in blogo veritas
Par David le Lundi 4 janvier 2010, 22:07 - les mots pour le dire - Lien permanent

Antoine est sûrement un gars très bien. Antoine a laissé un commentaire hier pour nous signaler qu’il ne reviendrait plus lire les sacristains, ce petit site auquel je collabore trop rarement mais dont pourtant j’aime bien l’esprit et les participants.
Antoine ne reviendra pas parce qu’il pensait trouver systématiquement une réplique si possible bien sentie aux inepties médiatiques et autres approximations populacières concernant notre sainte mère l’Eglise. Nous avons failli à notre devoir d’offuscation, et il est vrai qu’un silence coupable s’est abattu sur le site tant pendant le synode africain à Rome, ce qui n’a embêté personne, que pendant la bronca qui a titillé la mémoire de Pie12, nous bornant à ne parler que de Jean Paul, le futur bienheureux.
Peut-être qu’Antoine avait fait partie de ceux qui avaient monté au créneau lorsque j’avais eu le malheur d’utiliser l’expression “je ne fais pas dans l’apologétique” sans en mesurer la légèreté. On m’avait trouvé lâche et faible, pas assez fier de ma foi pour en être digne. L’apologétique, Monsieur l’abbé, c’est la haute lutte de la Vérité.
Fleurissent d’ailleurs depuis quelques temps des blogs de réinformation catholique, des sites “entre catholiques”, des forums de pamphlets anti tièdes, anti nous… et je ne m’y reconnais pas tant. Qu’ils assassinent publiquement évêques, supérieurs de séminaire ou curés parce qu’ils ne satisfont pas à leur image de l’Eglise me chagrine encore plus.
Alors non, je ne reviendrai pas sur le net pour me faire dicter par Google ou par tel effet d’annonce ce que je dois comprendre de l’Eglise, où comment je veux continuer à la découvrir, à l’aimer,
je ne reviendrai pas sur le net pour y poser en sentencieuses affirmations un concentré d’abrégé de foi… tout est souvent plus grand
je ne reviendrai pas sur le net pour oublier le commandement de la charité quand me titille le souci de la vérité.
Je ne reviendrai pas sur le net pour y chercher des “tout comme moi” avec qui je pourrai vomir, ou me réjouir.
Je ne reviendrai pas sur Internet si je devais oublier le sens du dernier article de Robert Scholtus dans Christus, dans son numéro sur “Dieu nous parle” où il rappelle que si nous devons tant nous attacher à la table de l’Eucharistie, c’est pour pouvoir le faire autant avec la table de la Parole qui nous ouvre l’intelligence à tous ces autres moments où Dieu nous parle.
S’il faut évangéliser en bastion, je n’en suis pas. S’il faut reconnaître l’action de l’Esprit à l’œuvre dans ces temps qui sont les nôtres, je veux bien rouvrir les yeux… et partager un petit regard.
PS: Antoine, quelques uns des sacristains avaient pris la plume pour répondre en traits efficaces aux approximations et procès d’intention médiatiques, c’était déjà pas si mal, non? pour le synode africain, on l’a moins fait, et j’en suis moins fier… Mais l’Eglise ne saurait se réduire à ce qui se vit à Rome, mais s’enrichir de celle qu’on habite, au plus près! Elle n’est alors affaire ni de pourcentages, ni de batailles ouvertes, elle est affaire de communion dans l’Esprit, et c’est moins simple que de le dire, tapotant sur mon clavier (et c’est bien de moi dont je parle là.)
PS2: Qu’Antoine se rassure, j’aurais pu donner un autre nom, il se trouve que c’est votre commentaire qui a permis ce billet, je suis sûr néanmoins que nous avons plus encore à partager.

Commentaires
Cher David, merci pour ce billet. Quelques réflexions qui me viennent à chaud.
Je crois que vous avez raison sur le refus de l’apologétique comme unique mode de dialogue avec le monde : pour avoir vécu en pays anglo-saxon, où c’est la mode, je peux vous dire que ça affaiblit la qualité des échanges (surtout, lorsque les participants, peu formés, se mettent à faire plus de rhétorique que de recherche de la vérité).
Cependant, la remarque d’Antoine dévoile quelque chose de plus large : il manque dans le web francophone une présentation “systématique” de la foi catholique. Et par systématique, j’entends non seulement une présentation thématique, mais surtout une hiérarchisation. Il est objectivement plus important pour un chrétien de vivre une relation personnelle avec le Christ que de croire en l’immaculée conception de sa mère (sans préjudice de l’apport de cette idée à l’image que l’on a du Fils)..
Je voudrais enfin adresser un message à Antoine : tu es sans doute baptisé, probablement confirmé. Ca veut dire que tu es adulte dans l’Eglise. Cesse donc de te demander ce que l’Eglise peut faire pour toi et demande-toi ce que tu peux faire pour l’Eglise. Crée ton blog, publie régulièrement, documente-toi, forme-toi. Demande à rejoindre les Sacristains si tu t’y sens appelé… ils ne te refuseront sans doute pas, conscients qu’ils sont de n’être qu’un organe du corps du Christ. La fonction crée l’organe : ton idée mérite sans doute d’y passer du temps et le fait qu’il n’existe pas d’apologétique francophone doit résonner pour toi comme un appel.
Fraternellement.
Heureusement que tu reviens une seconde fois en post scriptum, ça me permet de faire taire la petite réserve que j’avais encore dans l’adhésion à ton propos. Je n’ai aucune envie de mettre “Antoine” au pilori, tant il est symptomatique de certains lecteurs-commentateurs que l’exposition (relative mais réelle) à laquelle on accepte de se livrer dans l’exercice du blogue nous amène régulièrement.
Il y a mille autres sujets que j’aurais voulu voir aborder sur Sacristains, ou sur mon propre blogue (j’en fais des listes, mais je ne trouve jamais le temps de tout écrire, ou parfois je n’en ai tout simplement pas la force). Ce qui me chagrine encore plus que le fait qu’on puisse nous reprocher d’être tièdes sur certains thèmes, c’est cette attitude de consommateur…
Faudra-t-il rappeler aux lecteurs que le blogueur a une vie à côté, sur laquelle il empiète déjà bien trop souvent pour tenir son petit carnet en ligne ? Faudra-t-il rappeler aux lecteurs que le blogueur écrit gratuitement, souvent sans aucune autre forme de récompense que la satisfaction d’aller plus loin dans sa propre réflexion et quelques échanges intéressants avec certains ? Faudra-t-il rappeler aux lecteurs que le blogueur est un être humain, aussi partiel que partial, dont la finitude s’exprime souvent dans des centres d’intérêts ou des lassitudes qui ne sont pas toujours celles de tous les autres ? Faudra-t-il rappeler aux lecteurs que personne ne les oblige à lire ce qu’écrit le blogueur, ni même à approuver ses idées ou ses choix, mais qu’il a néanmoins droit à un minimum de respect, ne serait-ce que parce que le blogueur a un cœur et une sensibilité qu’on peut parfois blesser, même sans l’avoir voulu ?
Voilà pourquoi je suis souvent tenté de fermer mon blogue…
Ah, et puis : belle et sainte année, aussi !
Mon dieu (Eh oui … ), David, que ce serait triste si tu étais sur le web pour seulement crier avec ta meute à toi … nous nous ne serions jamais rencontrés … je n’aurais jamais parlé de toi autour de moi, et personne n’aurait rêvé la chance d’avoir un prêtre comme toi dans sa paroisse … Alors surtout ne change jamais.
Pour moi qui n’en ai pas, ta foi est loin d’être tiède.
Et justement parce qu’elle n’est pas brûlante dans la façon dont elle s’exprime, elle ne me blesse pas et me permet d’entendre ta parole quand, plus forte, je ne l’écouterais sans doute pas.
Alors je te le redis, surtout, ne change jamais.
Antoine trouvera certainement le chemin de la raison, ou bien celui de quelque légion du christ susceptible de lui emplir la tête d’une seule voix. Le pauvre. Le web en est plein.
Si je donne surtout dans l’apologétique (voire plus… j’ai le verbe assassin), j’aime bien me plonger aussi dans l’atmosphère reposante des Sacristains, ou découvrir les petits morceaux de Foi éparpillés par vous, par Edmond et par Koz (et tant d’autres) un peu partout sur la toile.
L’apologétique et le “réveil énergique” sont par moments nécessaires, mais il est bon aussi de pouvoir trouver des endroits où l’on est “juste catholique”.
Je dis “nécessaires”… et je ne développerai pas, puisque vous ne souhaitez pas que votre blog devienne un champ de bataille.
Bref, il faut de tout pour faire un monde virtuel ! S’il y a des blogs apologétiques dans un sens, il en faut aussi dans l’autre. Et des blogs paisibles et chrétiens… au moins pour se rappeler ce qu’on aime le plus dans cette Eglise.
Je peux finir en vous disant : “merci” ?
En revanche, concernant l‘“assassinat d’évêques, de supérieurs de séminaires et de curés”… je pense que vous ne vous êtes pas assez fait injurier dans votre vie, mon Père. Ca, la diffamation et le chantage, ça manque à votre culture. ^^
Si certains ont le verbe haut, c’est qu’on y a peut-être personnellement laissé de grosses plumes, du temps où on était gentil. Quand l’idéologie surpasse le désir de servir Dieu et Son Eglise, il y a de sérieux coups de poignards.
Vous n’êtes pas “tiède” : vous êtes gentil, attentionné, profondément bon et humain. Ce n’est pas un défaut, bien au contraire.
Cependant, s’il vous arrive un jour d’être contraint à choisir entre deux options “pourries”, vous allez vous rendre compte qu’il faut être bien armé pour accepter d’avoir mal choisi. Parce qu’il n’y a pas toujours de “bon choix” possible.
Vous êtes-vous demandé ce qui pouvait générer un tel déploiement d’énergie, en particulier chez des gens plutôt “paisibles” et “ouverts” dans la “vraie vie” ?
L’enjeu.
L’enjeu, pour certains, c’est l’avènement d’un idéal fantasmé. L’enjeu, pour d’autres, c’est la démonstration que ce sur quoi ils ont fondé toute leur vie en valait bien la peine. L’enjeu, enfin, ce peut être tout simplement le salut de milliers d’âmes que le Seigneur chérit.
Quel que soit le “camp” des apologues, c’est la puissance de l’enjeu, et surtout son retentissement très concret dans leur vie personnelle, qui déchaîne les passions, Un tel retentissement que, pour certains, concéder ne serait-ce qu’un détail à l’adversaire serait une remise en cause, concrète, intégrale, de toute leur vie.
S’il ne faut pas jeter la pierre aux “gentils” qui ne veulent pas entrer dans des polémiques qui les usent, il ne faut pas forcément la jeter non plus aux “méchants” qui polémiquent à tours de bras.
En relisant votre billet, je remarque qu’il ne faut pas dire du mal des évêques et des directeurs de séminaires, mais que des séminaristes ont le droit de “se faire” Jean-Paul II en public…
»»»» OK, OK, je sors ! Nan, pas taper !
T’as pas honte de nous faire des frayeurs comme ça, en début d’année … ??? Au début, ça fait trop peur …
Bonne et sainte année.
Alors… Je suis bien sûr d’accord avec vous deux, David et Edmond, sur le fait que nous ne soyions pas des machines à contenter les râleurs, et que nous ne puissions pas matériellement réagir à tout. D’ailleurs, faut-il toujours réagir? Merci Edmond de ta précision, et merci à David de nosu rappeler que les catholiques ne doivent pas devenir “communautaristes”, si ‘lon peut s’exprimer ainsi.
Ceci dit, je suis légèrement en désaccord sur deux points :
1/ Je pense que tout chrétien, et tout humain, a le de voir de rechercher la vérité, donc on n’est pas “parfois obligé de se mêler à) un débat” et “parfois pas”, je crois qu’on n’est pas obligé de s’en mêler sur le net, mais que si on est confronté à la situation, on est bien obligé de prendre parti pour rendre témoignage à la vérité.
2/ Le fait que sur Sacristains, on ne se soit pas mêlé de ce débat sur Pie XII ne montre rien, puisqu’en fait c’était plus par manque de temps que par volonté de se taire. Ceci dit, c’est peut-être justement parce qu’on ne dit rien sur ce genre de sujet que notre “audience” se restreint aux catholiques. On reste donc “entre nous”, comme les sites de “réinformation”, si l’on peut dire. Le public est peut-être plsu large, mais pas très varié non plus pour le moment, d’après mes premières observations.
Je suis bien d’accord avec François, vous nous soumettez à bien rude épreuve en ce début janvier, à lire en diagonale (ce n’est pas bien je sais…) j’ai bien cru que vous alliez nous faire un hara kiri virtuel !!!
Pour rassurer Antoine, Koz avait tout de même réagi (avec un peu de retard, mais si l’on veut être sérieux sur ce genre de sujet, il faut être documenté).. je ne sais pas si c’est passé dans le flux des Sacristains ?
http://www.koztoujours.fr/?p=6452
ce ne sont pas les blogs qu’il faut fermer, David, mais les commentaires. Ou bien modérer systématiquement. Ca prend trop de temps. Frappat a les mêmes problèmes, il se pose des questions.
C’est doublement triste de lire cela. Tout d’abord pour le “départ” d’un lecteur, qui a l’air de signifier un manque de la part des sacristains… alors qu’il n’en est rien.
Ensuite pour les groupes très doués pour faire du bruit, moins doués pour vivre réellement l’Évangile aussi profondément qu’ils le demandent aux autres, et qui se permettent de juger.
David, ne ferme pas ton blog, (Edmond non plus, pitié !), sache que parmi tous ces éclats, tu as aussi des lecteurs qui goûtent la substantifique moelle en te lisant, même si, étant eux aussi des êtres humains avec un blog en retard, ils prennent de moins en moins le temps de commenter.
Et très belle année 2010, que le Seigneur t’accorde… la sainteté.
@incarnare: je crois que des présentations existent… mais mon expérience du catéchuménat me permet de réaliser que cette hierarchisation ne peut que difficilement se faire en dehors d’un échange, pour avancer à partir des questions, mais l’idée est intéressante. Toujours cette tension entre “tout dire” et “choisir…
@Edmond: tu as raison, je n’en voulais pas à Antoine. D’autres avaient créé cet état d’esprit qui me rend circonspect au moment de reprendre le clavier. Pour ce qui est de ma vie à côté, je vais un peu me remettre dans les bouquins parce que ça manque un peu!
@Manue: ne nous faisons pas d’idées non plus, on écrit avec “sa” petite communauté de blogueurs/lecteurs. Mais on est surpris d’en découvrir d’autres, partageant officiellement la même foi, effectivement aussi, mais dans des modalités beaucoup plus acides.
@Le chafouin: la défense s’il le faut, si l’on y voit la nécessité de dire ce qui est précieux… oui, tous les coups permis, non. Il y a vraiment une question de forme qui reste, et une certaine attitude qui consiste à aller chercher tous les sujets et les lieux qui fachent. un état d’esprit qui n’est pas le mien. QUand c’est justifié et mesuré, je (te) lis!
@Claire78 et François: si je m’étais harakirisé virtuellement, vous en auriez vu l’effet sans en lire le récit. La question reste ouverte.
@ancilla: je m’appuie aussi sur cette diversité pour assumer de ne faire que ce que je fais… mais j’avoue que parfois, il s’en dégage une violence que je n’arrive pas à comprendre ni même à justifier. J’ai un peu l’impression de voir l’ambiance sympathique du St Sépulcre… pour votre 3e commentaire, je ne repartirai pas dessus, mais là, vraiment, je préfère quand vous en parlez dehors. (c’est fou, même les ^^ ne passent pas… peut être parce que je suis prêtre et j’écris grâce à ce supérieur là!)
@fred: ça ne me surprend pas de la part de Frappat, qui regarde ça de plus en plus loin. je sens que ce blog ne va pas durer. C’est bien dommage. pour ce qui est de modérer des commentaires, je n’écris pas assez de billets polémiques pour avoir besoin de le faire.
@nitt: je ne comptais pas spécialement fermer, mais je me demandais, après un petit jeûne d’internet de l’opportunité de continuer! merci de tes lectures, même du bout du monde!
@tous les lecteurs, merci de vos passages, et bonne année.
@ Père Lerouge :
“(c’est fou, même les ^^ ne passent pas… peut être parce que je suis prêtre et j’écris grâce à ce supérieur là!)”
Votre loyauté vous honore ! Et honnêtement… je m’en doutais un peu.
J’avoue que le message n°3 était tout à fait ironique.
Déjà dit que les prêtres et les évêques étaient des exemples… Ils le sont en bien ET en mal. Lien avec Thiberville absolument non fortuit.
Je ne reviendrai pas sur ce sujet chez vous. De toute façon, vous savez ce que je veux dire.
@Fred: ah oui, au fait j’ai oublié de te remercier d’avoir publié ici le 5000e commentaire!
Je ne résiste pas au plaisir de citer Maurice Zundel:
“Combien de discussions-entre peuples aussi bien qu’entre individus s’égarent dans les clameurs de l’amour propre et dans les subtilités de la mauvaise foi, parce que les mots s’abattent du dehors, comme des coups de bélier, au lieu de naître du silence, comme les témoins de la vérité”
“Toute parole est vaine qui n’est pas redite au dedans, avec le consentement de l’amour”
Dans les choses essentielles, les mots qui n’apportent pas la lumière risquent d’apporter les ténèbres. C’est dans ce sens que nous aurons à répondre de toutes parole inutile”
Vivre Dieu page 45 et 46
Le web n’est peut être pas le lieu pour favoriser “le silence” dont parle M. Zundel :-))
Père David : si vous arrêtez, vous ou tout autre sacristain, il faudra que d’autres continuent sur la même lancée… Pour continuer d’avoir des lieux sympathiques, sur internet, où on trouve des paroles comme celles-ci (avec dedans des morceaux de sagesse et de paix), qui désignent à chaque fois une autre Parole.
Sinon, je suis bien d’accord avec Zundel cité par fifi !…
Enfin, courage !
16°
Bon anniversaire ! … euh… il a gagné quoi, en fait, le 5000ème ? Un article dédicacé ? Une gratitude éternelle ? Un abbé en playmobil avec une vraie chasuble amovible ?
Même pour des consommateurs, c’est difficile de savoir si on ne ferait pas mieux d’arrêter! c’est dire.
c’est vrai que c’est gourmand en temps, en énergie, en réflexion, parfois blessant (souvent inutilement), même pour des simples commentateurs.
Pourtant, c’est une richesse immense, ce monde du web, où on peut avoir accès à des informations documentées par des passionnés d’un sujet, gratuitement, de façon approfondie ou résumée; les commentaires, même si parfois ils peuvent nous heurter, nous donnent enfin une image réelle de ce qui se passe dans la tête et le coeur de nos contemporains, qu’ils aient notre âge ou pas, et ça aide à voir la vérité un peu débarrassée des convenances et autres politesses. crue, certes, mais vraie. Et je crois qu’on peut plus facilement construire sur le réel. Je préfère répondre à quelqu’un qui dit une horreur à mes yeux, prendre le temps (…ou pas assez…) de choisir les mots, essayer de trouver le point d’entente, partager un peu de mon expérience (encore que là, c’est toujours délicat), fuir même, si je sens qu’en face c’est encore plus cristallisé que moi, que de rester dans un silence convenu face à des gens d’opinion opposée qui adoptent le même silence convenu parce qu’il y a des sujets dont il ne faut pas parler. Je crois que si ça m’aide à sortir de mes limites, ça doit aider d’autres aussi. Même si c’est surtout par les gens les plus proches qu’on peut le mieux être aidé, pour sortir de ses retranchements.
Je crois que c’est comme un grand livre écrit par des millions de mains, où tout le monde a à peu près le même statut, le même droit d’expression, et il ne faut pas regretter que des gens s’expriment moins bien: il est heureux qu’ils commencent à s’exprimer. Sans ça, ils seraient restés à un stade d’expression moins profond, je crois. Surtout les plus jeunes. Et puis, élever le niveau, c’est automatique, car tout le monde est attiré par la qualité: ex, ce billet d’un ado : http://musicmaan.sfhost.net/2010/01… : je crois que ça fait grandir chacun, et que la plupart fuient les commentaires et les posts pourris; c’est même une éducation au discernement, tellement il y a de verbalisation autour de ce qui est bien ou pas.
Mais oui, il faut sûrement limiter le temps qu’on y passe, parce que l’intériorité n’est pas nourrie par les discussions, si documentées soient-elles, et qu’elle est première, dans notre être et dans nos relations.
sur ces bonnes résolutions, Bonne Année!
@ancilla: on ira boire une bouteille ensemble, peut être même qu’on mangera des huîtres… mais bon, je crois que ça n’a rien à voir avec le numéro, on aurait bu quand même. Privilège de l’amitié les yeux dans les yeux!
@do: je ne suis pas sûr qu’on ait plus accès au “réel” en laissant quelqu’un s’exprimer in extenso son avis à l’abri d’un anonymat facilitateur que de devoir le dire en parlant en direct à quelqu’un. la vérité se gagne aussi en évitant le risque du monologue avec nos écrans. Je ne suis pas sûr qu’on y ait moins accès non plus.
sur ces bonnes résolutions, bonne année aussi.
oh, je voulais juste dire que quand les gens se sentent en sécurité, ils se lâchent, et on voit mieux où ils en sont. Un peu comme en famille au repas de Noël, ou comme l’employé qui est violent chez lui parce qu’au boulot il n’ose rien dire à personne. Ce n’est pas un mode de communication très glorieux, mais il me semble que c’est mieux de voir ce qu’on dit quand on se sent libre que ce qu’on dit sous pression, même si ça ne montre pas notre meilleur jour. Après, il est vrai que quelques rappels à la conscience de chacun pour élever le niveau du débat ne sont jamais de trop, car on est facilement porté à la paresse intellectuelle aussi… mais oui, le risque du monologue -même à plusieurs-, je ne le voyais pas comme ça, mais oui…
Bon, et puis se taire, c’est pas mal non plus, des fois. On ne le sait pas assez.
sinon, je suis heureuse d’avoir fait votre connaissance à tous, par le moyen de ce blog et de quelques autres, et ça, c’est important, quand même.
@ Do : + 1 !
@ Père Lerouge :
Hmm… Personnellement, j’ai opté pour l’anonymat après qu’un @*%§# de commentateur a commencé à balancer des morceaux choisis de mon dossier personnel d’officier sur la toile, pour me faire taire.
Exposer son identité, c’est quelque chose qu’on ne peut se permettre que si l’on compte rester dans un certain consensus. Quand on compte réellement quitter les agréements de forme pour entamer des débats de fond, mieux vaut prendre ses précautions.
PS : le débat avec ledit commentateur portait sur la théologie et la liturgie et avait lieu sur un site qui se dit “chrétien”. Comme quoi, on n’est jamais mieux trahi que par les siens.
@ancilla: je ne considère pas vraiment votre pseudo comme un anonymat. Il est récurrent, et peu à peu, le personnage derrière s’est dévoilé, dans sa cohérence et dans son témoignage, sans mettre en jeu son intégrité professionnelle. Koz, Do, Edmond ne sont pas plus
“anonymes” selon moi.
après tout cela ne me gène pas, sauf si ça autorise à des choses qu’en face, on oserait moins. Je ne crois pas que ce soit votre cas. non, ce que je pense moins “réel” c’est de croire que les idées qu’on défend sont plus “réelles” que la personnalité qu’on est, ou le chemin où l’on essaie de rejoindre la sainteté. ces derniers me semblent plus parlants, et à vrai dire plus réels que les bonnes idées qu’on a !
et c’est JUSTEMENT ce genre de “PS” qui m’ennuie. quel témoignage nous donnons dans de tels cas de violence, non?
Le succès des blogs ou sites de réinformation cathos “anti-tièdes” vient aussi du fait qu’ils n’hésitent pas à donner une autre analyse, ou même une autre information que celle entendue partout ailleurs.
Je sais qu’il y a des gens opposés à la béatification de Pie XII. je les ai entendu sur France info, sur RTL, sur france2, LCI etc….
Je sais que des gens, très souvent incompétents et ignorant presque tout du catholicisme, critiquent BenoîtXVI. Je peux les lire sur Le Monde, Libération, Le Point etc…
Que faire ? lire La Croix ? mais ce brave quotidien ne sait faire que des articles alambiqués où l’on tourne en rond autour du sujet pour ne pas avoir à éméttre un avis différent de l’opinion ambiante. Par ailleurs, La Croix, qui sait souvent prendre ses distances avec ce qui vient de Rome, est à l’opposé toujours et sans retenue favorable à ce qui vient de l’épiscopat français…
Alors voilà, il reste des sites, certes pas franchement proches de l’UMP ou du PS (mais est-ce un crime?), qui donne des informations différentes, d’autres points de vue…
je simplifie peut-être un peu, mais je crois vraiment qu’aujourd’hui, un catholique ne peut pas se contenter des médias “officiels”, car il subirait une désinformation quasi-permanente.
Après, bien sûr, il y a des choses qui agacent. Mais les critiques des “anti-tièdes” sont aussi liés à la situation, guère réjouissante, du catholicisme en France.
Personne n’aurait dénoncé telle supérieur de séminaire s’il n’y avait eu cette histoire de sketch.
Je sais aussi qu’il faut témoigner du plus grand respect envers nos évêques. Mais peut-on aussi s’interroger ? peut-on émettre une critique, par exemple, sur la catéchèse ou le non-respect des règles liturgiques ?
Ensuite, bien sûr, Internet n’est pas un défouloir. Mais peut-être est-il nécessaire qu’à côté de votre blog, très apprécié (ne changez rien), il y en ait d’autres, qui soient moins gallicans que La Croix, et qui osent être à contre-courant de cette pensée unique qui vient des “grands médias”.
merci Anselme de votre apport. Je suis content aussi de cette complémentarité quand elle est vécue comme complémentarité. Sans doute est-il dommage que seuls certains se sentent le courage de défendre, et que ces certains soient d’une certaine obédience politique qui ne soit ni PS, ni UMP… Mais après tout, des Koz, Chafouin, Charentenay, Plunkett le font aussi, et sans cette étiquette.
il me reste toujours en travers de la gorge certaines question de “forme” quand elle se fait particulièrement assassine, mais on m’a dit il n’y a pas si longtemps que j’étais “gentil”, alors ça doit être lié (je ne suis même pas si sûr que ça soit vrai).
un dernière note sur votre commentaire: le supérieur auquel vous faites allusion a été le mien. je lui dois beaucoup et je crains que sa “popularité” sur certains sites auxquels vous faites allusion ne soit pas un hommage à ses réelles qualités. Outre le cas qui lui fait préférer régler à l’intérieur de la communauté plutôt que sur la place publique une affaire communautaire, il dépasse largement la caricature. Je crois qu’il était apprécié quand il dirigeait la revue prêtres diocésains, et je vous conseille fermement son ouvrage “lettre à mes morts”. Situé, sans doute, prêtre et formateur, je peux en témoigner.
Bon, je vais redéfinir “gentil”, alors, si vous voulez.
(désolée, mon Père, sur le moment je n’ai pas trouvé mieux)
Disons que quand vous voyez un paquet de gros ronciers entassé sur le beau miroir pur d’une âme égarée, vous prenez vos petits ciseaux et vous coupez tranquillement, branche après branche, en semant la vigne future à mesure que l’espace se dégage.
Par comparaison, je vais plutôt empoigner une bonne brassée, arracher vigoureusement d’un grand coup sec (les ronces, ça pique pas, c’est dans la tête)… et passer tout le reste du temps à replanter dans le gros espace vide.
Autant de temps et d’attention, mais clairement pas la même approche du problème !
Là : “gentil” comme ça, pas “gentil” comme un adorable petit ange inoffensif ! (faut pas pousser quand même !)
Je vous emprunte souvent vos petits ciseaux, mais pas pour tout le monde. Avec les batailleurs compulsifs, les sourds volontaires, les idéologues et les fiers-à-bras, les petits ciseaux, ça traverse pas bien la carapace. ^^
J’aurais bien une citation à ce sujet, mais qui va choquer les fans du Saint Père s’ils n’ont pas lu Pascendi…
“Gentil” aussi dans le sens où je doute que Machiavel soit votre maître à penser. C’est le mien, mais nous n’avons pas exactement la même vision du monde…
Et surtout… “gentil” dans le sens où je ne crois pas non plus que nous ayons la même vision de l’enfer.
PS… à propos de mon précédent PS :
Exact. Pour cette raison, je n’insulte jamais mon interlocuteur ni ne le méprise, même quand je le secoue vigoureusement (bon, au feeling, l’ironie bien placée supplée parfois aussi bien). Quand je veux me défouler parce qu’il m’énerve, je le fais ailleurs, et sans le nommer.
Une réflexion qui me vient, comme ça…
Je crois que vous mettez surtout l’accent sur la Charité, au risque de laisser de côté la Vérité, et que je mets surtout l’accent sur la Vérité, au risque de laisser de côté la Charité.
Un déséquilibre ne vaut pas mieux que l’autre… le juste apostolat étant : Caritas in Veritate.
@ David : bien vu, oui, ce truc des idées: de plus en plus, je me rends compte qu’on passe à côté quand les idées (nos, idées) commencent à prendre plus d’importance que les personnes.
Au départ, l’idée est toujours pour le bien (je rejoindrais volontiers Ancilla sur le fait que l’idée de l’enfer est tellement grave que quand on a l’impression d’en être revenu, on voudrait bousculer tout le monde pour qu’ils n’y aillent pas, et je pèse mes mots),
mais quand la méthode commence à faire plus de mal que de bien, il faut toujours se rappeler que le fin ne justifie pas les moyens, et suspecter notre orgueil intellectuel ou notre amour propre de venir se mettre en travers de nos bonnes intentions: Il se niche tellement partout! nos plus belles oeuvres de charité en sont elles-mêmes tellement infestées que j’en suis arrivée prendre de la distance même avec ça.
Mais c’est bien de creuser un peu tout ça. Est-ce que je suis prête à “me faire sans foi avec les sans foi” pour, à l’instar de St Paul, “en sauver à tout prix quelques uns”? moi, c’est clair, c’est non. trop fragile.
mais quand même, ça évolue dans le bon sens, …à mesure que je me rends compte combien j’aurais besoin qu’on soit prêt à le faire pour moi! (égocentrisme, quand tu nous tiens…)
Je crois que c’est aussi un peu ça, l’incarnation, un Dieu qui a quitté la plénitude où il se trouvait pour épouser non pas notre péché, mais notre nature pécheresse. Il y a une subtilité qu’on ne peut pas assumer d’un seul coup sans risquer de perdre notre âme. Le risque est réel, et pourtant le pharisianisme est peut-être un risque encore plus grand. Bref, ça ne nous laissera jamais tranquilles, et on trouvera encore quelques commentaires devant nous pour s’en convaincre.
@ Do :
Je nuancerais un peu votre propos…
Je ne me considère pas comme “sauvée de l’Enfer”. Oui, le Seigneur sauve. Il a racheté les fautes de tous les hommes : la réparation de Son Sacrifice a une valeur infinie… aussi infinie que l’offense. Mais pour être effectivement sauvé, il faut d’une part accepter d’être sauvé, et d’autre part “transformer l’essai” en conformant toute sa vie, ses désirs et sa volonté à la Volonté du Seigneur. En un mot : L’aimer, du véritable Amour.
Conservant ma nature pécheresse, je ne suis pas à l’abri de laisser l’orgueil originel reprendre le dessus et me couper de la grâce de mon Seigneur. “L’esprit est ardent, mais la chair est faible.” L’inconvénient des miroirs de Dieu que nous sommes, c’est qu’il suffit de souffler dessus pour y brouiller Son image !
Par conséquent… me considérer d’ores et déjà comme “étant revenue de l’Enfer” semble pour le moins… présomptueux ?
C’est l’une des raisons pour lesquelles, notamment, je n’hésite pas à mettre en oeuvre la “correction fraternelle” : si je suis un garde-fou pour les autres, ils le sont aussi pour moi. Je ne me le permets que parce que j’accepte la réciprocité : tout est là.
Sinon… Je vois bien une justification moderne à cette expression : “revenue de l’Enfer”… mais elle ne franchit pas la barrière de Pascendi. ><
j’ai droit à un cadeau pour le “5000è commentaire” ?
Fred, commentaire n°21…faut suivre un peu les conversations, vieux !
Fred, toutes mes plus sincères et authentiques félicitations . Cette année débute sous les meilleurs auspices, une nouvelle destinée s’ouvre à toi.
@ Anne-Claire : un pot de Côtes du Rhône pour te faire pardonner
@ Claire78 : merci merci, vous savez, la victoire se forge à l’entrainement… C’était un beau match.
@ ancilla : oui, c’était une façon de parler pour dire “début de conversion”. disons “revenue d’un chemin moisi qui mène à des trucs pas cool, déjà ici, et vraisemblablement aussi dans l’au-delà, même si on espère que personne ira”.
@ Do :
Ah, oki.
Euh… deux ans, ça compte encore comme “début de conversion” ou je suis déjà une vieille baroudeuse ? ><
@Incarnare, en réponse à son premier commentaire, que je cite :
Faux. Il existe déjà le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC pour les intimes), que l’on trouve ici :
En terme d’information objective, structurée et hiérarchisée, on ne fait pas mieux, et on est sûr de n’y point trouver de bêtises ou d’approximations : c’est LE catéchisme proposé au monde entier par l’Église.
Si quelqu’un d’autre avait déjà signalé ce fait, je vous prie de me pardonner cette redite. J’avoue n’avoir point tout lu !