repasser par le séminaire et j’apprends alors qu’on m’a collé une célébration avec homélie en français cet après midi dans un café branché de Seminyak. Ya pas, ils ne peuvent pas s’empêcher de faire ce genre de plans… Bali est vraiment une île où je ne saurais jamais tout calculer! et où on a vite fait de se faire bouffer!!! En même temps, je crois que c’est le cas dans tous les groupes sociaux qui se croisent ici… On peut y trouver une place, mais la place vous attrape tout autant qu’elle vous donne de l’espace. Il doit y avoir, sous couvert de sourires, plus de devoirs que de droits. heureusement qu’on trouve encore, de-ci delà des hommes libres, chrétiens ou hindous…

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et une vue de l’église de Tuka, pour le plaisir!

Samedi 24 juillet 2010

Le syndrome du vieux con

Le syndrome du vieux con, c’est celui qui te fait voir, quand tu reviens dans une région, un pays, une activité que tu connaissais bien, tout ce qui a empiré. Il se ponctue de nombreux “de mon temps”, “à l’époque”… Il a le chic de tout voir à l’aune de ses souvenirs souvent enjolivés, simplifiés, et résiste allègrement à la nouvelle époque.

Parce que voyez vous, Bali a pas mal changé. D’abord, il y a plus de motos, de voitures, de routes, de magasins partout, de cités de maisons, de constructions hautes, de téléphones portables, de jeunes accro à Facebook, de célébrations avec des blancs dedans, de Buddhas ans les magasins, de centres spirituels, d’églises moches, avec des motifs balinais pour faire local…

Certes, quand on monte un peu dans les montagnes, on retrouve une certaine ambiance… mais que l’on voudrait maintenir telle quelle, pour que ça fasse local, comme un parc anthropologique, version pas moderne. Oui, mais ça bouge. Ou plutôt ça continue de bouger comme avant…

J’ai réussi à me choper une mini insolation pendant les préparatifs d’une crémation où finalement je ne suis pas allé… les Balinais y étaient toujours aussi balinais, la musique bordélique, les danses nécessaires et ignorées par tout le monde, le wayang pareil. Tout y est, non pour être regardé, mais parce que c’est nécessaire. La reconnaissance n’est pas dans les applaudissements d’un public qui se flatte d’être là au bon moment, au bon endroit, mais dans la nécessité de chaque chose, au bon endroit, au bon moment.

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mais l’expérience se fait vraiment nouvelle aussi. Grâce à quelques contacts, je peux repasser du temps avec de vieux amis français qui vivent depuis longtemps à Bali et avec qui on refait le monde. On s’amuse de nos échecs successifs, on s’énerve de l’inertie, des nouveaux travers, des blocages incompréhensibles, mais je découvre aussi comment leur art a évolué, tel Jean Philippe dont j’ai découvert les deux enfants… et les peintures hier…

ou Greg Made Bagus, compositeur français qui crée un spectacle à Bali, les KoBaGi… J’ai toujours détesté les créations nouvelles à Bali, souvent, c’était plaqué et ça sonnait faux mais j’ai pu assister à leur répétition de nuit sous un auvent de tôle, à la lumière d’un misérable néon… ce spectacle, mêlant cak et percussions balinais avec des “sons” corporels est réellement très très intéressant. Et pendant les deux heures de répet chaque soir, ils se marrent!

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Le vieux con apprend donc à comprendre Bali, ses chrétiens, ses hindous, tous aussi compliqués les uns que les autres, tous aussi accueillants les uns que les autres… au programme maintenant, passer le cap des suées et coups de froid et retourner chez les chrétiens… une homélie dimanche s’impose!

Mardi 20 juillet 2010

la vie comme elle vient

IMG_6552 quelques kilomètres en moto… quelques kilomètres vers des maisons où j’avais passé le plus clair de mon temps libre, vers des routes ou des temples que j’avais appréciés, vers des familles connues et aimées. Après l’immersion dans le monde chrétien, le petit séminaire en pleine reconstruction, la paroisse de Kuta au luxe affirmé, la cathédrale immense, je remonte vers le nord et retrouve les Balinais, leur nourriture, leur mode de vie. IMG_6722-1

Beaucoup de choses ont tout de même changé. En entrant dans la maison d’Ida Bagus Anom, un professeur de collège que j’avais bien connu, en cherchant surtout sa maison un peu partout, j’ai réalisé qu’il faudrait un temps pour se reconnaître. On espère que ça va bien se passer. Hélas, en entrant, j’apprends de sa femme qu’il était tombé en 2003 et mort quelques jours après. Ils ont trois filles, c’est-à-dire trois filles qui, mariées, iront habiter dans la famille de leur mari. Je me souviens à l’époque qu’il m’avait proposé de demeurer chez eux… la mère sans mari ravive rapidement ce souvenir. Heureusement, les familles sont plus grandes que les couples, et ici aussi, on laisse les petits enfants en garde chez les grands parents pendant la journée… Heureusement, les autres familles vont bien. Quelques morts, ici ou là, plus ou moins proches. Beaucoup de naissances, et quelques familles où l’enfant se fait attendre. Ce sera pour plus tard. en tout cas tout le monde l’espère.

Bon. pour l’instant je suis à Ubud. au programme aujourd’hui, revoir le palais de Gianyar et ses danseurs exceptionnels… Gung Ningsir, me voici.

Samedi 17 juillet 2010

on me susurre

ou plutôt on me hurle du fond des tripes, du cœur et de l’âme que ce qui me manquait de Bali se trouve là où j’ai passé la journée, quelque chose partagé avec les enfants que je n’ai jamais trouvé ailleurs… même si les enfants danseurs sont tous nouveaux, même si je n’ai dansé que du bout des yeux, même si tout a pas mal changé… il y a une simplicité dans ces moments qui donne fermement envie de rester… quand le reste des relations peuvent toujours être d’un compliqué…

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Après Bratha et Ngurah Karma, la nouvelle star s’appellera Kusuma mais je ne l’ai pas encore pris en photo!

Vendredi 16 juillet 2010

l'effet waikiki

gereja kuta parfois, ça arrive comme ça, d’un coup, sans être prévenu. On rentre inopinément chez ses parents, on se retrouve dans sa chambre d’avant, celle qu’on n’utilise plus depuis des années, celle qui n’a pas trop changé ; les parents la laissent avec son charme post ado, début étudiant, et, en voulant ranger ses vêtements dans les tiroirs, on voit, dans le fond d’un de ce derniers un vieux sweat-shirt waïkiki, ou fruits of the loom qu’on avait délibérément laissé en plan, là, il y a quelques années. Un coup d ‘œil pour vérifier que la porte est fermée, et on passe le sweat… déformé, trop petit, mal foutu, bref, le souvenir prend un coup de vieux. Mais dans le même mouvement ressurgissent les souvenirs de soirées, de moments partagés, de cadeaux, de coups de gueule, énervements, sourires liés à cette époque… Tout va très vite, les noms, l’attitude… comme si on revêtait son propre passé de guingois.

Retourner dix ans après à Bali a un petit effet waikiki… Avec la langue reviennent très vite des visages, des relations, des sourires. On se souvient brutalement de untel, on vous parle de telle autre qui vous était sortie de l’esprit, on ressent des tensions, des sensations oubliées. Le plus surprenant, c’est la rapidité avec laquelle tout revient en mémoire. le bon goût n'est pas le fort de l'église indonésienneAprès cette arrivée un peu sportive, ma première action balinaise, juste après la douche matinale aura été la messe paroissiale de 6h. C’est un passage obligé, mais je me surprends à savoir encore mot pour mot le Notre Père, reconnaître les intonations du supérieur de jadis, et sa manière si particulière de raconter des histoires au message à peine caché. C’est surprenant, à 6h du matin, quand on s’est couché il y a à peine 3 heures, de voir autant de monde. une bonne quarantaine de paroissiens, fidèles, à cette messe matinale.  L’église de Kuta est grande, luxueuse, et le presbytère tout autant. A Kuta, il y a de l’argent, des touristes, des fidèles…

D’ailleurs, ce matin, je suis plongé illico dans cette ambiance particulière du monde indochinois. Une famille se retrouve pour les 40 jours suivant la mort d’un des proches. Après la messe, tout le monde s’assoit pour partager un sachet de riz avec des condiments. ça faisait longtemps, et c’est vraiment bon ! Pendant le repas, les prêtres, religieuses, famille écoutent patiemment, le père de famille raconter avec force blagues ses idées sur la religion, et comment il avait fait comprendre à des sœurs, il y a quelques années que la religion c’est bien, mais l’esprit d’entreprise et la famille, ça compte énormément aussi. Il y a toujours eu cette tendance, dans certaines familles –notamment indochinoises- à ne rien faire passer au dessus des affaires, quitte à se racheter à grands coups de donations une âme paroissiale un peu après. Je m’étais beaucoup agacé de cela il y a dix ans, ça me hérisse encore! Une fois le compte d’histoires patiemment écoutées, chacun se sépare pour retourner à ses occupations. Il est 8h du matin, je suis maintenant accueilli à Kuta.

Le curé ici, c’est Romo Hadi, mon ancien supérieur du petit séminaire où j’étais en poste. Il n’a pas changé. C’est un homme droit qui dirige de main de maître, sans appel, ses subordonnés. Il décide de tout, sourit devant, commente après. Pour un européen, ce n’est pas toujours facile à vivre, surtout quand on reste deux ans… mais comme invité, ça reste intéressant. A peine sorti d’une rencontre avec le vicaire qui trouve que les T-Shirts à l’église sont trop courts, je me retrouve embarqué part le P. Hadi à l’évêché, puis en ville… Rien à dire… juste à suivre; En moins de 24h, je finis par rencontrer l’évêque, des mamans qui avaient aidé au moment des événements au Timor et qui se rappellent de mes traductions sportives, d’anciens élèves devenus séminaristes, bref le petit monde catholique, qui s’organise à côté du monde hindou…

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replonger dans son histoire, c’est vraiment apprendre à aimer ce qu’on a été pour savoir ce qu’on est devenu!

Jeudi 15 juillet 2010

flight n°CX633

IMG_6443 Les temps de passage sont toujours une aventure, plus ou moins sous contrôle. Les premiers pas dans la vie de foi autonome sont assistés par les retraites et célébration de profession de foi, ou les grands camps d’aumônerie qui vous emmènent, solidement encordés, sur les premières crêtes spirituelles. A la mesure de toute une vie ce ne seront peut-être que des monticules, mais on garde le frisson des premiers vertiges, quand bien même ils ne furent pas si vertigineux.

En matière de risque calculé, les voyages en avion se posent là. On transite d’aéroports luxueux en devantures d’échoppes tape-à-l’œil, on vérifie toutes les 3 minutes votre bagage, il y a presque plus de policiers que de passagers… tout est inscrit sur le billet. Une fois en vol, nourriture, divertissement, voyage, tout se déploie en temps utile, en temps utile… ou plutôt en temps tronqué.

Par le hublot, à 11 000 mètres d’altitude, les pays, la nuit, deviennent points lumineux, les fleuves de fines bandes claires et interminables, les montagnes des terrains vagues. Et l’on se surprend à rêver d’immobilité sur les terres traversées à 1000 km/h. Mais le voyageur scotché sur son siège, aventurier immobile à grande vitesse, se laisse transporter jusque dans de nouvelles contrées, et les heures disparaissent aussi vite que les kilomètres.

IMG_6451 Dans l’avion c’est une surprenante cohabitation d’histoires, de récits, d’attentes et de voyages. Certains rentrent, investissent, se délassent… Le ton reste feutré, moquetté, on perd quelque peu ses repères. Le temps d’un somme et la Chine se déploie sous les ailes, passionnante, intrigante. A 11h de la France, on découvre en descendant vers Hong Kong les reflets rouges d’une mer constellée d’îlots surexploités et de cargos. La première impression de Hong Kong est donnée par les personnels de santé qui vous scrutent derrière leurs masques verts à la descente de l’avion, thermomètre  à la main, puis par la foule patientant de ci, de là, ordinateur ouvert, wifi allumé. Autant CDG Paris est efficace et austère, autant celui ci semble attentionné… et surveillé, comme en témoigne le planton des toilettes.

Au bout de quelques heures, j’embarque à nouveau, pour Denpasar cette fois-ci. Voisinage sympathique avec un pakistanais en voyage avec sa famille, pour débarquer au bout de cinq longues heures dans l’île des dieux.

Je n’étais pas sûr que quelqu’un vienne me chercher… impression vérifiée, je hèle donc un taxi, pour me rendre à la paroisse de Tuban Kuta, Il est deux heures du matin, un garde regarde la télé à l’entrée. On essaie une porte ou l’autre, toutes fermées. On dégotte donc un matelas dans une grande pièce qui sert de rangement. La première nuit sera roots, ça me va. A peine 3 heures et quelques de sommeil plus tard, c’est la messe. Le temps d’une douche dans la salle de bain version Bali (un wc, un bac, une casserole) et l’aventure balinaise pourra commencer.

ça y est, je suis rentré !

PS: j’ai peur qu’en récupérant aussi rapidement la langue indonésienne, je perde par le même mouvement l’usage du français…

Mardi 13 juillet 2010

A suivre sous peu... #billet provisoire!

juste trois mots en en-tête de blog pour vous assurer de petites chroniques de mes découvertes balinaises (depuis l’aéroport de Hong Kong pour l’instant)… aventures ecclésiales (une église de 75 ans, ça s’écoute respirer et vibrer) aventures musicales et artistiques, aventures hindoues… ça promet. Au programme un mer rouge striée de cargos, un aéroport cosy, et des photos, des photos…

Lundi 5 juillet 2010

aventures estivales

banniere[1] Vous qui venez souvent, ou qui passez pour une première fois, vous l'avez peut-être maintenant oubliée. A force de la voir, elle a parfois disparu... Mais pourtant
Cette petite bannière, je l'aime bien. Une police appliquée, un peu (trop) de texte, des mots choisis, un projet.
des photos de Bali, de jeunes, de croix et de sacristies, un peu de lumière, un photographe qui ne se laisse pas regarder, mais regarde avec...
un livre ouvert, un début d'écriture, quelques lectures
le tout posé sur quelques ombres

pour que cette bannière garde son sens, il est temps de me remettre en route, pour de beaux projets estivaux. Quelques jours à Pontmain avec des collégiens viendront en chiasme avec d'autres jours à Lourdes pour des lycéens, aux deux bouts de l'été. Entre temps, je retourne à Bali, l'île d'il y a dix ans, celle de la coopération, du début du beau, de la photo, je retourne voir les amis, les chrétiens, l'île des dieux. un mois.

Je raconterai peut être un peu, ici, quelques rencontres, quelques regards, quelques vies.

Je raconterai sans doute sur le site du Jour du Seigneur quelques éclats de vie balinaise, en récits racontés, pour vous faire entendre les pulsations d'une Eglise qui vient de fêter ses 75 ans, dans ses forces, et ses recherches...

bref, je serai moins régulier, mais je vous partagerai un peu de ces regards qui vont m'habiter. Sur de nouveaux chemins inattendus et imprévisibles.

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Vendredi 2 juillet 2010

du retard dans l'eschatologie

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en fait, c'était plutôt, "si ça fait du bruit cette nuit, je me lève...". Et pas cool, ils font du bruit.
minuit – 1h – 2h – 3h – 4h (là je suis plus sûr) – 5h  – 7h le réveil.
pas le temps pour les idées géniales.
sobre messe, assis dans le sable, la marée montante.
saynètes actualisées des Evangiles de la femme adultère, des talents, du Bon Samaritain
partage des psaumes autour du feu, une bougie à la main, entre les braconnes et les marshmallows.
Bons moments qui en appellent un autre: pouvoir me coucher.

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