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Etty Hillesum

Regarder la mort en face et l'accepter comme partie intégrante de la vie, c'est élargir cette vie. A l'inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l'accepter, c'est le meilleur moyen de ne garder qu'un pauvre bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Quand je dis, j'ai réglé mes comptes avec la vie, cela veut dire : l'éventualité de la mort est intégrée dans ma vie. En excluant la mort de sa vie, on se prive d'une vie complète, et en l'y accueillant, on élargit et on enrichit sa vie. (une vie bouleversée p. 139)

 

Une fois, c'est un Hitler, une autre fois un Ivan le Terrible, par exemple, une fois, c'est la résignation, une autre fois, les guerres, la peste, les tremblements de terre, la famine. Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme. (id p. 155)

je ne vois pas d'autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu'il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu'il n'est déjà. (id.)

Commentaires

1. Le lundi 7 mai 2007, 00:00 par Amélie Heurtaux
Je vais le lire alors.
2. Le mercredi 16 mai 2007, 00:00 par Hillesum
Ce livre résume simplement ce qu'il y a au plus profond de nous. Nos doutes, nos interrogations, ces quelques objets anodins qui définissent notre réalité. Par un travail salutaire de remises en question, Etty analyse et épure ses moindres pensées. Il en découle une oeuvre remarquable. Par son style tout d'abord et par le message de compassion qui l'accompagne.

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