Il arrive parfois de recevoir des mails elliptiques:
"l'élégance du hérisson Muriel Barbery, Gallimard. Je voulais te l'envoyer mais ça mettra une semaine le temps que je le commande et cie, alors faut que t'ailles te l'acheter, c'est excellent."
donc je suis allé l'acheter
et depuis plusieurs nuits, je partais raisonnablement à l'aventure dans quelques pages délicieuses. Drôle, brillant, subtil, le style vous emmène, vous précipite dans ce roman "pétillant et espiègle".  
Subjugué par les regards drôles et satiriques sur ce microcosme parisien, les nuits n'ont plus suffi et le travail en a pâti. C'est si bon de tomber amoureux des traits (d'esprit) d'une gamine de 12 ans et d'une concierge moche!
Le livre est lu, (la chair est triste?), le travail peut reprendre, enrichi d'un amour de la langue, des gens, de la grammaire, de l'art et du beau. "Car l'Art, c'est la vie, mais sur un autre rythme"
Merci Elodie. 
 
       "Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. 
        Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. " (4e de couv)