dimanche 27 février 2011

sware omonri

Parfois en aumônerie, on a des idées débiles,
pour une soirée en veille de vacances, après une semaine de bac blanc,
on (con)court, on se la joue chalenges , on pourrit des énigmes,
tout ça pour gagner des bonbons Haribo…

pour vous donner le style:

une énigme:
sachant qu’il y avait 5 pains et deux poissons,  
qu’il y avait 5000 hommes, douze disciples, un Jésus,
qu’on a donné à chaque convive 1/3 de pain,
et qu’il restait 12 corbeilles de 10 pains chacune
par combien Jésus a-t-il multiplié les pains?

un gage:
chantez-nous une chanson caté cucu catho moche de votre enfance

un concours artistique:
dessinez en version contemporaine la rencontre de Jésus et Marie-Madeleine (là je vous montre pas)

sans parler des courses de ballons, et autres billevesées…

mais je ne saurais garder pour moi ce texto issu du dernier exercice…

sachant que l’Evangile de Luc compte en gros en grec 115 000 caractères
ce qui est un peu long, résumez l’Evangile en moins de 2 textos:

l'Evangile en sms

dimanche 20 février 2011

20-21/02

sortie

des os, juste des os, rien que des os
et une peau tendue
sur un cadavre décharné,
mais qui respire encore
d’une respiration bruyante,
un souffle d’où s’extirpent
des gémissements, mots geins,
pour pouvoir décemment uriner,
sans moi, ni sa sœur dans la chambre, debout.

ce ne sera pas possible, mais on viendra l’aider.

tout dans son corps exprime la tension,
et il va mourir ce soir.
ou demain.
sans doute.
il est shooté à la Morphine
mais a le teint des triplettes de Belleville,
l’œil exorbité et le reste de muscle saillant
il lutte
au bout de 60 et quelques années qui ne verront pas la suivante.
je suis là en corbeau, oiseau de mauvaise augure
appelé par la famille, il ne verra peut être pas demain.

parfois on vient quand c’est l’heure du passage,
quand la paix est venue, le combat terminé.
Parfois, et c’était un peu le cas, on est homme de la fin
au plus chaud de la lutte, signe inquiétant
parole sans retour.

ce matin, j’ai célébré des messes
parlé mariages hier, ou encore réfléchi
à la présence de Dieu dans nos quotidiens
préparé un camp de collégien, vu un film, 
ce midi, on a bien mangé, bu aussi, et rigolé.
C’est fête, en fait.

et je suis assis là sur cette chaise propre,
aseptisée sûrement, à dire des paroles, 
donner une huile qui ne pénètrent pas
à ma vue d’homme.

je prie Dieu, sûr que c’est bon
sûr que c’est nécessaire,
que les fruits sont à venir
je prie et regarde,
malheureux de ne pouvoir aider sa sœur à ne pas trop le retenir
et le caresser comme on caresse un enfant,
je prie et il le faut.
mais la fécondité n’est pas immédiate.

Je ne sais combien d’heures encore il se débattra
ni si la paix le touchera, fier de ce qu’il a accompli
sûr de s’être assez battu, prêt à en laisser encore
pour déployer ailleurs ces prémisses de vie.

Demain, je serai à l’inhumation d’un confrère.

Parfois la vie est triste et violente en sa lisière.

Puis…

alors que j’écris, deux mails tombent dans ma boîte
deux naissances, chez des amis.
une autre lisière au même instant s’ouvre
elle pépie comme les oiseaux du matin
et chante un autre chemin de passage.

une nouvelle sente.

et je trace un chemin de crête, surtout aujourd’hui.

“ni par puissance, ni par force…”

vendredi 18 février 2011

un jour pas si banal

juste en quelques photos
le projet sur lequel j’ai accompagné les 4e hier
un simple moment, bien déployé
il y avait quelque chose à y chercher…

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Récemment mis à jour

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en bonus, un des artisans de la journée. Enjoy:

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et un bilan, pour nos fois…

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la voix de Grégory Turpin tient un peu d’Obispo à certains moments, mais ça s’écoute bien et ça passe pas mal. En plus le témoignage d’une chute par le haut, par un homme séduit par les sirènes de la renommée titille tout autant que les j-allais-bien-puis-moins-bien-puis-j-ai-bu-puis-jmai-drogué-et-Jésus-m-a-sauvé… Là, il était question d’une force pour apprendre à dire non. Pas si mal!  Clignement d'œil

vendredi 11 février 2011

canonisons saint valentin

Il y a des saints que la liturgie oublie tous les ans. Heureusement , la société – laïque – est là pour honorer (contre honoraires) Saint Emilion, Saint Estèphe, Saint Exupéry et Saint Valentin, qui va d’ailleurs occuper nombre de fleuristes et de restaurateurs demain. Fête de l’amour, fête des amoureux, fête du chocolat et des fleurs, fête incontournable pour certains et irrespirable pour d’autres avec en prime un Valentin, saint de son état, qui n’a rien à voir avec la fête. D’ailleurs, il est de notoriété publique qu’Eglise et amour ne font pas bon ménage. Elle interdit tout, trouve tout mal, et ne parle que de mariage.

Mais après tout, ce mariage, ne vient-il pas justement célébrer et orienter, donner du temps et de l’avenir à nos sentiments ? Il porte le cadre de la relation (fidélité, désir de vie pour la vie, liberté), il est parole et engagement, il est un lien, précieux, qui se déploie dans le temps. Le jour où on se marie, on n’a aucune idée de ce qu’on va vraiment vivre. On s’aime, complètement, passionnément, follement, au point de s’engager pour la vie, mais cette relation, dans ces règles, va aller grandissant, de plus en plus profond, de plus en plus subtil. L’amour n’est pas aboli par le mariage et par le temps, il s’accomplit. C’est le sens de l’Evangile de dimanche 13, qui parle aussi d’adultère, histoire de rigoler (faites gaffe à vos yeux). La rencontre du Christ vient accomplir, déployer jusqu’à son achèvement, sa perfection, la loi et la règle de la Bible. Parce que c’est ça la fin de l’amour : faire grandir jusqu’à l’achèvement. Tout le reste n’est que conjectures.

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jeudi 10 février 2011

de pâtir à paître, la patience et la passion

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A quoi suis-je promis,
si ce n’est à la joie de vivre
au-delà de cette peau
qui me tient enfermé ?

Il faut naître nouveau
cellule du grand corps
façonné du dedans
par l’Esprit qui l’habite
et me dit : “N’aie pas peur
si l’amour te dépouille
de trop d’amour de toi !
Laisse la nuit de l’homme
te mettre au jour de Dieu !”

Noël est à venir
avec son ciel tout neuf
et sa nouvelle terre.
Mais dans combien de temps ?
Combien de millénaires
faudra-t-il traverser
pour que le Verbe qui prit chair
fasse de toute chair depuis lors en attente
l’Eucharistie de sa promesse ?

Je dois apprendre encore
la patience des étoiles,
et celle de la Vierge.

Didier Rimaud, A l’enseigne de Pâques, chants et poèmes III, Cerf p. 47

mercredi 9 février 2011

"parle, Seigneur, ton Serviteur écoute"... parle, mais parle donc, j'attends

groupe de KT 6e du mardi
la mode de pénibilité du moment est dans la sarbacane
grâce à des stylos customisés pour l’occasion
et des boulettes de papier compactées à la salive… mmmm.

à peine entré, un missile me passe sous le nez.

c’est donc un climat délibéré d’hostilité.
je claque mon bouquin, rouspète plus que ne dois,
et le programme du jour, cana, toussa, devient perte collatérale.

discussion à bâton rompu sur ce qui a du prix, la foi, Dieu, la prière
pourquoi on parle de foi quand on cherche la guerre
et cette rencontre de Dieu qui ne peut être violente
mais qui vous transforme, en joie, à chaque rencontre.

et la question, du fond, qui tombe comme ça:

“mais vous, Dieu, vous l’aviez déjà rencontré à notre âge?”

C’est fou ce que l’attente est douloureuse quand on espère
et le temps allongé
il y a tant de moments où l’on voudrait presque que Dieu se fît moins discret,
alors il faut parler de la fragilité et la douceur de l’expérience
pour donner le goût de la recherche, pour se laisser chercher. par Lui.


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dimanche 6 février 2011

ataraxie impassible?

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il ne rit ni ne sourit ;
serait-ce donc qu’il exècre la poiscaille
et les pêches miraculo-industrielles ?
ou encore est-ce le fardeau de la croix
qu’il sait devoir bientôt supporter ?
ou pour ne point trop anticiper
une paix, une joie qu’il sait dernières ?

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il ne rit ni ne sourit ;
à l’instar du Vénérable Jorge
aurait-il pour le rire des idées furibondes?

il ne rit ni ne sourit ;
faut-il donc tant de gravité
burinée sur un teint hautain
pour manifester dans l’humanité
le poids et la gloire de la divinité?

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mais s’il ne rit ni ne sourit,
ce n’est pas à la manière
du parisien métropolitant matinalement ;
ce n’est guère plus par componction : 
il est la fine fleur de la grâce de Dieu et
ce n’est pas sans laisser transparaître
du coin des lèvres, une joie, une quiétude, une équanimité.

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ce n’est pas tant qu’il ne sourit pas ni ne rit ;
il faudrait chercher une autre nuance
sur la palette des expressions…

s’il ne rit ni ne sourit
sur tant de tableaux, tant de statues, ou dans les mots de l’Evangile,
c’est que les temps d’avant n’avaient pas comme aujourd’hui la passion des sentiments
du fleur de peau, du séduisant, du sourire VRP
nécessaire, mais carnassier, pour attirer le chaland.

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il est des joies plus intérieures qui ne se confondent pas avec la liesse
mais laissent passer une fragrance d’éternité
sans les ors d’un sourire de publicité.

il résiste à mes sourires apitoyés ou enjôleurs
il sourit, mais de l’âme.

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(photos prises à l’Abbaye de Juaye-Mondaye, 14, où il faut apprendre à regarder la joie comme elle est, et pas comme on la voudrait.)

samedi 5 février 2011

pardon, je voudrais passer

IMG_3838web©DLerougeQu’ils nous semblent sombres, et parfois même sinistres, ces confessionnaux de nos églises. Placards à balais, antres des araignées au voilage douteux, à la poussière séculaire et à l’obscurité inquiétante. Leur bois clair n’y change rien, il ne semble pas faire bon y passer. Car il ne fait pas bon fréquenter les lieux de nos obscurités… nos vies sont suffisamment lourdes parfois, et blessées souvent, pour nous complaire à aller chercher nos gouffres du non aimable et de la culpabilité désespérante. Autant laisser dans « la pénombre où nous plonge cette mauvaise foi où nous ne nous énonçons pas à nous-mêmes le sens de nos actes » (JL Chrétien). Autant éviter cette rencontre avec soi-même, tant soi-même peut être infréquentable.

A vrai dire, outre le fait que nos vies ne semblent pas si noires, nous n’avons plus bien d’idée de ce que doit être le péché. La société ne balance-t-elle pas en permanence entre une déresponsabilisation (j’ai été dopé à l’insu de mon plein gré disent les coureurs cyclistes) et une quête sans cesse de responsable (la neige, voyez vous, c’est la faute de Météo France… ). Faut-il alors une judiciarisation de nos vies intérieures, avec un avocat du diable pour nous sortir du mauvais pas où nous nous sommes enferrés ? Il y avait certes autrefois des listes balisées, de gourmandises en chamailleries, de manques à la prière en vulnérabilité aux passions de la chair, mais il ne faisait pas bon touiller dans la fange, on en ressortait pas blanchi. D’ailleurs, la distinction de Varillon ne nous irait pas si mal aujourd'hui. Plutôt que de parler de péchés mortels et véniels, il distinguait les péchés de fragilité : je ne comprends pas ce qui m’est arrivé, les péchés comme accidentels, et les péchés maintenus, à la complicité latente, à l’ambiguïté difficile à assumer. Mais tout ceci ne nous grandit pas. Regardons TF1, l’île de la Tentation et qu’on en parle plus.

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Pourquoi alors une telle insistance dans la Bible, dans la vie des saints, dans la parole des prêtres, dans l’architecture de nos églises sur cette pénitence ? Pour prêter le flanc à la critique d’un christianisme culpabilisant, insensible au bonheur et chemin d’aridité ? Ou Peut-être au contraire parce que cette dimension du pardon est essentielle, parce qu’elle n’est pas autoanalyse entre le soi du quotidien et le poids de son passé, parce qu’elle se veut rencontre avec un Autre, sur un chemin de crête ou pour reprendre les mots de Madeleine Delbrêl : « l’un est l’abîme mesurable des rejets de Dieu et l’autre l’abîme insondable des mystères de Dieu. »

Il y a donc un pardon de Dieu, incommensurable qui nous précède et nous relève, c’est le pardon de notre baptême, le pardon offert par un Dieu juste et vrai qui ne peut nous laisser croupir dans nos ruptures d’alliances déshumanisantes. Le temps en Dieu n’est pas affaire de culpabilité à assumer, ou de gestion à la petite semaine de nos vies… Dieu voit en nous ce que nous sommes appelés à devenir, il nous a créés en ce sens et nous soutient chaque instant pour que nous le devenions. Que l’obscurité gagne nos vies et il brûle d’y apporter sa lumière ; que nous chutions sur le chemin et il descend nous relever ; que nous soyons angoissés par le poids de notre passé, ou notre incapacité à tenir devant sa grandeur, ou à vivre la fidélité aux sacrements reçus, et il veut sans cesse nous recréer à son image.

Simplement, cette expérience d’être plongé dans la primauté et l’excellence du pardon au-delà de tous nos manques d’amour est une expérience difficile à faire dans la solitude (relative) de la prière. Tentés de rester entre soi et soi, nous risquons d’oublier l’initiative d’amour de Dieu. C’est alors la force de la célébration communautaire qui manifeste bien la démarche où Dieu invite et appelle. Célébrant ensemble, nous ne pouvons célébrer le péché, mais nécessairement le pardon et la résurrection. Mieux encore, nous célébrons le Christ, Dieu, à l’œuvre dans nos vies et y manifestant sa gloire. Il ne s’agit plus alors d’une introspection maladive de nos égarements mais une action de grâce pour la force de Dieu qui se déploie dans notre faiblesse. La force de la résurrection vient à bout de nos perspectives de mort.

Si tout à coup, nous célébrons Dieu qui nous recrée, si nous sommes réintégrés dans le corps du Christ qu’est l’Eglise, si nous laissons jaillir en nous la force de la résurrection, alors le pardon devient autre chose qu’un lavage réglementaire, une semaine du blanc, une remise à zéro, il devient action de grâce et vie à tenir. De la même manière que nous sommes baptisés pour vivre en baptisés, mariés pour vivre ce sacrement, nous sommes alors pardonnés pour vivre en pardonnés, en « sauvés par Dieu », en fruits de sa Charité. Nous devenons alors signes de Dieu rayonnant dans nos vies, éloges de la puissance de Dieu, actes de foi, puissance de transformation de notre monde. Me laisser pardonner, c’est ouvrir à Dieu une brèche dans le monde pour qu’il devienne un peu plus Son royaume.

vendredi 4 février 2011

le viaduc de Millau

Certaines requêtes vous flattent l’égo tout en vous l’empoisonnant, comme un trip opiacé et sa descente concomitante, dans le même instant. Prenez Fred par exemple qui est invité par le préfet et goûte le délicieux ennui qui va étirer les heures à la table d’honneur. Même délice quand on reçoit un mail qui loue vos qualités de photogrââphe, et de prêtre itou, pour vous proposer un alléchant projet. L’idée est bien trouvée. Une homélie en photo, pour un jour donné.

ça tombe bien, j’aime les homélies tout autant que la photo.

Alors depuis quelques jours, je suis en quête dans mes archives, et plus encore dans mes balades du cliché qui pourrait correspondre à cette demande inattendue… et que dalle, bézef, nada, que couic.

Il faut dire que l’homélie est un art d’écriture, ou d’architecture, c’est selon. Il y a un continent, un ubac, variété de Parole, richesse inépuisable… et une assemblée en attente, en adret, qui voudrait accéder au continent désiré. Il faut alors dessiner, planifier, ériger un pont dont le passage tient encore du continent qu’il relie (je suis le chemin dit la Parole), mais dont les pilastres sont du ressort du prédicateur, de sa culture, de son imagination, de sa capacité à soutenir une rencontre en étais choisis. S’il se débrouille mal, s’il étaie trop ou trop peu, le passage ne se fera pas. C’est une gageure sans cesse recommencée. Une joie parfois, un pincement bien souvent d’avoir été si pauvre architecte, ou pire encore maître d’œuvre.

La photo, quant à elle, est un art différent. J’ai appris, sans le savoir, à me mettre à l’école d’un certain regard qui n’attire pas le réel à la vérité qu’on veut lui faire dire, mais cherche dans le foisonnement à discerner ce qui est déjà là, ce qui ne demande qu’à se montrer. Si elle est écriture, c’est pour rendre en un cliché figé ce qu’on a perçu d’un regard du monde alentours, du monde qui parle, qui enseigne, qui est lignes de Dieu. Il s’agit alors d’ouvrir large ses yeux pour apprendre à voir ce qui se donne, et essayer de restituer ce regard, la beauté de ce qu’on a aperçu, ou sa vérité: une émotion, un moment, un mystère surgissant. J’envisage la photo comme une théologie pratique qui pose un regard sur ce qui est, ce qui est fait, avec toute la culture et l’art du photographe, pour discerner dans le réel et ce qui est là quelque chose du travail de création. Point d’étais à construire mais un angle à trouver pour que surgisse la structure du vivant…

Vouloir faire une photo homélie devient alors un casse-tête difficile. C’est soit prendre en photo le pont érigé par un autre, artiste, priant, soit espérer trouver tel quel, dans la nature si prolixe, le viaduc de Millau. L’autre possibilité consiste à installer en regard d’un vallon pas trop inadéquat quelques allumettes, en espérant que le trompe-l’œil, une fois savamment photoshopé, fera illusion.

putain, c’est pas gagné.

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mercredi 2 février 2011

le corps rompu et le temps plié

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Quand, à bout, le corps sage devient corps serre, équipage de basses œuvres,
corps d’âge, entremêlé, lacis de désirs encombrants et de volontés tendues
corps rompu de fatigue, somatisation d’un laisser-aller plus intérieur,
corps niche, s’abritant des intempéries, pour tenir, bon an, mal an.
voire
corps billard, où chaque coup donné et reçu déplace un fragile équilibre et de grands projets.

il est grand heur de s’adonner au temps plié
temps qui réunit dans l’instant apaisé
par la présence du Christ
la joie des commencements
l’assurance des “oui” des engagements
la fatigue des jours et l’ascèse de la fidélité
la grâce des saluts reçus là où l’on ne cesse de tomber
la promesse d’un accomplissement tout entier contenu
dans le don du sacrement, reçu, dans le corps du Christ, l’Eglise.

Accomplissement qui est autre chose qu’une gestion à la petite semaine d’un capital de grâce
mais un dépassement vers celui que nous sommes appelés à être dans le cœur de Dieu.

corps don à l’autre, qui me relie en deçà des mots,
corps responsabilité

corps ressuscité

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