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les mots pour le dire

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lundi 22 juin 2015 23:00

la tête à l'envers

Suivant un usage désormais annuel, je grille les homélies de profession de foi en les posant ici pour ne pas être tenté de les refourguer l'année d'après. Cette année, "pour faire un arbre, mon Dieu que c'est long"

Si un institut de sondage venait dans cette assemblée vous demander si vous êtes chrétiens, je ne sais pas si la réponse serait la même pour tous... "Oui" pour beaucoup, à commencer par les premiers rangs ; "un peu", "non" pour d'autres et quelques "ne se prononce pas", forcément... mais vous devinez que ce n'est pas la manière de l'Evangile de parler de l'homme, de parler de foi, l'Evangile ne met pas dans des cases... L'Evangile préfère les images, comme celle d'aujourd'hui, d'ailleurs, le grain de moutarde... une image bien riche, bien utilisable (coucou Glorious), une image qui parle de croissance, d'enracinement, et de la beauté de la vie qui nous rapproche du ciel tout en donnant ce que nous avons reçu

Genre la graine qui devient un arbre… ça permet pas mal de broder sur

  1. Donner sa vie, se donner, s’oublier pour porter du fruit
  2. Laisser entrer dans sa vie le greffon de la grâce qui fait porter du fruit, devenir un avec lui
  3. Porter du soin à la bonne terre, veiller sur
  4. Ne pas oublier de puiser, et donner du fruit

mais ce serait oublier l'autre dimension essentielle de l'Evangile, celle qui fait que la foi n'est pas un coaching pour une jolie vie, avec des jolies valeurs et des bons conseils. L'Evangile ne cesse de renverser nos manières de penser... il ne nous invite pas à aimer nos amis seulement, mais nos ennemis, ni à veiller gentiment sur nos vies, mais à les donner... Et pour notre image de l'arbre, il faudrait la retourner aussi... 

je pique l'idée à une abbaye, Jouques, qui a bien mis un arbre sur son blason, mais un arbre à l'envers, les racines dans le ciel

 DavidLerouge2015-1-2.jpg

et forcément, ça nous emmène un peu plus loin:  

1. puiser au ciel, toujours, de quoi vivre, les racines sont toujours aussi importantes que les branches, mais invisibles. comment s'enraciner au ciel? par la prière, l'écoute de la parole de Dieu, le silence, les sacrements, puiser à la source de tout amour. 

2. désirer donner du fruit sur terre, de plus en plus, de plus en plus largement, accueillant dans l'ombre de notre vie avec Dieu ceux qui ont besoin de sa tendresse

3. mais plus fondamentalement, si nos racines sont au ciel, nous ne sommes plus étrangers nulle part (je vous passe les vannes sur là où commence l'étranger pour beaucoup d'entre nous), et personne ne devient étranger, car le ciel est partout.

Fin de nos peurs, début de l'aventure avec DIeu qui compte sur nous pour porter les fruits du ciel sur la terre. 

à la fin de la célébration, une chrétienne, qui était passée par Jouques m'a donné le petit dessin ci-dessous. C'est fou ce que les gens dessinent pendant les messes :D

dimanche 21 juin 2015 14:07

impressions

Il doit y avoir manière et manière d'être là...

au premier rang, plongé dans le mystère, les yeux au bord de l'âme
un peu derrière, place habituelle, ressac de prière
assoiffé, sur le côté, l'oreille en attente,
au fond, de passage, l'appareil photo déçu 
devant, missionné pour le chant, la quête, la présidence, 
ou encore: 

hier soir, confirmation, avec l'évêque, 
à la sortie, un gars m'accroche, un papier à la main, 
"tenez, j'ai fait ça tout à l'heure, je voulais vous le donner". 

être là, être attentif, 
et laisser l'espace pour être touché. 

 

CCI21062015_00001.png

Aubin, donc, vient de remiser aux oubliettes la photo-documentation de célébration
à l'aquarelle. 

On devrait toujours se méfier de celui qui griffonne :)

jeudi 11 juin 2015 07:20

des feux comme des fenêtres

deux fois trois jours de chants, de rires, de jeux
de parole(s), de silence(s), d'attention(s)
de Dieu, de coeur, d'Essentiel

pour ouvrir un espace dans la vie des jeunes
à force de vie ensemble, de joie partagée, de souffle renouvelé
pour inscrire la présence de Dieu dans les creux de nos vies

embrasser sa guitare
endosser son costume de danse balinaise
envisager ces enfants-ados, et leurs vies, et leurs familles
mettre tout ça au coeur d'une pulsation fort divine

on a beaucoup donné
et encore plus reçu
#retraites de profession de foi. 

(et au retour, recevoir un petit bout de vidéo, avant...)

# Avant que # DAVID SIRE de David SIRE 

lundi 1 juin 2015 13:48

succéder

Je pense qu'on le fait tous...
quand on nous propose d'être appelé comme curé pour un nouveau lieu
on essaie de voir un peu la paroisse où l'on va être envoyé,
et jette un œil avant tout sur google maps
avant d'y mettre un puis les pieds.

Pour une raison que je n'ai jamais trop comprise,
les pages jaunes ont associé les paroisses au nom du curé
(et parfois même d'autres noms, aléatoires au possible)
et il y a donc sur une carte, là où je demeurerai en septembre prochain
le nom d'un de mes prédécesseurs dont j'aime bien le portrait. 

BlogDavidLerouge_610.jpg

Bon, le P. Marcel est en chemin vers le ciel, 
c'est un peu rude, ou alors un bel appel :)

vendredi 22 mai 2015 07:20

allez voir là bas si j'y suis

Onze ans au service du Christ comme prêtre, avec les plus jeunes, collégiens, lycéens, étudiants, dans les établissements catholiques d'enseignement (faut pas se planter dans l'ordre des mots), dont sept ans dans la douce ville de Cherbourg, croisée de mondes et d'horizons, de vrais Cotentinais et purs expats, c'est une belle aventure qu'il est difficile de quitter... des chrétiens, des amis, des projets, des rencontres, de la réflexion, des lectures, des photos, des sourires et des regards, des machins sur les internets, des approfondissements, des collaborateurs tellement précieux, des trucs compliqués parfois, un bel oratoire, des jeunes, des jeunes, des jeunes... et des #%$&§!!£ de goélands

Pourtant, 

Lamanchelibremai2015.jpeg

Il y a une joie, et une appréhension dans les commencements... Découvrir une ville que je ne connais que peu, des chrétiens et des habitants que je n'ai pas encore rencontrés, découvrir une mission dont je pressens les grandes lignes sans bien savoir encore comment elle se vivra, Mgr Le Boulc'h m'envoie donc comme curé (désormais, tu auras le droit...) de la paroisse Notre Dame de la Baie (oui, tu peux faire des jeux de mots) de Saint Pair-sur-mer (oui, tu vas faire plein de jeux de mots), succédant encore une fois au P. Jean Christophe Mâche. 

Un pèlerinage, une plage de sable blanc, quelques falaises et quelques églises, aussi, des résidents l'hiver, beaucoup de plus de Parisiens vacanciers l'été, un grand centre paroissial, pas mal d'ajoncs et de genêts, un pommier dans un clocher, une vallée des peintres, une autre du Lude, une flèche octogonale, la vénération des Saints Pair, Gaud, Scubilion, Senier et Aroaste, d'aucuns diront que je passerai ce ministère en vacances, heureusement que je continuerai d'accompagner les coopérants d'Indonésie pour éviter cette calomnie #ohwait.  

Quelque chose me dit que le Seigneur me rendra encore bien souvent témoin des milliards de miracles de sa Miséricorde. Qu'il me donne d'en être passeur, qu'il nous donne d'en être vivants. 

lundi 4 mai 2015 16:26

Donnez du son à un âne

Les-racines-du-ciel (1)J’ai coupé mes radios.
Les tombereaux de nouvelles me coupaient de la Bonne Nouvelle, ou plutôt suramassaient leur putrides effluves par dessus la bonne odeur de l’Esprit, me donnant envie d’oublier de sentir. Et les chroniques partisanes dévidaient leur fil sans m’éveiller même un sourire. 

J’ai coupé mes radios pendant le carême, et je ne les ai pas rebranchées depuis, sauf au petit matin, sur France Cul, histoire de me tenir un peu au jus.
Les dimanches matins, c’est Lenoir, et souvent ça m’ennuie, les lundis c’est Fourest, et ça m’apitoie… au point de finir par désirer dormir plus, ou ne plus m’informer que par papier.

J’allais continuer à maugréer et deux pépites m’ont traversé les oreilles :

la chronique politique de ce matin, un hommage à Jean Léonetti. Je ne suis pas sûr de comprendre les tenants et aboutissants, mais il y avait une vibration qui n’était pas d’émotion mais de justesse, juste avant Miss Fourest. C’était là:

le texte et l’audio (quelques minutes):

et dimanche, les racines du ciel donnaient la parole à Colossimo sur les chrétiens d’Orient. Et c’était brillant de lucidité sur les tentatives de récupération et la malédiction des chrétiens d’Orient. Là encore, d’une justesse défrisante

le texte et l’audio (une heure):

sensible et intelligent. C'eût été dommage de les rater. A vous de les écouter. 

samedi 25 avril 2015 15:50

la délicatesse sans mélancolie

Il faut du fond et de la forme
pas trop profond, parce qu’on s’y perd
pas trop de formes, on s’exaspère

une pompe à vélo pour un peu d’air
quelques guitares et un micro
des onomatopées, des mots.

de la liberté, de la bonté, des choix qui relient
des nuages et des colères, des joies
et des hommages aussi*.

"Qui nous fera voir le bonheur ?",
cite le psalmiste, en quête de joie
“nous” répondit le poète, léger.

A force de dire “je”, y a tout qui rétrécit…

IMG_7616

la pochette est de Baudoin, qui un temps dessina du Vargas,
les musiques, à la guitare, se laissent facilement apprivoiser
je ne suis pas le seul à aimer :

Francofans avril 2015

ah et si vous allez sur le site de David Sire,
vous verrez plein de spectacles, une bidulosophie (cet art de laisser de la place à ce qui compte) des contes pour enfants, des albums épatants et surtout, vous apprendrez à aimer le type rien que pour les lieux où il va se donner…

image

ou d’autres encore. Improbables et vivants. A ne pas rater.

Je est un nous, Sélénote, en sortie bientôt paraît-il, ou en dédicace partout là où il donne…
nécessaire

* à la petite vieille en bas de chez toi, à un photographe montagnard qui aurait presque eu pu être Fred, au compagnon d’Emmaüs, à ceux qui posent des trésors au milieu des peurs, et des chansons pour desserrer les baillons.

mardi 17 mars 2015 17:28

what you must know

Juste histoire de mettre les choses au clair, et vous éviter de passer pour de grosses buses quand vous débarquerez au presbytère, voici une série de phrases qu’il ne faut plus jamais dire, sous peine de vous faire repérer aussi sec comme un débutant voire un plouc. 

“on voudrait une bénédiction, pas un mariage”

Ah ben ça tombe mal, parce qu’on ne fait que les mariages, dans lesquels il y a toujours une bénédiction (nuptiale). le sacrement du mariage (donné par les deux époux pendant l’échange des consentements) est un sacrement à part à entière. Certains choisissent de le vivre au cours d’une messe (de mariage, donc) ou sans cette messe… mais quoiqu’il arrive, il ne s’agit jamais d’une “simple bénédiction”.

on a payé, on a le droit (/parce qu’en plus il faut payer?)

Les sacrements, c’est donné, ce qui n’empêche pas de faire une offrande substantielle dont le montant est souvent d’ailleurs indiqué (et conséquent) pour faire vivre l’Eglise. Soit dit en passant, la location d’un tel bâtiment, plus les quelques heures à vous accompagner, si elles étaient facturées, on ne jouerait pas dans la même catégorie… Et en plus dans l’Eglise, on célèbre le Christ (en diverses occasions de la vie) alors on s’attache à bien le faire, pour que vous vous y retrouviez, mais aussi pour ne pas perdre le trésor de la foi auquel vous tenez. Alors si on est heureux de vous donner de notre temps, ça veut pas dire que c’est gratuit.

c’est un chrétien, il a fait ses deux communions

Ah ben ça fait pas beaucoup ! les deux communions (la petite/privée/première et la grande/solennelle/deuxième) sont des étapes de la foi d’un enfant, mais la communion, la messe, n’est pas censée être célébrée DEUX fois dans la vie, mais régulièrement, chaque dimanche, même, pour ne pas mourir de soif loin de la source qui est le Christ. En plus, la profession de foi (maladroitement appelée 2e communion) est simplement une célébration à l’orée de l’adolescence, mais qui, symboliquement, compte beaucoup moins que la confirmation qui est nécessaire pour devenir un chrétien adulte. Dire “il a fait ses deux communions”, c’est comme dire “c’est un intello, il a réussi son CE1”, c’est un bon signe, mais simplement un bon départ.

on le fait baptiser pour pas qu’il soit enterré comme un chien

D’abord tout le monde peut prétendre à être enterré dans un cimetière (sous réserve de payer et de justifier d’un lien, c’est avec la mairie qu’il faut voir ça) et surtout la miséricorde de Dieu accueille tous les hommes dans son amour. Devenir chrétien, c’est goûter dès à présent de cet Amour, et le laisser nous transformer pour essayer de devenir aussi bon qu’il nous a destinés à être. C’est un beau programme qui dépasse largement les portes des cimetières.

ah bon, le parrain doit être chrétien?

Le parrain est un aîné dans la foi qui a pour charge d’aider les parents dans leur responsabilité de transmettre la foi. S’il est non-baptisé/bouffeur de curé/athée, ça devient vite incohérent. Techniquement, il devrait même avoir fait sa communion et reçu la confirmation pour être adulte dans la foi. C’est pas juste un bon pote. Ah et en passant, devenir parrain ne donne aucun droit juridique sur l’enfant en cas de souci des parents. Ca ne vaut rien devant la loi de la République.

- le Corps du Christ. – merci

Ben voilà, vous avez suivi tout le monde dans la procession et quand le prêtre vous a montré l’hostie (le machin blanc et rond), vous avez gentiment répondu merci. Vous êtes grillé. Pour les chrétiens, ce morceau de pain est présence du Christ, rencontre ineffable qui appelle une réponse “Amen” qui veut dire “je crois, c’est vrai, c’est bon”. Pas "merci". Et pour recevoir le corps du Christ, il faut être baptisé et s’être préparé pendant plusieurs semaines.

vous êtes payés par l’Etat, non? / l’Eglise a plein de richesses / le Vatican est plein d’argent

Non. (On est même au bord de la banqueroute, l'Etat aussi, note, mais c'est une coïncidence)

vous faites voeu de chasteté, vous les curés.

Non plus. En revanche, on promet de vivre un célibat (qui est abstinence de toute pratique sexuelle) et de conformer notre vie à celle du Christ. Mais on ne fait pas voeu de chasteté, ça, ce sont les religieux.

une bien belle messe, msieur l’abbé

cette phrase (déjà un peu facile) ne marche pas pour un baptême, un mariage sans messe, une inhumation. Pour qu’il y ait “messe”, il faut qu’il y ait MESSE (c’est à dire pas uniquement une célébration, mais une célébration où le prêtre prend le pain et le vin, dit la prière pour qu’ils deviennent Corps et Sang du Christ, et qu’il les partage.)

bonjour msieur l’curé

Tous les prêtres ne sont pas curés. Le curé, c’est le responsable de la paroisse, il peut avoir avec lui des adjoints (vicaires) et collaborer avec d’autres prêtres (aumôniers, professeurs, etc.) Curé, c'est une des fonctions que peut avoir un prêtre. Par exemple, je ne suis pas curé.

vous l’inscrivez au cathéchisme?

Y A PAS DE H à catéchisme. C’est à cathédrale qu’il y en a un, bordel.

le Christ, il était gentil, lui, il pardonnait à tout le monde.

C’est bien gentil de vouloir sermonner sur le Christ et l’Evangile, mais allez plutôt relire l’Evangile de Marc, vous allez abandonner toute idée de guimauve. Une charité sacrément exigeante, le Jésus. 

le Christ et Marie-Madeleine, enfiiiin, mais c’est évident, non?

Ben si c’est évident, (et vu que la genèse passe ses deux premiers textes à parler de l’union de l’homme et de la femme comme fondatrices de toute société et profondément bonnes et à l’image de Dieu) pourquoi l’Evangile n’en parle pas? On parle bien dans l’Evangile des relations tendues de Jésus avec sa mère, ce serait tout de même incroyable qu’on ne parle pas de sa femme.

De toutes façons, on a tous le même Dieu

Aborder ce sujet par cette affirmation plante toute capacité de dialogue, réduit les différences à rien. Si Dieu est unique, il serait maladroit de croire que toutes les manières de le dire, le rejoindre, le prier, l’aimer doivent être prises pour équivalentes. Dieu est sans doute unique mais les mots des hommes ne parlent pas tous du même.

il est bien, le pape François, il est mieux. 

non. il est bien tout court. L'autre aussi était bien. 

"Le pape François, lui, il dit : Qui suis-je pour juger ?..."

ça tombe bien, on est d'accord avec le pape. On ne vous juge pas. ça ne veut pas nécessairement dire qu'on va trouver tout ce que vous faites "top moumoute" non plus, hein. 

ah si tous les prêtres étaient comme vous. 

Les autres sont mieux, en fait. 

Bonjour Monsieur

C'est gentil de m'appeler par le diminutif de monseigneur, mais nous n'en sommes pas encore aux diminutifs, et je ne suis pas évêque. donc non. 

(grmbl, quelque chose me dit que cet article appellera une suite, peut-être même dès les commentaires)

mardi 27 janvier 2015 21:13

le fou, le doigt, le pape

Quand le pape montre le ciel, ou la terre, ou un quelconque mystère,
l’imbécile regarde le doigt,
le twitto sensible (soit blessé, soit émétique) s’offusque de l’ombre produite.

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mais, mon lapin, tu ne peux pas t’offusquer des à peu près journalistiques et tomber dans les mêmes travers… on ne peut écouter quelqu’un si on ne lui fait rien qu’un peu crédit d’intelligence. Ce pape est on ne peut mieux accolé, comme tout chrétien devrait le faire, sur le magistère, la Bible, la tradition mais il se permet de varier les manières de le dire ! Autant il fallait s’accrocher avec Benoit à l’aridité et la précision de la langue, autant il faut écouter ce pape et écouter le moment où il dit les choses…
On ne peut pas prêter le même poids ni la même sémantique à des libres propos à des journalistes dans un avion sur des questions polémiques, à des mots d’accueil à une foule enthousiaste d’un mercredi midi, à une homélie de canonisation ou une homélie de semaine ou à une encyclique. Chez ce pape tout n’est pas parole d’Evangile mais parole appuyée sur l’Evangile. C’est mieux. C’est ainsi, mon chou, on n’écrit pas partout pareil. Ecouter ne nous interdit pas d’une intelligence réciproque (ni d’une bienveillance a priori). Ecouter, mon roudoudou des îles, c'est vouloir accueillir la parole de l'autre qui n'est ce que tu aurais dit, ni de la manière dont tu l'aurais dit... C'est rude mais souvent bon.
ou alors, c’est que tu ne comprends que ce qui te plaît, ça fait bien peu de choses en somme... ;)

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dimanche 25 janvier 2015 13:00

Rengaine

Je ne suis pas peu fier. Je crois que je viens d’exploser les capacités trollesques et virales du genre homélie.
Tout est la faute d’Anne Sylvestre, la chanteuse. Et d’Anne Claire, la blogueuse. Cette dernière partage avec la première une aversion toute mélodique pour ce best of du piano débutant que constitue, tu l’as deviné, la lettre à Elise. Face à cette antipathie beethovienne, je me suis fait un devoir d’acquérir, afin de l’offrir aux enfants d’Anne-Claire une serinette merveilleuse.

Si tu ne sais pas ce qu’est une serinette, c’est tout simplement une jolie mélodie gravée en relief sur un cylindre que tu fais tourner mignonnement à l’aide d’une petite manivelle et qui fait résonner de minuscules lattes métalliques et sonores.

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A vrai dire, ça ne fait presque pas de bruit dans le fond de la main, et c’est là que repose toute l’astuce.

J’ai donc sorti la serinette au cours de l’homélie et personne ne l’a entendue. C’est un peu comme la Parole de Dieu. Quand ça reste Parole, mots et sons, quand ce n’est pas accueilli, c’est à peine audible, ça ne change rien pour personne…

Mais si tu poses la serinette sur une caisse de résonnance, une table, une boite, un micro, alors le son se déploie. Même son, mais une ampleur bien différente.

Il en va de même de la conversion avec la parole de Dieu. Si on en reste à des mots, et une attitude intellectuelle… mais si cette conversion s’appuie sur le corps, alors tout change et la mélodie me dépasse, et rayonne. Quels corps?
mon corps de chair, celui qui me fait agir, celui des relations, celui de ma vie
le corps du Christ, Eglise, qui donne l’ampleur à mes petites conversions et les fait résonner.

et l’organiste, sympa, continua à jouer le thème après l’homélie. Oui, ta journée est foutue.

(et oui, j’ai trouvé le truc de lecture automatique en boucle Rire)

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