mercredi 24 février 2010

lux aeterna! (puisqu'il neige maintenant)

on continue la série...         petites brumes...

vues italiennes

(j’avoue, j’ai la flemme d’écrire un long billet sur la présidence de l’eucharistie avec les communautés mouvantes des touristes montagnards… c’est pourtant une expérience intéressante. Même lieu, même conditions, mêmes vacances… et avec une assemblée différente, une manière de présider ô combien différente! Presque redoutable!)

jeudi 18 février 2010

rien que de l'eau de là-haut

Avant que le vent ne se lève,
les contours s’étaient adoucis,
et pour un temps, pour un temps seulement,
nous étions plus près du ciel,
au dessus des nuages, 
protégés des agitations de la vallée,
par une lagune ouatée.

la rosière 14 février 2010

(demain, variante sur la même photo, plus éthérée,
à demain!)

lundi 15 février 2010

au pays du Beaufort

bon, vous allez avoir du noir et blanc dans les prochains jours, laissez moi un peu de temps!

Petit tour dans les altitudes, pour délier le corps, pour respirer beaucoup, pour retrouver une petite communauté apprivoisée cet été, voir le monde d'un peu plus haut...

ici, on ne manque de sourire quand l'Evangile a lieu alors que Jésus descend de la montagne...

et j'ai souri encore plus en endentant le refrain de prière universelle...

"Seigneur fais de nous des artisans de paix, Seigneur fais de nous des bâtisseurs d'amour"

la montagne, c'est sympa, mais d'ouvriers, point!

[billet écrit depuis un hotspot wifi / bar où ma table a été squattée par 4 hommes du Pas de calais qui sirotent leur bière en parlant de leurs grands parents franco-allemands, de l'ouverture qui va avec, de chasse, du nucléaire, et de ski, ça ralentit beaucoup l'écriture mais c'est sympa comme tout! ]

samedi 6 février 2010

12:36

12:36, retour du sacrement du pardon.
100% édifié, et ragaillardi par tant de foi ajustée,
100% impressionné d’être pasteur prêtre de pour telles communautés chrétiens,
100% dépassé par le sacrement donné, (et les gestes accomplis,)
100% des doigts de pieds bleutés et frigorifiés.

je n’ai même pas eu le temps de lire, sauf la page 149 de pourquoi aller à l’Eglise de Radcliffe, à propos des processions des offrandes colorées et extra-européennes…

George Patrick Dwyer, l’archevêque de Birmingham, un jour où il était assis à côté du curé de la paroisse, regardait une femme s’approcher en dansant avec les dons. Il se tourna vers le curé et lui dit : “si elle demande votre tête sur un plat, je la lui donne.”

délicieux mélange d’humour épiscopal et anglais.

PS: je modifie le billet pour éviter les rimes: une note pour les jeunes: gaffe, mettez pas des rimes en é à la fin de vos billets phrases, sinon, plein de commentaires hilares vous allez récupérer recevoir accueillir (ah ah, je me suis pas fait avoir par la rime en ar). les modifs datent donc d’après les premiers commentaires amusés circonstanciés taquins

vendredi 5 février 2010

Entez, Dieu est en attente

Parmi les domaines où je n’y connais absolument rien, et c’est ans doute fort dommage, il y a, depuis longtemps, la botanique. ((On pourra sans doute mettre ça sur le dos de l’handicapante allergie aux pollens qui m’a dispensé toute ma jeunesse de devoir tondre la pelouse à la maison.)) Et comme il est fini, le temps béni où les penseurs en tous genres, des Lumières comme avant, étaient spécialistes en tout, quitte à accepter quelques approximations, me voilà bien souvent dans l’incapacité d’imaginer comment certaines choses marchent, et particulièrement comment on fait les bébés… fruits. Du coup, je réalise que certaines paraboles de l’Evangile me laissent certes moins circonspects que nombre de citadins, mais dans une expectative tout de même ennuyeuse. Je sais qu’on ne fait pas pousser les carottes en tirant sur les fanes, mais quid des pommes, des poires, et  des scoubidoubidou, ah?

J’ai dû, comme tout un chacun, cracher mes noyaux de cerises dans le jardin en espérant créer une forêt, balancer mes trognons de pomme en fin de pique-nique pour reverdir la terre, et laissé macérer un avocat dans un substrat aquatique, le noyau percé d’allumettes pour voir la magie des racines qui poussent. De là à en récolter les fruits: rien, que dalle, nada! C’est sans doute une question de patience, mais aussi de salubrité familiale, je soupçonne nombre de noyaux d’avoir rejoint les phasmes de démonstration dans la poubelle sous l’évier. C’est aussi que je n’y connais rien. Tellement rien que j’ai découvert le mot “enter” en même temps que le mot “ru”, en faisant des mots-croisés!

Diantre, il faut enter le scion sur le sauvageon pour que l’arbre donne vraiment du fruit. On en découvre des choses… et de fait, on voit peu de poiriers sauvages dans la nature. Ou alors pas si beaux. Le sauvageon peut donner du fruit, mais on ne peut en garantir ni la production, ni même le genre. On entera donc des branches fruitières…

Cette histoire de greffe, ça me parle quand même un peu d’Eglise, même si l’image sera fort partielle. En effet, si j’ai vaguement compris, c’est le greffon qui apporte la valeur ajoutée au sauvageon, lequel assure l’inscription équilibrée dans le lieu. Mais en retournant un peu le processus, j’ai parfois l’impression que l’Eglise elle aussi fonctionne par greffes successives, greffes de ses membres qui lui sont rajoutés au fur et à mesure du baptême, et qui prennent une place au gré de leurs engagements, d’autant plus profonds s’ils sont sacramentaux. Un presbyterium serait donc un tas de branches… Et ce sont ces greffons qui permettront à la racine, d’où vient toute vie, de donner du fruit à la mesure du greffon. c’est en s’attachant à la racine, au premier tronc que le scion pourra vraiment fructifier encore.

L’image est d’ailleurs de notoriété ecclésiale: “Dieu nous a retranchés de l’olivier sauvage du paganisme, et nous a, contrairement à notre nature, greffés sur l’olivier franc du peuple d’Israël et nous a unis à ses racines et à sa sève, c’est-à-dire à sa grâce!” (homélie de St Jean Fisher sur les psaumes) ou encore: “L’Eglise n’est pas un musée d’antiquités, mais plutôt un jardin à cultiver. Ne restez donc pas comme des statues, mais travaillez pour les fleurs et pour les fruits”. Jean XXIII

Le séminaire ressemble alors à un petit cours de préparation à la greffe. On cisaille, on émonde, on discute, on prépare le terrain, bref, on se donne toutes les conditions de possibilité pour que la greffe prenne des deux côtés. La préparation se fait avec d’autant plus de soin qu’après l’opération, ils seront “un”. Les greffons sont divers. Tant mieux, ils donneront chacun selon son charisme. Ils sont plus ou moins ajustés? Le temps fera bien l’affaire. Certains d’ailleurs découvrent qu’ils ne sont pas fait pour cela, ou on leur fait sentir… mais il n’y a pas que l’arbre-église-prêtres sur lequel se greffer.

Sauf que parfois le vent se fait mauvais, la neige pesante, les vers agressifs et la branche peut se trouver arrachée. Elle déchirera d’autant plus profondément l’arbre qu’elle lui était liée depuis longtemps. les jeunes pousses sont plus flexibles, fragiles aussi. Parfois aussi, c’est l’incompatibilité qui se révèle peu à peu, et le rejet mutuel s’opère, sans finesse, en déchirement encore. Dans tous les cas, les fruits nés de la branche sont interpelés, l’arbre aux plaies ouvertes gémit et devient en danger, le greffon isolé ne sait plus se raccrocher.

Si la préparation à la greffe avait été longue, l’arrachage est souvent violent, et perturbe tout le monde. Il n’était pas prévu qu’il ne soit pas fidèle ; et même si la relation a été bonne, la cicatrice est brûlante. Le pire dans tout ça est que mis à part l’arbre église sacerdotal, beaucoup d’autres arbres ignorent ce processus de Scions, et le greffon esseulé, abandonné en silence, ne sait plus se rattacher. Il faut être lucide, le monde se fout des modalités du moment qu’il peut bouffer des fruits sous plastique. Il n’y a que l’Eglise à se soucier de fruits à donner ensemble.

Les greffons arrachés, on garde un petit patrimoine génétique commun, sans doute parce qu’on a partagé le même tronc, la même lumière ou parce qu’on a été voisins. les greffons détachés sont ces amis prêtres qui avaient cru à la fidélité à leur parole donnée, à leur engagement comme prêtre, et qui se sont retrouvés contraints, peu à peu, ou brutalement, de quitter cette fidélité pour continuer à vivre, seul, par ailleurs. La violence de leur discernement nous touche comme elle les broie. Souvent, ils n’avaient plus tant le choix. Ils interpellent ma propre fidélité, ma manière de me relier, à eux, au tronc, ma manière de “porter” les fruits que l’Eglise me confie, Ils sont mon histoire et ma question. Nous sommes le courage de répondre à l’appel du Christ.

Nous sommes pourtant du même bois, des deux côtés de la cicatrice. Ils méritent notre prière, la fidélité de notre amitié, comme nous avons encore et toujours besoin de leur richesse.