“faut dire qu’à onze ans, imaginer des bêtises est un vrai art en soi”.

faut dire que j’ai acheté ce bouquin pour sa couverture… et son titre…

faut dire qu’il donne envie de parler!

œuvre composite entre un dessinateur que je n’avais jamais lu, au style expressif intrigant, et un scénariste plus connu comme éditeur BD, Pierre Paquet, Un regard par dessus l’Épaule est arrivé dans mon salon… De cet étrange mélange naît un voyage pictural à la suite d’un garçon de onze ans, depuis son retour de l’école jusque dans son univers particulier, en marge de son innocence enfantine, en “marches” des grandes questions des grands, qui ne sont sans doute pas si loin de celles des enfants.

Ce n’est pas complètement une BD, ni un récit, ni une fantasmagorie… c’est un cheminement. On sent que tout part de ces petits événements anodins dans lesquels l’imagination s’engouffre, les monstres des couloirs noirs, les paroles de vérité des petits, les forces des adultes, leurs désespoirs aussi. Et au travers de la fable qui n’en est peut-être pas une, peu à peu, on perçoit ce mystère qui vous fait digérer le passage de la magie de l’enfance aux souvenirs des grands. Le sujet est sérieux, les niveaux de lecture nombreux, l’allégorie riche. A lire la fin, on recommence l’histoire encore autrement… Certaines pages donnent pleine mesure aux peurs qui ne sont même plus enfantines… Formellement, c’est un petit garçon qui n’est pas en manque de bêtises, mais qui voit un jour, la statue du salon bouger un peu. Et comme ça tient d’Alice, il s’engouffre à la suite… et c’est parti pour une épopée inquiétante et belle.

Si le ton semble à certains moments un peu sentencieux, si certaines affirmations ne touchent pas si juste, si le récit paraît trop précéder son “illustration”, l’aventure dans laquelle Pépé nous entraîne reste d’une intrigante acuité et l’écriture comme BD une vraie idée. Comment choisir son chemin quand on est plongé dans le mystérieux monde (des grands) que l’on côtoie joyeusement et librement comme enfant? Comment assumer tout cela dans la tête d’un petit?

J’aime bien le principe de l’allégorie pour entrer dans la confusion des idées et des imaginations des petits et des grands, j’aime bien la férocité que peuvent prendre parfois nos rêves, J’aime bien alors je conseille…

les premières pages sont disponibles ici: http://www.paquet.li/paquet/album.php?id=535#

la première phrase est donc disponible aussi… “il paraît qu’il n’y a rien de plus facile que de monter les marches du paradis…”