samedi 30 octobre 2010

l'égo tique

au programme, ce week-end, avant quelques comptes-rendus de lecture en cours, trois délicieux dessins de Xavier Gorce et une vidéo. J’aurais voulu acheter aussi le dernier bouquin où écrit François Morel, pour le goût de son style, mais je renâcle à mettre 31€ (200FF) dans un livre de peintures de fleurs qui ne m’intéresseront pas. Les mots ont un coût, celui-ci est trop élevé. A sortir aussi bientôt, un dernier Tardi qui sera fort cher, mais incontournable…

Bref, du Gorce, du Bon:

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et juste pour sourire encore, les pubs de
“tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”

Notes :

[1] Martin Jarrie a peint quarante-huit somptueux portraits de fleurs. François Morel a écrit, en écho, le portrait de Hyacinthe et Rose, à travers les yeux de leur petit-fils devenu adulte. Presque tout oppose ces deux tempéraments, Hyacinthe le communiste bouffeur de curés et Rose la fière bigote. Mais ils partagent une même passion : les fleurs. Raconter le jardin de ces deux-là, c'est raconter leur vie, faite de petits bonheurs et de grandes luttes, de sérieux et de fantaisie.

lundi 25 octobre 2010

le cœur de ta maison

courage, lave toi... et l'eau est froide, naturellement;  Les salles-de-bain balinaises, c’est pas la classe. Un trou, un bac d’eau, une casserole. On se douche à la volée, dans 3m², au pied de la cuve WC, quand il y en a une. Les portes sont généralement bouffées par la flotte, et il n’est pas rare de voir un cafard se balader. C’est vieux, c’est usé, ça ne ressemble à rien. Ou plutôt, si ! à la cuisine adjacente. C’est gras, sombre, on ne sait jamais bien si la vaisselle est vraiment propre, le feu de bois pour l’eau a noirci la pièce, et la cuisson à l’huile a oint le reste. Sous une cloche grillagée, le repas en attente, dans lequel on viendra piocher régulièrement, un autocuiseur plein de riz pour la base. Ce n’est pas tant que les Balinais soient sales (tout au contraire !) ou ne soient pas attentifs à la nourriture (on y mange souvent bien et abondamment, dans le style) mais cuisine et salle de bain sont situées dans le même coin de l’enclos familial, à l’exact opposé du temple, le plus sacré. On se lave, on mange, certes, mais le cœur de la maison ne saurait être là. Pour préciser le propos, il faudrait souligner que le repas, sauf en cas de grandes célébrations religieuses ou traditionnelles, n’est pas un moment convivial. On mange en silence et vite, à son heure. On parle (beaucoup) avant et après. Alors la cuisine… 

Ces position et tenue inhabituelles de la cuisine viennent en curieux écho avec des discussions avec un ami prêtre orientophile, Nicolas, qui avait veillé à l’aménagement de son appartement. Chez lui, les icônes n’étaient pas au clou, empoussiérées sur les murs, mais posées sur un lutrin dans l’angle opposé à la porte d’entrée, première vision de celui qui était accueilli. Attention délicate et décapante pour le catholique ignorant que je suis.

Les monastères tout entiers configurés autour de leur abbatiale pourraient tout autant me parler… ou comme me le témoignait Didier qui avait effectué un semestre à Boston dans ses études… le presbytère américain tournait tout autour du seul point central et névralgique de la maison: le frigo. 

Je suis alors tenté de me/nous renvoyer la question. Maison, où se trouve ton centre?

  • dans le bureau, aux papiers épars ou à l’ordre militaire,
  • dans la télé qui trône au milieu du salon
  • dans le frigo qui concentre tous les intérêts
  • dans le temple.
  • dans le coin prière,
  • dans le salon, pour tes invités,
  • dans ta bibliothèque

ou nulle part, pour n’être pas “habitée”. L’ordonnancement de la maison, l’ordonnancement de l’univers renvoient chez les Balinais à une conception encore plus profonde et exactement en écho d’un homme structuré, où chaque partie est importante, mais ne s’honore pas de la même manière…

Si on doit passer autant de temps dans chacun des coins de la maison… comment les laissons nous, et nous laissons nous être “ordonnés”?

mercredi 20 octobre 2010

un col italien, c'est un col romain, en plus large

maillot%20%e9t%e9[1]Jeudi dernier, j’étais avec un autre prêtre dans le pizza rabbit du coin, j’arborais mon sweat noir à capuche des jours de crève, bardé d'une écharpe, et lui un parfait col romain. Nous venions de préparer dans le jeûne et la joie la première soirée des étudiants. Nous étions transis et affamés, en quête de calories. Une fois la commande effectuée, le pizzaiolo, depuis le fond de l'échoppe est venu vers moi… et m’a dit: "vous êtes prêtre, vous, hein?" C’était un vous de politesse pour ma tronche, pas un vous collectif pour les 2 prêtres affamés. Le col romain a levé un sourcil étonné, moi aussi. A l'insu de mon plein gré j'étais devenu signe ostensible. Nous voyant médusés, et pour maintenir une conversation somme toute improbable dans ce quartier populaire, il me dit être l'oncle ou le cousin d'un petit baptisé récemment par mes soins. Je me souvenais bien dudit baptême car l'enfant portait en 4e prénom "Anakin", ce qui lui promettait un avenir compliqué dans la gestion de la force. C'était pas un baptême où ça avait beaucoup chanté mais il avait marqué.

IMG_2439web(c)DLerouge Cette charmante anecdote venait en écho à un cri, une scansion, une ovation quelques jours plus tôt. Répondant à l'enthousiasme général d'Anne Claire, j'avais accepté de me rendre à un concert de pop louange. Le chanteur est un type vraiment bien, qui avait touché tous ceux qu'il avait rencontrés. en aumônerie les jours précédents.  N'ayant pas réussi à convaincre de cherbourgeois, je me pointais avec mon appareil photo, histoire de regarder avec mon outil préféré. J'étais donc lesté de mon gros sac, en tenue shooting, gardant ma veste crucipin'sée pour le baptême du lendemain. Au début du concert, les organisateurs me tombent sur le dos : on cherche un prêtre pour un temps de prière dans les loges et j'étais le seul en avance. Hop, le temps de me coltiner 3 fois le vigile peu conciliant et je me retrouve avec les trois artistes à prier pour que le temps soit de grâce pour tous ceux qui seraient présents le soir. Beau moment.

Le concert ne fut pas complètement à mon goût [1]... mais je pouvais photographier. Il y avait du monde, de toutes générations dans cette salle, haut lieu de tous les concerts djeuns de Saint-Lô. Les Associations familiales catholiques avaient su faire fonctionner leur réseau, et pas mal semblaient apprécier.  

IMG_2511web(c)DLerougeA la fin du concert, le chanteur appelle le P. Olivier, jeune frère en sacerdoce et aumônier de quelques établissements publics et privés du patelin pour un temps d'action de grâce final. Il avait pas mal promu le concert... mais finalement n'avait pu y assister, malgré son statut Facebook... Faute du premier curé, on se rabat sur le second! C'est au P. David de se retrouver convoqué sur scène, sans préavis... et comme je mettais longtemps à me défaire de mon sac, les jeunes de l'aumônerie commencèrent à gueuler. Mon nom. Par scansions. Faut dire que beaucoup me connaissaient à l'époque où j'étais moi même aumônier ici... J 'étais mal. j'avais pas tant aimé le concert, et j'allais rendre grâce. Je le fis avec toute la justesse possible... et ce fut finalement amusant et émouvant de réciter un notre père dans une salle plus habituée normalement aux éructations dues au houblon.

Finalement, le signe explicite et ostensible, c'est avant tout une présence assumée, et un témoignage, jouant entre les qualités personnelles et les responsabilités liées à la mission, au gré de l'insertion dans la communauté qui vous est donnée. Même si je n'ai pas toujours tous les atours du sacerdoce [2], le témoignage finit par passer, et le lien se fait. ça doit être une histoire de Christ qu'on revêt.

Notes :

[1] (J'ai trop d'appétence pour les textes en allusion pour complètement entrer dans le style "louange" et la musique n'était pas trop mon truc mais c'était pro, et bien fait)

[2] je mets aussi le col romain de temps en temps. question de discernement. 

jeudi 14 octobre 2010

tous les matins du monde

Il était midi, l’heure où l’on ne fait rien. On l’avait fait appeler, par coups de fils indirects en pagaille pour qu’il se présente derechef au palais, son portable récupérant des affres d’une inondation impromptue. Il s’était assis à l’invitation du prince sur le bale dangin, et avait bu en s’excusant un thé sans paille ; il n’avait pas compris ce qu’il faisait là, celui qu’il pensait rencontrer n’était pas finalement celui qui assis en face de lui. Nous avions alors mené une conversation improbable en indonésiano-franco-balinais à base d’amis communs, d’histoire locale et de projets actuels. Là-bas, tout le monde l’appelle Made Bagus. Et nous avons passé pas mal de temps ensemble durant les deux semaines qui suivirent. Il montait un spectacle de percussions corporelles, je prenais des photos, et nous discutions avec des dalang de la force de notre foi, ou de nos religions. La qualité de la relation était à la hauteur de l’improbabilité de la rencontre.

J’ai quitté Grégoire à une heure trente du matin, écoutant les dernières gouttes d’une nuit diluvienne qui nous avait trempés jusqu’à la moelle, les pieds baignant dans la rivière qu’étaient devenues places et ruelles. Je portais alors un TShirt de Manga qu’il m’avait généreusement cédé, attendant la fin du cataclysme météorologique qui avait ponctué tout le Gambuh de folie auquel nous avions assisté de concert…  Quelques heures plus tard, j’étais dans l’avion pour un autre bout de l’Indonésie quand il s’envolait pour la France.

J’ai reçu un mail de Grégoire cette nuit, en attendant de le revoir bientôt, il annonçait un spectacle demain à Lyon, et même si l’univers culturel n’a pas grand chose à voir avec Bali, la musique qu’il propose est d’une excellence et d’une douceur qui font du bien… Sans parler de la petite citation insérée en plein milieu de la vidéo. Le son n’est pas excellent au début, mais la magie prend.

Le spectacle s’appelle donc Couette [1] et si j’étais lyonnais, j’irais volontiers y passer une bonne heure. ça me changerait des cris des manifs, et des traits incisifs de ceux qui ne sont pas dans la rue. Un peu de douceur, vous dis-je… et la 2e écoute est encore meilleure.

COUETTE est un élément de literie dans lequel Marie Daviet et Greg Gensse se glissent avec délicatesse. Ils y tiennent, bien au chaud, des ondes électro-acoustiques à consonance textuelle. Couette est constituée d'une enveloppe musicale embrassant des fibres synthétiques dernière génération. Le duo mixte peut alors délivrer une douce chaleur musicale, à la fois animale et humaine, dont le pouvoir risque d'enivrer plus d'un(e) insomniaque...

"Faisons court, faisons bref, faisons couette ! Comme personne ne fout rien le 15 octobre à 21h30 (à part Michel Sardou), et que le monde va mal, venez nous aider à SAUVER LE MONDE ! COUETTE (Marie Daviet & Grégoire Gensse) EST EN CONCERT
VENDREDI 15 OCTOBRE à 21h30 pétantes

au Périscope, 13 rue Delandine 69002 Lyon ! (Vous pouvez réserver à periscope.lyon@gmail.com)
Tarif exceptionnellement  réduit pour tout le monde : 6 euros !!!!! Profitez-en !"

mercredi 13 octobre 2010

nos yeux cherchent un ailleurs

que je n'oublie pas de jeter un œil à l'extérieur du confinement de mes certitudes 
pour entendre dans le bruissement du monde
l'Esprit qui le travaille

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la bise peut être fraîche,
les feuilles jaune d'or, rouge saillant, ou kaki décrépi,
mais l'heur du temps, aux frimas ascétiques, résonne en chaque instant
que je le veuille ou non, que je l'aime ou moins, des délicatesses d'un Dieu en présent.

samedi 9 octobre 2010

Levinas dans ta face

Nonobstant mes repères ecclésio-théologiques ou mon sens sacerdotal de la diversité du peuple de Dieu, plus j'avance dans la foi, plus j'avance dans l'Eglise, et plus je les modèle à l'aune de ce que je crois être juste, en toute bonne foi, consciemment ou pas. Quoi que je fasse, je propose à ceux que je rencontre ce visage du Christ aujourd'hui, issu de mon histoire, de mes choix. Moins de ça, plus de ceci. Je dois avoir raison. Grande est ma tentation de préférer et de systématiser mes options, mon histoire, ma vision de l'histoire et ma place dans celle-ci. Pour pérenniser cette intuition, je la jetterai à la face de mes interlocuteurs, en même temps que l'image partielle que je perçois d'eux.

Je construis alors une église à mon goût, celle de mon petit réseau, auto justifiée et assurée de la Vérité. Sauf que ...

L'autre m'est violence, l'Eglise aussi, elle qui résiste à ce que je voudrais qu'elle soit, tout préoccupé à défendre ma vision et les moyens de la mettre en œuvre. Elle me fait souffrir et m'interdit "l'entre-soi". Elle le fait dans la rugosité des textes magistériels, ou dans la joie des rassemblements dans lesquels la diversité est une joie. Elle le fait aussi par lassitude quand le quotidien me flagelle la patience.

Il y a tant de lieux où s'épuiser: les réunions où l'on défend âprement son bout de gras (quand je préfère le maigre), les blogs des petits commissaires narcissiques à l'écriture d'autant plus incisive qu'elle n'a pas besoin d'être vérifiée, les mots doux qu'on glisse dans les pugilats  entre ennemis, histoire de prendre les claques qu'ils destinaient à leur interlocuteur... on excuse parfois sans conviction, et ça fait mal.

En tout cela, je me bats pour l'Eglise, pour ma foi... mais aussi pour ce que voudrais qu'elles soient. Et c'est sans doute pour cela que les griffures sont profondes, et urticantes, c'est ma narcissothéologie qui est titillée. Je me surprendrais bien, le soir, une fois le sourire effacé à ronchonner, rouspéter contre ces "connards de frères", ou ces structures où l'on se paie le luxe d'étriller l'envie de continuer.

et pourtant, on en a lu "du Levinas", de la philosophie qui dit le nécessaire apport de l'autre... il brise ma tentation de tout englober dans mon système, il refuse mes totalisations, mes vues sur la chose, mais cette entrée de l'autre est nécessairement une violence. ça va même plus loin:

Le visage de mon prochain est une altérité qui ouvre l'au-delà. Le Dieu du ciel est accessible sans rien perdre de sa transcendance, mais sans nier la liberté du croyant.
Emmanuel Levinas, Difficile Liberté

L'épiphanie du visage est une mutation par laquelle le visage s'exprime, résiste aux pouvoirs, perce sa forme sensible et instaure l'éthique

J'étais tout empêtré dans les colères du soir quand j'ai ouvert ma boîte aux lettres. un simple courrier, du Bic sur du papier. Un ancien ami de séminaire, pas revu depuis au moins dix années, pas de contacts non plus, qui écrivait sa prière, son amitié pour nous, les chrétiens de la manche bouleversés par l'actualité... Putain, quand l'Eglise qui dépasse celle que je côtoie ou que je veux se met à manifester sa grandeur dans la simplicité, je la bénis, éternellement.

lettre

{ces propos ne sont pas "xyloglossés" ; on est en droit de le reprocher à un blog de prêtre}

lundi 4 octobre 2010

Constantia

coupe papierparmi les charmes délicats du lundi matin
il y a ces petites lectures que l'on s'octroie
d'une réédition sur un épais papier de qualité
et qu'on découvre le coupe-papier à la main
tel un amateur désuet de littérature sans importance.

L'éditeur PQG, "le pou qui grimpe" « ne reprend pas les textes qui ne sont pas directement en rapport avec Coutances et ses abords », republié en 1994 par les éditions Séquences. Gravures en xylographie comme entête de chaque chapitre, Rémy de Gourmont croque en 1913 sa ville de Coutances, toute molle de ruralité, témoin d'une grandiloquence qu'elle ne sait plus soutenir. On le lit amusé d'un trait nostalgique et pas si flatteur...

imageLA PETITE VILLE

La petite ville est agréable à contempler. On la voit de partout et c'est toujours la même île de pierres accumulées émergeant d'une mer de verdure. D'entre les pierres il surgit quelques rocs sveltes et dentelés, ce sont les flèches de ses églises jadis phares des âmes. De toutes ses pierres, à ses heures, tombe la voix des cloches, l'air limpide se résout en musique comme, l'hiver, l'air gris se fond en pluie. Les ondes se sont dispersées ; rassuré, le silence recommence sa promenade éternelle le long des rues mortes. (p.5)

LES PETITS SUJETS

Voici cinq ou six articulets sur un petit sujet qui n'intéresse guère les Parisiens, sur une petite ville que je ne veux même pas nommer, mais si je devais m'en excuser, ce serait pour dire que je n'aime à écrire que sur ce qui frappe directement mes yeux. J'ajouterais aussi qu'il ne doit pas y avoir pour l'écrivain, ni non plus pour le lecteur habitué à sa manière, des petits sujets. Les choses au milieu desquelles on vit et auxquelles on participe, prennent aussitôt une importance qui les rendrait presque dignes de l'histoire. Je passerais une saison dans le désert que je décrirais les choses du désert, même si ces choses n'étaient rien du tout. J'aimerais à raconter le néant. Mais je ne puis me persuader, philosophiquement, que là où je vis, puisse régner le néant. Les choses sont ce qu'un esprit les considère. Elles ont de l'importance, puisqu'elles l'occupent présentement, à l'exclusion du reste du monde. Il n'y a que les imbéciles, et tout de même je ne me range pas parmi eux, qui croient que les grands sujets font la grande littérature ou la grande peinture. Qu'ils se détrompent. Il vaut mieux être le Chardin d'un chaudron, que le raté d'une épopée. Un homme qui dit sincèrement ce qu'il voit, et seulement les choses qu'il voit, n'est jamais ridicule. C'est pourtant cette sincérité qui semble si facile et si engageante où il semble que nos contemporains répugnent le plus. Cela s'est toujours passé ainsi d'ailleurs, ce qui fait qu'à peine écrite, la littérature tombe en poussière. Il avait bien raison celui qui prenait pour devise : l'humble vérité. Je ne sais plus qui. Mais j'espère qu'il ne croyait pas à la vérité, mais à sa vérité . Dire sa vérité, humble ou orgueilleuse, il n'y a que cela de digne. (p.61-62)

on trouvera dans cette page une recension presque intégrale... et rira très jaune du portrait de la si belle cathédrale...

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