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enfant [du lat. infans,"qui ne parle pas"]

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Enfant.
Etre.
Recevoir.
Ne rien dire.
Te regarder,
te demander avec les yeux,
te remercier avec les yeux.

Fermer les yeux,
parce que tu es là.
Les ouvrir
pour voir ton sourire.
Devenir ton image,
de plus en plus,
à force de te regarder.

A chaque respiration,
prendre mon souffle
en tes mains
et l’y remettre
à chaque expiration,
comme ton Verbe,
ton enfant,
celui de la crèche
et celui de la croix.

Habituez vos sens aux choses de la nuit ;
Ne dites pas : “il n’y a rien, rien que l’ombre !”
S’ils n’avaient ouvert leurs yeux dans la ténèbre,
Les bergers de Noël auraient-ils vu la gloire
Se frayer un chemin de jour à la jointure
Du ciel et de la terre, et venir jusqu’à eux,
Pour les émerveiller à cet endroit obscur
Où le soleil du monde allait jeter le feu ?

Didier Rimaud, “la crèche et la croix”, A l’enseigne de Pâque, Chants et Poèmes. III, Cerf, p. 49-50

Commentaires

1. Le samedi 22 janvier 2011, 17:12 par Corine

... Qui ne parle pas mais qui Dit tout.

2. Le samedi 22 janvier 2011, 17:26 par yayon

J'aurais envie de dire pleins de choses, de témoigner de pleins de "silence" mais je préfère me taire, relire ce texte juste "magnifique"
qui vient donner encore un peu plus de sens à mon travail. "ils" ne parlent pas mais ils ont beaucoup à nous apprendre.
Merci David pour ce partage, qui vient me (ré) conforter dans mon quotidien.

3. Le samedi 22 janvier 2011, 19:33 par David

@corine: ineffable, vous vous souvenez...

@yayon: je pense que tu es sans doute la mieux à même d'en parler. et la mieux à même de nous dire à quel point c'est compliqué. Mots choisis, merci.

4. Le dimanche 23 janvier 2011, 08:31 par David

vous savez quoi, en fait, je suis surpris des commentaires. J'y ai vu une adoration divine, une contemplation du Fils, de Dieu... ça doit être mon côté "pas papa", j'ai très clairement orienté "être" vers le sens verbe "être là" et pas "existant"... Merci de vos lectures

5. Le dimanche 23 janvier 2011, 15:47 par Corine

C'est drôle, j'ai éprouvé le même sentiment de surprise en lisant votre commentaire...Finalement, on l'est souvent face à la polysémie des mots, au sens caché ou à celui qui nous paraît transparent... Richesse mais parfois aussi difficultés pour se comprendre. Merci de partager votre lecture...éclairante.

6. Le dimanche 23 janvier 2011, 17:19 par Yayon

merci David ^-^

et une adoration de Dieu, un moment auprès de cette hostie exposé, n'est il pas un moment silencieux entre un père et son fils, entre un père et son enfant... on est pas si loin dans nos interprétations finalement David.

ceci dit moi j'irai plus loin, je n'ai pas parlé précisément d'enfant (en bas age) parce que ce texte me fait penser aussi à tous ceux qui par la maladie, l'age n'ont pas ou plus l'usage de la parole. Tout ceux là qui nous disent tant aussi (et que parfois on voudrait faire taire parce que ce qu'ils nous renvoient est trop douloureux).
(j'aurais peut-être pas dû lire le billet de Koz sur le manifeste "plusdignequelavie" avant de lire ton billet et avant de commenter la première fois)

La parole est elle le seul moyen de communication?
Je ne le crois pas. Je crois que nous sommes là comme des enfants qui ne savons pas encore parler, car finalement on ne sait Pas vraiment parler, enfin je veux dire parler comme le père aimerai que l'on parle (ou surtout qu'on se taise pour l'écouter parler aussi!)

Et là mon travail avec les "tous-petits" est à mes yeux une vrai vocation, un lieu où Dieu lui même me travaille pour que je sois le plus possible à son image car lui avant tous les autres a aimé les "enfants, les petits".
Que ce soit en crèche, en "hospitalier" mon travail reste un travail d'écoute discrète, pas forcément simple, pas forcément facile à accepter, parfois révoltant.

J'ai pas assez de mots pour exprimer tous les trésors, toutes les ressources, toutes les joies, toutes les colères, les cris, les coups de fatigue...mais je crois que dans tout ces moments là il ya le Christ qui de la crèche à la croix nous mène vers son père et que c'est l'espérance qui fait que tout tiens .

(désolée pour le pavé David, promis j'me tais ;-) )

7. Le mardi 25 janvier 2011, 08:51 par Tigreek

J'ai du mal à exprimer le malaise que je ressens en lisant ce texte. Ok pour le côté redevenir un enfant, faire confiance sans se poser trop de questions.
.
Mais dans la vraie vie, l'enfant, "celui de la crèche et celui de la croix" sont parfois bien plus proches l'un de l'autre qu'ils n'y paraissent. "Qui ne parle pas", dit ton titre. Quand l'absence de mots se fait souffrance, quand les yeux parlent mais qu'on n'a pas le décodeur, quand l'enfant grandit mais que les mots ne viennent pas... L'enfant reste enfant. A vie. Et les yeux continuent de parler mais on ne sait pas mieux les comprendre...
.
Alors comme dit Yayon, il faut croire très fort en Christ, qui nous mène au Père, et c'est l'espérance qui fait que tout continue à tenir.

8. Le mercredi 26 janvier 2011, 09:33 par David

je ne me suis pas identifié à l'enfant, pour ma part, Tigreek. Encore une lecture différente. le titre vient de l'étymologie de l'enfance qui m'a toujours parlée comme la promesse d'une advenue à la parole, justement, et pas une régression. Mais je devine que vous ne faites pas référence qu'au texte... Quels mondes de lecteurs vous dévoilez là.

9. Le mercredi 26 janvier 2011, 13:30 par Tigreek

Hier soir, en sortie d'une prière de Taizé, discussion avec un éducateur spécialisé... Il connaît bien, lui aussi, ces enfants qui ne deviennent jamais des adultes. Leurs difficultés, et aussi l'immense trésor qu'il y a en chacun d'eux... Cet indescriptible sentiment de simplicité, de naïveté, de confiance, d'amour débordant, tout ça à la fois ! :)

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