samedi 14 août 2010

pour être heureux à Bali, il faut savoir

petit air de famille (brahmanique

  1. parler indonésien
  2. parler balinais, haut, bas, selon les moments
  3. boire du café, balinais, sans se taper le marc
  4. dormir seul, ou accompagné d’un pote
  5. se laver à l’eau froide à l’aide d’une casserole
  6. s’habiller tout seul, mais classe, en balinais traditionnel, sarong et saput
  7. manger du riz à tous les repas, du lawar, épicé, du soto, avec les mains (parce que c’est meilleur)
  8. danser
  9. répondre avec de l’humour
  10. acheter sans se faire (trop) avoir

et pour tout cela on s’esbaudira et on vous félicitera à loisir

mais, si on ne vous en tissera pas de lauriers, mieux vaut savoir aussi

  1. mentir à tour de bras
  2. sourire même quand vous êtes très énervé
  3. faire semblant de trouver les idées de son interlocuteur passionnantes
  4. brûler des feux rouges
  5. se taire quand un supérieur vous gourmande, en lui faisant croire qu’il a nécessairement raison
  6. ignorer assez ostensiblement les gêneurs
  7. aimer les cafards
  8. ne pas tiquer quand les sanitaires et la cuisine pourraient vraisemblablement être grouillants
  9. deviner quand on vous ment (tout le temps)
  10. comprendre l’exact inverse de l’invitation qui vous est faite
  11. mesurer que vous être potentiellement un visa d’entrée pour la France, ou au moins un portefeuille ambulant
  12. vivre en marge de tous les groupes
  13. faire du dialogue interreligieux de supermarché
  14. en rire

Bref, il y a tout autant de raisons d’aimer les Balinais pour leurs défauts que pour leurs qualités. N’empêche qu’on est bien ici. Merci de transmettre ce message (au moins cette dernière phrase) à mon évêque, pour le cas où je raterais mon avion demain soir!

IMG_0396web©DLerouge

(complétez autant que vous le voulez!)

dimanche 1 août 2010

tabuh

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le gamelan est un instrument fascinant… fascinant d’abord par le détachement qu’il amène. Les musiciens semblent ailleurs quand ils jouent, et ne semblent pas le moins du monde concentrés sur leurs mouvements. Laisser la main jouer est l’habitude. Il n’y a pas à proprement parler de “brio” ou de talent démontré, le morceau, rapide ou lent, se déploie imperturbablement. On ne sourit ni ne brille. On joue, la musique amenant dans cet ailleurs.

Chez les auditeurs, on trouve la même indifférence polie, surtout en “upacara”, en célébration. Personne ne regarde vraiment, ni n’écoute d’ailleurs, et bien souvent deux ou trois gamelan différents, jouant des répertoires non compatibles, se retrouvent juxtaposés à quelques petits mètres les uns des autres. Il faut que ça soit là, et c’est tout.

Mais deux éléments surprennent encore plus l’européen moyen que je suis… c’est d’abord le caractère cyclique de la musique, rythmée par des gongs qui ponctuent des phrases musicales se répétant à l’infini en variations non de mélodie mais d’intensité. Le deuxième point vient de la manière de jouer… Le gamelan est IMG_7765-1 un instrument homogène joué par une trentaine de musiciens, chacun sur sa partie. ça n’aurait pas de sens de jouer chacun en solo. les parties de l’instrument sont même souvent couplées deux à deux, et certains rythmes impliquent un entrelacement des notes jouées. Chacun jouant en contrechant de l’autre. C’est absolument fascinant, bruyant, envoûtant… et bien souvent pour nous incompréhensible.

Normalement, sur la plupart des instruments du Gamelan, on tape la note de ce métallophone géant avec un maillet tout en l’étouffant ensuite de l’autre main. Simple, efficace, coordonné.

il y a pourtant certains gamelans –et certaines parties du gamelan aussi comme le reong ou les kendang- qui sortent de la moyenne et de l’habitude, parce qu’ils se jouent à deux maillets par musicien, et en duo simplement. C’est notamment le rindik, en bambou, et le gender qui accompagne le wayang, le théâtre de marionnettes. le Dalang tape du pied sur une boîte pour donner les codes et deux musiciens, face à face, derrière l’accompagnent. ils jouent des deux maillets et étouffent le son du bord de la paume. C’est délicat… et pourtant assez fort.

Bref. Puisque Made Bagu [1]s et Ketut m'ont fait l'honneur d'assister à 'une de leurs dernières répétitions, on en a profité pour les enregistrer, comme jamais on ne peut le faire. La musique seule... et vraiment, pour une fois, écoutée. Du nouveau donc ici, 5 minutes de son enregistrés par Ketut et Made Bagus… Ils s’entraînent, certes, mais ça vaut le coup. surtout en fin d’après midi, assis sur un “Bale” balinais…

Fichier audio intégré

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Notes :

[1] Grégoire Gensse