lundi 30 octobre 2006

la symphonie divine

      Paul, Marie, Pierre, Joseph, Jeanne, Rita, Louis, Antoine… vous les connaissez, vous êtes passés devant leurs statues fleuries de lumières, ornées de prières, embellies de Mercis, statues de saints connus, vies lancées à la suite du Christ… Qui sont-ils ? Des hommes et des femmes qui ont laissé résonner dans leur vie la musique du Christ, jouant la partition de l'Evangile avec leurs propres instruments, sensibilités, accents. Ils continuent de la jouer auprès de ce même Christ, aujourd'hui et demain.
 
           Si leurs statues sont dans l'église, si leurs figures nous sont connues et si leurs airs résonnent, c'est que l'Eglise les propose comme des figures exemplaires de musiciens de l'Evangile. Mais à la différence d'un concert, nous ne sommes pas appelés à écouter passivement leurs compositions… l'Eglise a canonisé des saints pour qu'ils soient comme un appel à entendre que nous sommes capables de sainteté, que nous sommes tous appelés à jouer, avec notre vie, cette partition qu'est l'Evangile.
 
           Le gamelan est un instrument balinais, composé de gongs, de métallophones, de tambours. Il pourrait être comparé à un piano éclaté où chacun des trente musiciens jouerait une seule note. Quand bien même un des musiciens serait un prodige, sa partie ne devient belle que lorsque tous les musiciens jouent ensemble. Il en va de même dans l'Eglise. Ces partitions de saints sont peut être impressionnantes, sans doute les admirons-nous, mais la symphonie ne sera belle que si chacun de nous vient jouer sa note, en lien avec les autres.
 
           La Toussaint, c'est se mettre à l'écoute de cette symphonie des saints, c'est demander à nos prédécesseurs de nous apprendre à jouer notre partition, c'est nous reconnaître comme une note indispensable accordée aux autres.
 
           Depuis plus de dix siècles, la fête de tous les saints, connus et inconnus, est aussitôt suivie de celle de la commémoration de tous les fidèles défunts. Puisque tous sont appelés à être des saints, nous faisons mémoire de ceux qui nous ont précédés dans l'orchestre, dans l'espoir qu'ils ont déjà rejoint le choeur des saints… La symphonie divine est celle des vivants, ici ou auprès de Dieu. Alors, jouons notre note, vivons des appels de l'Evangile afin que résonne jusque dans le Royaume à venir la symphonie divine.