Antoine est sûrement un gars très bien. Antoine a laissé un commentaire hier pour nous signaler qu’il ne reviendrait plus lire les sacristains, ce petit site auquel je collabore trop rarement mais dont pourtant j’aime bien l’esprit et les participants.

Antoine ne reviendra pas parce qu’il pensait trouver systématiquement une réplique si possible bien sentie aux inepties médiatiques et autres approximations populacières concernant notre sainte mère l’Eglise. Nous avons failli à notre devoir d’offuscation, et il est vrai qu’un silence coupable s’est abattu sur le site tant pendant le synode africain à Rome, ce qui n’a embêté personne, que pendant la bronca qui a titillé la mémoire de Pie12, nous bornant à ne parler que de Jean Paul, le futur bienheureux.

Peut-être qu’Antoine avait fait partie de ceux qui avaient monté au créneau lorsque j’avais eu le malheur d’utiliser l’expression “je ne fais pas dans l’apologétique” sans en mesurer la légèreté. On m’avait trouvé lâche et faible, pas assez fier de ma foi pour en être digne. L’apologétique, Monsieur l’abbé, c’est la haute lutte de la Vérité.

Fleurissent d’ailleurs depuis quelques temps des blogs de réinformation catholique, des sites “entre catholiques”, des forums de pamphlets anti tièdes, anti nous… et je ne m’y reconnais pas tant. Qu’ils assassinent publiquement évêques, supérieurs de séminaire ou curés parce qu’ils ne satisfont pas à leur image de l’Eglise me chagrine encore plus.

Alors non, je ne reviendrai pas sur le net pour me faire dicter par Google ou par tel effet d’annonce ce que je dois comprendre de l’Eglise, où comment je veux continuer à la découvrir, à l’aimer,

je ne reviendrai pas sur le net pour y poser en sentencieuses affirmations un concentré d’abrégé de foi… tout est souvent plus grand

je ne reviendrai pas sur le net pour oublier le commandement de la charité quand me titille le souci de la vérité.

Je ne reviendrai pas sur le net pour y chercher des “tout comme moi” avec qui je pourrai vomir, ou me réjouir.

Je ne reviendrai pas sur Internet si je devais oublier le sens du dernier article de Robert Scholtus dans Christus, dans son numéro sur “Dieu nous parle” où il rappelle que si nous devons tant nous attacher à la table de l’Eucharistie, c’est pour pouvoir le faire autant avec la table de la Parole qui nous ouvre l’intelligence à tous ces autres moments où Dieu nous parle.

S’il faut évangéliser en bastion, je n’en suis pas. S’il faut reconnaître l’action de l’Esprit à l’œuvre dans ces temps qui sont les nôtres, je veux bien rouvrir les yeux… et partager un petit regard.

PS: Antoine, quelques uns des sacristains avaient pris la plume pour répondre en traits efficaces aux approximations et procès d’intention médiatiques, c’était déjà pas si mal, non? pour le synode africain, on l’a moins fait, et j’en suis moins fier… Mais l’Eglise ne saurait se réduire à ce qui se vit à Rome, mais s’enrichir de celle qu’on habite, au plus près! Elle n’est alors affaire ni de pourcentages, ni de batailles ouvertes, elle est affaire de communion dans l’Esprit, et c’est moins simple que de le dire, tapotant sur mon clavier (et c’est bien de moi dont je parle là.)

PS2: Qu’Antoine se rassure, j’aurais pu donner un autre nom, il se trouve que c’est votre commentaire qui a permis ce billet, je suis sûr néanmoins que nous avons plus encore à partager.