vendredi 22 avril 2011

tentations de triduum

  • compresser le mystère en mots poétiques et choisis,
  • le déployer en images sanguinolentes, pensées saturées d’émotion,
  • le latiniser en théologie peccamino-salutaire,
  • dévoyer le fond dans l’enchaînement des heures,
  • l’esthétiser en photos signifiantes,
  • oublier de se taire, de se laisser mettre en terre, jusque dans sa parole

mais,
devant le mystère, se retirer au fond,
derrière les voiles,
en silence, se laisser sauver.

“Après un temps d´adoration en silence, le prêtre et les ministres font la génuflexion et retournent à la sacristie. Ensuite on dépouille l´autel et, si possible, on enlève les croix de l´église. Il convient de voiler celles que l´on ne peut enlever. Les fidèles sont invités à poursuivre l´adoration devant le Saint-Sacrement pendant une partie convenable de la nuit. Toutefois, après minuit, cette adoration se fait sans solennité”

Plus tard, tu comprendras.

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mardi 19 avril 2011

arrière-cour, une sacristie pour cent

si des célébrations vous voyez les ors, les habits, et le pas mesuré
le rituel déroulé, le corps proclamant son identité
le sacrement déployé, les paroles mesurées, le sérieux composé
il faut pour tout cela une arrière cour, une sacristie
simple, chaleureuse, croisement d’humanités.

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on trouvera les images en plus grand si on prend le soin de cliquer.
nous étions plus de 100 à renouveler nos engagements, et prier pour renouveler les huiles saintes, assistant au mélange des parfums de rose et jasmin…

dimanche 17 avril 2011

#VDM 2

Aujourd’hui, je suis dans la sacristie avant une veillée de réconciliation avec une flopée de prêtres de partout, plus ou moins croisés ou pas auparavant, tous genres, tous parcours. Un d’entre eux me serre la main, “salut, tu vas bien ?”, visage connu, pédigrée déjà vu mais oublié… “ah salut, tu vas bien, tu es où maintenant ?”. “Je suis le nouvel évêque du diocèse d’à côté”. J’avais pas vu la croix. VDM

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conclave

jeudi 14 avril 2011

y m'énervent

si les chants grinçants vous défrisent
si le bébé devant vous coupe de votre messe
si la mamie qui dit la messe en stéréo vous agace
si votre voisin pue
si vous ne supportez pas son hypocrisie de petit catho souriant bisounours  
mais surtout
si la paix du christ vous distrait dans votre prière
au point d’être tenté de rester yeux fermés pour ne pas voir la main ouverte
si vous vous barrez au plus vite une fois la prière dite
si la solidarité prônée en Eglise par le CCFD voire l’Acat vous les brise…

allez plus loin, n’hésitez pas
demandez à votre curé de racheter des bancs à la manière de ceux de la prison de Fresnes en 1913, et vous serez dégagé du poids des frères congénères.

mais j’arrive pas à me dire que vous allez aimer, quoique on s’en fout, on n’est pas là pour ça, non?

mercredi 13 avril 2011

crispé sur le bord de lui-même

dans la résistance des jours en leur succession, se déploient ou nécrosent tant d’idées, paroles, gestes et fidélités qui sont d’un hier aspiré d’avenir, ou d’un demain griffé de passé.

le carême m'apprend la grâce, gratuite, imméritée, s'inscrivant dans la chair, lui donnant d'espérer

appelant le pas d’après qu’on ne peut retenir… où Dieu m’attend, plus encore qu’avant

« Un homme était penché sur sa genèse.
La vie roulait partout vers son estuaire triste,
Les abîmes du ciel paraissaient bien taris,
Ceux des fonds de la chair ne rendaient que le vide
à qui cherchaient en eux un signe de l’Esprit :
L’homme restait crispé sur le bord de lui-même. »

Paul en Turquie 2e jour_45

« Je suis le versant de la vie secrète
Qui en vieillissant sait s’en rapprocher,
Mais qui dès l’enfance en disait la fête »

Patrice de la Tour du Pin,
dans ses poèmes choisis,
recueillis par FX Maigre

vendredi 8 avril 2011

#VDM

Aujourd’hui, j’ai croisé une petite famille. Les parents me saluent en larges sourires, le grand me tend la main, la petite de trois ans vers qui je me penche me répond doucement “bonjour”. Sa maman la tance gentiment : “bonjour mon père”. Et la petite, obéissante, répète. “Bonjour gros père”. presque. VDM Clignement d'œil

vdm

fat-david[1]

lundi 4 avril 2011

vous voulez vraiment qu'on disparaisse du débat public ?

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C’est marrant. J’avais toujours imaginé que c’était lié à Pâques, tous les ans… mais ça doit être plutôt le début du printemps qui veut ça. La saison du “Pan dans la gueule” “Mange ça” “T’es pas encore parti?” “tu pourrais pas cesser un peu d’exister?”, etc. L’année dernière, le postulat de base était que tous les prêtres étaient des violeurs d’enfant potentiels, voire actifs. Avec une préférence pour les petits garçons. En aube. Dans les sacristies. Parce que voyez vous, le célibat, l’abstinence ne peuvent conduire qu’à une chose : le viol, l’abus sexuel, et si ma chasuble était en bronze, vous entendriez... L’hallali avait été sonné juste avant le retour des cloches, et ce fut un festival de doutes organisés sur le thème “protégeons les enfants”. Tout le monde y allait de son couplet, de son expérience (et là c’est grave, on ne le dira jamais assez : ça reste un drame) ou de son “on dit”, de son opinion et de son fiel. Point de retenue, jusque dans les médias les plus sérieux happés par la vague, au point de faire retentir un “appel à la vérité” signé par plus de 30 000 internautes. Bref, il ne faisait pas bon être curé. On m’avait même interviewé, plus (sur radio France) ou moins bien (ailleurs)…

Ces jours-ci, ce ne sont plus les “curés” qui prennent cher. Ceux là ne font que parasiter les fonds publics pour financer leurs cultes moyenâgeux. Non, le thème est plus ‘positif’, c’est la laïcité. Une laïcité sans dialogue, une laïcité d’opinion, de posture, une laïcité qui exclut par principe de tout débat public celui qui, lobotomisé par les idées religieuses, devrait en être partie prenante, le croyant, seul ou en société. On le soupçonne de manœuvrer, de récupération, de spoliation… On lui dénie tout droit à la parole puisqu’elle le concerne, et vise éventuellement à l’évincer.

Et pour l’instant, ce sont les tribunes et les commentaires qui fleurissent. Le bon droit a ses règles, notamment celle de “tous les coups sont permis”. Agressivité sans borne contre les croyants qui sont décérébrés, pompent le trésor public, lançant des prières démodées vers un ciel vide qui les castre de ce qui fait la vraie vie, la vie d’aujourd’hui. Qu’un croyant ose répondre, il se fait massacrer. Que les responsables des religions prennent la parole publiquement pour ne pas limiter le sujet à une récupération politique, et les boucliers se lèvent contre. Le principe de la laïcité et des relations entre religions et Etat ne doit être débattu et décidé que par des personnes qui ne sont pas croyants, et pas concernés.

alors:

Laissons la question du sens à la société dans son anonymat ; laissons la se donner à elle même les paroles qui la stimulent, laissons aux impôts le soin de toute la solidarité nationale et internationale, laissons les supermarchés nous indiquer ce qui est bon, beau, et vrai, laissons à des holdings anonymes d’actionnaires la morale sociale et politique, laissons Durex nous apprendre à aimer, laissons aux pompes funèbres la facture pour gérer la mort, laissons Fun Radio dire ce qui fait du bien aux ados, laissons au supermarché religieux la joie de dire que tout se vaut, laissons aux médicaments le soin de taire la souffrance, et aux anxiolytiques celui de la camisoler, vendons les églises, virons les curés qui ne sont intéressés que par leurs propres affaires, laissons à Michel Onfray le plaisir de penser à notre place, aux éligibles le devoir de nous caresser dans le sens du poil, aux tentateurs celui de laisser libre cours à nos désirs les plus égoïstes; humiliez le désir de votre grand mère qui voulait mourir en conformité avec ses convictions, ça ne change plus rien, elle n’est plus, pacsez vous pour rompre plus facilement, laissez tomber la conscience, ça fait mal, laissez encore plus tomber le pardon, il est injuste, n’engagez le dialogue qu’avec ceux qui en sont dignes, ceux qui ne croient pas en autre chose que vous.

Mais aussi : interdisez aux chrétiens l’engagement au sein de la société, près des prostituées, des mères seules, des sdf, des pauvres en tous genres, déniez à tous ceux qui ont des convictions d’agir en leur nom.

Et donnez-moi 60€ de l’heure quand je vous reçois, j’accompagne vos enfants dans leurs projets, vous accueille 6 heures pour votre mariage, pour l’enterrement de votre grand mère, payez l’assurance de mon implication, louez le bâtiment à clocher à partir de 1000 €, sans parler de l’orgue, prenez rendez vous, et vous serez facturés,

Obligez moi à me marier, à renoncer à mon obscurantisme, peut-être même à mon altruisme, interdisez moi de prier, de soutenir, de parler. Limitez la question du sens à la sphère individuelle, et vous aurez le plaisir d’entendre plus souvent la réponse de ce collégien à l’un de ses camarades. Il venait de perdre un proche. L’autre lui dit: j’aimerais pouvoir t’aider, et si tu veux, je vais prier pour lui. “Pas besoin, je gère tout seul”.

Bon courage.

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et surtout, n’oubliez pas de réduire l’autre à ce que vous savez de lui, ça simplifie le réel. Et si jamais vous devez prendre une décision pour toute la société, ne vous embarrassez pas du dialogue avec les concernés. vous savez mieux qu’eux ce qui est bon.