jeudi 28 février 2013

Outch

21h51, la température tombe rapidement, et la bougie vient d’être soufflée par la tempête. L’électricité a sauté il y a une vingtaine de minutes dans un tremblement de tonnerre sympathique. Les éclairs griffent la nuit de loin en loin et la pluie horizontale s’abat, torrentielle, sur le Balé. Nous devrions être à un spectacle de théâtre de marionnettes d’ombre mais le temps est trop violent pour nous éloigner de notre petit havre relatif.

A vrai dire, c’est la 3e fois de la journée que le temps se déchaîne. La première a eu lieu dans un cimetière. Il était un peu plus de midi. Trois gars étaient passés nous chercher, nous étions franchement à la bourre, pour une grosse course de quelques kilomètres par des chemins cahin-cahotants et pierreux de montagne. Une anthropologue spécialiste de Bali, un acteur du TNP, un prêtre diocésain à l’arrière de motos… d’un geste ils indiquent la montagne ravagée par les carrières à ciel ouvert où des camions pillent les pierres et le sable, et flinguent la nature pour nos jolies statues de pierre de lave, et les dérivés en tous genres de ce massacre de la nature.

A peine le pied posé à terre, la procession s’engage sur la route en direction du volcan qui dessine son triangle immense juste devant nos yeux. Nous sommes encore à quelques kilomètres du Merapi mais déjà sur ses pentes… C’est loin d’être tout le village qui s’avance: à peine une quinzaine d’hommes en direction du cimetière, il fait chaud et l’un des participants, le catholique qui est venu nous chercher, jette des fleurs de loin en loin sur la route, et à chaque intersection, quelques offrandes sont abandonnées. Humour du moment, un camion qui vient charger son comptant de pierres est obligé de nous suivre au pas lent des hommes.

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Arrivés au cimetière, nous longeons les tombes chrétiennes et musulmanes, mélangées, pour nous approcher d’un petit bâtiment à la porte tellement basse. Depuis quelques dizaines de mètres, un homme portant un masque blanc s’est joint à la procession. Juste après le célébrant, il entre dans ce qui semble être un mausolée. A l’intérieur, deux cônes et sur l’un deux, un kriss, et au milieu, cette petite concrétion noire intrigante. Le mausolée est si petit que moins de dix personnes trouvent leur place à l’intérieur, nous en sommes tous les trois. De l’encens, du feu, des prières, et là encore un lien très fort avec le volcan… A mes côtés un homme, juste à côté, l’homme de la photo d’hier, en attente.

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Celui qui menait la prière se décale doucement de 45°, un peu plus vers moi, allume un bâton d’encens, dit quelques prières puis saisit la main de mon voisin qui, je ne l’avais pas remarqué, a les yeux fermés et se met à entrer de manière affirmée et sans conscience apparente dans tout un dialogue avec “le gardien des clés”. Notre “invitant”, catholique, se glisse vers moi et m’explique qu’un esprit du volcan a pris possession de l’homme et adresse ainsi aux hommes un message. C’est même un tigre blanc. L’histoire commence à virer au surprenant. Il est question, me dit-on, de saccage de la nature, des hommes qui ne tiennent pas leur responsabilité, et sacrifices à venir. il faut faire quelque chose.

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Tout à coup, on apporte un poulet, un vrai, un gros, et l’homme le saisit, toujours les yeux fermés et le porte à sa bouche, toutes dents découvertes. Il sert peu à peu, en quelques instant le cou de la poule et commence à sucer. L’a-t-il égorgée et boit-il le sang comme me le dira mon voisin après ? L’étrangle-t-il de sa mâchoire, rien n’est clair dans cette scène à 30 cm de mes genoux, mais qui dure deux bonnes minutes (les EXIF des photos faisant foi). Il relâche alors le poulet sans vie, sans sang, et tombe à la renverse. La cérémonie est terminée mais depuis le début de la prière, la tempête s’est abattue sur la maison, une pluie battante qui a littéralement inondé le cimetière et dévalé de la montagne. Il paraît que tout est lié. Je ne sais que penser. A peine le temps d’un passage dans la maison de notre hôte où les offrandes des villageois affluent pour la suite de la prière et nous revoilà sur les motos, à fond de train, pour enchaîner avec la suite. Il ne pleut plus.

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Cela fait trois jours que je suis arrivé à Java où m’attendait Kati et Nicolas. Kati est en train de monter un spectacle audacieux au confluent des cultures. Mélangeant catholiques et musulmans, danseurs et lycéens, Shakespeare et la culture javanaise, c’est le songe d’une nuit d’été qui est monté, faseyant entre les deux cultures, mélangeant les personnages et les modes d’expression, entre danse et théâtre occidental, le tout porté par de jeunes lycéens totalement débutant en toute forme d’art. C’est un projet fou, et comme un poil de traduction ne peut faire de mal à personne, je plonge tout habillé dans cette aventure. S’il n’y avait que ça, tout irait bien mais un des personnages principaux a chopé le typhus et le projet prend des couleurs un peu dramatiques.

Quand nous arrivons, pile à l’heure, sur la scène pour le travail, les jeunes nous rejoignent peu à peu. Tout bien compté, entre les musiciens, les danseurs, les enfants qui jouent un rôle, les acteurs pour la partie occidentale, et les adultes qui accompagnent/jouent un autre rôle, nous devons être pas loin de 80 à prendre part. La répétition va commencer quand tout à coup, les nuages se compressent sur nos têtes, le vent fait gonfler dans tous les sens l’immense rideau de la scène et toute la pression accumulée du ciel, pression que l’on ressent de façon carrément physique, se libère en torrents de pluie tout aussi horizontale, inondant la moitié de l’espace au moins. Le temps de s’organiser et la répétition peut commencer.

Plus de trois heures de travail et la représentation commence un peu plus à prendre forme. Le travail est titanesque, le temps désespérément court, mais les jeunes sont assez incroyables, les javanais qui les encadrent plus encore.

Je ne sais pas si être prêtre change quelque chose à tout cela, je me dis juste que le monde est un chouilla plus grand, plus profond, plus complexe et pas que géographiquement, que ce que je sentais…

Alors que je dors déjà, Kati part finalement, la tempête apaisée, vers minuit, voir le théâtre d’ombres.

l'instant d'avant

l’instant d’avant le surgissement du tigre blanc
l’instant d’avant les trombes d’eau s’abattant sur le cimetière
l’instant d’avant la prière rituelle au pied du volcan
l’instant d’avant le monde qui se compresse avant d’exploser.

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samedi 23 février 2013

Pemulung di Tanjung Uma

Poussant le sens de la découverte et de la passion pour un pays à l’extrême, j’ai eu la joie de goûter à l’asphalte indonésienne ces derniers jours, en application rugueuse et manuelle, via une petite glissade à moto organisée par mon chauffeur du soir. Conclusion petit bobo dans la main pour moi, belles éraflures pour lui, et une heure à faire des blagues à l’hosto avec les religieuses qui, comme cadeau d’anniversaire, m’ont piqué contre le tétanos. Bref, je peux désormais attester de l’efficacité des urgences indonésiennes. Je les avais déjà goûtées il y a bien longtemps avec les jeunes du séminaire, ça peut être efficace (surtout quand on a le bon réseau, en fait, ou les sous)

Il y a néanmoins des endroits dans le monde que quasiment personne ne connaît vraiment, comme Batam où je suis pour l’instant. Ce n’est pas une île super charmante mais la première île indonésienne depuis Singapour. Intérêt touristique restreint, il y a quelques grosses entreprises dans la zone franche, pas mal de monde ici pour le business, et les pauvres qui vont avec. Comme l’île rassemble des Indonésiens de toutes les parties du pays, il n’y a pas vraiment de relations sociales traditionnelles mais des mall où on peut dépenser son fric. Un coopérant y enseigne l’anglais, dans un lycée catho du coin, permettant aux élèves de se dépasser au delà des habitudes et des formatages habituels. Il les pousse vers un peu d’excellence, qui les mettra sans doute au service des autres plus tard.

Simplement, qui dit business, fric, entreprises dit bas peuple tout planqué dans des bas quartiers que l’on peut très bien ne pas regarder. Pour déblayer le boulot d’un prochain coopérant, j’ai été accompagné hier dans un de ces bidonvilles (pour simplifier). Ce sont des gens sans qualification, de Flores pour la plupart, qui vivent du ramassage et du tri des ordures de la ville. Ils récupèrent ce qui est vendable (plastique, carton, métal) et balancent le reste, via un système de trieurs/acheteurs/refourgueurs. Les familles ont bâti de bric et de broc, de parpaings et de tôle ondulée parfois, des baraques sur un terrain pourri appartenant à une entreprise quelconque qui peut les virer du jour au lendemain, leur remboursant à peine le prix des clous. Des familles nombreuses s’entassent là, l’eau arrive une fois de temps en temps, les évacuations se font par les rigoles, le chemin est parfois vaguement cimenté, bordé de pneus usagés, et à chaque pluie, tout doit se transformer en bourbier. Ils ont bricolé des brouettes ou des remorques pour ramasser les ordures, bricolé leur maison, organisé comme ils ont pu. Mais ils ont bâti une chapelle, ils fabriquent une salle pour que les enfants puissent être accueillis, s’efforcent de venir à la paroisse pour la messe, même si le peu de transport en commun rend la démarche soit impossible, soit trop onéreuse. Assis sur des tabourets en plastique, un verre d’eau posé sur une table qu’on a fait apparaître rapidos, on parle de tout ça. Je suis avec leur curé. Là, clairement pas d’hôpital pour les malades, et de l’école pour les petits mais sans grande conviction. Difficile d’y croire dans de telles conditions.

Certes, il y aurait besoin d’argent, de manière évidente. Pour la santé, la salubrité, la construction, les vêtements, la nourriture, l’eau, l’éducation… mais je me dis que ces enfants ont aussi besoin de croire en des projets, de voir qu’on croit en eux… Et du coup, j’aime bien le boulot de la DCC.

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ikebana

Aube de carême, premier dimanche
l'eucharistie rassemble toute la paroisse
musiciens, chanteurs, servants, prêtres,
chrétiens unis pour un même appel

les vitraux léchaient les piliers de lumière,
les voûtes étaient immaculées
et sur la nappe d'autel, sous mes yeux,
l'ombre de la croix,
et d'une branche presque nue

Blogdavidlerouge-86.

samedi 16 février 2013

OSEF

Quand tu es aumônier, au bout de quelques années[1] , il finit par y avoir ce petit glissement subreptice qui t'accentcirconflexise le sourcil quand les jeunes se mettent à délirer. "Je... je... je suis vieux" susurre la voix intérieure déjà chevrotante. A vrai dire tu les côtoies encore suffisamment pour qu'ils ne t'intriguent point trop, mais tu as déserté depuis trop longtemps les chaises où, lycéens, ils s'ennuient suffisamment pour rigoler. Bref, les mots te manquent.

Tu nostalgises sur tes propres errances où on avait réécrit l'Evangile à coup de bons mots... Et tu découvres qu'ils en sont capables aussi. Bon, il manque pas mal de fond, mais outch, c'est le choc de civilisation, quoi. Voilà par les Boloss des Belles Lettres, une petite réécriture façon portnawak de la Nativité. Oui monsieur.

la nativité

ATTENTION, DISCLAIMER : NSFL[2]

tié ici y a qu’des tepus on serre la main à des canons sciés alors ça commence ambiance romano qui choure les autoradios dans ton p’tit pavillon joibour autour d’un couple de clodos tout paumé c’est joseph le menuisier mais on dit OSEF mdr !!! il est avec marie en cloque à mort genre elle peut pas éternuer sinon elle te pose le foetus sur le macadam et ils zonent sur l’A86 à la recherche d’un p’tit spot pépère pour s’envoyer un panini et téma la nouvelle resta sauf que c’est la lose du cul des tricards galiléens ce sera walou chez formule1 walou chez ibis alors marie mère de dieu elle demande “bon on fait quoi joseph” et lui il dit “OSEF” “non sérieux on fait quoi” “bah tu sais quoi on va aller dans le garage à mon cousin y a de la place tmtc” mais marie elles est vénère mais comme elle joue à culbuto magique elle préfère rien dire elle fait ouais ouais ton zincou allez ouais mais elle pense la vérité un jour je vais me venger négro !!!

résultat le p’tit couple trop mimi rush le garage au cousin d’OSEF sauf que c’est la chouchma nucléaire c’est la foirfouille c’est le zoo de vincennes y a un boeuf y a un âne non mais c’est quoi ça la parade magique de tonton mickey le manège enchanté sérieux !! mais marie elle a le flamby qui va péter dans l’assiette sans même tirer la languette donc elle s’énerve pas trop mais putain il va prendre cher OSEF elle prépare son clash direct !!! donc marie elle est là à faire l’éléphant de mer au milieu de vieux slips et du bordel de momo le cousin d’OSEF et bim bam boum sans prévenir le p’tit jésus il pointe le bout de sa ganache c’est le soulagement dans sa boîte à gant tainpu il est né le divin enfant magueule !!!!

là gros shlag me demande pas c’est quoi le rapport mais y a un délire zoophile tout chelou y a l’âne et le gros boeuf qui se radinent et qui soufflent sur le baby parce qu’il a froid le ptit ouin-ouin genre quand tu te pèles le cul dans ta chambre ta daronne elle te dit wala va chercher l’âne et le boeuf looool des barres !!! après c’est pas fini dans la rubrique trip total pété y a 3 srabs bien michtos des gros jetsetteurs david guetta pitbull et massimo gargia qui se pointent dans le garage de marie et OSEF alors que bon ils sont même pas dans le GPS ni dans les pages jaunes et OSEF il hallucine un peu il demande euh ouais c’est pour quoi les tontons ??? et eux les trois drogués ils balancent vazy ouvre le portail on a suivi une étoile paraît qu’on se chauffe au boeuf et à l’âne chez vous on peut entrer on vient voir le ptit baby jésus !!!

bon là clairement OSEF il est total flippé il dit nardinamouk vla les stalkeurs de merde c’est des keums des stups ou bien ?!! mais bon il a pas trop le choix il joue le jeu il veut pas replonger à fleury alors il dit ouais les frères allez attention la tête donc après les 3 jetsetteurs ils se posent à la cool près du p’tit baby et on apprend que c’est pas que des BG à boucle d’oreille et à turban de feu c’est des kings putain comme les rois du monde mais eux c’est pas des blédards ils font les choses ambiance marathon mystique quand ils veulent voir jésus ils lâchent les zouz et les hummer ils y vont à pied trip à fond la forme !!!!! après ils balancent des p’tits cadox des réduc chez foot locker des tickets restau pour le monsieur jésus de l’encens et de la myrrhe du fragrance by diesel encore des trucs pour parfumer tes chiottes mais PLUS INTERESSANT y’a aussi de l’or de la MAILLE du CARAMEL ONDULE COMME UN VER DE TERRE MA GOW !!!

à la fin les 2BE3 ils s’arrachent on sait pas trop c’est quoi la raison genre oh regardez une autre étoile venez on va bouffer une galette mdrrr !!! et ils plantent OSEF marie avec sa teuch en chou-fleur et le p’tit baby qui fait ouin-ouin pendant que ces putains d’animaux autozoophiles se paluchent le zgeg à souffler sur le mioche donc OSEF il dit bon bah c’est pas le tout je vais faire une p’tite menuiserie lol c’est le début d’une histoire pas nette c’est la fève qui te casse les ratiches c’est les rois agenouillés qui pètent un câble et c’est baby jésus qui fait ouin-ouin c’est la nativité.

super copyright: http://bolossdesbelleslettres.tumblr.com/page/2 

Notes :

[1surtout quand ton âge dépasse globalement le double des plus âgés,

[2] Not Suitable for Liturgy.

mercredi 13 février 2013

le cash et le chas

Blogdavidlerouge-81

C'est Biblique, Pâques est un temps de passage, de la mer comme de la mort,
et le carême nous y prépare, nous y conduit par amour...
car ce n'est pas tant un passage que j'organise, comme un voyage dont je coche les options
et dont je choisis l'amplitude en fonction de mes moyens ou des promotions
qu'un transport, une aspiration hors de mes entraves
du péché, de mes morts, des contreforts rassurants de mes talents, de mes richesses
que pourtant je croyais Lui avoir consacrées
pour être sauvé, transfiguré par le visage du Christ qui se révèle seul trésor.

Jeûner, partager, prier sont des consentements à ne plus vouloir tout maîtriser
comme une dépose des sécurités de mes propres forces pour se découvrir élevé
par Lui.

Evénement concomitant, imprévu, intrigant et interpelant,
le pape et notre évêque, consentant à un nouvel appel reçu,
nous invitent finalement à vivre ce carême dans le courage du oui
au dépouillement jusque de ses bonnes actions, au don de soi,
à cette confiance plus profonde en celui qui tient tout en ses mains,
bien plus profondément que nos plans (de vol)

"ni par puissance, ni par force, mais par l'Amour du Seigneur"

mardi 12 février 2013

Monsieur le Président,

Capture plein écran 12022013 112601.bmpNous avons voté lors de votre élection, et vous avez été élu par une majorité de Français, vous avez donc toute légitimité à présider aux destinées de la France, et à guider tant ceux qui vous ont soutenu, ceux qui ont rejeté votre prédécesseur que tous les autres Français. Seul chef de l'Etat, vous êtes donc mon président, représentant de la France, pour nous et à l'extérieur et pour cela je vous écoute, je vous respecte, et je me sens tenu de vous aimer.

Je dois avouer, toutefois, que bien souvent, vous me perdez en route, et je ne comprends pas, mais vraiment pas, ce qui vous inspire ou vous pousse...  Dans un raidissement spectaculaire, vous avez réussi à opposer frontalement des personnes intelligentes, dont j'aime la justesse et la pondération, en deux options, deux clans s'invectivant des pires procès d'intention au lieu de permettre par exemple une troisième voie, que tous auraient pu éclairer, en vue d'un plus grand bien ; vous  avez fermé délibérément votre porte à des sages, humbles et qui vous appelaient pour échanger en vérité ; vous avez tu la voix de centaines de milliers de personnes sincères, les refoulant dans un militantisme qui pourrait devenir stérile, il y a désormais des tensions et des blessures qui pourrissent nombre de communautés ; vous avez laissé soupçonner les chrétiens de lobbyisme, ou de pingrerie supputant des portes fermées à la pauvreté, et laissé s'enclaver dans la culpabilité des chrétiens qui pourtant sont souvent déjà si donnés ; vous avez oublié l'audace du souci des plus pauvres ; et malgré le respect que je voudrais avoir pour vous, vous agissez comme si vous étiez le jeu de lobbies idéologiques comme votre prédécesseur pouvait sembler l'être de puissants et financiers.

Je voudrais vous accorder le bénéfice de l'intelligence, de l'union nationale, de la responsabilité, de la vision d'ensemble qui pourraient m'échapper et que je ne partagerais pas, ... et hier, vous avez ricané de celui qui ne s'approprie pas le pouvoir qui pourtant lui avait été confié, vous avez plaisanté légèrement en commentant la décision du pape, au nom de je ne sais quel sens de la dérision. Ne pouviez vous pas respecter celui qui a toujours vécu sa mission non pas comme un pouvoir mais comme un service, service de Celui qu'il sert, service de ceux qui lui sont confiés ? N'était-ce pas le sens de toute responsabilité ? La Vôtre pour la France y compris ? Y a-t-il des convictions qui arrachent aux hommes la majuscule qui devrait les honorer ?

Monsieur le Président de la France, je dois vous l'avouer, vous me perdez.

Vous ne me connaissez pas, je ne suis personne, un électeur, un Français pas meilleur qu'un autre, embringué dans mes contradictions, obscur prêtre de province, anonyme, soucieux de voir grandir les personnes qui me sont confiées, mais incapable de bien le faire ... J'assume d'être un parmi des millions, mais j'avoue que c'est une expérience désobligeante de ne pas avoir l'impression d'œuvrer avec vous au service de l'homme, de quelque chose de plus grand que nous, de me sentir ainsi méprisé.

Veuillez croire, Monsieur le Président, au profond désir de vous accorder mes sentiments les meilleurs, mais pour l'instant, ils sont surtout partagés.

David Lerouge.

lundi 11 février 2013

N.N.

Blogdavidlerouge-82

si un jour, tel un jeune homme riche, je m'appuyais sur la richesse de la mission que "j'ai"
je pourrais réentendre la vocation par Celui que je "suis"
ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres, et suis-moi.

Chacun est appelé par son nom à être configuré au Christ, vie donnée.

Addendum sous forme de lien:
on pourrait croire à une sagesse qui vous fait accéder à des responsabilités plus importantes pour l'un, ou à un repos bien mérité d'une retraite douillette près d'un piano pour l'autre, on pourrait saluer le courage de se retirer... mais comment ne pas relire, autrement, puissamment les mots du P. Caillot quand il eut le courage de l'abandon. Je suis profondément persuadé que ces mots éclairent au plus juste l'attitude fondamentale du Saint Père... Le texte est long, il coûta une vie. Mais là encore, il s'agit d'un consentement à un appel plus grand, plus fort, et loin du "repos bien mérité"... un vrai acte de foi qui vient comme en écho tout à fait inattendu à tous les billets précédents

samedi 9 février 2013

la foi sur le bout des doigts

Je suis plus ou moins fier de ma manière d'être chrétien.

Fier parce que peu à peu l'Evangile a traversé mon humanité, en a révélé les harmoniques où simplement elle se déploie,
moins parce qu'il est évident que cette conversion au Christ est loin d'être complète ou achevée.
Fier parce que j'ai reçu cette suite du Christ,
moins parce que l'Evangile est plus grand que mon cœur,
Fier parce que j'aime l'Église,
moins parce que je me découvre de plus en plus profondément un fieffé pécheur

c'est pourquoi j'ai reçu avec une avidité évidente ce petit compendium de la vie chrétienne à exercer sur le bout des doigts, proposé par Mgr Le Saux, évêque du Mans, qui a prêché cette petite retraite qui vous a valu des textes coup de poing. J'ai aimé le recevoir parce que ça fait toujours du bien de se l'entendre dire différemment.

chrétien

  • prier personnellement, parce que ces moments là, on ne peut pas les vivre en dilettante, ils nous impliquent vraiment
  • vivre les sacrements, pour vivre en Eglise sa foi, pour expérimenter la présence attestée du Christ, pour revoir la Parole, pour être configurés au Christ, pour accueillir la vie éternelle
  • exercer son intelligence pour discerner, comprendre, décider, écouter la Parole, rendre compte, ...
  • les plus pauvres, c'est la foi vécue, sans grands mots, mais au plus juste de la rencontre du Christ. Si c'est compliqué dans ta vie, bouge-toi, va les voir!
  • être missionnaire, parce que ton trésor pourrit si tu le gardes pour toi.

sinon, dans le même esprit, on peut lire Mgr Daucourt, la même main, mais sans les doigts et directement dans la tronche.

jeudi 7 février 2013

dans ta tronche (2)

Il est probable que, jeune, j’aurais ri des sentencieux spirituels qui prophétisent ce qui passe par la foi de tout un chacun, au nom du cheminement original de chacun, justement, de l'histoire nouvelle de Dieu dans chaque vie, toussa. N’empêche que, coup de bambou sur le dessus du crâne - même si on se dit qu’on n’en est pas là-, ce texte m'est tombé dessus... et on devine qu’il a raison, le bougre. Ça prend 1500 mots, mais c’est d’un poil à gratter qui va en titiller plus d’un. C’est donc “dans ta tronche”, épisode 2.

 blogdavidlerouge-19

Le risque de la durée est pour nous, comme pour toute entreprise humaine, celui d’une certaine usure de l’idéal poursuivi et de l’effort fourni pour le réaliser, usure qui nous amènerait à prendre parti de la médiocrité dans la sainteté. Avec le temps et la maturité de l’âge vient la tentation d’un compromis entre les exigences surnaturelles de l’amour du Seigneur et celles de notre personnalité d’homme adulte. Chaque année voit un plus grand nombre d’entre nous arriver à cette étape décisive de la vie spirituelle, étape où doit s’effectuer une dernière fois le choix entre Jésus et le monde, l’héroïcité et la médiocrité, la croix ou un certain confort, la sainteté ou une honnête fidélité à l’engagement religieux.

Dans la première étape nous n’avons pas encore fait l’expérience de l’impossibilité humaine et naturelle où nous sommes de vivre en harmonie avec l’ordre surnaturel des conseils. Dans la jeunesse, il y a en effet comme une correspondance entre la générosité propre au tempérament de cet âge et l’appel de Jésus à tout quitter pour le suivre. Pauvreté, chasteté, obéissance, prière, charité ne nous semblent pas présenter de difficultés insurmontables. D’ailleurs, la pédagogie divine du Maître qui appelle contribuera elle-même à nous entretenir quelque peu dans une illusion provisoire, sans laquelle peut-être personne n’aurait le courage de tout quitter pour suivre Jésus et porter sa croix.

La charité nous paraît facile, bien qu’on nous reproche peut-être de gros défauts dont il nous semble que nous viendrons facilement à bout de en quelques révisions de vie généreuse et avec l’aide de nos frères. D’ailleurs, nous constatons au noviciat et durant les premières années de notre vie de Petit Frère, des progrès sensibles. Mais il y a encore toute une dimension de la charité qui nous échappe, et nous faisons maladroitement souffrir par nos manques de délicatesse. Notre charité est encore très humaine, très naturellement spontanée, et nous sentons en nous des mouvements de sympathie universelle. Il nous semble tout simple de devenir le frère de ces hommes si différents, qui nous attirent au loin ; nous sommes impatients d’être parmi eux, comme l’un d’entre eux. Tout en eux nous paraît bon, sympathique et nous nous sentons tout à fait capables de leur donner notre amitié. Nous n’admettons pas qu’on les critique et nous condamnons avec sévérité ceux qui nous semblent moins enthousiastes. Cela ne nous empêche pas d’être insupportables aux autres et de nous décourager à la première difficulté, mais nous n’y pensons pas souvent et cela est loin d’être évident pour nous.

Oui, il nous semble que toutes ces exigences de la vie d’un Petit Frère, que nous avons découvertes durant le noviciat et les premières années de vie en Fraternité, il nous semble que nous pourrons y être fidèles avec un peu de courage. En tout cas, et même aux jours sombres, car il y en a, cela ne nous est pas encore apparu comme radicalement impossible, comme nous l’a prédit le Seigneur. Difficile, oui, impossible, vraiment, non, avec une peu de courage !

Or, avec le temps et la grâce du Seigneur, peu à peu, insensiblement, tout va changer. L’enthousiasme humain fait place à une sorte d’insensibilité pour les réalités surnaturelles ; le Seigneur nous semble de plus en plus lointain et nous sentons à certains jours comme une lassitude nous gagner ; nous sommes tentés plus facilement de prendre notre parti de moins prier ou de le faire par manière d’acquis. La chasteté nous cause des difficultés que nous n’avions pas envisagées ; certaines tentations sont nouvelles : nous sentons en nous comme une lourdeur, nous cherchons plus facilement des satisfactions sensuelles. Par ailleurs nous aurions tendance, instinctivement et sans même le remarquer ni y voir du mal, à mener une vie un peu plus indépendante, sans tenir compte de nos responsables. L’ouverture nous semble moins nécessaire, la charité plus difficile. L’adaptation à un autre peuple nous laisse parfois découragé, nous ne voyons plus que des défauts qui nous énervent là où nous trouvions tout bien au début ; nous commençons à critiquer facilement, nous n’arrivons pas à parler la langue couramment ni même à comprendre suffisamment. La pauvreté nous devient dure. Nous tenons davantage à nos idées. Nous regrettons à certains jours de ne pouvoir mieux manger, et de ne pas nous sentir plus libres. Enfin, nous voudrions faire quelque chose de plus intéressant de notre vie ! Et toujours, le Seigneur se tait, silencieux, et ne nous prodigue plus les joies sensibles d’une intimité, joies qui nous donnaient tant de facilités pour tout envisager avec optimisme.

En arriver à ressentir tout cela est dans la normale, sans qu’il y ait eu d’infidélité grave de notre part, ni d’abandon de la part du Seigneur. Même si nous sommes restés fondamentalement fidèles aux exigences de notre vie religieuse, nous devons en arriver, plus ou moins, à ressentir ces diverses impressions ou tentations.

En un mot, nous entrons progressivement dans une nouvelle phase de notre vie, découvrant, à nos dépens, que les exigences de la vie religieuse sont impossibles. nous expérimentons que la pauvreté ne doit pas seulement être matérielle, mais aboutir au détachement de nous-mêmes et de toute action intéressante ; la chasteté en profondeur, l’obéissance avec toutes ses conséquences, la charité jusqu’au don complet de nous-mêmes aux autres, toute une vie centrée sur la valeur contemplative de l’adoration, tout cela, nous sommes en train d’expérimenter que cela nous est impossible, que c’est au-dessus de nos forces, contraire à l’épanouissement personnel de nos instincts et de notre personnalité. Oui, c’est impossible ! Jésus nous l’avait bien dit, mais cela nous apparaît maintenant sous un autre jour, et au moment même où Jésus est lointain, comme sensiblement absent de notre vie ! Humainement, il n’est plus là. Nous ne pouvons plus compter sur l’enthousiasme juvénile que les années ont usé en nous. Cette impossibilité ne nous est peut être pas apparue tout d’un coup et d’une manière aussi brutale sur tous les points, mais, plus ou moins consciemment, elle deviendra pour nous une évidence. Nous n’osons peut-être pas trop nous l’avouer, car cela nous obligerait à prendre position d’une manière nette. Que faire alors ? Comment nous en tirer ? Si nous n’abordons pas franchement cette étape, cette prise de conscience de l’impossibilité radicale pour les forces humaines de vivre une vie religieuse surnaturelle, et de servir le Christ avec sa croix, nous risquons fort, soit de tomber dans un découragement larvé, soit de nous illusionner en rabaissant notre idéal à un niveau acceptable, vivable, possible en un mot. Or, c’est ce qui arrive le plus souvent à cette étape cruciale de la vie religieuse : le découragement, ou l’acceptation semi-consciente de la médiocrité, parce que, pour rendre la vie religieuse vivable, nous aurons accepté en fait d’y introduire un dérivatif. Nous nous cherchons un centre d’intérêt humain, un motif qui soit conciliable tant bien que mal avec les apparences de la vie religieuse et l’honnête observance, en gros, de nos engagements. Si nous refusons cette compromission, à force de lucidité et pour rester pleinement fidèles au Seigneur, nous sommes guettés par le découragement. Vraiment, Jésus nous fait expérimenter jusqu’au bout, et d’une manière inattendue, l’impossibilité de suivre le chemin sur lequel il nous a lui-même engagé !

Ce qui est encore plus déroutant, c’est que, plus nous aurons été généreux et fidèles à la grâce, plus ce chemin nous paraîtra impossible ! En effet, les exigences de la pauvreté, du dépouillement intérieur, de la chasteté, de l’obéissance et de la charité, nous apparaissent sous une nouvelle lumière, et ces exigences sont plus grandes que nous ne l’avions imaginé ; or, c’est une grâce inestimable que de voir s’ouvrir devant nous un horizon de plus en plus infini, car c’est la preuve que Jésus est là avec sa lumière. Dans ce chemin, devenu maintenant si austère, comment ne serions nous pas découragés par l’immensité de la distance qui nous sépare du but : celui-ci s’étant éloigné, nous avons toutes les peines du monde à croire que nous n’avons pas reculé au lieu d’avancer. Tout se passe en effet comme si nous avions reculé. Il nous semble que nous avons échoué. Les religieux et les prêtres qui nous entourent, nous avons aussi découvert leurs défauts, leurs imperfections, et nous sentons bien que beaucoup d’entre eux en sont là. A quoi bon tenter l’impossible. Il nous reste, puisqu’il est impossible pour nous d’être parfaits, à nous accommoder d’une vie honnête. Une vie honnête à la suite de Jésus crucifié, comme c’est décevant, et quelle désillusion ! Et pourtant, si nous savions ce que Jésus attend de nous à ce moment critique de notre vie religieuse, si nous savions ce qu’il attend d’une étape qui n’est pas une régression comme nous l’imaginons, mais la mise en place des conditions pour un nouveau départ, pour la découverte d’une vie selon l’esprit et la foi, avec la conviction, qui nous reste à acquérir, qu’une telle vie est alors possible avec Jésus.

“le second appel”, René Voillaume, lettres aux fraternités, tome 1, Cerf, p.11-20.

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mercredi 6 février 2013

souffle de vie

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Seigneur, envoyez votre Esprit et tout sera créé, et vous renouvellerez la face de la terre.

Seigneur, renouvelez votre première Pentecôte. Accordez, Jésus, à tous vos bien-aimés prêtres la grâce du discernement des esprits, comblez-les de vos dons, augmentez leur amour, faites de tous de vaillants apôtres et de vrais saints parmi les hommes.

Esprit Saint, Dieu d’Amour, venez, tel un vent puissant, dans nos cathédrales, dans nos églises, dans nos chapelles, dans nos cénacles, dans les plus luxueuses maisons comme dans les plus humbles demeures. Emplissez la terre entière de vos lumières, de vos consolations et de votre amour.

Venez, Esprit d’Amour, apportez au monde la fraîcheur de votre souffle sanctifiant. Enveloppez tous les hommes du rayonnement de votre grâce ! Emportez-les tous dans les splendeurs de votre gloire.

Venez les réconforter dans le présent encore si lourd d’angoisses, éclairez l’avenir incertain de beaucoup, raffermissez ceux qui hésitent encore dans les voies divines.

Esprit de lumière, dissipez toutes les ténèbres de la terre, guidez toutes les brebis errantes au divin bercail, percez les nues de vos mystérieuses clartés. Révélez-vous aux hommes et que ce jour soit l’annonce d’une nouvelle aurore. Emplissez tous les cœurs de vos dons multiples et précieux, fruit divin de l’immolation du calvaire, gage magnifique des promesses du Christ.

Divin Esprit, Feu d’amour, joie qui surpasse toute plénitude, lumière qui met en fuite les plus lamentables obscurités, inspirateur de toute louange, Esprit de Vérité, établissez toutes les âmes dans le goût des choses saintes. Faites-les pénétrer dans les beautés profondes de vos demeures mystérieuses. Qu’elles entrent dans le royaume secret des mystères divins selon la promesse du Verbe; et que leur vie toute transformée, toute transfigurée, toute divinisée dans le Christ atteindra une puissance infinie par la valeur même de vos divines richesses.

Divin consolateur de nos peines, charme précieux des fécondes solitudes, animateur de toutes nos joies, germe sacré de toute vie spirituelle, étendez sur tout l’univers votre immensité. Remplissez ce monde de votre plénitude. Absorbez notre humaine substance dans le mystère de votre divine unité ; imprimez dans les cœurs le sceau des promesses du Père ; effacez toute ombre de nos fronts ; mettez sur toutes les lèvres l’ivresse du calice de Jésus ; et bientôt toute une moisson de saints se lèvera dans la lumière

c’est écrit le 26 mai 1939, nous l’avons priée ce soir. 1000 raisons d’être touché. Je vous laisse l’auteur en suspens, pour que cette prière puisse venir vous rejoindre le jour où vous l’entendrez in situ, portée par la communauté qui vibre de ce souffle là.

mardi 5 février 2013

pour les jours d'inconfort

« Sans une forte consistance spirituelle, (le prêtre) ne peut pas persévérer à la longue dans le ministère. Il doit apprendre du Christ que dans sa vie l'important n'est ni l'autoréalisation ni le succès ; il n'est pas question de construire une vie intéressante ou agréable, de se créer une communauté d'admirateurs ou de partisans, mais d'agir pour le bien d'autrui, qui est le véritable sujet d'intérêt. Au début, cela contrarie la pesanteur naturelle de notre existence, mais avec le temps, on s'aperçoit que l'insignifiance progressive du moi est l'agent libérateur authentique.

Quiconque agit pour le Christ sait que celui qui sème n'est pas celui qui récolte. Il n'est pas besoin de s'interroger continuellement ; il confie les résultats au Seigneur et fait son devoir sereinement, libre et heureux d'être en sécurité dans le tout. Si certains prêtres se sentent aujourd'hui surmenés, fatigués et frustrés, c'est le résultat d'une recherche exaspérée du rendement. La foi devient un bagage encombrant que l'on traîne avec difficulté, au d'être l'aile qui fait voler. »

Cardinal Joseph Ratzinger, Appelés à la communion, chapitre IV « la nature du sacerdoce »

Chacun devrait pouvoir allègrement remplacer « le prêtre » par « je » et se prendre les lignes dans la tronche. Sourire

samedi 2 février 2013

sur un fil

pourquoi laisser surgir une parole ? ou d'un monde, une caresse?
comment oser la poser? triste subjectivité ?
apposée ? exposée ? imposée aux autres?
quand mes mots, émotifs, sont de colère, il m'a fallu les taire.

et puis hier, un poète est passé pas loin, un poète aimé,
un poète léger, tendre, juste, amoureux, émerveillé,
et il a susurré du prêtre un mystère, un dévoilement
quelque part en frontière.

aimer, être père, sourire, chercher, rêver
être libre, funambuler, écarquiller le quotidien,
oser une parole, qui dessille le silence
pour ouvrir un espace, où l'homme apprend sa beauté.

ces chemins du prêtre et du poète sont fragiles
essentiels.

laisser l'ineffable traverser la scène
et pendant quelques minutes, une communion d'inspiration
c'est par lui que je reviens.






 


j'ai même envoyé un mail aux amis,
finalement, aucun n'a pu être là.

Si comme moi vous avez un peu le temps triste et les zygomatiques lavés par la météo, mais si par miracle il vous reste un peu de temps libre ce vendredi soir, voire samedi, je voudrais vous partager la petite joie d’hier soir.

Un artiste que j’aime beaucoup, poète, musicien, chanteur, fin et délicat que je suis depuis des années, David Sire, joue dans la région un spectacle assez hallucinant. Poétique, forcément, amusant, tendre, seul en scène, avec sa guitare, son ukulélé et quelques instruments, il nous emmène dans son monde, un monde où les enfants sont à l’aise et les adultes légers.

Textes très délicats, j’aurais aimé tous les écrire, musiques idoines
c’est une heure de respiration à quelques kilomètres de chez vous
et je vous promets que ça fait un bien fou.

Une programmation tout à fait surprenante l’a fait débarquer à Villedieu avant hier, les publics étaient un peu minuscules et c’est dommage. Il était hier à Bricquebec à 20h30, et ce soir du côté de Périers, pas très loin,

J’y suis retourné ce soir là, besoin de rêver, de sourire.

Quelques liens, écoutez, appréciez, souriez, légers http://www.davidsire.com/ ou encore  http://www.myspace.com/music/player?sid=48265056&ac=now et http://www.youtube.com/watch?v=2wDR69TmWww ou http://davidlerouge.fr/index.php?q=david+sire

Bisous,

David

petite musique de nuit

perforer le carton de ma vie d'instants de prière
qui viendront ouvrir mes rigidités
ne laisseront passer que si peu de lumière
mais ouvriront, ineffables, comme un chant discret.

On aurait voulu lire une histoire, un discours, une harangue
mais le carton est vierge, ne sait que se taire
quelques points de poésie, du braille en creux
et Dieu me joue de sa mélodie, d'une note une harmonie. 

je voudrais partager avec le poète
l'ouverture du rien, la sagesse du sourire
qui donne, dans l'éphémère, à l'humain sa sagesse
quand le regard levé, il se met à m'ouvrir.

 

Fichier audio intégré

Après le séisme, un feu. Pas dans le feu, IHVH-Adonaï. Après le feu, une voix, un silence subtil." (1 Rois 19:12, chouraqui)