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relents et fumets de la tambouille ecclésiale

L'avantage avec les lycéens, c'est qu'il y a tous les styles, du plus sage au plus emporté, et quand je veux me confronter à de la vindicte argumentative violente, je vais voir Gautier. Il pose les questions à l'emporte-pièce, avec un mélange d'idées radicales et approximatives. Avec Gautier, on esquive plus qu'on discute, mais le jeu apprend la souplesse. Bref, Gautier se demande toujours comment je fais pour être chrétien avec la foi que je défends, avec l'Eglise dont je suis prêtre. Cette Eglise et ses casseroles: science et foi, autorité, place des femmes, ambigüité des dirigeants (tous plus ou moins pervers et ambitieux, selon lui) guerres de religion.

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C'est vrai qu'il y en a eu et il y en a de la violence au nom de la foi, faute peut être de bien la comprendre, à cause, sans doute, de l'hypersensibilité humaine pour tout ce qui touche au coeur, à cause enfin de nos peurs que l'autre nous détruise au lieu de nous enrichir.

Forcément, le nez dans les casseroles, on ne trouve pas toujours Dieu comme Sainte Thérèse d'Avila mais plutôt les relents d'une vaisselle mal faite. ça a bien pris au fond parfois, mais les casseroles ont permis ces mets délicieux, arrosés d'un vin enivrant. La foi peut être ivresse d'un trésor à goûter pour les uns, ou lecture affligée de la liste des ingrédients pour d'autres.

Alors double actualité de ma ptite cuisine ecclésiale et croyante:
1. le hors série de courrier international qui vient me rappeler que tout est pas joli joli dans le rassemblement des croyants, surtout quand les ingrédients ne sont pas ajustés,
2. le grand sourire quand une jeune vient dire qu'elle rencontre, qu'elle parle au Christ chaque jour chaque soir dans sa prière, simplement.

pour une Mise en garde culinaire: novo millennio ineunte, Jean-Paul II, 54-55
"Un nouveau siècle, un nouveau millénaire, s'ouvrent dans la lumière du Christ. Mais tous ne voient pas cette lumière. Nous avons la mission admirable et exigeante d'en être « le reflet ». C'est le mysterium lunæ si cher à la contemplation des Pères qui, par cette image, voulaient montrer la dépendance de l'Église par rapport au Christ, Soleil dont elle reflète la lumière. C'était une manière d'exprimer ce que le Christ dit de lui-même en se présentant comme « la lumière du monde » (Jn 8,12) et en demandant à ses disciples d'être à leur tour « la lumière du monde » (Mt 5,14).

C'est là une mission qui nous fait frémir quand nous voyons la faiblesse qui si souvent nous rend opaques et remplis d'ombres? Mais cette mission est possible si, nous exposant à la lumière du Christ, nous savons nous ouvrir à la grâce qui fait de nous des hommes nouveaux.

C'est dans cette perspective que se pose aussi le grand défi du dialogue interreligieux, que nous devrons encore affronter au cours du nouveau siècle, dans la ligne indiquée par le Concile Vatican II. Au cours des années préparatoires au grand Jubilé, l'Église a essayé, notamment à travers des rencontres de portée hautement symbolique, d'établir une relation d'ouverture et de dialogue avec des responsables d'autres religions. Ce dialogue doit se poursuivre. Dans un contexte de pluralisme culturel et religieux plus marqué, tel qu'il est prévisible dans la société du nouveau millénaire, un tel dialogue est important pour assurer aussi les conditions de la paix et éloigner le spectre épouvantable des guerres de religion qui ont ensanglanté tant de périodes de l'histoire humaine. Le nom du Dieu unique doit devenir toujours plus ce qu'il est, un nom de paix et un impératif de paix. "

(*) je viens de jeter un oeil dans le numéro HS de Courrier International, qui s'appelle Au nom de Dieu. C'est vraiment la liste des ingrédients rédhibitoires dont je parlais plus haut! agents conservateurs, produits de synthèse, colorants artificiels, glutène spirituel, le tout en dose excessive: un vrai vomitif religieux. Comme pour la nourriture, la nocivité est dans l'excès!

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