il n’y a que les vieux qui croient que la jeunesse est un âge doré. Ils n’en prennent que la puissance et en oublient le doute et le vide, la tristesse et la peur. Il suffirait de lire attentivement certains statuts Facebook pour s’en persuader. Si la joie ou la fête débordent, les vibrations du cristal de l’effroi tendent vers la rupture, la fêlure, la brisure… Toute la puissance n’étant que “en puissance, en possible” de réalisation, le déstructurant se fait cataclysmique. Jirô Tanigoshi, dans quartier lointain l’avait bien montré, en habitant l’adolescence avec les résolutions des adultes. Cela reste une BD-manga excellente.
La compagnie d’Aviau aborde cette même question de la croissance, quand on cherche entre son image, sa famille, ses amours, ses peurs et sa tristesse, ses joies, ses errances, ses manques d’assurance… sous la forme d’un petit personnage en construction. Le récit est bien mené, et la progression subtile. Le dessin, simple se laisse suivre, et même découvrir jusque dans ses dessins les plus cachés. Comble de la délicatesse, Alphonse Tabouret abuse d’un langage aux lapsus enfantins tout à fait délicieux. Un enfant en rira, un adulte sourira.
délicat portrait d’adolescence… le Trop Grand Vide d’Alphonse Tabouret, Sybilline (scénario), Capucine(lettrage) et Jérôme d’Aviau(dessin), ed Ankama, coll. Etincelles, 185p. 14,90€
Au milieu d’une forêt tendre, dans une clairière de rien
un tout petit machin se réveille mais ne se souvient pas. (4e de couv’)

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