Brûlant depuis les ors flamboyants de l'antiquité alexandrine et les éclats du siècle des lumières, imperturbablement planté aux confins des terres, carapaçonné de granit, il affronte sans vaincre jamais les vagues, le ressac, la houle, les marées. Il inonde de ses sages lumières les flots apaisés comme les océans déchaînés, et apaise les marins, leur indiquant avec sagesse et raison la terre espérée.

La pauvre croix fait pâle figure à ses pieds. Elle reçoit les éclats du mastodonte qui éblouit de sa superbe des dizaines de kilomètres alentours. A sa vue, on ricane, on méprise, on pérore... quelle folie, quelle simplicité, un simple bloc de granit, tout juste taillé, une simple religion, pour les simples qui ne sauront jamais ! Mais dans sa simplicité, la croix ouvre le passage... non de la lutte acharnée sans espoir de victoire, mais de la mer ouverte vers la vie donnée.