lundi 27 juillet 2009

cendre de l'aube

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le ciel gris d’un soleil pudibond
épaissit la densité des vitraux, 
nimbe l’église d’un halo froid,
d’un mystère de pénombre.

les gemmaux les plus chatoyants 
des vaisseaux les plus grandiloquents, 
retiennent en leur opacité le poudroiement de la lumière
quand l’astre du matin ne fait danser ses rayons en empreintes colorées.

Le meilleur des communicants pourra écrire le plus beau vitrail
pour vendre le chatoiement de son église,
ses efforts resteront vains, voire stérilisants,
sans le chemin lumineux d’une rencontre de transfiguration.

que le soleil se cache derrière les nuages perlés,
l’église reste le lieu de la présence et de la rencontre,
elle protège des avanies, intempéries, désespoirs solipsistes
sans brio, froidement parfois détache l’amour de ce qu’elle a de “joli”…

la beauté de l’Eglise ne se balade pas que sur ses murs, mais en deçà,
sauras-tu l’éprouver?

samedi 18 juillet 2009

l'infime et l'infâme

bididididididididididip
rha fichu réveil…

dépêche AFP: madonna… pronostic vital réservé… ouvrier décédé…
mmhhr les spectacles de Madonna sont décidément mortels.

tactactactactactac…quelqu’un fore ma tête à coup de marteau.
coup d’oeil par la fenêtre, il pleut, un homme au marteau piqueur en bas
(réminiscences d’un cours de philo où le prof avait dit sans sourire “allez dire à la personne qui utilise un marteau piqueur qu’on travaille, nous, ici”. Blaguait-il?)

dépêche AFP: le pape admis à l’hôpital pour un poignet blessé en tombant dans sa baignoire.
au fil des flashes info, on ne sait plus s’il est entré, ou sorti à pied, où il est tombé, le vatican précise: “ce n’est pas un malaise”. blessure du poignet… ça va faire blaguer.

déplacements dans l’appartement, il y a du monde à côté.
le couvreur est entré poser des volets dans les velux. Pourquoi ils préviennent jamais?

dépêche AFP: un bâtiment s’effondre subitement à Elbeuf, un blessé grave
hey, mon filleul… ah non, c’est pas chez eux. ça va.

dépêche: le moustique qui m’a pourri la nuit est posé à portée de main
il y aura du sang sur les murs!

les infos du matin entrent dans les vies en flashes éphémères, dont on n’entendra pas plus parler que les statuts Facebook ou twitter une heure après leur publication. Si ce n’est pas assez près, émouvant, ou dépassé par une nouvelle plus grosse, ces mots, rien que des mots, s’évanouiront comme un éclair dans le ciel du matin.

Au milieu du cloaque des dépêches du matin : L’Indonésie est de nouveau troublée par les attentats, c’est si loin, c’est si grave. Qu’un pays qui incarne l’accueil, la diversité et l’islam modéré puisse être destabilisé sans que le monde s’en émeuve par un groupuscule assassin, voilà qui méritait d’être relevé.

Le lointain atténue la gravité. L’infâme y devient infime.

mercredi 15 juillet 2009

finis terrae

IMG_8421 webGatteville le Phare,
un bout de route, après le village,
vers le bout du monde,
presque partout, autour, la mer,

il est tard, la nuit se fait dense,
le moteur éteint, les flots discrets,
le ciel se laisse balayer sans trace
par le faisceau lumineux surpuissant.

Il y a quelques minutes,
je dînais joyeusement avec une petite famille
bien sympa au papa blogueur,
pour causer de tout, de rien, de mer
de vacances, d’écritures, de projets…
c’est l’été.

Et au bout du monde,
devant les flots qui scintillent épisodiquement
on découvre que c’est la fin de la période,
de l’an un.

une année d’aumônerie, à mettre ses pieds dans des pas plus grand que ses jambes,
une année de joies, de peurs, de nouveautés,
une année avec quelques vieilles échardes qui grattent, avec de nouveaux sourires qui motivent, une année qui vient de se terminer.

C’est le soir de l’année, et je ne l’ai pas vu venir, je n’ai pas les mots pour goûter, pour sentir ce qui a pu en une année bouger. La fatigue s’estompe, dans le rythme freiné, il faudra pour les vacances laisser l’agitation se reposer… Ces jours-ci, des projets un peu nouveaux viennent me saisir, pour écrire, pour relire, pour ouvrir de nouvelles portes. Mettre en forme un parcours de cinq ans déjà, ce qui brûle encore, ce qui brûle plus, ce qui n’était que feu de paille. on fera ça cet été.

mais là, au bout du chemin, on découvre que la même lumière brillait derrière, illuminera devant, en pointillés parfois, mais beaucoup plus loin que le regard, surtout le soir. allez…