dimanche 9 juin 2013

une porte

Bali 1999 kursus tari 2 par David Lerouge

La beauté fait signe, sans cri ni gesticulation ; elle murmure, elle chuchote, elle nourrit notre contemplation...

Paul Valadier cité par Paul-Louis Rinuy, le 23 Avril 2013

de loin en loin, dans les mondes arides où parfois l’on le cherche, Il vient et nous ouvre des portes vers lui, chemins de lumière, chemin sans heurt, la beauté, la beauté, la beauté… et le creux de mystère qu’elle ouvre.

citation trouvée au gré d’un passage épisodique sur http://www.narthex.fr/

jeudi 7 février 2013

dans ta tronche (2)

Il est probable que, jeune, j’aurais ri des sentencieux spirituels qui prophétisent ce qui passe par la foi de tout un chacun, au nom du cheminement original de chacun, justement, de l'histoire nouvelle de Dieu dans chaque vie, toussa. N’empêche que, coup de bambou sur le dessus du crâne - même si on se dit qu’on n’en est pas là-, ce texte m'est tombé dessus... et on devine qu’il a raison, le bougre. Ça prend 1500 mots, mais c’est d’un poil à gratter qui va en titiller plus d’un. C’est donc “dans ta tronche”, épisode 2.

 blogdavidlerouge-19

Le risque de la durée est pour nous, comme pour toute entreprise humaine, celui d’une certaine usure de l’idéal poursuivi et de l’effort fourni pour le réaliser, usure qui nous amènerait à prendre parti de la médiocrité dans la sainteté. Avec le temps et la maturité de l’âge vient la tentation d’un compromis entre les exigences surnaturelles de l’amour du Seigneur et celles de notre personnalité d’homme adulte. Chaque année voit un plus grand nombre d’entre nous arriver à cette étape décisive de la vie spirituelle, étape où doit s’effectuer une dernière fois le choix entre Jésus et le monde, l’héroïcité et la médiocrité, la croix ou un certain confort, la sainteté ou une honnête fidélité à l’engagement religieux.

Dans la première étape nous n’avons pas encore fait l’expérience de l’impossibilité humaine et naturelle où nous sommes de vivre en harmonie avec l’ordre surnaturel des conseils. Dans la jeunesse, il y a en effet comme une correspondance entre la générosité propre au tempérament de cet âge et l’appel de Jésus à tout quitter pour le suivre. Pauvreté, chasteté, obéissance, prière, charité ne nous semblent pas présenter de difficultés insurmontables. D’ailleurs, la pédagogie divine du Maître qui appelle contribuera elle-même à nous entretenir quelque peu dans une illusion provisoire, sans laquelle peut-être personne n’aurait le courage de tout quitter pour suivre Jésus et porter sa croix.

La charité nous paraît facile, bien qu’on nous reproche peut-être de gros défauts dont il nous semble que nous viendrons facilement à bout de en quelques révisions de vie généreuse et avec l’aide de nos frères. D’ailleurs, nous constatons au noviciat et durant les premières années de notre vie de Petit Frère, des progrès sensibles. Mais il y a encore toute une dimension de la charité qui nous échappe, et nous faisons maladroitement souffrir par nos manques de délicatesse. Notre charité est encore très humaine, très naturellement spontanée, et nous sentons en nous des mouvements de sympathie universelle. Il nous semble tout simple de devenir le frère de ces hommes si différents, qui nous attirent au loin ; nous sommes impatients d’être parmi eux, comme l’un d’entre eux. Tout en eux nous paraît bon, sympathique et nous nous sentons tout à fait capables de leur donner notre amitié. Nous n’admettons pas qu’on les critique et nous condamnons avec sévérité ceux qui nous semblent moins enthousiastes. Cela ne nous empêche pas d’être insupportables aux autres et de nous décourager à la première difficulté, mais nous n’y pensons pas souvent et cela est loin d’être évident pour nous.

Oui, il nous semble que toutes ces exigences de la vie d’un Petit Frère, que nous avons découvertes durant le noviciat et les premières années de vie en Fraternité, il nous semble que nous pourrons y être fidèles avec un peu de courage. En tout cas, et même aux jours sombres, car il y en a, cela ne nous est pas encore apparu comme radicalement impossible, comme nous l’a prédit le Seigneur. Difficile, oui, impossible, vraiment, non, avec une peu de courage !

Or, avec le temps et la grâce du Seigneur, peu à peu, insensiblement, tout va changer. L’enthousiasme humain fait place à une sorte d’insensibilité pour les réalités surnaturelles ; le Seigneur nous semble de plus en plus lointain et nous sentons à certains jours comme une lassitude nous gagner ; nous sommes tentés plus facilement de prendre notre parti de moins prier ou de le faire par manière d’acquis. La chasteté nous cause des difficultés que nous n’avions pas envisagées ; certaines tentations sont nouvelles : nous sentons en nous comme une lourdeur, nous cherchons plus facilement des satisfactions sensuelles. Par ailleurs nous aurions tendance, instinctivement et sans même le remarquer ni y voir du mal, à mener une vie un peu plus indépendante, sans tenir compte de nos responsables. L’ouverture nous semble moins nécessaire, la charité plus difficile. L’adaptation à un autre peuple nous laisse parfois découragé, nous ne voyons plus que des défauts qui nous énervent là où nous trouvions tout bien au début ; nous commençons à critiquer facilement, nous n’arrivons pas à parler la langue couramment ni même à comprendre suffisamment. La pauvreté nous devient dure. Nous tenons davantage à nos idées. Nous regrettons à certains jours de ne pouvoir mieux manger, et de ne pas nous sentir plus libres. Enfin, nous voudrions faire quelque chose de plus intéressant de notre vie ! Et toujours, le Seigneur se tait, silencieux, et ne nous prodigue plus les joies sensibles d’une intimité, joies qui nous donnaient tant de facilités pour tout envisager avec optimisme.

En arriver à ressentir tout cela est dans la normale, sans qu’il y ait eu d’infidélité grave de notre part, ni d’abandon de la part du Seigneur. Même si nous sommes restés fondamentalement fidèles aux exigences de notre vie religieuse, nous devons en arriver, plus ou moins, à ressentir ces diverses impressions ou tentations.

En un mot, nous entrons progressivement dans une nouvelle phase de notre vie, découvrant, à nos dépens, que les exigences de la vie religieuse sont impossibles. nous expérimentons que la pauvreté ne doit pas seulement être matérielle, mais aboutir au détachement de nous-mêmes et de toute action intéressante ; la chasteté en profondeur, l’obéissance avec toutes ses conséquences, la charité jusqu’au don complet de nous-mêmes aux autres, toute une vie centrée sur la valeur contemplative de l’adoration, tout cela, nous sommes en train d’expérimenter que cela nous est impossible, que c’est au-dessus de nos forces, contraire à l’épanouissement personnel de nos instincts et de notre personnalité. Oui, c’est impossible ! Jésus nous l’avait bien dit, mais cela nous apparaît maintenant sous un autre jour, et au moment même où Jésus est lointain, comme sensiblement absent de notre vie ! Humainement, il n’est plus là. Nous ne pouvons plus compter sur l’enthousiasme juvénile que les années ont usé en nous. Cette impossibilité ne nous est peut être pas apparue tout d’un coup et d’une manière aussi brutale sur tous les points, mais, plus ou moins consciemment, elle deviendra pour nous une évidence. Nous n’osons peut-être pas trop nous l’avouer, car cela nous obligerait à prendre position d’une manière nette. Que faire alors ? Comment nous en tirer ? Si nous n’abordons pas franchement cette étape, cette prise de conscience de l’impossibilité radicale pour les forces humaines de vivre une vie religieuse surnaturelle, et de servir le Christ avec sa croix, nous risquons fort, soit de tomber dans un découragement larvé, soit de nous illusionner en rabaissant notre idéal à un niveau acceptable, vivable, possible en un mot. Or, c’est ce qui arrive le plus souvent à cette étape cruciale de la vie religieuse : le découragement, ou l’acceptation semi-consciente de la médiocrité, parce que, pour rendre la vie religieuse vivable, nous aurons accepté en fait d’y introduire un dérivatif. Nous nous cherchons un centre d’intérêt humain, un motif qui soit conciliable tant bien que mal avec les apparences de la vie religieuse et l’honnête observance, en gros, de nos engagements. Si nous refusons cette compromission, à force de lucidité et pour rester pleinement fidèles au Seigneur, nous sommes guettés par le découragement. Vraiment, Jésus nous fait expérimenter jusqu’au bout, et d’une manière inattendue, l’impossibilité de suivre le chemin sur lequel il nous a lui-même engagé !

Ce qui est encore plus déroutant, c’est que, plus nous aurons été généreux et fidèles à la grâce, plus ce chemin nous paraîtra impossible ! En effet, les exigences de la pauvreté, du dépouillement intérieur, de la chasteté, de l’obéissance et de la charité, nous apparaissent sous une nouvelle lumière, et ces exigences sont plus grandes que nous ne l’avions imaginé ; or, c’est une grâce inestimable que de voir s’ouvrir devant nous un horizon de plus en plus infini, car c’est la preuve que Jésus est là avec sa lumière. Dans ce chemin, devenu maintenant si austère, comment ne serions nous pas découragés par l’immensité de la distance qui nous sépare du but : celui-ci s’étant éloigné, nous avons toutes les peines du monde à croire que nous n’avons pas reculé au lieu d’avancer. Tout se passe en effet comme si nous avions reculé. Il nous semble que nous avons échoué. Les religieux et les prêtres qui nous entourent, nous avons aussi découvert leurs défauts, leurs imperfections, et nous sentons bien que beaucoup d’entre eux en sont là. A quoi bon tenter l’impossible. Il nous reste, puisqu’il est impossible pour nous d’être parfaits, à nous accommoder d’une vie honnête. Une vie honnête à la suite de Jésus crucifié, comme c’est décevant, et quelle désillusion ! Et pourtant, si nous savions ce que Jésus attend de nous à ce moment critique de notre vie religieuse, si nous savions ce qu’il attend d’une étape qui n’est pas une régression comme nous l’imaginons, mais la mise en place des conditions pour un nouveau départ, pour la découverte d’une vie selon l’esprit et la foi, avec la conviction, qui nous reste à acquérir, qu’une telle vie est alors possible avec Jésus.

“le second appel”, René Voillaume, lettres aux fraternités, tome 1, Cerf, p.11-20.

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mercredi 6 février 2013

souffle de vie

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Seigneur, envoyez votre Esprit et tout sera créé, et vous renouvellerez la face de la terre.

Seigneur, renouvelez votre première Pentecôte. Accordez, Jésus, à tous vos bien-aimés prêtres la grâce du discernement des esprits, comblez-les de vos dons, augmentez leur amour, faites de tous de vaillants apôtres et de vrais saints parmi les hommes.

Esprit Saint, Dieu d’Amour, venez, tel un vent puissant, dans nos cathédrales, dans nos églises, dans nos chapelles, dans nos cénacles, dans les plus luxueuses maisons comme dans les plus humbles demeures. Emplissez la terre entière de vos lumières, de vos consolations et de votre amour.

Venez, Esprit d’Amour, apportez au monde la fraîcheur de votre souffle sanctifiant. Enveloppez tous les hommes du rayonnement de votre grâce ! Emportez-les tous dans les splendeurs de votre gloire.

Venez les réconforter dans le présent encore si lourd d’angoisses, éclairez l’avenir incertain de beaucoup, raffermissez ceux qui hésitent encore dans les voies divines.

Esprit de lumière, dissipez toutes les ténèbres de la terre, guidez toutes les brebis errantes au divin bercail, percez les nues de vos mystérieuses clartés. Révélez-vous aux hommes et que ce jour soit l’annonce d’une nouvelle aurore. Emplissez tous les cœurs de vos dons multiples et précieux, fruit divin de l’immolation du calvaire, gage magnifique des promesses du Christ.

Divin Esprit, Feu d’amour, joie qui surpasse toute plénitude, lumière qui met en fuite les plus lamentables obscurités, inspirateur de toute louange, Esprit de Vérité, établissez toutes les âmes dans le goût des choses saintes. Faites-les pénétrer dans les beautés profondes de vos demeures mystérieuses. Qu’elles entrent dans le royaume secret des mystères divins selon la promesse du Verbe; et que leur vie toute transformée, toute transfigurée, toute divinisée dans le Christ atteindra une puissance infinie par la valeur même de vos divines richesses.

Divin consolateur de nos peines, charme précieux des fécondes solitudes, animateur de toutes nos joies, germe sacré de toute vie spirituelle, étendez sur tout l’univers votre immensité. Remplissez ce monde de votre plénitude. Absorbez notre humaine substance dans le mystère de votre divine unité ; imprimez dans les cœurs le sceau des promesses du Père ; effacez toute ombre de nos fronts ; mettez sur toutes les lèvres l’ivresse du calice de Jésus ; et bientôt toute une moisson de saints se lèvera dans la lumière

c’est écrit le 26 mai 1939, nous l’avons priée ce soir. 1000 raisons d’être touché. Je vous laisse l’auteur en suspens, pour que cette prière puisse venir vous rejoindre le jour où vous l’entendrez in situ, portée par la communauté qui vibre de ce souffle là.

mardi 5 février 2013

pour les jours d'inconfort

« Sans une forte consistance spirituelle, (le prêtre) ne peut pas persévérer à la longue dans le ministère. Il doit apprendre du Christ que dans sa vie l'important n'est ni l'autoréalisation ni le succès ; il n'est pas question de construire une vie intéressante ou agréable, de se créer une communauté d'admirateurs ou de partisans, mais d'agir pour le bien d'autrui, qui est le véritable sujet d'intérêt. Au début, cela contrarie la pesanteur naturelle de notre existence, mais avec le temps, on s'aperçoit que l'insignifiance progressive du moi est l'agent libérateur authentique.

Quiconque agit pour le Christ sait que celui qui sème n'est pas celui qui récolte. Il n'est pas besoin de s'interroger continuellement ; il confie les résultats au Seigneur et fait son devoir sereinement, libre et heureux d'être en sécurité dans le tout. Si certains prêtres se sentent aujourd'hui surmenés, fatigués et frustrés, c'est le résultat d'une recherche exaspérée du rendement. La foi devient un bagage encombrant que l'on traîne avec difficulté, au d'être l'aile qui fait voler. »

Cardinal Joseph Ratzinger, Appelés à la communion, chapitre IV « la nature du sacerdoce »

Chacun devrait pouvoir allègrement remplacer « le prêtre » par « je » et se prendre les lignes dans la tronche. Sourire

mardi 29 janvier 2013

le bruissement de la rosée

juste avant de passer une porte, une respiration
juste après "prions le seigneur", un souffle retenu
le soir, une fenêtre qui tressaille sous la tempête
dans la nuit, des coassements, sous le chuchotement du vent

vers minuit, une canalisation qui frémit, une poutre qui craque  
au milieu d'une conversation, un mot retenu, assourdi,
dans un "ça va?", un "oui" qui ment
dans le silence, un espace de sens...

Blogdavidlerouge-80

Entendez-vous dans le lointain
le chant secret de l'océan ?
Seigneur Jésus,
tu viens murmurer ton amour.

Entendez-vous dans votre hiver
craquer le gel, crier le vent ?
Seigneur Jésus,
tu viens triompher de nos peurs.

Entendez-vous dans le désert
l'appel inquiet du voyageur ?
Seigneur Jésus,
tu viens fortifier notre espoir.

Entendez-vous au bord du puits
se recueillir le cœur de l'eau ?
Seigneur Jésus,
tu viens rassembler notre vie.

Entendez-vous quand tout se tait
battre le sang du Bien-aimé ?
Seigneur Jésus,
tu viens nous brûler de ton Feu.

CFC (f. Jean-Yves) 1986

lundi 28 janvier 2013

La nuit appelle à contretemps

Blogdavidlerouge-79

La nuit appelle à contretemps
Un grand soleil sur notre terre :
Comme en attente d’un enfant
Ton Corps aspire à la lumière.

Dans le silence ou l’ovation
Gémit la voix du cœur en peine
En souvenir de ta passion
Change les cris en joie sereine.

Seigneur Jésus, quand tu viendras
Fais resplendir l’amour du Père
Et toute chair applaudira
L’enchantement de la nuit claire.

CFC (f. Jean-Yves)
Lit 95 1995

dimanche 27 janvier 2013

via crucis

Seigneur, c'est fou, j'ai vraiment eu du mal,
et même un peu peur, pour oser te donner ma vie, 
pas assuré que tu existes au début, pas assuré d'être assuré après,
pas sûr que j'en sois capable, ensuite, et puis tu m'as aidé,
je t'ai dit oui et avec toute ma force, mon cœur, mon âme, 

j'apprends à te connaître, j'apprends à me donner, j'apprends la volonté
et puis, moi qui voyais la vie spirituelle comme une ascension vers toi, 
j'ai appris ce que tu voulais : 
non seulement ce que j'étais prêt à donner, de force
mais aussi te déployer dans ma faiblesse, dans ma pauvreté. 

Sur le chemin de l'ascension, il y a la croix, chemin pour être sauvé. 
chemin de profondeur plus que de hauteur
et souvent, je n'aime pas ce chemin peu glorieux, 
un chemin dont je ne peux me glorifier. 

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A toi, mon Sauveur,
Je remets ma faiblesse,
Mes doutes toujours renaissants,
Mes démons toujours vivants,
Et ma recherche vaine de la sagesse.

A toi, mon Sauveur,
Je dédie mes préférences,
Mes douleurs, mes écarts de joie,
Tout ce qui peut m’éloigner de toi,
Et qui masque la seule espérance.

A toi, mon Sauveur,
Je confie ma paix menteuse
Le chagrin de ne pas m’estimer,
La peur de n’être pas aimé…
Aide-moi, Face douloureuse,
Aide-moi, mon Sauveur.
CFC (G. de Lioncourt)
Lit 66

mercredi 28 novembre 2012

si tu

ma prière est d’une pauvreté affligeante
(dit celui qui sait qu’il ne doit pourtant pas la juger)
elle s’enroule autour de ses moments,
roule les mêmes mots, s’enferme dans les mêmes désirs
n’écoute que l’espace qu’elle ne sait pas toujours garder,
concentrée à ne pas perdre les parenthèses
qu’elle a ouvertes, attentive à ne pas les fermer…

et toujours sourdent dans cet entrelacs de pensées et de refrains,
d’oraisons et de mots adressés ces mêmes ostinatos:
“Laisse-moi te connaître, apprends-moi à (t’)aimer,
viens au secours de ceux que tu m’as confiés
déploie ton mystère en ma vie, jusque dans le plus épais,
le plus obtus, le plus réticent de mon humanité
ouvre mes yeux, viens, viens, viens, et parle, et fais-moi mieux t’écouter…”

et toujours, en revers, là où je ne l’attends pas, tu viens.
parfois je chanterais bien cette hymne monastique au conditionnel
si tu venais, verrais-je encore…
mais il faut aussi consentir au cheminement que fait le regard.
La foi n’est pas un “si tu”, elle est un travail de guetteur.
Tu es là, je le sais, je t’attends…
et tout peut me rappeler un mystère si grand
tout n'est qu'invitation. 

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Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

Cette fleur qui perce la neige,
Humble et frêle,
Incoercible, la verrai-je ?
Et ces plantes, sous la glace,
Qui préparent le printemps
En se jouant de cette impasse ?

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

Cette voix, comme un sortilège,
Si légère,
Imperceptible, l'entendrai-je ?
L'eau s'infiltre sous la roche
Et descelle les cailloux :
Comment parer à son approche ?

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

Le sentier qui s'ouvre une brèche
Dans les pierres,
À l'horizon, le connaîtrai-je ?
Sur le flanc de la montagne
Il serpente vers le col,
Une promesse l'accompagne.

Si tu déchirais les cieux,
si tu descendais !
Que je contemple ta face !

CFC (f. Pierre-Yves)
PQT 1986