mercredi 27 juin 2007

eudaimonia

"il y a un bonheur dans le don de soi même.
Si nous pouvions savoir qu'une vie heureuse est possible, même aux heures d'obscurité...

Pour qui avance de commencement en commencement, une vie heureuse se construit. Jour après jour et même de nuit, nous irons à la source : en ses profondeurs scintille une eau vive.

Serait-ce aussi cela l'âme humaine : la discrète palpitation d'un bonheur?"

Frère Roger

samedi 23 juin 2007

entrez dans le ballet

Le thuriféraire s'approche de l'abbé, qui impose l'encens, le bénit, et l'envoie en tête de la procession. Un léger coup de clochette trouble le silence; les coules, chasubles et surplis bruissent au rythme du pas lent des frères. Deux à deux, ils s'inclinent devant l'autel et vont se placer de pair dans les stalles. Le chant, régulier, homogène, s'élève, résonne sous les voûtes et ponctue une liturgie solennelle, un peu empesée, franchement encensée. C'est un ballet pondéré et virevoltant, réglé à la baguette et peu souriant, où chacun joue son rôle, tient une place qui semble éternelle. Et pourtant, et pourtant...

Quand on concélèbre dans une abbaye, les prêtres invités se retrouvent immergés au c(h)oeur de la communauté. Assis dans une stalle, l'effet d'ensemble se trouve amendé: on surprend
un coup d'oeil vif quand le chantre se permet une variation,
un regard perdu dans un rayon de lumière,
un autre coup d'oeil pour avertir le célébrant qu'il est temps de bouger,
un coup de coude dans les côtes du diacre pour le sortir de son oraison,
un livre qui apparaît subrepticement dans les mains d'un concélébrant...

Les voix, les personnalités, les fonctions sont différentes mais complémentaires. La liturgie, sous les atours rituels où chacun vient se placer, devient un acte nécessaire d'assemblage d'hommes orientés par une même prière à la louange du Christ.

vendredi 22 juin 2007

Dis, est-ce que ça repousse les ailes?

C'est tellement important
quelqu'un
qui vous fait cadeau
de ses paysages

 

« Réapprivoiser la lumière ? »
fis - je, un peu confuse de mon insistance.

Avec la même douceur, il reprit :

« réapprivoiser la lumière
c’est
prendre le temps de redécouvrir
les paysages aux alentours de soi
et ouvrir son âme à leur langage… »

 

« Un jardin a besoin de se sentir regardé avec amour pour être beau
     quelles que soient ses saisons
     quel que soit le terrain
     quelles que soient ses pousses

à ces regards-là
     il fleurit
à ces regards-là
     il donne des fleurs inattendues

     simplement parce qu'il se sent aimé. »

 

Brigitte Jacques L. Dis, est-ce que ça repousse les ailes, Cerf, p. 52.61

lundi 18 juin 2007

juste un regard

Le mois de juin est surchargé de réunions, de bilans, de fêtes en tous genres, professions de foi, confirmation, ordinations... les semaines et les week ends rivalisent d'occupation. Aux beaux jours, les enfants sortent leurs parents en dansant sur des estrades improvisées lors des kermesses ensoleillées.

On y fait des batailles d'eau, casse des bouteilles, renverse des quilles, pêche des canards, sous le regard émerveillé des adultes ruinés à la fin de la journée!

Dimanche dernier, pour la kermesse de Sartilly, le temps était moins de la partie et les caouais, zippés jusqu'au col, luttaient contre les giboulées. Tous se sont réfugiés sous le mini-préau. En sirotant un petit café, ils ont admiré la concentration des spécialistes du stand qui a fait l'unanimité:

la qualité de la crêpe tient-elle dans le regard de la crêpière?

mercredi 13 juin 2007

Trois ans

Il est 23:03, le portable vibre, c'est un texto : "13 juin 2004, on s'en souviendra! Sois un prêtre heureux et contagieux! Matthieu" La journée avait été belle, un concentré de vie dans quelques instants de don. Pas tant d'émotions, non, sauf quand les regards s'étaient croisés, mais des minutes profondément intenses, ramassant avenir et passé dans un oui qui se voulait généreux. Et c'est cet instant qui se déploie maintenant depuis trois ans.

Je ne suis pas si sûr que tout soit simple, que la fatigue, les limites ou le découragement ne me replient pas parfois un peu trop sur moi, mais des envies de tout plaquer, non, jamais. Il y a tant de joie à voir grandir les personnes qu'on accompagne, les voir être touchées par le pardon, trouver un sens, une joie, une rencontre, une manière de laisser entrer Dieu joyeusement dans leur vie, avec le poids, le sérieux et le rire nécessaires. Il y a tant de joie à vraiment aimer. Cette vie donnée est loin d'être perdue, au contraire, et on ne reçoit pas tant si on ne se met à donner. Certains amis sont partis, ils étaient sans doute meilleurs, je n'ai que ma faiblesse à offrir, sûr que je ne peux rien sans celui qui me fortifie.

Trois ans, c'est déjà une belle aventure, et pourtant j'apprends encore... A regarder avec un regard nouveau, à conformer ma vie à l'appel que j'ai reçu, à laisser cette grâce imprégner chaque espace de ma vie...

En voyant des couples commencer, avancer, se donner autour de moi, je me rends compte qu'il serait illusoire de croire qu'aimer se fait en un instant et sans quotidien ni radicalité. Trois ans, l'aventure ne fait que commencer.

Ce soir encore, j'ai célébré l'eucharistie. Mémorial d'un don de vie, actualité d'un amour à accueillir, espérance d'un avenir à construire, je savais que ceux qui étaient là, confusément parfois, en vivaient.

Stanislas, Christophe, en s'engageant, me renouvellent dans le ministère qui m'a été confié. Que chacun se sente remercié de donner l'espace à des prêtres pour être signes d'aimer.

vendredi 8 juin 2007

18 mois, vus par un 40mm

il y a un an et demi, et deux ans, deux bébés ont débarqué. Bébés de la famille, des amis, ils se sont fait une place dans ma vie, ma prière, mes cadres photos. Et tranquillement, sous le regard béat des parents et parrains, ils grandissent... et se prennent à jouer avec l'objectif!

Stanislas à l'automne 2006. Maintenant, il a deux ans!


Syméon pour l'ordination de Stanislas ... Lalanne

Il sait très bien dire qu'il "veupas", mais souvent, en fait il sourit!

samedi 2 juin 2007

hâte mosaïque

Dieu l'appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! »
Il dit : « Me voici ! »
Dieu dit alors : « N'approche pas d'ici ! Retire tes sandales,
car le lieu que foulent tes pieds est une terre sainte !

Le buisson est éteint
Moïse, ému, est parti sans ses sandales.

citation de l'Exode, chapitre 3 © AELF -Tous droits réservés - 2000