le métier de prêtre n'est pas sans danger.
et je ne parle pas ici des indélicats qui se croient obligés de déverser sur l'homme d'églises les tombereaux de haine cuculpabilisée qu'ils feraient mieux d'adresser à leur surmoi qui n'assume pas, ou à leurs cours d'histoires revus à la truelle
je ne parle pas non plus des paroissiens dilettantes qui houspillent le clergé quand on ne leur donne pas ce à quoi ils ont "droit"
je ne parle pas des mètres carrés de clichés qu'on nous colle à longueurs de TL sur la tronche,
non, je parle du chœur de métier : la messe et ses aléas trinitaires.
Le risque numéro 1, le matin, c'est côté Parole... parce que si certains Evangiles se laissent brosser dans le sens du poil, on a de temps en temps des vacillations dans l'homélie (comme ce matin) quand il s'agit d'arracher les yeux peccamineux, couper les pieds qui déconnent ou de commenter une lecture dont la fine pointe ne sera donnée que le lendemain. Cher Fils, tu ne nous simplifies pas toujours la vie.
L'habileté numéro 2 consiste à ne pas se laisser troubler par les didascalies du missel, d'un joli rouge qu'il ne faut surtout pas lire ou qu'il faut ajuster sans se planter.
Non, ces jours ci, c'est l'Esprit qui me bat à froid, sous les différentes comparaisons qu'on lui a attribuées.
je ne parle pas du vent, à Cherbourg, c'est le quotidien, ni de la pluie, forcément. Le feu, on gère.
mais le souci vient d'une autre image bien courante pour l'Esprit, à savoir la blanche colombe qui a eu pour effet collatéral non désiré d'attirer quelques coreligionnaires à plumes qui roucoulent à tue-tête, planent sous les voûtes, et s'allègent allègrement à 10 cm de mon siège.
ça fait monter grave la pression à chaque froufrou de décollage entendu au-dessus de la tête et ça déconcentre un chouilla.
J'avais donc été tenté de me plaindre des risques du métier jusqu'à ce que je découvre, ce matin, que la rambarde en pierres à quelques mètres au dessus avait fini par trouver la vie trop longue et choisi de se délester de quelques dm3 de caillou pendant la nuit, à l'endroit où symétriquement, je suis sensé me tenir. Si l'Esprit ne tient plus l'unité de l'église, je suis foutu. ![]()

voilà, les risques du métier, on vous disait. je ne vois qu'une solution... (surtout qu'il pleut dans certaines églises)

mais ça s'apprend.
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