lundi 25 novembre 2013

74 cm

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Sans compter les doubles, voire les Nouveaux Testaments en 5 exemplaires, ou la traduction en allemand, il y a dans mon bureau soixante-quatorze centimètres de Bibles en tous genres. Trois BJ dont deux qui se collent sans souci dans la poche, cadeau de profession de foi, c’est la plus écrite, la plus lisible en version précise. Un nouveau Testament et une Bible GF en traduction œcuménique, document de travail, plus lisible mais moins fluide, notes complémentaires hyper appréciées, … une Bible Bayard jamais vraiment lue ni même ouverte sauf pour la critiquer, un NT de Sr Jeanne d’Arc pour la traduction un peu roots, une Bible Osty avec notes, pour le cas où, une Bible Segond pour la Bible-à-pas-cher, une Gidéon sauvé d’un caniveau, une Sainte Bible pontificale, transmise familialement et offerte par mes parents le jour de l’institution comme lecteur et acolyte, trois en langue originale (dont une pour bluffer sans frais), une sélection  via Taizé à la traduction inhabituelle et pas mal de traductions pour la liturgie. (sans parler de celles qui sont dans mon pc, ni de celles que j’ai ostensiblement boudées comme la Bible des peuples, celle en français courant, et les pseudos bibles à destination des enfants)

La Bible pour la liturgie est probablement une des moins précises, des moins fidèles, des moins documentées, notées… et pourtant c’est celle que j’utilise le plus dans mes lectures, mes groupes de travail biblique, ma prière… On y choisit parfois un mot pour un autre, on y tourne autour du mot, on change, on simplifie… mais c’est surtout celle que j’entends chaque jour, celle où mon expérience de lecteur est la plus totale, faisant le lien entre ma lecture attentive et ma réception liturgique. Elle fait sens.

Je suis très content que l’AELF ait enfin réussi à traduire entièrement cette Bible, au-delà des péricopes liturgiques, qu’elle l’ait éditée en papier à cigarette blanc, avec un interlignage suffisant et une mise en page aérée sur UNE colonne. Ici pas de notes de bas de pages techniques sur le contexte ou des explications historico critiques, mais des notules pour expliquer le choix du terme traduit, ou les variantes envisageables, des intros denses. On nous y explique qu’il a fallu contourner des difficultés de réception à l’oral (battit/bâtit/a bâti/abbatit), des phrases difficiles à prononcer (“le juge sans justice” est devenu “le juge dépourvu de justice”), des sons ambigus (nazir -> nazi)… Tous les textes sont destinés à être compris par des auditeurs qui n’ont ni le texte, ni les notes de bas de page sous les yeux, et ils doivent même parfois être cantillés, ce qui amène une contrainte stylistique et rythmique supplémentaire. Parfois, dans la marge, on explique que le texte grec a été utilisé, et a été inscrit le jour où le texte résonne dans l’eucharistie. Ce n’est pas une bonne édition critique, mais c’est une bonne édition de la Parole de Dieu, une parole proclamée, reçue, méditée, vécue.

A recevoir, donc !

mercredi 13 novembre 2013

un homme

Samedi dernier, en mode Télérama France Inter, je suis allé me laisser bercer par la poésie grisée d’Albin de la Simone. Sur scène, une ambiance inédite : un simple ampli pour le clavier, à peine plus fort que la voix, un violon et un violoncelle, tout en acoustique non sonorisé. Il fallait tendre l’oreille, et se laisser conduire, d’un rythme de plus en plus marqué, par le ressac des mots soutenu par une présence un peu envoûtante, et un filet de musique. C’était beau, c’était discret, on l’entendait claquer des doigts, murmurer, frôler du pied… et on pouvait même le siffler. Albin de la Simone parle d’humanité avec un grain de poivre dans la voix, avec un brin de malice dans les mots, avec un point de retenue dans le piano. Ce son, tout discret, était captivant. Et puis il y a eu cette chanson, que malgré moi, pendant le concert, j’ai renversée… (je crois que ça se lit en s’écoutant)

Un jour la vie est belle une euphorie nouvelle
Pour un oui pour un non tout va bien pour de bon
Un jour je suis croyant catholique pratiquant
Plus de sel plus de pain, plus de lait plus de vin
Un jour je désespère j'ai pas les mots je me perds
Je trépigne, je m'égare
Un jour je m’éloigne du Père
C'est le Christ c'est le Christ
Qui pardonne faut m’laisser faire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise je vais m’y faire

Un jour je donne, je donne, je donne, je donne
Le cœur sur la main, sur le cœur
Un jour je parle fort à raison et à tort
Je m'emballe, je digresse,
Je m’étale et vous agresse
Un jour je broie du noir
Miné par mes déboires
De la veille et de l'avant veille
Et tout à coup tout m'émerveille
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m’attire, veut me parfaire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise je vais m’y faire

Un jour je n'y crois plus pas le coup pas un clou
Moitié plein moitié bu tout est flou tout es fou
Et toc un coup du ciel à nouveau la vie est belle
Pour un oui, même un non tout va bien c’est si bon
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m’attire, sans rien à faire
C'est le Christ c'est le Christ
Qui m'éternise il va m’y faire.

lundi 11 novembre 2013

duc in altum

Obéissant à la double injonction réglementaire :

L’éclairage d’évacuation doit permettre à toute personne d'accéder à l'extérieur, à l'aide des foyers lumineux assurant notamment la reconnaissance des obstacles et l'indication des changements de direction (art. EC 8 §2). L'éclairage d’évacuation est installé dans :
- les couloirs et les dégagements avec un maximum de 15 m entre chaque bloc
- au-dessus de chaque porte de sortie ou de sortie de secours

et

Canon. 940 - Devant le tabernacle où la très sainte Eucharistie est conservée, une lampe spéciale sera constamment allumée pour indiquer et honorer la présence du Christ.

l’oratoire que nous avons aménagé avec les jeunes dans l’aumônerie ressemble de façon lumineuse et imprévue à une sortie de port. Vert à bâbord, rouge à tribord, c’est une invitation à partir au large.

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