Aller à la recherche

cliché(s)

image

Il est si gratifiant, et aisé, de photographier un sourire,
(certains appareils, paraît-il, ne prennent les visages que souriants…)
qu’il soit composé ou spontané, simple ou travaillé.

il est encore plus gratifiant, et aisé, de poser sur le monde
à l’entour
le regard convenu de ce que j’y attendais,
repérant dans l’amphigouri les ancrages de mes présupposés
où la réalité conforte ce que j’en savais, 
donnant toute sa force au mot “cliché”

c’est le cas de cette photo.
Au poil pour un service des vocations.
L’apogée du cliché. Mignon, inutile.

Blogdavidlerouge-46

et quand l’entour se fait violent, distordant ou vieillissant,
un peu de sépia, et de noir et blanc,
un peu de “vignettage”, des détails concordants,
et le cliché se fait esthétisant.

ouf.

image

Mais au-delà de l’esthétique,
ou du cliché illustrant une pensée le précédant,
il y a encore une autre forme de langage
il ne faut omettre encore tout verbiage de l’image,
tout discours sous-tendu par le montré
en deçà des mots, en pixels, l’idée.

point de noir et blanc, ni d’illustration, point de discours ou de cliché dans le livre offert par Anne-Claire et que je découvre avec volupté.

Même si je consonne à l’invitation de Marc à ne plus être obnubilé par les prêtres pour parler de l’Eglise, j’ai lu, regardé avec intérêt l’ouvrage de Joël Peyrou sur les prêtres ouvriers, aux éditions de l’atelier.

Les invisibles, Joël Peyrou, Gérard Mordillat, éditions de l'Atelier

portraits de ceux qui ne se laissent réduire  
vivent un ministère, au vu et au tu de tous
habitation habitée sans visibilité.

photos en mouvement
déception du photographe et son humilité
leur quotidien, leurs choix ne se laissent réduire au cliché
ce sont des aventures de foi, d’hommes donnés, de prêtres au cœur,
ils donnent tout pour se faire haïr, ou aimer,
on aimera leur présence, et détestera le coquetier
il faut simplement apprendre à les écouter
et les regarder.

beaucoup de photos, en couleur, et quelques pages de rencontre…

image

je ne saurais suivre leur voie, mais je veux rester émerveillé quand j’entends l’appel ainsi résonné
et quand je regarde leur manière d'accueillir la grâce au travers de belles photos, sans être esthétisantes. 

(il y a aussi une préface de Mordillat qu’on peut lire)

[edit: j'ai ajouté en pièce jointe un aperçu du livre proposé par les éditions de l'atelier]

Commentaires

1. Le mercredi 5 janvier 2011, 22:33 par David

on va croire que je fais une obsession sur le "cliché", vu l'un de mes derniers billets. en fait, là, j'ai plutôt été impressionné par le travail du photographe qui reconnaît avoir "anticipé" certains clichés sans réussir finalement à les faire, parce que les histoires étaient plus petites, plus simples. Bref, du cliché de photo. Sans "pré-avis"

2. Le mercredi 5 janvier 2011, 22:48 par Tigreek

Tu es toujours surprenant... J'aime :)

3. Le jeudi 6 janvier 2011, 17:36 par David

un doute m'assaille (à la lecture d'un mail ami)... ce que je trouve un peu "mignon et inutile" dans la première photo, ce ne sont ni le sujet, ni le sourire, ni la chemise... mais la photo qui est réussie mais dans laquelle j'ai trop poussé le cliché.

4. Le vendredi 7 janvier 2011, 17:56 par Claire 78

Pleine de courage j'avais déjà pris il y a quelques années la difficile résolution de ne pas me faire cloner, ma nouvelle est de ne pas "esthétiser" mes photos. Tous ces petits "arrangements", au final ne reflètent-ils pas ceux de notre for intérieur ? L'aperçu sur les invisibles donne envie de le lire !!

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet

Page top