les mots pour le dire

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mardi 18 juin 2013

Ecoute

Si j’aime bien regarder le ciel,
et la mer, et l’orbe du monde,
regarder mes contemporains
leurs visages et leurs mots,
leurs corps et leur beau,  
ce n’est pas pour le sens auquel il se restreint…

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c’est pour la profondeur que j’essaie d’y reconnaître

la théologie, la Bible, la foi, c’est le langage de ce qui m’échappe
et me déploie.

dimanche 9 juin 2013

le mot qui gratte

parfois tu rencontres des gens qui s’aiment, vraiment
qui ont l’air bien décidés à faire plus qu’un bout de chemin ensemble
qui se disent qu’ils ont besoin de toute la vie pour ce projet
et qui veulent mettre le fini de leur vie dans l’infini du projet divin.

parfois, ils n’aiment pas le mot pardon, parce qu’il répondrait à trahison
mais ils se sont souvent rechoisis quand les mots s’étaient perdus
quand l’affection s’était effacée, et sans le dire, ils s’étaient pardonnés
parce que cet amour, si grand, les fait exister, rayonner, vivre.

Pour une raison qui m’échappe, parfois on devine le génie à l’œuvre
dans les histoires, dans les choix, les attentes, les envies, les prières,
dans l’art fin, subtil et jamais écrit de se recevoir et de construire de l’autre.
D’autres fois, il y a des mots qui sonnent bizarre, des mots en retrait.

Parmi eux, il y a souvent eu le mot “concession”… qui sonne comme un recul
une renonciation à soi. Je ne sais pas pourquoi il m’a souvent semblé mal ajusté.

et puis j’ai pris ce cliché.

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ah, et pour prévenir le refrain “nan mais les curés, vous zy connaissez rien, alors mêlez vous de vos affaires… je ne sais pas si j’y connais quelque chose, mais j’essaie de vous écouter, de bien vous écouter, et à force, je finis même par vous entendre. Je n’y connais rien, sans doute, mais écouter quelqu’un, c’est lui donner la possibilité de laisser sortir ce qu’il a de précieux, et de le mettre en valeur, écouter, c’est bien aider à mettre en valeur. Et si ce que vous dites a du prix, j’essaie de le partager.

vendredi 7 juin 2013

jadis

si un jour, par mégarde, vous étiez tenté de penser que c-était-mieux-avant
que tout-allait-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes
entrez dans une église, levez les yeux, et regardez la danse macabre
et dites-vous que si les pasteurs installaient déjà de telles sculptures en 3D dorée,
la conversion de chacun, et même de la société, à l’époque, c’était pas gagné

BlogDavidLerouge-167BlogDavidLerouge-8-3Récemment mis à jour4

mercredi 29 mai 2013

Save Our Souls

Partant du principe, discutable j’en conviens, que personne n’écoute jamais vraiment les lectures lors des professions de foi, et que les jeunes de 6e sont les spécialistes des lectures à peu près (non, cher jeune, tendresse ne peut pas se lire détresse, et buter 2 fois, malgré la répétition sur un mot à trois syllabes ne le rend pas plus intelligible pour ta famille qui suit vaguement), partant de ce principe, donc, je ne m’appuie que rarement sur la lettre de l’Evangile pour les homélies de profession de foi. Déjà qu’ils n’écoutent qu’en touriste, commenter un texte pas entendu, ça tient du suicide.

Partant du vent de la Pentecôte,  et de la météo cherbourgeoise pourrie depuis 18 mois,  j’espérais, à voix haute, que ces jeunes s’engageant ne prendraient pas le pli de nombre de leurs aînés, à savoir n’appeler Dieu que quand ça commence à sentir le cramé, les chocottes, le plan qui pue, bref, quand c’est la bérézina et qu’on implore, fissa, son secours.

Parce qu’appeler Dieu au secours dans la bourrasque, ça ne lui laisse comme possibilité de vous envoyer ça.

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une bouée efficace, qui vous sort la tête hors de l’eau, mais qui ne ramène pas au rivage, ne fait pas avancer et ne sauve qu’un temps, en espérant que le coup de tabac se calme super vite.

Et ce n’est pas avec ce genre d’ustensile qu’on va pouvoir aller un peu au large, partir à l’aventure, vivre à plein vent… Du coup, j’ai filé la métaphore marine de la vie chrétienne.

Embarquons, donc.

pour vivre au vent de l’Esprit, il faut des voiles, c’est la prière, la seule qui te fait vraiment avancer. Plus tu pries, mieux tu pries, et plus l’Esprit peut te faire avancer.

 

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mais les voiles sans la quille plongée dans l’eau, c’est s’exposer à dessaler ou à finir en cerf volant… il te faudra donc plonger dans le quotidien de ta vie, y mettre les mains et le cœur, bref aimer, vivre, dans le quotidien et pas qu’avec des mots.

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le bateau tout seul, c’est envisageable quand il fait beau, ou quand on est un figariste super héros, mais c’est en équipage, en Eglise qu’on vit la foi, chacun son rôle, et chacun est important…

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A vivre sans cap, tu finiras par faire des ronds dans l’eau… Ta boussole, c’est l’Evangile et les appels que le Christ t’adresse, il faudra t’ajuster mais toujours t’y référer, l’écouter.

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la Bible ouvrira même les chemins de foi dans lesquels s’engager, avec quelques repères. Tu peux t’en passer, ça risque juste de devenir plus long et plus compliqué.

Note qu’il existe quelques règles pour la navigation, des balises qui t’indiquent des dangers ou le chemin pour rentrer dans le port. C’est un peu la vie bonne chrétienne qui t’indique les dangers, les digues et les rochers. Si tu n’écoutes pas, tu risques parfois ta vie.

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et enfin, sur mer, n’oublie pas l’avitaillement, le temps des sacrements, des moments pour boire, manger, se ressourcer à l’intérieur, sinon, tu vas crever.

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voilà, il y a tant à découvrir au large, d’autres rivages, d’autres visages, et tu comprendras mieux Celui qui embarque avec toi, dans les belles traversées comme dans les 40e rugissants (plus que 3 ans pour moi). Bref, le Christ t’adresse cet appel, “allons sur l’autre rive (Luc 8)” es tu prêt à embarquer ?

et le premier qui la ramène sur le fait qu’il manque la dimension du témoignage, je lui colle la bôme dans la tronche.

mardi 28 mai 2013

L'air libre

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Je passe beaucoup trop de temps au bord de l’eau, à l’orée de la mer,
au bout des digues qui ceignent la rade. 359° de marées autour de moi
assis à plus d’un kilomètre de la côte, le cul posé sur des blocs maçonnés.

Suivant les jours, le regard suit les bateaux au loin qui redessinent l’horizon,
ou accroche le ressac qui gagne peu à peu sur le tumulte des rochers en pagaille
des heures durant au pied de la digue, à marée montante.

J’y viens pour l’eau, pour le vent, pour les flots et la lumière
j’y viens pour rincer l’éponge à émotions, la nettoyer, l’essorer
aux éléments bruts, violents, présents en excès au large

peu à peu, les idées se mettent aux pulsations du flot qui gagne imperturbable
les vagues claquent sur le rebord, puis le recouvrent, le rythme se fait lent
et le flux des idées, éreinté, prend un tour imprévu, un mouvement.

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ce ne sont pas des vacances, c’est de la vacance, et ça fait du bien.

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mercredi 22 mai 2013

la possibilité du garçon #1300

il y a trois ans, j'ai lu d'aussi loin que je me souvienne, il s'est toujours levé tôt, et j'avais été touché par ce récit de Vincent Flamand avec qui j'ai partagé vaguement quelques années de séminaire il y a longtemps. J'y avais deviné l'indicible épaisseur du bonhomme fascinant, dans un récit tendre et vrai, cru et amoureux, celui qu'un fils écrit sur son père. Cette lecture avait ouvert encore plus de questions... car si Vincent avait été ordonné pendant les années où j'étais à Paris, il avait quitté le ministère depuis. Et ce récit me perdait dans cette décision qui m'effraie toujours un peu.

Pourquoi et comment peut-on poser un non sur un "oui" donné il y a quelques années ? et le portrait sensible du père ne répondait pas... ce mystère se pare de mots qu'on tait trop souvent, par pudeur, pudibonderie, malséance... c'est un mystère pris dans une vie en déploiement, c'est un mystère que je ne comprendrai jamais, mais que j'essaie parfois d'accompagner le moins infidèlement possible.  Vincent vient de sortir un deuxième livre, la possibilité du garçon, aux éditions du castor astral. Il republie le portrait de son père, bourru incompris et dévoué à son fils... et pose en écho celui tout aussi amoureux mais étouffant de sa maman, et les soubresauts qu'il fit pour éreinter cette étreinte. C'est très très bien écrit, sans animosité ni comptes à régler, et on devine le fils qui grandit au milieu de ces deux amours envahissants. Si le récit du père disait quelque chose de l'homme devenu, celui de la mère dit encore autre chose de l'homme en devenir. Et cela dit l'aventure d'un oui, puis d'un autre. ça décape, mais c'est bon.

J'ai fini de lire ces récits il y a de nombreuses semaines mais ne sais pas les chroniquer. J'ai simplement aimé écouter aimer.

La-possibilité-du-garçon-Vincent-Flamand

« J’ai écrit Fifoche pour me rapprocher de mon père et La possibilité du garçon pour me séparer de ma mère. La tentation serait grande de vouloir tout expliquer, nuancer, corriger ; de tenter, par le pouvoir de l’écriture, de retarder un tant soit peu encore la tristesse des adieux. Mais j’imagine déjà l’énervement de mon père, piaffant d’impatience à l’idée de rater le train pour l’au-delà, et j’entends presque les cris de ma mère, consternée à la perspective de devenir un fantôme, elle qui, de son vivant, a tant cherché à être un peu moins hantée, possédée par l’angoisse.
Alors je m’abstiens et je mets un point final à ces textes que j’ai écrits pour pouvoir vivre une autre vie, une vie sans eux. Quoique… » Vincent Flamand. Deux textes composent ce récit. Le premier, Fifoche, est dédié au père du narrateur. Le second, La possibilité du garçon, est consacrée à sa mère. Ce diptyque constitue l’hommage douloureux mais apaisé d’un fils unique à ses deux parents, dont l’amour débordant et pour tout dire merveilleux, en est venu peu à peu à le fragiliser.
D’un côté, un père âgé, fantasque et permissif ; de l’autre, une mère anxieuse, protectrice et fusionnelle. Ce très beau témoignage, vibrant et émouvant, se partage entre confession, (psych)analyse et poésie. Avec une grande justesse, Vincent Flamand a mis en mots la joie, la détresse et les paradoxes de tout amour filial.

Le Castor Astral, coll. Escales des lettres, 2013 – 142 p. – 12 € – ISBN : 978-2859209360

mardi 14 mai 2013

sept cent millions de...

1 214 000 000 catholiques*
713 000 religieuses
413 418 prêtres,
55 000 religieux
41 000 diacres
5 132 évêques
2 papes
en gros
un Jésus.

ces nombres, impressionnants, ne disent rien. ou peu.
parce que je connais des baptisés qui préfèreraient se faire radier que d'être comptés dans ces cumuls
parce que je connais des chercheurs de Dieu qui n'ont pas (encore) rencontré Jésus
ni pu/su être baptisés
parce que le nom de chrétien ne dit rien, ou pas assez, de l'aventure intérieure qu'il suggère
parce que l'aventure se dit entre Jésus et soi, au coeur d'un peuple beaucoup plus grand.

N'empêche, ça fait plus d'un milliard d'humains à qui Dieu a parlé d'amour
plus d'un milliard d'humains qui doivent se demander ce qu'ils doivent en faire
ou au moins doivent se demander si c'est ça qu'ils ont au cœur... 
ça fait un million deux cent mille humains qui ont consenti à se donner (au moins un peu)
et tout cela, ça peut faire un beau ferment dans l'humanité.

* au 31 décembre 2011, selon l'annuaire statistique de l'Eglise
sauf pour les deux papes. via Vatican Information Service

lundi 13 mai 2013

avis de vent frais

Parfois la nature, c'est simple, formes géométriques et couleurs à plat. Blogdavidlerouge-186
un peu comme la foi, vue de loin.
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mais si on s'avance un peu, un gros peu
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on se mouille un peu, on découvre des subtilités
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mais dans tout cela, il manque un troisième élément
un élément en mouvement. Le vent.
frais, fort, vivifiant.

derrière l'écran, c'est joli,
à expérimenter, c'est puissant.

comme la foi.


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et t'auras toujours des gens pour t'expliquer que ça sert à rien
parce qu'ils ont réfléchi ça dans leur tête.
dans leur tête, voilà.

dimanche 12 mai 2013

Le Viking Général

En l'attente d'un futur évêque, c'est notre viking vicaire général qui a été choisi comme administrateur diocésain, pour la deuxième fois en six ans, et j'aime bien l'idée de son profil inhabituel au milieu de la conférence des évêques de France...

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lundi 6 mai 2013

Lumière des hommes

nettoyage de printemps, bis, après l'heure au pied de biche
une deuxième heure dans une autre église, pour le sacrement du pardon
exceptionnellement, à Cherbourg, il fait beau, et quand je redis la lumière de Dieu
à ceux qui viennent dire leur volonté d'être libérés de leurs obscurités
je vois que la lumière qu'ils reçoivent m'illumine, moi

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