Nulle fête liturgique n'est plus populaire que Noël. Seule elle connaît la singulière fortune de réconcilier, dans une commune allégresse, ceux pour qui elle commémore la naissance de Dieu et ceux pour qui elle ne signifie rien. Le plus incroyant la célèbre encore par le champagne et le boudin blanc; c'est un fait d'histoire que cette vénération universelle; les fêtards des réveillons en témoignent à leur façon. Daniel-Rops, Jésus en son temps, ii, p. 104.

 

A croire que, cette année, tous les prêtres avaient lu cette citation que j’ai piquée sans complexe dans le Robert. Dans les homélies, la thématique récurrente fut celle des lumières de nos villes qui annoncent ce temps de fête, mais que nous mettons en regard avec la lumière des cœurs qu’est le Christ. Moi aussi je l’ai fait. Hélas. Et je me suis senti original. Avant.

Il est vrai qu’Edf se frotte pas mal les mains. Entre le froid qui nous fait pousser nos chauffages, et la nuit qui nous fait éclairer nos devantures de maisons, nous avons pas mal sollicité la fée électricité. Soit. Et peut-être fallait-il  exhiber à l’extérieur la joie de Noël que l’on peine à ressentir, à partager à l’intérieur ?

 « il est plus facile de communiquer que de dialoguer » France Inter, 28 décembre 2006, 9h30. C’est sans doute pour cela que nous sommes passivement les interlocuteurs ou plutôt récepteurs de tellement de communicants. Certaines de ces paroles se dépassent elles-mêmes, brisent la « totalité » enfermante et enfermée de notre univers pour y faire entrer de l’uni-divers. Elles nous poussent à creuser, à nous déplacer. Un mot adressé nous touche. ces paroles nous grandissent.

 D’autres nous agressent. Je pense bien sûr à ce titre de carrefour, dans le coin des livres : « Des livres et vous, Cultivez-vous la vie » « de quoi ça s’agit ? » délivrez vous, cultivez vous la vie. Se cultiver la vie ? ça doit être de la poésie, parce que je ne comprends pas. Ou un jeu de mot: faites de la culture... un acte mercantile?

 D’autres, en prime, ont le don de m’énerver, me rabaissant plus bas que moi même!
Est-ce dans l’échange qu’est la richesse ou dans le bien possédé ? Quel cynisme commercial. Qui se targue de culture. Culture peu humaine, ou pas dans le sens où je croyais avoir compris l’homme.

 

 

 Je crois que les mots qui veulent me pousser à être ce que je ne suis pas, me pousser à faire ce que je ne voulais pas, qui m’interpellent pour m’accrocher, tuent en moi ce qui veut devenir humanité. Un psy parlerait de rapport complexe à l’autorité. Je crois tout simplement à l’autorité qui fait grandir, pas celle qui fait de l’autre ce que je veux qu’il soit.

Merci de continuer à jeter vos mots comme ces cadeaux! Là est la vraie richesse.
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emprunts non autorisés à Daniel Rops, Le Grand Robert, plein d'homélies de Noël, service public de France Inter, Emmanuel Lévinas, Xavier Thévenot, Carrefour, Leclerc et cie, Gad Elmaleh, amazon.fr

 

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