jeudi 1 juin 2017

Incroyables talents

Il est d’usage, chez le lycéen procrastinateur et velléitaire, de revendiquer, un jour de faible travail, d’avoir affronté sa dernière interro « au talent »… c’est-à-dire sans rien faire, et en espérant que « ça passe ». Las, mal lui en prend car le résultat peut alors s’avérer fortement aléatoire, les conséquences funestes mais surtout… il a oublié ce qu’est le mot « talent » pourtant si populaire, et valorisant.

Avant d’être communément considéré comme une capacité, une qualité, un « don », le talent que le lycéen paresseux comptait emporter avec lui était, dans la Grèce antique une unité de poids, une charge de vingt à vingt-sept kilogrammes… Le sens glissa rapidement vers une unité de compte équivalent au même poids d’or ou d’argent. Le talent était alors un trésor, mais encombrant !

Alors, quand le Maître, dans l’Evangile de Saint Matthieu (24,14-30), choisit d’allouer à chacun de ses serviteurs de un à cinq talents, ces derniers avaient certes reçu un beau don, mais aussi une grande responsabilité. Si l’un d’entre eux choisit par peur (ou par paresse) de simplement l’enterrer, il revenait à chacun de se saisir de ce talent, et de le faire fructifier.

Image des dons de la grâce divine, les talents sont donnés non pas comme un acquis valorisant ou un trésor à déterrer pour se sauver…. mais pour porter du fruit, du plus profond de nos cœurs au plus audacieux de nos engagements et de nos partages. Copernic voudra que le génie soit 1% d’inspiration et 99% de transpiration. Le talent biblique n’est richesse et ne croît que s’il est travaillé… et offert.