mardi 23 juin 2009

un pas de côté pour mieux regarder

A beaucoup courir, de temps forts en confirmation,
on reçoit beaucoup de joie mais on perd un peu souffle,
la vision périphérique se restreint drastiquement,
il est donc temps de retrouver les jeunes prêtres normands
pour une session en abbaye avec François Boespflug, o.p.

ce matin sur RCF, c’était un peu court… quelques jours de halte feront le plus grand bien!
Merci Fred d’avoir cité le blog!

lundi 15 juin 2009

un homme libre en équilibre

Sur les blogs ces derniers temps se multiplient à la fin des billets de petits sondages qui vous permettent d’évaluer (j’aime/ j’aime pas/ bof), pour illustrer les commentaires de l’impression de l’instant. Ces petits votes rejoignent les étoiles et autres bons points que les sites marchands accordent à tel ou tel livre. J’ai écouté, j’ai un avis. Mais à voter dans l’instant, à ne choisir que ce qui va dans le sens du poil sensible, on finit par passer à côté de trésors moins clinquants. Je me suis d’ailleurs bien fait avoir ces derniers jours. J’avais acheté par fidélité le dernier album de David Sire et m’étais surpris à dire dans l’instant, sympa, mais un peu léger à côté de ce qui se fait à côté. Trop simple… Et puis j’ai mis l’album dans la voiture, et pris le temps de l’écouter… et peu à peu, je suis entré dans cette simplicité volontaire, dans une douceur de textes sans brio mais tellement beaux, sans tours ni trucs, comme une caresse qui tape moins qu’un coup de poing, mais fait beaucoup de bien.

Et comme je ne veux pas citer de chansons en entier cette fois-ci… Je vais me balader avec vous dans quelques extraits. Tout en douceur…

comme une aspiration vers le haut…

(4) le monde est il un peu moins rude
quand on habite en altitude?
J’aimerais pouvoir grignoter
quelques étages sur l’horizon

(3) quel bizarre hasard se marrent
les fêtards paillards du bar (Lapointe)

pour tous ces petits qu’on ne voit pas…

(5) Alors toi aussi
quand t’es riquiqui
quand t’es tout seul
et qu’tu fermes ta gueule
quand t’es tout KO
dans ton chaos
quand tu t’sens tout nul
et tout minuscule
quand tu capitules
devant les pendules.

(8) A force de se dure que l’on a tout le temps
A force de briquets qu’on prend pour des volcans
la lave a peu à peu refroidi dans nos corps

(7) des vies qui vont, qui viennent et roulent
ballottées par la houle

(9) il me ta-a-arde

qui détonnent de silence dans le monde bruyant…

(10) si j’étais beau comme un camion,
si j’avais l’éclat d’un sou neuf
et les appâts d’un papillon
si j’étais moins… mais un peu plus…

(1) faut pactiser, faut pavoiser,
faut parader, faut pas rêver
ne pas être le dernier
mais tout faire pour être parfait
faut pas faire de faux pas
je n’y arrive pas.

(2) j’ai la démarche ébouriffée
l’étrangeté des va-nu-pieds
et le fond des yeux qui bouillonne
Marcher je ne sais faire que ça
Mais jamais je ne marche au pas,
et c’est pour ça qu’on me soupçonne

qui ouvrent des espaces poétiques en caresses amoureuses

(11) des caresses comme des poèmes
et puis soudain cette aurore tellement imprévue
quelques goûts qui revivent, des mots qui reviennent
dans la caresse d’une rosée, des mots que l’on attendait plus.

(6) je te regarde et c’est du soleil dans mes yeux
ça m’éblouit, ça brûle un peu, mais jamais je
jamais je ne fais ce que la raison conseille
jamais je n’ai chaussé de lunettes de soleil
(…) ça fait un bail que je ne suis plus raisonnable
depuis la nuit où tu t’es assise à ma table
tu as planté dans les miens tes yeux parfumés
et moi j’ai envoyé prom’ner mes verres fumés.

(15) lili c’est du lilas
comme un petit grelot
au bord de mon chapeau

(17) Moi quand j’étais petit
je vous lais faire géant
et puis, et puis
j’ai juste fait, un peu plus grand

alors, même si ces poètes silencieux ne sont pas compris

(14) on me dit : “ tête de nœud
vous faits un peu hors jeu
et vous abusez du silence ”

(16) être heureux, ça ne s’apprend
pas par cœur
moi quand je serai grand
je veux être rêveur

(12) on dit qu’une fois c’est pour toujours,
alors devenu troubadour

ils ouvrent des des respirations nécessaires dans l’aujourd’hui.

(13) un jour vous voyez venir sur terre
des enfants non voulus qui deviennent chevelus
poètes. (Brassens)

en musique, c’est ici


mardi 9 juin 2009

une bien belle messe, msieur l'abbé

Il est de bon ton, à la fin d’une messe de mariage, surtout dans un diocèse passablement crotté, rural, pour ne pas dire provincial où même les villes de 100 000 habitants sont dites ‘de campagne’, il est de bon ton, donc, de féliciter, dans la mesure où il ne s’est pas trop emmêlé les pinceaux, le célébrant d’un généreux: “une bien belle messe, m’sieur l’abbé/msieur l’curé/mon père”, qu’il s’agisse d’une célébration eucharistique ou pas. Quelques-uns oseront même s’esbaudir sur l’art du prédicateur, avec les mêmes qualificatifs, peu ou prou! Dans la majorité des cas, ce n’est qu’un soupçon de générosité qui permet audit ecclésiastique de renâcler à la question qui fâche:

“ah oui, et quoi en particulier ?
- tout, mon père…
- un aspect notamment ?
- non, non, l’ensemble était très bien”

s’empêtre le flagorneur sous l’œil narquois du flagorné. Mais on ne pose pas trop souvent la question. Il arrive tout de même de temps en temps que l’écoute a été particulièrement attentive, et un échange commence… mais ce n’est pas si courant!

J’en venais à douter de la franchise des complimenteurs en tous genres qui trouvent tout formidable pour être gentils quand dans un obscur appentis de Brix, sur un vieil almanach du facteur de 2007, avec non pas des chats, mais des pommiers, de la verdure, bref, du régionalisme façon la poste et une belle éloge des quatre coins de l’hexagone…

On y parlait de tout, on y parlait de rien… et comme la poste n’est guère vaticane, il n’y avait pas de mention de l’Evangile d’aujourd’hui où il était question de sel de la terre, ni de mention non plus des chrétiens configurés à l’agneau pascal… Non, non ce n’était que du régionalisme pur beurre, mais dans ces jolies définitions sur les trésors de nos terroirs, une jolie coquille, encore une, nous a fait découvrir que les homélies normandes, certes délicates, avaient naturellement un bon goût de sel

je suis tombé sur une charmante définition.

bon ça va, ça va. je sais c'est illisible et flou. Faut me faire confiance sur ce coup là, il faisait super sombre dans l'appentis en question, alors j'ai complètement foiré la photo, on va pas en faire un fromage!

si les homélies des Normands sont bonnes, c’est qu’elles sont de pré-salé! Tu m’étonnes que les familles parisiennes se pressent dans la région aux beaux jours. C’est pour l’Evangile!