dimanche 24 janvier 2010

pourquoi pas?

roma 2004 Chiesa del Gesu 

Pourquoi ne pas jouer le jeu de la prière ?
Dieu vous a tout donné de ce qui fait sa joie ;
Vous êtes de la terre et bien plus de sa grâce,
Vous êtes de chair et de sang mais aussi de sa Race.
Vous êtes son image et le corps de son Verbe.
pourquoi ne pas jouer le jeu de la prière ?

Pourquoi ne pas lever en très haute louange ?
Découvrez son reflet lorsque vous vous penchez
Sur les rebords de vous : l'eau de votre baptême
Repose en cet endroit de l'âme, émerveillé
où il est descendu ranimer tous ses germes.
Pourquoi ne pas lever en très haute louange?

Pourquoi ne pas chercher ce qui fait votre gloire?
Que pour chaque douleur se lève une tendresse,
Qu'il y ait plus d'amour qu'il n'y a de malheur,
Qu'il y ait plus de paix qu'il n'y a de violence
et bien plus de beauté qu'il n'y a de laideur !
Pourquoi ne pas chercher ce qui fait votre gloire?

Didier Rimaud

je m'absente quelques jours pour un temps de retraite nécessaire
qui m'éloignera des joies pastorales, des mises à jour sur Internet,
de Twitter, Facebook, de mes mails et de mon téléphone...
juste le jour où le pape nous invite à y être présent.

je vous embarque dans mes prières,
peut-être justement parce que le compagnonnage des prêtres si souvent à vos côtés
tient justement de leur appel à vous emmener avec eux quand ils savent se retirer
pour être mieux présents à la grandeur du mystère de l'homme
et de Dieu dans lequel ils vivent.

jeudi 21 janvier 2010

Rossinante! Sabre au clerc!

Hardi, sabre au clair, à l'hallali. En ces temps de riposte, le pourfendeur catholique de désinformation, essuyant son estoc sur le cadavre de son ennemi estourbi par tant de fougue et d'habileté dans la joute, guette alentours le prochain malheureux qui subira son ire vengeresse. Pour l'instant, c'est bon, c'est fait, Pie XII n'est plus silencieux, la marche pour la vie a rassemblé 25 000 participants, chrétiens, ouverts, avec pour souci la femme et l'enfant, et le secours catholique fait des choses formidables pour Haïti... Donc un nouveau champ de bataille se devait de saigner. C'est chose faite.

97r6awdt copie Les médias belges (bouh) ont vilipendé (rebouh) le futur nouvel archevêque de Malines Bruxelles. J'ai pas lu , mais il me semble grosso modo qu'il semblait "raide" théologiquement, proche de la ligne romaine du très craint Benoît XVI, et féru d'une exigence évangélique. Alors, voir se raidir et s'ultramontaniser la crosse de Bruxelles a suscité une mini bronca médiatique sur le ressaisissement romain... Voyant le procès d'intention, les avocats du diable se sont levés comme un seul homme pour assumer avec Mgr Léonard (ce génie) ce qui, du point de vue médiatique était radicalisation et repli traditionnaliste et identitaire, et qui, pour les chrétiens, n'était qu'assumer son identité Bayardesque sans peur et sans reproches.

Les croisades s'organisent dans tout le continent virtuel et on rivalise d'esprit, de fougue et de bravoure pour combattre les géants de la communication et des médias, tout enduits d'erreur. Les lecteurs applaudissent, la hallebarde en équilibre sur l'épaule. Les autres s'en foutent autant que de la différence entre les chiffres de la police et des organisateurs dans les manifs de la CGT...

Sauf que...

Cette fois-ci, on a peut être un peu vite enfourché les Rossinantes pour attaquer les moulins. On a vu plus d'un paroissien, plus d'un diocésain trembler dans son slip avant la nomination du successeur d'un curé,évêque mal aimé, car on sait ce qu'on perd, on ne sait jamais ce qu'on gagne. Avec le nouveau, il faudra réapprendre à travailler, comprendre ses petits côtés, se faire éloigner, ou se retrouver enfin bien dans la communauté parce que "l'aut', voyez vous, ben il faisait pas ça...". et il y a bien souvent des translations dans les équipes, certains du cercle des happy few se faisant centrifuger par le nouveau. Y a pas, les nouveaux, ça vous colle le trouillomètre à zéro!

Je ne suis pas diocésain de Bruxelles, mais je ne connaissais l'ancien évêque pour ses écrits, sa justesse spirituelle, ses méditations et ses textes que je lisais. Et quelque part, il me touchait et me faisait, de loin, grandir sur ma foi... Alors même s'il n'était pas mon "pasteur", et que cette nomination ne change techniquement rien pour moi, ben j'y suis tout de même sensible, de loin.

Le grand truc, c'est que la nouvelle défrise surtout ceux qui s'en moquent comme de leur première  barboteuse, ceux qui ne mettent les pieds dans les églises que pour les visiter, ou pisser à la moindre occasion dans les bénitiers et sur leurs grenouilles. Ceux là grognent. Ils rouspètent et vitupèrent, parlent de dictature, de vieux schnocks, de monde injuste, comme un ado fait un esclandre devant la nouvelle directive parentale qui interdit Internet depuis le coup du carnet de notes falsifié. "ça n'a rien à voir, c'est la dictature, c'est dégueulasse, même!" ils (l'ado et le média) crient d'autant plus fort qu'ils se sentent loin de ce rigorisme petit bourgeois de ces vieux qui n'ont rien compris. Je ne doute pas que les arguments invoqués sont bas, que le débat est des plus bas... Ils crient contre ce pouvoir qu'ils conspuent. ils crient aussi fort qu'ils attendent d'en être reconnus et estimés. Ce n'est pas l'indifférence qui est souhaitée, même dans la violence, c'est d'être reconnu, reconnu comme un fils, comme un membre "grand" de la famille... sans s'en donner les moyens.

Ce qui fait peur à la société belge dans la nomination de Mgr Léonard, c'est l'impression que le retour à l'exigence, la grandeur, la force du message évangélique et ecclésial  dans sa radicalité morale ferme les portes à ceux qui s'en reconnaissent secrètement mais ne poussent pas souvent la porte. ils ont peur qu'elle se grippe pour eux, qu'il faille "en être" ou "rester dehors".

Techniquement, cette porte, ils ne la poussent jamais ; l'Eglise, ils ne l'entretiennent jamais ;  le catéchisme, ils l'ont oublié et ne le lisent jamais, mais ils sont prêts à en accueillir pas mal d'aspects actualisés ; leur foi tient du cactus qui survit sans eau, mais fleurira aux temps opportuns. Mais, ils se sentent un peu du genre végétal et craignent qu'on leur ferme l'accès au puits.

Tout comme le chrétien pour qui l'évêque est si important, mais qui est rattaché à l'Eglise par un tel mystère qu'il saura se faire à la personnalité de son nouveau pasteur, ils auront à apprendre, avec beaucoup moins de soutien, à entendre ce que le Christ dit à l'Eglise dont ils font partie de loin au travers de ce nouveau pasteur. Pour l'instant, ils disent leur peur du cadenas. plus tard, ils découvriront le puits que cachait les planches mal équarries.

A celui qui a peur, qui bat des ailes tel un moulin avide de grain, il est inutile d'user de l'estoc, ou de la lance en pleine course de Rossinante, mais d'un geste apaisant, redire viens, n'aie pas peur, je chemine avec toi. Certes, c'est sans doute une nouvelle couleur dans l'Eglise de Belgique, mais le Père qui aime ses enfants est plus grand que les peurs de ses petits...

PS: je n'ai pas lu les termes du débat, je n'ai lu que les réactions, et je ne m'y suis pas reconnu. Je ne signerai pas la pétition pour Mgr léonard, mais diable, je vais prier pour qu'il soit un bon pasteur pour son peuple!

lundi 18 janvier 2010

le claquement du tonnerre ou le bruissement de la brise ?

moi, c'est souvent en regardant la terre que je vois mieux le ciel. Parfois, le soleil est trop brûlant.A la vue de cette photo, je me demande si, parfois, ce ne serait pas en regardant prudemment où l’on va qu’on voit le mieux le ciel et ses subtilités.

Je ne me défilerai pas, en aumônerie, en paroisse, en caté, d’enseigner et de réfléchir sur ce qui est important à mes yeux et à ceux de l’Eglise, et de parler

  • de l’obéissance quand elle entre en conflit avec le souci pastoral,
  • de la défense de la vie sous toutes ses formes,
  • de l’accompagnement de la souffrance dans les parcours particuliers sans les achever du glaive de mon intransigeance,
  • de la vérité telle qu’on peut la percevoir, et la préserver de la défiguration,
  • de l’incapacité inquiétante de certains à entendre des sons discordants à ce qu’ils voudraient “communiquer”,
  • du souci de mon frère qui souffre au plus loin ou au plus près,
  • de la non réduction du message évangélique à son appropriation par des groupuscules nauséabonds,
  • de la place des chrétiens dans notre société.

mais je n’ai jamais su défiler, pétitionner, cliquer sur des groupes “j’aime/je pense/je fais partie” sur FB ou buzzer en meute… peut-être parce que l’Eglise n’est pas un groupe de pression, même s’il est nécessaire de faire du bruit quand la société se fait sourde

mais surtout parce que le peuple de  Dieu n’est pas une foule à slogans, ou dominée par des hauts parleurs, mais un corps dont chaque cellule fait résonner à sa manière la Parole qui lui a été adressée, et cette incarnation qui raisonne fait du bruit.

oui, j’ai un blog, mais non, je ne vais pas en faire un haut parleur, d’autres le feront mieux que moi. Lisez, renseignez-vous, cherchez, réfléchissez, écoutez… Je n’en parlerai pas ici, malgré la tribune que je semble avoir, en revanche, je vous promets de continuer à apprendre à parler à tous ceux qui me sont confiés… et ça fera du bruit, un bruissement inévitable !

jeudi 7 janvier 2010

8h11, en ouvrant la basilique

IMG_1060coupant le romantisme régressif enneigé,
le froid mordant a saisi le manteau moelleux
en une carapace résistante et glissante

le firmament lutte en nuages épais contre la lumière
dans un bleu soutenu et inquiétant
luisant sur un sol cuirassé de blancheur

la ville grelotte et dérape,
alors que l'éclairage urbain de l'église
souligne le tranchant d'un ciel en matin

l'hiver fait son œuvre, contracte les tissus apaisés ,
il fait trop froid pour cheminer, alors on brûle
d'ardeur, ou pour se réchauffer.

on rechigne à ouvrir la main, on serre les poings
on garde le souffle pour soi, en précieuses calories
et sur son petit monde se replie

s'exposer, écrire, s'ouvrir, partager,
détendre la main, s'arrêter, écouter
agit à l'envers des atrophies

mais ce matin je veux regarder vers le ciel
et me laisser éclairer.
il s'illuminera tout à l'heure,
s'adoucira
et tous dans la lumière auront envie de jouer.

lundi 4 janvier 2010

in blogo veritas

Antoine est sûrement un gars très bien. Antoine a laissé un commentaire hier pour nous signaler qu’il ne reviendrait plus lire les sacristains, ce petit site auquel je collabore trop rarement mais dont pourtant j’aime bien l’esprit et les participants.

Antoine ne reviendra pas parce qu’il pensait trouver systématiquement une réplique si possible bien sentie aux inepties médiatiques et autres approximations populacières concernant notre sainte mère l’Eglise. Nous avons failli à notre devoir d’offuscation, et il est vrai qu’un silence coupable s’est abattu sur le site tant pendant le synode africain à Rome, ce qui n’a embêté personne, que pendant la bronca qui a titillé la mémoire de Pie12, nous bornant à ne parler que de Jean Paul, le futur bienheureux.

Peut-être qu’Antoine avait fait partie de ceux qui avaient monté au créneau lorsque j’avais eu le malheur d’utiliser l’expression “je ne fais pas dans l’apologétique” sans en mesurer la légèreté. On m’avait trouvé lâche et faible, pas assez fier de ma foi pour en être digne. L’apologétique, Monsieur l’abbé, c’est la haute lutte de la Vérité.

Fleurissent d’ailleurs depuis quelques temps des blogs de réinformation catholique, des sites “entre catholiques”, des forums de pamphlets anti tièdes, anti nous… et je ne m’y reconnais pas tant. Qu’ils assassinent publiquement évêques, supérieurs de séminaire ou curés parce qu’ils ne satisfont pas à leur image de l’Eglise me chagrine encore plus.

Alors non, je ne reviendrai pas sur le net pour me faire dicter par Google ou par tel effet d’annonce ce que je dois comprendre de l’Eglise, où comment je veux continuer à la découvrir, à l’aimer,

je ne reviendrai pas sur le net pour y poser en sentencieuses affirmations un concentré d’abrégé de foi… tout est souvent plus grand

je ne reviendrai pas sur le net pour oublier le commandement de la charité quand me titille le souci de la vérité.

Je ne reviendrai pas sur le net pour y chercher des “tout comme moi” avec qui je pourrai vomir, ou me réjouir.

Je ne reviendrai pas sur Internet si je devais oublier le sens du dernier article de Robert Scholtus dans Christus, dans son numéro sur “Dieu nous parle” où il rappelle que si nous devons tant nous attacher à la table de l’Eucharistie, c’est pour pouvoir le faire autant avec la table de la Parole qui nous ouvre l’intelligence à tous ces autres moments où Dieu nous parle.

S’il faut évangéliser en bastion, je n’en suis pas. S’il faut reconnaître l’action de l’Esprit à l’œuvre dans ces temps qui sont les nôtres, je veux bien rouvrir les yeux… et partager un petit regard.

PS: Antoine, quelques uns des sacristains avaient pris la plume pour répondre en traits efficaces aux approximations et procès d’intention médiatiques, c’était déjà pas si mal, non? pour le synode africain, on l’a moins fait, et j’en suis moins fier… Mais l’Eglise ne saurait se réduire à ce qui se vit à Rome, mais s’enrichir de celle qu’on habite, au plus près! Elle n’est alors affaire ni de pourcentages, ni de batailles ouvertes, elle est affaire de communion dans l’Esprit, et c’est moins simple que de le dire, tapotant sur mon clavier (et c’est bien de moi dont je parle là.)

PS2: Qu’Antoine se rassure, j’aurais pu donner un autre nom, il se trouve que c’est votre commentaire qui a permis ce billet, je suis sûr néanmoins que nous avons plus encore à partager.