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leçon de bonheur

Le froid et la fatigue ont des vertus notoirement astringentes, sur les tissus, certes, mais aussi sur la profondeur existentielle. Alors, pour que cet espace virtuel puisse être le reflet d'une vie de prêtre dans ses frasques résonnantes et raisonnables, il faut laisser cette existence se déployer, prendre ses aises, un peu en marge de ses guides habituels, de son canevas, de son paysage... Pour le citadin de la campagne normande que je suis, prendre le temps des paysans, le temps dépaysant...

Sans bateau ni nef, s'éloigner, nez au vent, au loin de la Manche, en perdre les horizons ouverts, et ouvrir le trésor d'une amplitude racornie à l'émeri du quotidien au profit de l'encaissement des montagnes. Au creux d'une famille réunie qui n'est pas la mienne, j'ai gravi les flancs de ces sommets immaculés pour les glisser, en rythme, en légèreté, grisé par un vent sans embruns, par un scintillement sans flots, par un crissement de skis qui mordent la neige en un mouvement ample et vivifiant.

Et voilà une leçon de montagne... douze jours d'absence sur ce blog le temps de se refaire une beauté, beauté de souffle, d'énergie par le vent, énergie exténuée par avant, se refaire une couleur de peau, achevant le masque hâve des traits tirés par un lifting aux uv. Et pour pimenter le tout, il faut du ski, jusqu'à plus soif, dans la joie des courbes, des schuss, des dérapages, et le tout avec un rythme qui tendait à s'assouplir. joie du corps qui se délie, délice de la joie qui se propage.

En dehors des sentiers tracés par les pistes au milieu des sapins, nous avons oeuvré sans cesse dans une entreprise de rire, jeu, comme une gymnastique de l'esprit qui lui redonne les spasmes des associations goûtues mais dangereuses... le jeu de mot devient un mode de vie, la poussière de rire, comme du givre nous glissait le long de la colonne vertébrale. Le tout a été parsemé de gastronomie à base de Beaufort, de vie de famille dans une clapier honorable, mais compactant, et d'un charmant resto libanais pour fêter le passage des ans, en compagnie de normands égarés en altitude. La nourriture était aussi roborative que fine, dans une cave où la patronne a su mélanger ses origines et la culture locale, ainsi, sûrement que ses convictions.

dans une semaine où chaque journée était une pulsation, un hoquet de rire, nous avons
laissé les années filer,
laissé le temps s'en aller
laissé le teint se hâler
et nous avons pris une leçon de bonheur.

Tout part du regard, attentif à garder ou recueillir les signes de la présence de Dieu. Le regard mène au coeur, au souci de l'essentiel : les traces du passage de Dieu, de sa présence. Chérir ainsi la Parole que Dieu donne, car elle fait vivre, Jésus le dit en des paroles fortes. Aujourd'hui, au coeur même de ma vie, de celle des autres, je guetterai les merveilles de Dieu. Et en des mots légers, je les annoncerai, étonné, reconnaissant. Et solidaire. (Jacques Nieuviarts)

Commentaires

1. Le mercredi 27 février 2008, 00:00 par Romy
J'étais avec vous en pensée en vous lisant, c'est tout juste si je n'en suis pas revenue bronzée...
2. Le jeudi 28 février 2008, 00:00 par Isabelle
Hmm, un bon bol d'air frais !
3. Le jeudi 28 février 2008, 00:00 par David
nous aussi, nous l'aimions bien la déco...et la serveuse ne s'est pas dégonflée: la patronne est communiste alors elle a mis un marteau dans la faucille... mais à l'envers, hein? Ah bon. Bien.
merci pour le lien... je fais pareil!
4. Le jeudi 28 février 2008, 00:00 par Monsieur B.
Ah et puis c'est décid des ce soi je te mets en lien sur mon bloug .
5. Le jeudi 28 février 2008, 00:00 par Monsieur B.
J'aime particulièrement le petit element de déco...
6. Le jeudi 28 février 2008, 00:00 par NO NAME
Superbe compte rendu de vacances !
"Prendre le temps des paysans, le temps dépaysant".........rien de tel pour se rebrancher sur l'essentiel.......refaire les forces du corps et du coeur !
7. Le jeudi 28 février 2008, 00:00 par Claire
Bien que skieuse non pratiquante...votre balade m'a oxygénée...Allez un petit chocolat chaud pour me réchauffer !!!
8. Le vendredi 29 février 2008, 00:00 par David
menton(s)...
9. Le vendredi 29 février 2008, 00:00 par NO NAME
Merci Fred, enfin un soutien, enfin, la vérité va pouvoir éclater...
10. Le vendredi 29 février 2008, 00:00 par Guîta -Shakti
En retard, en retard....
11. Le vendredi 29 février 2008, 00:00 par David
c'est bien les journalistes ça, ils réécrivent l'histoire pour que ça les arrange. Malgré un net handicap poids, il me semble que tu connaissais mieux l'arrière de mes fixations qu'autre chose! Enfin, du passé faisons table rase, vous les lents, debout, debout... Mais je garde un souvenir ému de cette session ski-vin chaud-la brute/le brittish/le ski bar/le ptit jeune-le pub à militaires de Valloire!
12. Le vendredi 29 février 2008, 00:00 par fred
du ski jusqu'à plus soif : tu as oublié, je crois, d'évoquer tes nombreuses chutes et tes retards récurents sur la ligne d'arrivée...
13. Le lundi 3 mars 2008, 00:00 par David
l'âme si grande... vous avez dû confondre le blog! celui de Christophe est là: http://christopheferey.over-blog.net
ne vous inquiétez pas, Claire, ce n'était qu'un jeu, une petite passe d'arme, histoire de raconter les petits travers des uns et des autres, en toute sympathie. Ce n'est pas encore le moment de sortir les armes lourdes... je vous préviendrai ;-)
14. Le lundi 3 mars 2008, 00:00 par Claire
David je crois qu'ils sont tous jaloux...de votre style, atours, répartie.... Je vois bien que vous avez fait de grands efforts afin de mettre en valeur les talents dont la nature les a dotés, mais il faut bien se rendre à l'évidence.. vous êtes plus doué... J'imagine bien que cette semaine a dû être difficile pour vous ,à l'âme si grande....Mais où est le respect de l'abbé ?
Claire votre fille dévouée et fidèle, skieuse non pratiquante depuis sa 1ère étoile en 1975

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