J'apprends à regarder

En quelques mots et photos, approcher de l'ineffable, Blog de David Lerouge, prêtre

dimanche 15 mai 2016

blabla paroissial

Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite, et ses premiers tourments sont vos premières rides… et ses premiers pas dans la vie sont aussi les moments des premiers choix. Pour autant, vous ne pouvez plus tant lui susurrer à l’oreille les bonnes décisions à prendre, les bonnes paroles à dire, les bonnes rencontres à faire fructifier. Chacun, dans son autonomie, se saisit de son éducation, de sa maturation, de son intelligence formée et accompagnée, mais aussi de son épaisseur pour avancer dans la vie. D’une certaine manière vous l’inspirez, mais sans lui dicter.

L’Esprit Saint a travaillé notre histoire de la même manière, par la prière, l’écoute de la Parole de Dieu, la charité engagée, il a inscrit en nous les traces de son passage et de son Conseil, il a formé notre intelligence à la lecture des signes de Dieu, il a formé notre volonté à la discrétion de Dieu, il a formé notre cœur à la volonté de Dieu, et bien souvent il nous parle avant tout au travers de notre histoire (plus que comme un petit ange perché sur notre épaule). Dieu nous parle au travers des lignes courbes de sa présence tout au long de notre vie. L’écouter, c’est discerner! Et quand notre cœur se ferme, il vient le toucher.  

lundi 11 avril 2016

le livret de famille catholique

C’est rigolo la mémoire,
tout le monde ne garde pas les mêmes souvenirs de la manière par laquelle le mariage fut préparé, parfois même au sein d’un même couple, et avec l’insistance du pape François sur la préparation au mariage, on se demande parfois si on n’est pas un peu en train de réinventer l’eau tiède. En tout cas, accompagner les couples et les familles semble de manière évidente un cœur de métier, et il n’est pas rare de consacrer une dizaine d’heures de rencontre par couple pour un prêtre, sans compter la journée de CPM, les soirées d’accueil, et les parcours un peu complémentaires (catéchétiques, sacramentels, ou Alpha duo et consorts, sans parler des petites retraites proposées à ceux qui le désirent). Le but? permettre au jeune couple de faire le lien entre leur vie et la richesse du sacrement dans lequel ils s’engagent, et les aider à nommer les lieux de la vie qu’ils choisissent… C’est assez chouette, édifiant, et un vrai choix de service public.
Et l’on se dit qu’avant ils ne devaient sûrement pas faire ça.
Samedi dernier, je rencontrais une famille pour un décès, et une des filles me confia le livret de famille catholique de ses parents, pour en tamponner la page obsèques (si!), les pages baptêmes étant remplies à hauteur de 3 sur 8 pages disponibles. Je récupérai le fameux livret, dans sa version “diocèse de Coutances”, imprimatur 1952. Eh bien ça vaut le détour. J’en ai ôté les pages concernant la famille… et je vous le partage ici. Pour une époque où l’on était supposé peu dire les choses, il y en a vraiment beaucoup d’écrites, y compris sur le développement psycho-spi affectif de l’enfant.
attention, c’est pas mince!
 

jeudi 31 mars 2016

Cher Ami en Vacances

Herzlich Wilkommen, Welcome, Bienvenudo, Benvenuto, Välkommen, Selamat Datang, ami vacancier avec les bottes en plastique de tes enfants à la messe, ta manière bien à toi de gérer la smala, ton sourire plaisancier, tes traits tirés, tes voix plus jeunes nouvelles et ton petit grelottement parce que personne n'a pu allumer en avance la chaudière... nous aussi, ici à la plage, on prépare "La Saison", et comme tu es überconnecté, on te parle djeunes et on le punaise à côté du cécéhèfdé, de l'ACAT, de l'atelier fleurs sur le panneau d'affichage. Certes, c'est un peu cavalier mais ça rappellera à ta seconde son club d'équitation (pardon), même si tu habites le hameau de Jullou qui s'appelle Le Chesnay. 

vendredi 15 janvier 2016

le feu qui chante

Depuis le mois de Septembre, je suis curé dans une paroisse plutôt formidable. On pourrait parler de la mer, des couchers de soleil, de la douceur du climat, des marées, et des parisiens à bottes propres, des paroissiens hyper engagés, des relations hyper positives et constructives avec les mairies, de la dame des fleurs, du bedeau, certes, du chauffage du presbytère, du confort du siège de présidence, des églises fort jolies ou de l’association propriétaire. Aussi.

Non, un des aspects formidables, c’est que les gens ici n’aiment pas trop les réunions le soir, ça gave tout le monde, alors on s’organise, on regarde le planning des marées, on se bouge autrement mais le soir, ça peut être cool. Genre hier soir, après les voeux de la paroisse, c’était soirée cool.

A la saison, le soleil est couché un peu tôt et le temps a fraîchi, si si ma bonne dame, enfin mieux vaut un petit froid bien mordant pendant l’hiver, c’est bon pour la terre voyez vous, parce que déjà les mimosas ont … (pardon je m’égare, ça et les considérations sur la santé, c’est surtout ça qui compte parce que quand on a la santé voyez vous, même avec un petit froid sec, ben, … je m’égare à nouveau). Bref, au presbytère, il y a une cheminée, un stock de bois, et quand la soirée peut être paisible, je bricole dans l’âtre, je bouine au foyer, j’égaye les chenets.

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Hier soir, donc, je venais de faire mon laïus tout mignon sur les briquets, j’en avais trois dans les poches (un dans chacune pour ne pas être pris au dépourvu) et je me suis posé après une journée chargée auprès du feu. Je l’ai allumé. Et j’ai regardé, et j’ai écouté.

Au début, papier, petit bois, ça illumine de partout, ça photonne à tout va, le bois prend vite, fort, c’est joli et enthousiasmant, ça ne dure pas, mais c’est un joli décollage, et les flammèches lèchent l’écorce des bûches.

Ensuite le bois plus conséquent, pour affermir tout cela, la chaleur s’installe, le feu se fait foyer et s’attise de lui même, attaquant la bûche de plus en plus profondément, mais toujours de l’extérieur

Et le feu prend son rythme de croisière, il tient, il chauffe dur, il rougeoie et se paie même le luxe de quelques flammes, moins enthousiastes, mais plus chaudes. Qu’on regarde mieux, qu’on retourne la bûche et la chaleur éclate à la face. C’est le moment efficace.

Et tout à coup, la bûche se met à chanter (et uniquement à ce moment là), de petits craquements semblent l’attaquer au cœur qui se fissure et se laisse consumer, elle semble se détruire, elle ne fait qu’embraser jusqu’au linéaments les plus profonds que rien n’avait atteint jusque là. Certaines braises semblent grises quand elles tombent, ce n’est que pour mieux cacher le feu qui les dévore sans la ramener. La moindre brindille qui s’approche explose en étincelles sous la chaleur, le feu ne se voit plus, mais il a tout touché, tout transformé, rien ignoré, jusque dans le coeur invisible à chacun.

et plus tard encore, quand le carbone sera envolé (oups), il restera de quoi enrichir la terre.

C’est une putain métaphore de la vie de foi, TIENS!

jeudi 14 janvier 2016

Galette aux Mielles*

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pour les “voeux”
refuser de dire merci, je ne suis pas celui qui doit les adresser (le Christ, le frère doit le faire)
refuser de dire les admirations, les écrire au quotidien
refuser de donner des souhaits, des vœux, mais donner des devoirs**
où il est question d’altérité qui fait vivre

et proposer que les chrétiens de la paroisse soient comme des briquets
toujours emplis du don qui s’enflamme
toujours prêts au coup de pouce qui embrase (sans lui rien ne se passe)
toujours une pierre de la parole qui fait étincelle dans nos vies
et sûrs que leur flamme est trop fragile, trop inutile, trop faible
à moins qu’elle n’ait le désir d’allumer un feu, aider à s’embraser
initier au don, pour allumer un foyer dont le Christ est le cœur
les chrétiens sont les charbons de son amour.

*Vœux dans la salle des Mielles, donc, avec la galette qui fait grossir avec. (avec des calembours comme ça, je vais finir par écrire un jargonnier spirituel)

**tellement d'instits dans la famille, ça finit par déformer.

vendredi 25 décembre 2015

Une vie de miracles !

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C’est un vieux truc de séminaire, ou d’exégète, ou de littéraire, je ne sais plus, mais dans l’Evangile de Jean, celui-là même qui est souvent lu aux grandes fêtes, on ne trouve pas le mot miracle, mais à chaque fois, en grec, c’est le mot « signe » qui est choisi. Pour qu’il y ait un signe, il faut Quelqu’un qui adresse le signe, et chacun qui essaie de le lire. Le miracle ne brille pas tant par son caractère extraordinaire que par le message dont il est porteur et la relation qu’il initie.

Depuis quatre mois, vous m’avez accueilli comme curé et si je n’oserais jamais dire que j’ai vu des miracles, mais j’ai vu des signes de Dieu, signes de sa Miséricorde, signes de sa délicatesse, signes de sa confiance en l’homme, signes d’un cœur de l’homme qui se laisse toucher :

Des regards d’enfants devant la vierge de Catherine Chauloux, paroles de foi autour du Père Daniel, rires de couturières dans la salle Sainte Marie, tendresse de Dieu pendant la messe quotidienne où l’on est chaque jour aussi nombreux, cœur qui bat lors du sacrement du pardon, beauté d’une messe en maison de retraite, silence intense un 15 novembre, servants de messe dévoués et généreux, poignées et coups de main, accueils chaleureux, rires de chorale, paroles sincères et gestes de paix… pour peu qu’on y soit attentif, Dieu ne cesse de nous déployer dans sa joie.

Je ne saurais souhaiter mieux ! Je ne saurais souhaiter que plus profond dans l’amour, plus large encore dans la main ouverte, plus haut dans le regard, plus long dans la pensée, plus délicat dans la parole, plus ancré dans la prière. Le mal, de toujours à toujours, qu’il soit dans l’absolu ou dans mon corps, donne le goût du désespoir et affaiblit notre capacité à aimer. Le regard porté sur le Christ est celui qui nous relève, et par grâce, nous invite à oser cette vie de liberté, de joie, de LUI.

Je ne veux, alors, avec vous tous, comme l’un de vous, que nous souhaiter une

Sainte Année

Parce que la Sainteté, toute petite et du quotidien, est ce dont le monde a profondément besoin…Et Dieu a bien besoin de nous pour faire rayonner son amour.

mercredi 23 décembre 2015

Poseey

Quand tu fais le tour dans l’église de Saint Pair, tu peux prier devant les sarcophages des Saint Gaud (et lire les nombreuses intentions de prière qui lui sont destinées), Saint Aroaste, Saint Scubilion, Saint Senier et Saint Pair/Paterne qui reposent ici…

Mais tu peux aussi t’arrêter devant l’une des seize (au moins sans compter les vitraux) représentations de la Vierge (dont deux de Lourdes, et trois jeunes Marie avec Sainte Anne) (coucou, ami prot’, Bienvenue)

mais surtout, tu peux apprendre que la sainteté, ça peut être trop posey

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vendredi 18 décembre 2015

Avançons vers la lumière

Depuis presque trois semaines et encore jusqu’à début janvier, la paroisse de Notre Dame de la Baie, à Saint-Pair-sur-Mer, accueille les toiles de Catherine Chauloux : une représentation de la crèche en cinq tableaux, installés dans la chapelle Sainte Anne. Dans la pénombre, on se retrouve ainsi à s’avancer au cœur du mystère de la nativité, au milieu des regards croisés des bergers et des mages, et de la délicate théologie de la lumière. Curé, je suis saisi de voir combien la générosité d’une telle représentation désactive tout pour entamer des dialogues féconds.

L’expo trouve sa continuité dans les enluminures contemporaines de Benoît Cazelles à la maison paroissiale.

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en ville, vous trouverez des farandoles oranges, extraites d’une autre œuvre de Catherine Chauloux, et qui guident les passants (au bénéfice d’un partenariat ouvert et fécond avec la ville) jusqu’à l’expo ouverte du mercredi au dimanche de 14 à 17h. (19 le samedi)

mardi 8 décembre 2015

Tu vas voir qu'y vont nous réinstaurer les indulgences

(oui, et c’est peut être pas une mauvaise idée, financièrement parlant)

L'actu du moment, chez les cathos, c'est ce jubilé : 

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et comme plus personne n’entrave rien au vocabulaire subtil de l’église, surtout pour un jubilé,
les paroisses de Saint Clément et Notre Dame de la Baie ont fait un petit dossier dans leur canard.
Attention, c’est tout copyrighté Sourire, même l’hommage à l’ami Edmond

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