mardi 25 janvier 2011

la digue du vieux

d'abord une bande-son (pardon)
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 puis...

par un lundi maussade et venteux,
mais notez que ça aurait pu être dimanche,
un peu d’architecture soixante-dixarde

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enchâsse quelques reliquats d’architecture balnéaire début XXe

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au bord d’une digue un peu triste, agrémentée de toutounet surabondants
et autres panonceaux trahissant une ambiance “djeunes” débridée:

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sur les postes de secours, la photocopie des cartes d’identité des moniteurs
de voile et de char, dont l’un habite, heureux hasard, le lieu-dit “Bethléem”
jouxtant les diplômes afférents, et le numéro d’un serveur vocal,
sous un drapeau normand claquant au vent,

Face au casino, un sobre panneau, bleu sur transparent
ne désigne pas la mer, mais une vraie piscine,
en Bow-Windows alu, pour l’estivant frileux en mal de paysages
et de quelques degrés aquatiques et centigrades

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ce sont les enfants des écoles qui la peuplent, fin janvier,
quand la digue à marée haute voit se croiser ses habitués

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Cabourg, l’hiver, aux tons gris et aux vents glaçants
c’est la promenade aux vieux anglais
en moins chaud, (et peut-être) en moins cher,
mais en toute sécurité

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les villages alentours, cherchant à se placer sur le marché
voulaient pour leur patelin des noms évocateurs,
traduisant leur dynamisme, leur situation, et donc les mots-clé : ville – mer – France
ils ont trouvé.

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quant au jeune, en périphérie,
il trouvera des “clubs” pour s’amuser
légèrement.

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billet de saison, non sponsorisé par l'office du tourisme,
mais les huîtres du midi n'étaient pas fraîches.

samedi 22 janvier 2011

enfant [du lat. infans,"qui ne parle pas"]

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Enfant.
Etre.
Recevoir.
Ne rien dire.
Te regarder,
te demander avec les yeux,
te remercier avec les yeux.

Fermer les yeux,
parce que tu es là.
Les ouvrir
pour voir ton sourire.
Devenir ton image,
de plus en plus,
à force de te regarder.

A chaque respiration,
prendre mon souffle
en tes mains
et l’y remettre
à chaque expiration,
comme ton Verbe,
ton enfant,
celui de la crèche
et celui de la croix.

Habituez vos sens aux choses de la nuit ;
Ne dites pas : “il n’y a rien, rien que l’ombre !”
S’ils n’avaient ouvert leurs yeux dans la ténèbre,
Les bergers de Noël auraient-ils vu la gloire
Se frayer un chemin de jour à la jointure
Du ciel et de la terre, et venir jusqu’à eux,
Pour les émerveiller à cet endroit obscur
Où le soleil du monde allait jeter le feu ?

Didier Rimaud, “la crèche et la croix”, A l’enseigne de Pâque, Chants et Poèmes. III, Cerf, p. 49-50

mardi 18 janvier 2011

Les pauvres gens de la côte, L'hiver, quand la mer est haute Et qu'il fait nuit, Viennent où finit la terre Voir les flots pleins de mystère Et pleins de bruit...

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(...) Et, selon ses espérances,
Chacun voit des apparences
A l'horizon.
Le troupeau des vagues saute
Et blanchit toute la côte
De sa toison.

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Et le groupe inquiet pleure.
Cet abîme obscur qu'effleure
Le goëland
Est comme une ombre vivante
Où la brebis Epouvante
Passe en bêlant.

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Ah ! cette mer est méchante,
Et l'affreux vent d'ouest qui chante
En troublant l'eau,
Tout en sonnant sa fanfare,
Souffle souvent sur le phare
De Saint-Malo

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titre et extrait de Les paysans au bord de Mer de Victor Hugo

photos non pas de Saint Malo mais de Goury, dans la Hague, dimanche. 

samedi 15 janvier 2011

chemins de croix

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je doute
parfois, souvent,
que ma foi apaisée
en Christ m’accompagnant
dans le roulis du quotidien tanguant
sans heurt ni mort, sans danger ni déroute
ne se fêle au moindre poignard
de violence débordant
l’entendement.

je ne crois
que rarement, voire
jamais, que j’aie acquis
suffisamment d’expérience de foi
pour passer au-delà,  assurément rassuré,
face à la mort, au désespoir, au deuil
qui vient, chaque fois
m’étriller.

la Bonne Nouvelle
de Christ ressuscité un jour
n’est pas assez convaincante pour
duper mon intelligence, ruser ma souffrance
en un pis aller opiacé qui serait
supposé m’aider.

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seule
l’initiative, le don,
la grâce, l’immersion de Christ
dans mon océan d’humanité, mer d’huile
des jours simples, mer démontée des jours heurtés,
venant solliciter ma réponse de pauvre navigant
dans la prière, les choix, la vie,
saura faire persister
l’espérance.

Christ ne saurait
être réponse
par nous donnée
à l’insensé. 

initiative initiale
initiatique
de Dieu dans ma vie
à accueillir.

et la foi, réponse

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jeudi 13 janvier 2011

Level of belief

tout à la joie des liens qu’on m’envoie, je n’ai manqué de sourire à ce délicat graphique issu du “santa brand” qui démontre en chiffres choisis l’évolution des différentes croyances tout au long de la vie. La lecture du PdF tout entier est aussi d’un plaisir incommensurable, même s’il m’assure moins d’un regain d’activité à partir du 3e âge, comme ci-dessous. Quant au socialisme…

Mais d’où vient cet étrange sens du potache qu’on retrouve dans nombre de presbytères? Peut-être de la sonnerie du téléphone dans le bureau du curé qui, aucun doute ne subsiste, est:

Fichier audio intégré

ce qui me fait tout autant halluciner que le “losing my religion” du portable d’un autre confrère 

il faudrait parler des petits mots qu’on écrit au dos des “Jésus” en papier dans les crèches de la paroisse, hors des liturgies, pour palier les vols de l’an dernier par un(e) malade, Jésus en papier au dos duquel il est question de “Je suis bien venu, Fils de Dieu fait homme, mais comme on a tendance à voler ma statue, cette année, je serai de papier”. 

et pour finir le plan “hallu”, j’ai dégoté, dans le fond d’une chapelle un machin en fonte, pesant une tombe… qui, une fois ouvert, a révélé toute son (ancienne) utilité. :

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un moule à gaufres. liturgique.

lundi 10 janvier 2011

JR

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“changer de regard sur les choses
c’est déjà changer les choses”

JR, 5-7 Boulevard, France Inter, le 10/01/11

j’ai croisé les portraits de JR dans Paris avec Henri, ils sont vraiment impressionnants

mercredi 5 janvier 2011

cliché(s)

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Il est si gratifiant, et aisé, de photographier un sourire,
(certains appareils, paraît-il, ne prennent les visages que souriants…)
qu’il soit composé ou spontané, simple ou travaillé.

il est encore plus gratifiant, et aisé, de poser sur le monde
à l’entour
le regard convenu de ce que j’y attendais,
repérant dans l’amphigouri les ancrages de mes présupposés
où la réalité conforte ce que j’en savais, 
donnant toute sa force au mot “cliché”

c’est le cas de cette photo.
Au poil pour un service des vocations.
L’apogée du cliché. Mignon, inutile.

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et quand l’entour se fait violent, distordant ou vieillissant,
un peu de sépia, et de noir et blanc,
un peu de “vignettage”, des détails concordants,
et le cliché se fait esthétisant.

ouf.

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Mais au-delà de l’esthétique,
ou du cliché illustrant une pensée le précédant,
il y a encore une autre forme de langage
il ne faut omettre encore tout verbiage de l’image,
tout discours sous-tendu par le montré
en deçà des mots, en pixels, l’idée.

point de noir et blanc, ni d’illustration, point de discours ou de cliché dans le livre offert par Anne-Claire et que je découvre avec volupté.

Même si je consonne à l’invitation de Marc à ne plus être obnubilé par les prêtres pour parler de l’Eglise, j’ai lu, regardé avec intérêt l’ouvrage de Joël Peyrou sur les prêtres ouvriers, aux éditions de l’atelier.

Les invisibles, Joël Peyrou, Gérard Mordillat, éditions de l'Atelier

portraits de ceux qui ne se laissent réduire  
vivent un ministère, au vu et au tu de tous
habitation habitée sans visibilité.

photos en mouvement
déception du photographe et son humilité
leur quotidien, leurs choix ne se laissent réduire au cliché
ce sont des aventures de foi, d’hommes donnés, de prêtres au cœur,
ils donnent tout pour se faire haïr, ou aimer,
on aimera leur présence, et détestera le coquetier
il faut simplement apprendre à les écouter
et les regarder.

beaucoup de photos, en couleur, et quelques pages de rencontre…

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je ne saurais suivre leur voie, mais je veux rester émerveillé quand j’entends l’appel ainsi résonné
et quand je regarde leur manière d'accueillir la grâce au travers de belles photos, sans être esthétisantes. 

(il y a aussi une préface de Mordillat qu’on peut lire)

[edit: j'ai ajouté en pièce jointe un aperçu du livre proposé par les éditions de l'atelier]