Aller à la recherche

sortie princière

 Les rires les précèdent, aux abords du cimetière. Ils se posent, dégagés, ensoleillés par ces quelques kilomètres au milieu des marais. Ce n'est pas là qu'ils pensaient aller, ils avaient fini par oublier, saoulés par les embruns, les rus et les sourires. Ils se sont laissés guider par l'asphalte et sur un coin d'herbe, ils s'arrêtent. Les rires s'estompent peu à peu. Ils ont soif, mais ils sont rassasiés de lumière.

Ils enjambent l'enclos, passent le mur et esquissant un regard sur les anges thuriféraires qui veillent sur le porche, ils se laissent cueillir par la fraîcheur de l'église. On s'installe quelques minutes par terre dans un coin, laissant le calme multiséculaire nous gagner. A quelques pas, sûrement plus vieux que l'église elle-même, un baptistère nous attend. Ils ont soif, et c'est au pied du puits que le chemin s'arrête. L'Evangile de la samaritaine est la poulie qui « gémit comme une vieille girouette quand le vent a longtemps dormi ». Après l'avoir creusé, et y avoir puisé, ils ressortent s'égailler au soleil. Il y a tant de joie à extérioriser. Alors que le jardin résonne de leurs cris, « dans mes oreilles dur[e] le chant de la poulie et, dans l’eau qui trembl[e] encore, je vo[is] trembler le soleil. – j’ai soif de cette eau-là, dit le petit prince, donne-moi à boire… »

Après avoir ingéré quelques calories solaires et chocolatières, ils entrent à nouveau dans l'église, et s'asseoient dans les bancs de bois clair, bancs usés par des priants réguliers et par l'irisation quotidienne du soleil. On y écoute à nouveau la Parole, qui résonnait encore depuis l'ambon ou depuis la chaire. Au fond du choeur, une statue de Saint Jean, portant délicatement l'Agneau dans ses bras, nous interpelle et nous invite... chacun reçoit un lumignon, et devant la porte basse et étroite, rentre la tête dans les épaules pour entrer dans la terre, suit l'escalier inégal et contemple les soubassements de l'église. Les yeux s'écarquillent, le silence se fait profond.
Nous sommes au c(h)oeur

Descendre dans une crypte pour aller au fond de son coeur.
y allumer une bougie pour le réchauffer de l'intérieur.
Laisser le visage s'illuminer en goûtant Sa Parole
on ne prie bien qu'avec le co(eu)rps.

Commentaires

1. Le jeudi 26 avril 2007, 00:00 par David
est-il nécessaire de citer mes sources?
2. Le samedi 28 avril 2007, 00:00 par Amélie Heurtaux
non ! (cf. message suivant ;-))

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