samedi 29 mars 2008

par-dessus la tête

de retour de la première, enthousiasmante-et-exténuante retraite de profession de foi, relevant les yeux de mon écran, je vois...

un tas de linge propre,
les livres de confirmation, et les papiers correspondants,
des inscriptions pour la marche pascale,
du courrier pas ouvert,
une guitare en mode gisant,
un tas de papiers à trier,
un sac de linge sale,
des écharpes, polaires, chaussures de marche,
un appareil photo en mode charge,
un pot de confiture entamé,
des mugs en mal de tisane,
des badges de Desproges,
des cartes à écrire,
des piles de livres non usagés,
des piles usagées à mettre dans une poubelle qu'on ne trouve jamais,
des clés fauchées aux soeurs (penser à leur rendre lundi)
des bouts de billets de blog, parce que les mots se disséminent chaque jour...

et le tout, dispersé entre mon bureau, le plancher qui finit par disparaître, et les fauteuils qui essaient de rester accueillants (deux sur trois)...

et juste de l'autre côté de la porte, un univers mieux rangé... où se baladent des amis qui vous émeuvent d'un coup de fil en vous annonçant une naissance à venir, ou une renaissance, une résurrection en attente. ça vaut le coup de ne pas prendre le temps de ranger.

je suis bien d'accord avec Vim, l'auteur de ce blog, à une clope près, et quelques dessins, forcément.

c'est décidé, je range cette nuit, entre deux et trois.

samedi 22 mars 2008

samedi saint, lent travail d'espérance

l'année liturgique, telle une vis sans fin, nous fait passer par les mêmes eaux chaque année, mais insensiblement chaque fois un peu plus haut, un peu plus près de Dieu.
Le samedi saint, jour de silence, de retenue, et d'attente vient ouvrir un espace de latence, de profondeur et de sourde espérance, aveugle au coeur du triduum, Xavier Thévenot en parle très bien, je l'avais cité
ici, le 7 avril, après un texte de vendredi saint, obscur d'outrance face à l'égoïsme des prières, alors que j'étais Balinais.

on touche ici à la limite de l'écriture, qui ne sait dire l'ineffable, autrement qu'en l'évoquant. Alors, ce seront les mots de Didier Rimaud qui me travaillent aujourd'hui, avec une oeuvre de Fabien Meisnerowski, où le Livre est scellé par les bandelettes du desespoir et de la mort, où l'Ecriture ne se laisse déchiffrer, tant que le Ressuscité n'en brise les sceaux, n'en descelle les mots.

Pour inventer d'autres espaces,
où se relèveront les corps,
Il étendit les bras:
Tout homme est libéré,
Le mur s'est écroulé,
où l'on avait gravé que Dieu est mort!
Pourquoi vous désoler encore?
Depuis le jour du sang verse,
Vous savez bien que tout est grâce.

Pour vous garder près de sa face
et vous transfigurer d'Esprit,
Il étendit les bras:
Le voile est déchiré, le livre, descellé,
Qui retenaient caché le Dieu de vie.
Pourquoi ne pas courir à lui?
Depuis le jour du sang versé,
vous savez bien que tout est grâce.

Didier Rimaud.

sur le chemin d'Emmaüs, il leur ouvrait les Ecritures, Ecritures qu'ils lisaient, parcouraient, goûtaient, connaissaient... mais le livre, en Ecriture celée ne laissait pas poindre son espérance. Telle des runes inaccessibles, des griffures sur le papier, il était scellé. Magma vivant de l'Ecriture, le Christ en mourant et en ressuscitant nous remet l'Esprit pour faire du Livre un signe de vie.  

mercredi 19 mars 2008

repartir pour un an, messe Chrismale

autour de l'autel, face à l'évêque, une petite centaine de prêtres, un corps rassemblé, répond d'une seule voix, grave...

Fils très chers, à l'approche de l'anniversaire du jour où le Christ fit partager son sacerdoce à ses Apôtres et à chacun d'entre nous, voulez-vous, devant votre évêque et le peuple de Dieu, renouveler les engagements que vous avez pris?

oui je le veux

Au jour de notre ordination sacerdotale, par amour du Christ et pour le service de son Eglise, nous avons reçu la charge du ministère qui nous était confié. Voulez-vous vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus et chercher à lui ressembler, en renonçant à vous mêmes et en restant fidèles aux engagements attachés à notre mission dans l'Eglise?

oui je le veux

Nous devons être les intendants fidèles des mystères de Dieu par l'annonce de la Parole, par l'Eucharistie et les autres célébrations liturgiques. Voulez-vous, à la suite du Christ, notre chef et notre pasteur, accomplir ce ministère avec désintéressement et charité?

oui je le veux


(à l'ordination de l'évêque, en juin dernier)

samedi 15 mars 2008

transparence du mystère

Empreinte
et de mains, et de pieds,
et de sueur, et de sang,
rouge exfiltré dans les veines du bois,
tel un suaire laissé là.

Empreinte
d’'une offrande radicale,
d'’une souffrance donnée,
exténuant la logique de haine,
plongeant en abîme de solitude,
là où Dieu n’est pas,
là où l'’homme n’est plus.

Empreinte,
trace ensanglantée du drame radical,
témoin permanent d’'une absence,
où Dieu s'’est tu, 
où Dieu saisit, où Dieu relève.

Empreinte,
car le mort n’'est plus.
Empreinte,
car la mort n'’est plus
et la nuée évanescente des limbes de la peur
se fait lumineuse.

Empreinte
de celui qui n’'est plus ici,
empreinte
de Ressuscité,
empreinte
suggérant le mystère par le signe du vide.

Et sur la croix, laissée là,
composite de blancs et d'ors, accrochés,
d'’une éclatante transfiguration
apparaît encore
l’'empreinte
rouge sang donné,
et la croix, de gloire, peut rayonner.


(bannière eucharistique de Fabien Meisnerowski, son site ici)

samedi 8 mars 2008

désensable tes esgourdes

hier, Christophe est venu témoigner aux jeunes confirmands des joies de sa vie de prêtre... Il a beaucoup été question d'accueil, d'accompagnement, d'écoute... où l'autre devient plus important que soi-même, où la parole libère, où les mots déposés redonnent le sourire, pour avoir été écoutés sans jugement, sans réponse même parfois.

"Bien écouter, c'est presque répondre."
Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, Le Paysan parvenu