jeudi 14 janvier 2016

Galette aux Mielles*

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pour les “voeux”
refuser de dire merci, je ne suis pas celui qui doit les adresser (le Christ, le frère doit le faire)
refuser de dire les admirations, les écrire au quotidien
refuser de donner des souhaits, des vœux, mais donner des devoirs**
où il est question d’altérité qui fait vivre

et proposer que les chrétiens de la paroisse soient comme des briquets
toujours emplis du don qui s’enflamme
toujours prêts au coup de pouce qui embrase (sans lui rien ne se passe)
toujours une pierre de la parole qui fait étincelle dans nos vies
et sûrs que leur flamme est trop fragile, trop inutile, trop faible
à moins qu’elle n’ait le désir d’allumer un feu, aider à s’embraser
initier au don, pour allumer un foyer dont le Christ est le cœur
les chrétiens sont les charbons de son amour.

*Vœux dans la salle des Mielles, donc, avec la galette qui fait grossir avec. (avec des calembours comme ça, je vais finir par écrire un jargonnier spirituel)

**tellement d'instits dans la famille, ça finit par déformer.

vendredi 25 décembre 2015

Une vie de miracles !

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C’est un vieux truc de séminaire, ou d’exégète, ou de littéraire, je ne sais plus, mais dans l’Evangile de Jean, celui-là même qui est souvent lu aux grandes fêtes, on ne trouve pas le mot miracle, mais à chaque fois, en grec, c’est le mot « signe » qui est choisi. Pour qu’il y ait un signe, il faut Quelqu’un qui adresse le signe, et chacun qui essaie de le lire. Le miracle ne brille pas tant par son caractère extraordinaire que par le message dont il est porteur et la relation qu’il initie.

Depuis quatre mois, vous m’avez accueilli comme curé et si je n’oserais jamais dire que j’ai vu des miracles, mais j’ai vu des signes de Dieu, signes de sa Miséricorde, signes de sa délicatesse, signes de sa confiance en l’homme, signes d’un cœur de l’homme qui se laisse toucher :

Des regards d’enfants devant la vierge de Catherine Chauloux, paroles de foi autour du Père Daniel, rires de couturières dans la salle Sainte Marie, tendresse de Dieu pendant la messe quotidienne où l’on est chaque jour aussi nombreux, cœur qui bat lors du sacrement du pardon, beauté d’une messe en maison de retraite, silence intense un 15 novembre, servants de messe dévoués et généreux, poignées et coups de main, accueils chaleureux, rires de chorale, paroles sincères et gestes de paix… pour peu qu’on y soit attentif, Dieu ne cesse de nous déployer dans sa joie.

Je ne saurais souhaiter mieux ! Je ne saurais souhaiter que plus profond dans l’amour, plus large encore dans la main ouverte, plus haut dans le regard, plus long dans la pensée, plus délicat dans la parole, plus ancré dans la prière. Le mal, de toujours à toujours, qu’il soit dans l’absolu ou dans mon corps, donne le goût du désespoir et affaiblit notre capacité à aimer. Le regard porté sur le Christ est celui qui nous relève, et par grâce, nous invite à oser cette vie de liberté, de joie, de LUI.

Je ne veux, alors, avec vous tous, comme l’un de vous, que nous souhaiter une

Sainte Année

Parce que la Sainteté, toute petite et du quotidien, est ce dont le monde a profondément besoin…Et Dieu a bien besoin de nous pour faire rayonner son amour.

vendredi 18 décembre 2015

Avançons vers la lumière

Depuis presque trois semaines et encore jusqu’à début janvier, la paroisse de Notre Dame de la Baie, à Saint-Pair-sur-Mer, accueille les toiles de Catherine Chauloux : une représentation de la crèche en cinq tableaux, installés dans la chapelle Sainte Anne. Dans la pénombre, on se retrouve ainsi à s’avancer au cœur du mystère de la nativité, au milieu des regards croisés des bergers et des mages, et de la délicate théologie de la lumière. Curé, je suis saisi de voir combien la générosité d’une telle représentation désactive tout pour entamer des dialogues féconds.

L’expo trouve sa continuité dans les enluminures contemporaines de Benoît Cazelles à la maison paroissiale.

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en ville, vous trouverez des farandoles oranges, extraites d’une autre œuvre de Catherine Chauloux, et qui guident les passants (au bénéfice d’un partenariat ouvert et fécond avec la ville) jusqu’à l’expo ouverte du mercredi au dimanche de 14 à 17h. (19 le samedi)

mardi 8 décembre 2015

Tu vas voir qu'y vont nous réinstaurer les indulgences

(oui, et c’est peut être pas une mauvaise idée, financièrement parlant)

L'actu du moment, chez les cathos, c'est ce jubilé : 

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et comme plus personne n’entrave rien au vocabulaire subtil de l’église, surtout pour un jubilé,
les paroisses de Saint Clément et Notre Dame de la Baie ont fait un petit dossier dans leur canard.
Attention, c’est tout copyrighté Sourire, même l’hommage à l’ami Edmond

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dimanche 1 novembre 2015

Dix-sept ans

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Il est 17h00, premier  novembre et le soleil se paie le luxe de fondre vers la mer dans un ciel sans nuage de température douillette. Personne n'a de pull, des chiens de marque gambadent sur la plage, des petites filles de deux-quatre ans en robe au genou jouent poliment sur le sable, un groupe de jeunes soupire des 2h30 qu'il faut encore depuis l'aéroport de Marrakech pour atteindre je ne sais quoi, d'autres s'interrogent si la totalité de leur iPad se voit bien sur l'écran de la télé. Je suis assis sur un bout de digue, les pieds dans le sable, trait noir d'un curé sans urgence sur le feu d'une plage aisée.

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Un peu avant moi, un type avait des chaussures à semelle rigolote. Je réalise plus tard que ce sont mes propres empreintes. L'air est doux et la compagnie choisie.

Le livre aussi. Dix-sept ans, de Colombe Schneck, proposé par @LB2S. Les dix-sept d'une jeune fille de famille aisée et libérée, parisienne et sans souci, qui verra son monde déstabilisé quand elle se découvre enceinte à la veille de son bac.

Elle avorte. Sans tourment.

Et pose des décennies plus tard les résonances de ce non-événement dans la femme libre qu'elle est devenue.

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Pas de morale dans ce récit, pas de conclusion édifiante ni de militance, mais une enfance adolescente ébréchée par le prix d'une liberté qu'on croyait absolue alors qu'elle est d'insondable profondeur...

Vibrant.Juste. Délicat.

jeudi 3 septembre 2015

Monsieur le curé #1500

L'expression en devient amusante. Je suis en train d'arriver à Saint Pair. Mais quand l'arrivée est habituellement synonyme de bout de course, elle signifie pour moi ces jours-ci au contraire un commencement, un départ, et je me paume dans le vocabulaire. La paroisse est très vivante, le bourg agréable, et les journées, tout comme les décisions, filent comme l'éclair. Chaque soir, depuis le presbytère, le coucher de soleil déchire tranquillement sa race (et même le téléphone portable arrive à les saisir), comme un petit don merveilleux. 

Il y a tout à apprendre... faire la feuille d'annonce, écouter pour bien décider, prévoir des obsèques, vérifier les dossiers de mariage, organiser la réunion du conseil économique, rencontrer le maire, choisir la boulangerie qui va bien, trouver du prosecco, fouiller dans la sacristie, faire le tour des églises (gloups, pas encore eu le temps), décider de passer par la digue, chaque soir, en rentrant de la Maison Paroissiale... Bref, C'est parti ! (ou arrivé, je ne sais plus)

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voilà, sept. 2015
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voilà, bis, sept. 2015
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spritz, sept. 2015
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C'est moche, je sais, sept. 2015

et en ouvrant la porte d'un placard de la sacristie, j'ai croisé une métaphore :)

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le ministère, métaphore, sept. 2015

lundi 22 juin 2015

la tête à l'envers

Suivant un usage désormais annuel, je grille les homélies de profession de foi en les posant ici pour ne pas être tenté de les refourguer l'année d'après. Cette année, "pour faire un arbre, mon Dieu que c'est long"

Si un institut de sondage venait dans cette assemblée vous demander si vous êtes chrétiens, je ne sais pas si la réponse serait la même pour tous... "Oui" pour beaucoup, à commencer par les premiers rangs ; "un peu", "non" pour d'autres et quelques "ne se prononce pas", forcément... mais vous devinez que ce n'est pas la manière de l'Evangile de parler de l'homme, de parler de foi, l'Evangile ne met pas dans des cases... L'Evangile préfère les images, comme celle d'aujourd'hui, d'ailleurs, le grain de moutarde... une image bien riche, bien utilisable (coucou Glorious), une image qui parle de croissance, d'enracinement, et de la beauté de la vie qui nous rapproche du ciel tout en donnant ce que nous avons reçu

Genre la graine qui devient un arbre… ça permet pas mal de broder sur

  1. Donner sa vie, se donner, s’oublier pour porter du fruit
  2. Laisser entrer dans sa vie le greffon de la grâce qui fait porter du fruit, devenir un avec lui
  3. Porter du soin à la bonne terre, veiller sur
  4. Ne pas oublier de puiser, et donner du fruit

mais ce serait oublier l'autre dimension essentielle de l'Evangile, celle qui fait que la foi n'est pas un coaching pour une jolie vie, avec des jolies valeurs et des bons conseils. L'Evangile ne cesse de renverser nos manières de penser... il ne nous invite pas à aimer nos amis seulement, mais nos ennemis, ni à veiller gentiment sur nos vies, mais à les donner... Et pour notre image de l'arbre, il faudrait la retourner aussi... 

je pique l'idée à une abbaye, Jouques, qui a bien mis un arbre sur son blason, mais un arbre à l'envers, les racines dans le ciel

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et forcément, ça nous emmène un peu plus loin:  

1. puiser au ciel, toujours, de quoi vivre, les racines sont toujours aussi importantes que les branches, mais invisibles. comment s'enraciner au ciel? par la prière, l'écoute de la parole de Dieu, le silence, les sacrements, puiser à la source de tout amour. 

2. désirer donner du fruit sur terre, de plus en plus, de plus en plus largement, accueillant dans l'ombre de notre vie avec Dieu ceux qui ont besoin de sa tendresse

3. mais plus fondamentalement, si nos racines sont au ciel, nous ne sommes plus étrangers nulle part (je vous passe les vannes sur là où commence l'étranger pour beaucoup d'entre nous), et personne ne devient étranger, car le ciel est partout.

Fin de nos peurs, début de l'aventure avec DIeu qui compte sur nous pour porter les fruits du ciel sur la terre. 

à la fin de la célébration, une chrétienne, qui était passée par Jouques m'a donné le petit dessin ci-dessous. C'est fou ce que les gens dessinent pendant les messes :D

dimanche 21 juin 2015

impressions

Il doit y avoir manière et manière d'être là...

au premier rang, plongé dans le mystère, les yeux au bord de l'âme
un peu derrière, place habituelle, ressac de prière
assoiffé, sur le côté, l'oreille en attente,
au fond, de passage, l'appareil photo déçu 
devant, missionné pour le chant, la quête, la présidence, 
ou encore: 

hier soir, confirmation, avec l'évêque, 
à la sortie, un gars m'accroche, un papier à la main, 
"tenez, j'ai fait ça tout à l'heure, je voulais vous le donner". 

être là, être attentif, 
et laisser l'espace pour être touché. 

 

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Aubin, donc, vient de remiser aux oubliettes la photo-documentation de célébration
à l'aquarelle. 

On devrait toujours se méfier de celui qui griffonne :)