jeudi 31 janvier 2013

comment je me suis retrouvé sédévacantiste

31 janvier, midi moins quelques poussières, le téléphone se met à vibrer, mails, sms, news ; il ne cesse de vrombir. Le pape Benoît XVI vient de demander à l'évêque de Coutances, notre évêque, de consentir à une nouvelle mission au service du diocèse de Pontoise. La nouvelle nous dé(ca)pite, prêtres, collaborateurs d'icelui. Là n'importent pas tant ses qualités personnelles, ou même ses pauvretés, c'est l'absence de celui chargé de la communion, l'unité, et sans doute aussi de l'impulsion qui se fait sentir. Et dans ces périodes tendues par le faible nombre de confrères, le choix, la réflexion, l'action ne sauraient trop longtemps souffrir de l'absence, de la paralysie, de l'attente. C'est la deuxième fois, pour moi, que la cathèdre se vide.

La gratuité du don est la vie de l'Eglise, comme on accompagne des lycéens qui filent ailleurs après avoir marché avec eux, et je me réjouis pour eux comme je me réjouis pour Pontoise, Simplement, pendant un temps, quelque chose d'un "silence" musical retient notre musique, comme on suspend la mélodie, un temps, pour mieux l'écouter rebondir. Et mon attente se fait pressante d'un geste du chef qui nous relance...

BlogDavidLerouge_236

mardi 29 janvier 2013

le bruissement de la rosée

juste avant de passer une porte, une respiration
juste après "prions le seigneur", un souffle retenu
le soir, une fenêtre qui tressaille sous la tempête
dans la nuit, des coassements, sous le chuchotement du vent

vers minuit, une canalisation qui frémit, une poutre qui craque  
au milieu d'une conversation, un mot retenu, assourdi,
dans un "ça va?", un "oui" qui ment
dans le silence, un espace de sens...

Blogdavidlerouge-80

Entendez-vous dans le lointain
le chant secret de l'océan ?
Seigneur Jésus,
tu viens murmurer ton amour.

Entendez-vous dans votre hiver
craquer le gel, crier le vent ?
Seigneur Jésus,
tu viens triompher de nos peurs.

Entendez-vous dans le désert
l'appel inquiet du voyageur ?
Seigneur Jésus,
tu viens fortifier notre espoir.

Entendez-vous au bord du puits
se recueillir le cœur de l'eau ?
Seigneur Jésus,
tu viens rassembler notre vie.

Entendez-vous quand tout se tait
battre le sang du Bien-aimé ?
Seigneur Jésus,
tu viens nous brûler de ton Feu.

CFC (f. Jean-Yves) 1986

lundi 28 janvier 2013

La nuit appelle à contretemps

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La nuit appelle à contretemps
Un grand soleil sur notre terre :
Comme en attente d’un enfant
Ton Corps aspire à la lumière.

Dans le silence ou l’ovation
Gémit la voix du cœur en peine
En souvenir de ta passion
Change les cris en joie sereine.

Seigneur Jésus, quand tu viendras
Fais resplendir l’amour du Père
Et toute chair applaudira
L’enchantement de la nuit claire.

CFC (f. Jean-Yves)
Lit 95 1995

dimanche 27 janvier 2013

via crucis

Seigneur, c'est fou, j'ai vraiment eu du mal,
et même un peu peur, pour oser te donner ma vie, 
pas assuré que tu existes au début, pas assuré d'être assuré après,
pas sûr que j'en sois capable, ensuite, et puis tu m'as aidé,
je t'ai dit oui et avec toute ma force, mon cœur, mon âme, 

j'apprends à te connaître, j'apprends à me donner, j'apprends la volonté
et puis, moi qui voyais la vie spirituelle comme une ascension vers toi, 
j'ai appris ce que tu voulais : 
non seulement ce que j'étais prêt à donner, de force
mais aussi te déployer dans ma faiblesse, dans ma pauvreté. 

Sur le chemin de l'ascension, il y a la croix, chemin pour être sauvé. 
chemin de profondeur plus que de hauteur
et souvent, je n'aime pas ce chemin peu glorieux, 
un chemin dont je ne peux me glorifier. 

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A toi, mon Sauveur,
Je remets ma faiblesse,
Mes doutes toujours renaissants,
Mes démons toujours vivants,
Et ma recherche vaine de la sagesse.

A toi, mon Sauveur,
Je dédie mes préférences,
Mes douleurs, mes écarts de joie,
Tout ce qui peut m’éloigner de toi,
Et qui masque la seule espérance.

A toi, mon Sauveur,
Je confie ma paix menteuse
Le chagrin de ne pas m’estimer,
La peur de n’être pas aimé…
Aide-moi, Face douloureuse,
Aide-moi, mon Sauveur.
CFC (G. de Lioncourt)
Lit 66

mercredi 16 janvier 2013

lux in the sky

Dieu que les temps sont troublés, Dieu que les gens sont troublés
Du plus juste de leurs convictions, du plus profond de leurs paix vécues
même manifestées dans la joie, ou apeurées dans l'effroi
l'altérité se fait altercation,
le dépit dégoût,
l'envie de débat une débâcle,
la paix épée,
l'affirmation sereine vitupération malsaine
chacun est dépouillé de sa foi et de ses convictions, par des réductions et des insinuations.

Certains ont réfléchi, pesé, mûri, et voudraient le partager,
d'autres l'ont moins fait, d'autres encore ont l'épiderme brûlé d'un jugement, une infamie,
certains rusent et trichent, d'autres blessent, acérés, sans le désirer
on excommunie et/ou vomit le frère qui n'aurait pas la même idée,
on le somme de s'expliquer, pour autant qu'il se range de son côté

le pouvoir ne se fait plus serviteur, mais arrogant,
pouvoir du nombre, pouvoir en place, illusions abimées de force
et les petits trinquent.

mon ciel en est troublé,

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alors je continue ma quête de lumière.

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dimanche 13 janvier 2013

l'hurluberlu dégingandé et la demi-portion

(au choix)

le regarder sans rire
le regarder sans rire de lui
___ le regarder et rire avec lui.

ne pas le relever,
le relever sans lui demander
___ lui demander s'il veut de mon aide

m'émerveiller de son cœur tellement sensible
m'apitoyer de ses moyens limités
___ me réjouir de ce qu'il sait faire

...chaque fois que celui qui est marqué par son handicap fait trébucher ma marche rapide, je me perds dans ces alternatives... Ou, à d'autres moments,  

Rire avec l'organiste aveugle de la paroisse parce qu'il ne voit pas ce que je veux dire, démonter les roues du fauteuil de Yoann pour en rire avec lui, galérer à les refixer, le regarder avant pour vérifier si on peut le tacler, consentir à ce que certains souffrent de leurs infirmités même temporaires...

consentir à ce qu'il ne puisse plus aujourd'hui
consentir à sa joie si forte
consentir à ce qu'il sache mieux, plus profondément que moi, ce que veut dire vivre.

Je suis nul comme tout le monde face au handicap, parce que mes automatismes relationnels y tombent en échec.
Je ne veux pas détourner le regard,
je ne veux pas déprécier,
je veux regarder sans scruter,
mais qu'il est difficile de poser un regard "normal" quand il faut le choisir. C'est sans doute ça: la personne handicapée m'accule au choix de la relation avec lui, avec lui et pas avec ce que je crois de lui, ou ce qu'on m'en dira. Tout est si délicat, dans cette relation au handicap physique, et psychique... c'est pour cela que j'ai dévoré le livre de Séverine Hibon, qui en quelques chapitres efficaces raconte l'aventure de son couple avec son mari handicapé,  et toute la justesse de la relation qui a dû en découler.

avec ces quelques pages parfois corrosives, je fais tomber mes mauvaises bonnes intentions, je redécouvre la passion de l'autre et l'investissement dans les petits gestes du quotidien. En plus, Séverine ne la ramène pas trop avec sa foi, elle la laisse juste surgir là où il faut, et ça fait du bien. A lire, donc. (ça vous prendra pas des heures, mais ça ouvrira des milliards de relations et de regards avec ces personnes dont quelques uns zapperaient bien la naissance.)

jeudi 10 janvier 2013

le point Godmin

Plus on approche de la date du 13 janvier, plus les discussions réelles ou virtuelles auxquelles j'assiste deviennent acérées tant les convictions s'affermissent (voire se radicalisent). On se réjouit de la venue de tel évêque sur le macadam, compte les cars, raille telle revue qui n'a pas les mêmes convictions, ironise sur les élections d'avant, laisse émerger des peurs plus ou moins rationnelles... A peu de choses près, on n'est plus très loin de l'anathème et de l'excommunication de l'opposant à base de "je ne comprends pas qu'on puisse être chrétien et penser ça" ou "ce n'est pas mon Eglise qui se revendique et défile". Or si être chrétien nous invite à défendre nos convictions, d'autant plus quand elles sont tirées de l'Evangile, et pourquoi pas (se) manifester pour leur donner droit de cité, l'Eglise ne se réduit pas aux personnes qui partagent lesdites convictions. Il y a une diversité et une richesse dans l'Eglise qui doit être honorée par la communion, ou comme le dit la première lecture d'aujourd'hui, par l'amour du frère. Et Dieu sait que nos frères, jusque dans nos propres familles, n'ont pas nécessairement les mêmes convictions que soi. Ecouter l'autre pour envisager de le comprendre (sans pour autant valider ses idées), consentir à sa différence, vouloir lui être uni dans la vérité, et dans sa quête me semble d'autant plus nécessaire ces jours ci. Si celui qui ne partage pas vos convictions n'ose plus s'adresser à vous pour échanger, c'est mauvais signe. Le dialogue implique l'écoute véritable. Sinon, on amoindrit la richesse de l'Eglise et de Dieu à ses propres idées.

Je propose donc l'instauration du point "Godmin", à l'image du point Godwin des heures les plus sombres de l'histoire, pour toute tirade qui aurait des velléités de réduire l'Eglise de Dieu à sa manière de penser. Clignement d'œil

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parce qu'au delà de dimanche, et ce jusque dans le Royaume, nous aurons à construire cette unité du Corps du Christ.

mardi 8 janvier 2013

wise men

wisemen
se mettre en route,
attentifs aux signes des temps,
en quête de Celui qui donne Sa Lumière aux Nations,
écouter, regarder, avancer,
apporter le meilleur de soi,
un meilleur qui est signe,
refuser le chemin de la haine
de la compétition de pouvoir.

dans la rue, et surtout sur le net, désirer devenir des iMages.