Au jour où le secours catholique publie son rapport annuel, dans lequel il est question de nouvelles misères, je me mets à frissonner : en deçà des féminismes de haut vol se dévoile les nouveaux lieux de la pauvreté, loin des scandales grandiloquents en millions, on passe sous des barrières de honte… on aurait un peu envie de faire comme François Morel, mais pour de vrai. réécrire autrement, en moins froid, en moins noir.

C’est fou ce que cette pauvreté peut se taire, se terrer. On ne la voit pas, on ne l’entend presque pas, dans notre monde où tout le monde va bien et peut consommer. Il y a bien ces quelques SDF qui squattent à l’entrée de l’Eglise ; mais qui sont ceux qui glissent sans bruit dans le sordide du manque ? A partir de quand commence l’horreur ? et comment faire résonner une espérance ? Parce qu’en Christ, le monde va dans le bon sens, non? non?

 
En côtoyant des “vieux” qui meurent pas joliment, des malades qui se font broyer, sans plus pouvoir vouloir s’en sortir, on entend les résonnances des clous qui continuent de massacrer sur des croix. On rêve de soleil de justice, d’apocalypses glorieuses, de résurrections sans mort, comme on attendait des messies glorieux. Le chemin est sans doute plus ardu et ne saura n’être qu’un espoir pour les hommes. Espérer, c’est autre chose. Mais c’est sans doute aussi un combat pour que le “règne” puisse réellement arriver. En actes de pure gratuité dont on ne pourra connaître la réelle fécondité.