parce que le monde de la certitude est une violence pour celui qui ne s'en reconnaît pas
parce que la foi est une aventure où l'on est jamais assez loin, même si on est persuadé du contraire,
parce qu'entrer dans sa propre histoire de foi vous sèvre peu à peu de celle de vos parents, vous plongeant d'une expérience de nombreuses années à une errance de quelques semaines,
parce que l'épiderme de foi que l'on a reçue se révèle parfois un cache misère de grands vides qu'on n'a pas vus se créer, et qu'un choc mettra à jour!
parce que la rencontre enthousiasmante du Christ qu'on a pu faire une fois, dans les joies d'un temps fort se verra soupçonnée d'autosuggestion quand quand le vent de l'Esprit ne caressera plus l'épiderme
pour ne pas être de ceux qui savent face à ceux qui n'en sont pas, mais cheminer avec,

j'aime les gens qui doutent...
pas d'un choix systématique ou pour le plaisir de déconstruire...
mais parce que la marche se fait souvent par un léger déséquilibre en avant.
c'est la rentrée, ensemble, on va cheminer avec tous ceux qui se dépatouillent sans bien savoir comment.

On pourra toujours dire la joie de notre foi
on ne se privera pas de marcher avec ceux dont les yeux ne sont pas habitués à la lumière
et de les aimer...

extrait du tome II du voyage des Pères... dans la fameuse "association de soutien des victimes du Nazaréen"

ce petit billet est venu de la redécouverte d'une chanson d'Anne Sylvestre, moins enfantine qu'il n'y paraît, dans une version, comment dire, ... ?

forcément c'est cette version que j'ai choisie!

J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
"Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".

Anne Sylvestre.