Aller à la recherche

de l'infini en plan serré

"C'était un dénommé Baster qui lui avait raconté, Lynn Baster. Un paysan (...)Mais comme les routes, ça n'était pas son fort, au lieu d'arriver à Londres il s'était retrouvé dans un petit village au milieu de nulle part, un endroit où, si tu continuais à marcher, après deux virages, de l'autre côté de la colline, pour finir, tout à coup, tu voyais la mer. Lui, il ne l'avait jamais vue la mer. Et ça l'avait foudroyé sur place. C'était ça qui l'avait sauvé la mer, à l'en croire. Il disait: "C'est comme un hurlement géant mais qui ne s'arrêterait jamais de crier, et ce qu'il crie c'est: "bande de cocus, la vie c'est quelque chose d'immense, vous allez comprendre ça oui ou non? immense!" " " (Baricco, Novecento pianiste)

immense.
Pour toucher l'infini de la mer, une petite fille ne perd pas son regard chateaubriantesque* dans le lointain maritime sous le vent mauvais. L'enfant s'asseoit sur la plage, emplit son regard d'une foule innombrable de grains de sables, la peau sensible au soleil et aux micas collés, les cheveux et les oreilles frémissant au vent invisible et grand, les narines ouvertes aux fragrances de l'iode éternel.

L'immense de la mer ne se cache pas dans le lointain d'un horizon incertain, mais dans l'infini des sens débordés par les excès de la marée...
et pour dévoiler l'infini, aujourd'hui, Véronique nous offre un plan serré.

*« des plages sablonneuses, labourées par les pluies de l'hiver, brûlées par les feux de l'été » (Chateaubriand)

Commentaires

1. Le vendredi 12 septembre 2008, 00:00 par David
sur la gauche de la page principale, il y a un lien chaque jour vers le dernier billet de Véronique... c'est inspirant chaque jour...
sinon, je pars écouter notre pape à Paris, et dormir avec joie aux invalides, en espérant que le froid et la pluie oublient d'être des nôtres...

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