dimanche 28 septembre 2014

hello submarine

visite dans les nefs des ateliers DCNS de fabrication des sous marins ,
le métallo nous explique que la structure cylindrinque résistante du bateau, fabriquée d’abord en plusieurs tronçons, s’appelle le couple. Comme toute poutre, elle est composée d’une âme (partie verticale) et d’une semelle (partie horizontale) qu’il s’agit de souder parfaitement.

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tu la vois, la métaphore ?[1]

Notes:

[1] pour une vie spirituelle réussie, dans une vraie unité intérieure à laquelle le baptême appelle, il faut toujours veiller à souder au mieux l'âme et la semelle, ce qui nous rattache à Dieu et ce qui nous colle au sol, dimension pérégrinante de la sainteté et de la charité. Hop. J'ai ri en l'entendant!

lundi 22 septembre 2014

un peu mort

Je crois que je ne m’y suis jamais fait,
je n’en tire ni satisfaction, ni gloire, ni émotion,
ça m’impressionne tout en me déplaçant
c’est une sensation bizarre,
un consentement,
un don.

je m’incline, sans merci,
et il est déjà parti
vers un autre, d’un même mouvement.

salut,
hommage,
salut.

ME0000102112_3[1]

Très régulièrement, le dimanche,
nous usons de l’encens dans la liturgie,
à l’entrée, l’autel, la croix,
l’Evangile, puis les offrandes…

puis le servant s’avance vers moi, s’incline, m’encense
avant de vous encenser, assemblée,
puis plus tard le saint sacrement, élevé…

C’est bien de cela dont il est question,
d’un geste, dévoiler un lieu de la présence :
la croix, l’autel,
les offrandes, l’Evangéliaire,
le célébrant, l’assemblée, corps du Christ
et le Corps du Christ.

Par l’encens, la liturgie vient dire l’habitation
le renvoi, la présence.
Et je me retrouve renvoyé à ma place,
celui qui agit au nom du Christ pour la liturgie,
présidant la prière, redisant Ses Paroles…
Ce n’est pas un honneur, c’est une mission, un don
alors le merci ne vient pas.

Mais une autre sensation me replace plus encore
car l’encens, je l’utilise pour honorer les morts
leur corps sans vie, mais la vie éternelle qui reste en eux.
alors quand le servant s’incline vers moi pour m’encenser
je pressens qu’il y a là encore une ultime expérience

laisser Sa Vie m’habiter
je te laisse ta place, Seigneur,
viens présider.

jeudi 18 septembre 2014

rien que des mots des mots de Lui des mots de Là-haut

BlogDavidLerouge_397

A la messe, normalement, tu es plutôt sérieux et bon élève, tu es bien attentif, tu écoutes tellement bien les lectures que parfois tu t’en souviens pendant l’homélie. Tu écoutes tellement bien l’homélie que parfois tu n’as pas tout oublié à la fin de la messe. Parfois, même, il t’est arrivé de trouver la prière d’ouverture bien ; sur le moment certes, mais bien. Bref, bien, ou bien, ça le fait. Mais il faut reconnaître que ton élévation spirituelle est telle pendant la prière eucharistique où tu es là avec Jésus dans ta bouteille que tu n’écoutes plus si attentivement les paroles. ça va trop vite, c’est si profond, c’est tellement toujours pareil (la preuve, tu récites à chaque fois tout un tas de paroles en même temps que le prêtre, et quand tu étais petit, ça te rendait super fier, et quand tu seras vieux, tu les diras à voix haute et tu seras super chiant), bref, de la préface à l’envoi les mots ont glissé sur les plumes de ton extase spirituelle.

MALHEUREUX !

tu refuses à ton intelligence un trésor de délicatesse évangélique. Tiens, puisque tu es là, lis cette prière eucharistique que j’ai choisie ce matin après le coup de Jésus, de Simon le pharisien et de la péripapéticienne aux cheveux hydrophobes et au parfum de pieds. Lis, goûte. Tu verras, ça claque. (et si par un extraordinaire hasard, dans les prochaines semaines, l’Eglise se mettait inopinément à bruire de quelque esclandre sur des questions de mariage ou de famille, va voir ton curé, et demande lui de choisir la: )

PRIÈRE EUCHARISTIQUE POUR LA RÉCONCILIATION 1

Vraiment, il est juste et bon de te rendre grâce, Dieu très saint, car tu ne cesses de nous appeler à une vie plus belle : Toi, Dieu de tendresse et de pitié, sans te lasser tu offres ton pardon et tu invites l’homme pécheur à s’en remettre à ta seule bonté. Bien loin de te résigner à nos ruptures d’alliance, tu as noué entre l’humanité et toi, par ton Fils Jésus, notre Seigneur, un lien nouveau si fort que rien ne pourra le défaire.

Et maintenant que ton peuple connaît un temps de grâce et de réconciliation, tu lui donnes dans le Christ de reprendre souffle en se tournant vers toi, et d’être au service de tout homme en se livrant davantage à l’Esprit Saint. Pleins d’admiration et de reconnaissance, nous voulons joindre nos voix aux voix innombrables du ciel pour clamer la puissance de ton amour et la joie de ton salut dans le Christ :

Saint ! Saint ! Saint ! …

Toi qui fais depuis les origines ce qui est bon pour l’homme, afin de le rendre saint comme toi-même es saint, regarde ton peuple ici rassemblé, et mets à l’œuvre la puissance de ton Esprit : que ces offrandes deviennent pour nous le corps et le sang de ton Fils bien-aimé, Jésus, le Christ, en qui nous sommes tes fils.

Nous qui étions perdus, incapables de nous rapprocher de toi, tu nous as aimés du plus grand amour: ton Fils, le seul Juste, s’est livré entre nos mains, et fut cloué sur une croix. Mais avant que ses bras étendus dessinent entre ciel et terre le signe indélébile de ton Alliance, il voulut célébrer la Pâque au milieu de ses disciples. Comme il était à table, il prit le pain, il prononça la bénédiction pour te rendre grâce, puis il le rompit et le donna aux siens, en leur disant : "Prenez et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous."

A la fin de ce dernier repas, sachant qu’il allait tout réconcilier en lui par le sang de sa croix, il prit la coupe remplie de vin, il te rendit grâce encore, et la fit passer à ses amis, en leur disant : "Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi. "

En faisant mémoire du Christ, notre Pâque et notre paix définitive, en célébrant sa mort et sa résurrection, en appelant le jour béni de sa venue et de notre joie, nous te présentons, Dieu fidèle et sûr, l’offrande qui remet l’humanité dans ta grâce. Regarde avec amour, Père très bon, ceux que tu attires vers toi, leur donnant de communier à l’unique sacrifice du Christ : qu’ils deviennent ensemble, par la force de l’Esprit, le corps de ton Fils ressuscité en qui sont abolies toutes les divisions.

Tiens-nous les uns et les autres en communion d’esprit et de cœur avec le Pape N. et notre évêque N. Aide-nous tous à préparer la venue de ton règne jusqu’à l’heure où nous serons devant toi, saints parmi les saints du ciel, aux côtés de la Vierge Marie et des Apôtres, avec nos frères qui sont morts, et que nous confions à ta miséricorde. Alors, au cœur de la création nouvelle, enfin libérée de la corruption, nous pourrons chanter vraiment l’action de grâce du Christ à jamais vivant.

mercredi 3 septembre 2014

la conversation du vent

il faudra vous armer
de patience   d’un coupe papier
le livre blanc
ni typo ni branché
n’est même pas découpé

il faudra vous armer
de patience     de temps
l’emporter avec vous partout
pour l’ouvrir à l’instant idoine
où la seconde se dérobe
dans un désir de lire
une page  une seule   à la fois
dans un lieu assoupli

il ne rentre pas dans la poche
il n’est pas même épais
86 pages de marges    de neige 
et quelques mots qu’il faut susurrer
pour qu’ils se dévoilent

pas une virgule ou un point
pas un mot pour un autre
pas un mot pour lui-même
des éclats arrachés au silence
étoiles en plein jour

un précis d’intériorité 

Riches de ce qui nous manque
la grâce enfin serait
d’être touchés
à l’invisible de ce que nous sommes

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Gilles Baudry, le bruissement des arbres dans les pages, ed rougerie, 13 euros, pas de code barre.
On aura la décence de le commander à un vrai libraire.

mardi 2 septembre 2014

keskon chante?

Pour préparer une célébration, et surtout pour choisir ses chants, il faut tout un art, une délicatesse, une attention.
Une attention aux textes, sans doute, pour ne pas dissoner,
Une attention au moment dans la liturgie, pour la laisser nous travailler,
Une attention à la communauté, à son histoire, aux chants qu’elle connaît, ceux qui l’ont travaillée…

et puis on puise dans mille objets,
des recueils de gouzeries, des pépites poétiques de la CFC,
des suggestions des publications mensuelles,
des Rimaud-Berthier, des machins djeun’s,
des photocopies d’une messe de Léandre Boldrini,
un vieux recueil soo 2001 de St Germain des Prés,
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ou encore dans le très normé (et parfois un peu fade) CNA,
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le charismatique emmanuelesque Il est vivant
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voire son pendant plus paroissial old fashion “il est mort”
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on ne m’a raconté qu’hier cette vanne sur le célèbre carnet rouge paroissial à pince. Je ne m’en suis toujours pas remis Rire