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18 avril

mardi 15h45, cabale de catéchisés: "bah non, y peut pas être ressuscité (ça tombe sous le sens, comment y gobe n'importe quoi), et genre y serait encore vivant maintenant... mouarf, d'ailleurs rien ne prouve même qu'il ait même existé. Si? Non, non, sinon ça se saurait... enfin vous croyez ce que vous voulez... (sourires entendus) Bah oui, on est chrétiens et on veut faire notre profession de foi! Manquerait plus qu'on n'ait pas le droit."

Les épaules du prêtre s'affaissent discrètement. Il est difficile de partager une expérience, toute vivifiante soit elle... Il n'y a pas qu'en Dieu et en son Fils qu'il faut croire, mais aussi que la foi est un chemin, et qu'il n'est pas rédhibitoire d'en être à un début fort fort lointain. Le cynisme trouvera son apogée dans leur profession de foi décalée, où ils proclameront leur foi en Jésus Christ, sous les yeux attendris de leurs familles réunies. Cruel dilemme d'une foi en chemin; le prochain temps-fort essaiera de leur permettre de retrouver une certaine cohérence, une homogénéité.

La sainteté est elle à ce prix? Si elle est une perfection, c'est grillé. Sauf aujourd'hui...

 

PARFAIT (Saint), Perfectus (accompli, en latin), prêtre et martyr à Cordoue, en Espagne, au neuvième siècle, honoré le 18 avril.

ça doit être le seul saint parfait (sauf Marie), car à bien y regarder, c'est rarement la perfection qui définit les canonisés... Thomas l'incrédule, Pierre le couard, Marie Madeleine la péripatéticienne, Charles de Foucauld le fêtard, David le voleur d'épouse, ... finalement, la sainteté en pérégrination est moins la perfection que l'humilité de celui qui accepte d'être sauvé, de cheminer...

Mais le mythe a la vie dure, et la mène aussi à ceux que l'on soupçonne de s'en approcher. Il existe un délit de belle gueule qui fait que tel ou tel, jeune ou couple au parcours exemplaire, se doit d'assurer partout, de ne pas douter, ni même se questionner, de se bouger, de ne pas faillir, de ne pas... Cette perfection supposée devient un poids pour celui qui essaie d'avancer. Chacun sa croix. Aucune n'est légère, n'en déplaise aux esprits chagrins et comparateurs... Laissons avec confiance le temps à chacun de cheminer "Car la sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure." (Bernanos - Jeanne, relapse et sainte)

Commentaires

1. Le mercredi 18 avril 2007, 00:00 par David
s'il y a une perfection, elle n'est pas obtenue à la force du poignet, mais elle est donnée, d'ailleurs la sainteté est perfection de charité (mais j'avais caché cet aspect). Cela ne se comprend que si la perfection vient du Parfait, et surtout si la Charité, l'amour donc est forcément échange. On n'aime jamais seul.
être saint, c'est se recevoir?
à creuser.
2. Le mercredi 18 avril 2007, 00:00 par Amélie Heurtaux
Ben moi, je me rends compte que je commence à comprendre. C'est pas gagné, mais ça avance. La perfection n'est pas donnée, on attire juste ses étincelles. L'absolu tolérant (tolérance absolue ?), le même qui fait qu'une certaine Mathilde sourit aux facéties païennes d'une mélie ou qu'une ex-athée en voie de (mais toujours pas) se voit totalement charmée par l'humour d'une Mathilde aux antipodes de ses convictions... alors bon. Passe, passera pas ?
3. Le mercredi 18 avril 2007, 00:00 par Maylis D.
Moi je suis sûre que si on priait pour eux sincèrement et régulièrement, ils pourraient recevoir une grâce de Dieu. Je pense que la Foi est avant tout une expérience qui vient du coeur et qu'on ne peut pas forcément acquérir par le catéchisme. Si il veut faire sa profession de foi sans croire au Christ ressuscité, c'est qu'il ne comprend pas ce que c'est vraiment, mais l'important c'est qu'un jour il comprenne et que sa profession de Foi soit validée ce jour-là.
4. Le jeudi 19 avril 2007, 00:00 par David
oooooooooh, je n'y avais pas pensé. ;) (déjà dans mon projet...) pas si simple de vivre en saint(e) d'ailleurs!
merci Fred d'avoir osé!
5. Le jeudi 19 avril 2007, 00:00 par fred
Perfection, sainteté, péché... On peut faire un beau détournement de ton commentaire du 18 avril à 23h52, mon cher David, et je succombe à la tentation ! Avec délectation, c'est tellement mieux...
6. Le jeudi 19 avril 2007, 00:00 par David
Comme le rapport aux charmants catéchisés presque d'office se faisait presque orageux, j'ai illustré avec les photos prises à la fête du lundi de Pâques à Sartilly. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve que le garçon gouailleux a réellement la tête du grand costaud qui casse la tronche du premier de la classe ou des plus petits, en disant: "ta intérai a me lécer caupier le devoire de mats cinon je te cace la tronches". ça doit être un traumatisme d'enfance et un joli petit délit de faciès que je regrette d'ores et déjà!
7. Le mardi 24 avril 2007, 00:00 par Matthieu Lefrançois
c'est toujours le problème avec le "pas encore" de la sainteté...on aimerait bien qu'il soit "déjà là" . Mais  elle risque tellement de manquer de piquant et de fantaisie, de châtouillant et de croustillant...d'amour qui a besoin de temps... cette sainteté qu'on aimerait voir arrivée.

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