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y m'énervent

si les chants grinçants vous défrisent
si le bébé devant vous coupe de votre messe
si la mamie qui dit la messe en stéréo vous agace
si votre voisin pue
si vous ne supportez pas son hypocrisie de petit catho souriant bisounours  
mais surtout
si la paix du christ vous distrait dans votre prière
au point d’être tenté de rester yeux fermés pour ne pas voir la main ouverte
si vous vous barrez au plus vite une fois la prière dite
si la solidarité prônée en Eglise par le CCFD voire l’Acat vous les brise…

allez plus loin, n’hésitez pas
demandez à votre curé de racheter des bancs à la manière de ceux de la prison de Fresnes en 1913, et vous serez dégagé du poids des frères congénères.

mais j’arrive pas à me dire que vous allez aimer, quoique on s’en fout, on n’est pas là pour ça, non?

Commentaires

1. Le jeudi 14 avril 2011, 18:25 par David

communion sur la langue (mains -attachées- dans le dos) obligatoire
communion à genoux déconseillée.
nanisme interdit.

2. Le jeudi 14 avril 2011, 20:24 par Eliette

Non effectivement (j'avais d'abord écrit affectivement, lapsus révélateur?), on est pas là pour aimer et sûrement pas les autres. D'ailleurs, on demande à enlever du confiteor le "vous aussi, mes frères", supprimons de la liturgie la paix du christ (on fond on se passerait volontiers des microbes des autres non?), virons le mot Eglise puisqu'il veut dire assemblée et interdit de rester bavarder sur le parvis après la messe. Ah et puis le "aimez-vous les uns les autres" il est bien mignon mais bon, faudrait plus nous prendre pour des gosses de 5 ans si? Tout ce qu'on demande c'est la vie éternelle, un peu de paix pour nous-même et puis le reste, basta.

Et puis... peut-être découvrira-t-on alors qu'il manque quelque chose...

Enfin, je fais ma maligne mais je crois qu'on a tous besoin de se l'entendre dire. Moi ça peut certainement pas me faire de mal. =S Et puis, quand on sait pas prier, on est bien content de pouvoir compter sur cla prière des autres plutôt que de faire genre.
So, thanks David!

3. Le jeudi 14 avril 2011, 20:43 par do

sinon, y'a les bénédictins nouveaux, aussi.
pas de paix du Christ, pas de prière universelle, c'est eux qui chantent.
(du grégorien: on est pas enquiquinés).
Moi, je vais là, quand je supporte plus les gens.
(oui, parce que je supporte plus rien, en fait. c'est ça, le problème...)
(mais ce qui est bien, c'est que personne me supporte non plus, comme ça on est 2)

4. Le jeudi 14 avril 2011, 20:49 par David

et ils sont pas trop émaciés et blafards à la fin du carême vos bénédictins nouveaux ? et ça vous embête pas de devoir tiquer quand quelqu'un va un peu de travers dans la liturgie, une lecture ou une démarche, sans pouvoir sourire à votre voisin?
et vous avez pas envie de leur dire "là, va, ça va aller, détends toi, dis moi bonjour"? et vous leur avez déjà crié "Bingo"?

sinon, je comprends que parfois l'autre nous tue, mais je suis pas assez sartrien pour croire que l'enfer c'est les autres, c'est quand même souvent eux qui me sauvent!

5. Le jeudi 14 avril 2011, 21:27 par David

ah et puis Eliette, j'adoooooore ton second degré.

6. Le jeudi 14 avril 2011, 22:30 par do

en fait, quand on ne supporte plus rien, on fait pas exprès!

quant aux bénédictins, non non, ils sont pas du tout blafards, ils sont pleins d'humour, ils sont bons, ils sont compétents, ils ont rien contre les messes de paroisse, ils aiment tous les gens, mais ils prient plutôt en silence, c'est tout.
Maurice Zundel qui disait, quand la messe de PaulVI a remplacé l'ancienne:
"ils ont admirablement tué le silence!":
je crois que c'est surtout une question de silence.

par contre, nous, les gens qui ne supportons plus rien (on est plein, on se connaît, on se parle, même, des fois, ...mais pas souvent), ils nous aident, par leur charité et leur compétence: si on va un peu plus loin, ils sont les seuls qui nous supportent vraiment. pas avec la charité clinquante qui dure 5 minutes et qui vous plaque aussitôt après, mais avec patience et persévérance, dans la durée.

c'est différent avec les gens qui vont bien, ils sont faciles à supporter.
mais les gens qui vont mal, c'est pas si simple. et il ne suffit pas d'un sourire une fois par semaine ou par mois, contrairement à ce qu'on voudrait bien croire: il faut aller bien plus profond, et à cette profondeur, si on est pas solidement arrimé en Dieu, on est un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Je l'ai été. j'ai arrêté quand j'ai commencé à comprendre que j'étais moi aussi parmi ces gens qui "ne vont pas bien": et en fait, de l'intérieur, c'est pas comme on croit que c'est, vu de l'extérieur.

ça rejoint un peu le curé d'Ars, qui disait que le seul livre, c'est le livre de la croix: il y a un moment où les gestes extérieurs de paix, de prière universelle, les chants qu'on aimait bien chanter fort avec des guitares, c'est plus ça, ça va plus assez loin. c'est pas qu'on prie pas pour les autres, mais on prie pour eux comme de l'intérieur, comme si on était avec eux, on prie pour eux comme on prie pour nous, on n'a pas besoin d'une prière "pour les autres, le monde, tout ça", on a besoin de crier vers Dieu, dans la prière où c'est Jésus qui prie pour nous tous, parce que nous, finalement, on peut plus.

je dis pas ça pour faire de la poésie, ni pour me justifier, mais s'il y a des gens qui aiment pas ces gestes, c'est pas tellement grave: ils ne savent peut-être même pas toujours pourquoi ça les agace, on ne sait jamais pourquoi les autres nous agacent (les tradis, les chachas, les barbus...), mais ça a toujours un sens, une raison. Il faut faire confiance même à ces gens là, qui ne supportent plus les autres: eux aussi, c'est des "autres".

en fait, on est tous des autres. et c'est terrible. c'est vrai: c'est terrible.
Mais on est sauvés.
et c'est uniquement pour ça, que c'est pas l'enfer: sans ça, si, ça serait l'enfer.
parce qu'on est terriblement blessés, même si on fait semblant que non, pas du tout. on est terriblement blessés. on veut pas le savoir, mais l'Ecce Homo, c'est nous, et c'est pas si facile, de se supporter, entre écorchés vifs, quand on accepte de laisser tomber nos cuirasses.

enfin, il y a peut-être des gens moins blessés, aussi, qui ont une belle personnalité toute leur vie, qui aiment tout le monde, que tout le monde aime; je sais pas. je crois pas, mais peut-être. je vois pas bien comment, mais il y a peut-être un "seuil", une limite entre les deux. pourtant, quelque part, j'espère que non.

7. Le vendredi 15 avril 2011, 02:38 par Vieil imbécile

Le seuil, ou la frontière, est en chacun de nous, non ? Pas toujours au même endroit, certes... Et puis il y a ce que nous ressentons, ce que nous avons naturellement tendance à faire, ce que nous voulons faire, ce que nous voudrions être. Et puis il y a des moments où il nous est possible de faire l'effort d'aller à la rencontre, et des moments où nous avons besoin de nous ré-originer, retrouver notre source et notre centre. Même pour les saints ce n'est pas facile : "j'essayais de m'unir au bon Dieu, d'oublier le petit bruit... tout était inutile, je sentais la sueur qui m'inondait et j'étais obligée de faire simplement une oraison de souffrance, mais tout en souffrant, je cherchais le moyen de le faire non pas avec agacement, mais avec Joie et paix, au moins dans l'intime de l'âme" Ste Thérèse de l'EJ. Ce n'est pas facile, mais on peut y arriver...
Merci à tous les deux, do et David pour ces belles réflexions à deux voix (et non pas deux voies !). Tout est grâce.

8. Le vendredi 15 avril 2011, 08:34 par David

@do, je ne doute ni de votre bonne volonté, ni de votre incapacité, ni de la qualité de l'accueil. J'apprécie moi aussi de temps à autres d'être accueilli par une communauté monastique pour prier, et j'en avais déjà parlé, la présidence prend un goût tout particulier avec eux/elles. (première messe, un article sur l'ébénisterie, genre boulle au but)
ce qui fait la force de ces communautés, c'est plus que leur talent ou leur gentillesse, c'est justement une vie de communauté qui vient émerger jusque dans la prière, ils sont frères et prient en frères. Ceux qui participent avec eux sont finalement en quelque sorte inclus dans cette communauté, sans en être vraiment, sans avoir à le faire. On en a souvent besoin et c'est bien qu'ils puissent le faire et nous accueillir.
en paroisse, même si les liturgies sont en quelque sorte de plus en plus monastiques et ajustées, il n'y a pas "une" communauté, mais une assemblée à construire, des attentes différentes et un moment de fondation. L'effort est plus grand, car ce n'est pas là avant qu'on arrive. Chez les moines si.
Si j'ai publié cette image, c'est qu'elle n'est pas du tout signe de la majorité des célébrations eucharistiques (même les plus ascétiques, là n'est pas le débat). Il y a aussi des messes sinistres entre toutes, avec le même programme, le même animateur, le même prêtre et le même organiste, les mêmes prières et les mêmes silences, mais dont l'assemblée est faite d'individualités en attente mais non reliées. Là, je rame, et franchement, parfois, je pourrais moi aussi en pleurer. Ou faire de mon mieux pour que "ça" passe.

qu'il y ait des lieux pour porter ceux qui ont à être portés par une vie de communauté quand ils ne peuvent plus trouver leur place en assemblée par faiblesse, cela me va, qu'on soit lucide de l'origine aussi de la qualité, il ne faut pas l'oublier.

@vieil imbécile. comme le dit "sacristains" un chrétien seul est un chrétien isolé, et la foi, tout seul, ben bien souvent, ça rame. certes, les autres m'énervent, mais chrétien tout seul, ben... c'est raide, même pour les normandes canonisées.

9. Le vendredi 15 avril 2011, 09:07 par Corine

J'espère que cette image "n'est pas du tout signe de la majorité des célébrations eucharistiques" parce que, sinon, je suis passée à côté de tout!!! "messe sinistre": connaît pas.
Au fil de certains billets parfois, j'ai l'impression de vivre sur une autre planète.Faut dire que les gens y m'énervent pas. Enfin presque pas.
Et que je suis plutôt bien entourée ("reliée", si tu veux) dans "mes" églises.(et je ne suis pas la seule, non parce que je m'inquiétais un peu de mon degré de naïveté,alors j'ai questionné autour...) ;-)
La photo: je ne connaissais pas.Glacial.

10. Le vendredi 15 avril 2011, 09:12 par Vieil imbécile

C'est raide... et c'est même humainement impossible... L'Esprit Saint doit sacrément souffler pour les ermites !
Mais pour les vieux ours comme moi, c'est un combat spirituel permanent, jamais définitivement gagné... c'est pour ça (entre autre) que j'ai beaucoup aimé votre billet : une piqûre de rappel bienvenue sur le chemin de Pâques !

11. Le vendredi 15 avril 2011, 09:13 par fabien M

Sinon il y a aussi la messe télévisée qui offre de nombreux avantage en termes de customisation à toute les formes de piété et notamment à celle là.

12. Le vendredi 15 avril 2011, 09:30 par fabien M

en tout cas ton billet permet de reprendre conscience que l'eucharistie ce n'est pas une dévotion personnelle mais le lieu admirable où se forme le corps du Xt en assemblée. Merveilleux passage du pain eucharistique au corps ecclésial du Christ.
J'ai pris l'habitude de ne plus m'asseoir après avoir communié tant que le dernier membre de l'assemblé n'a pas communié par respect pour sa présence qui se donne.

13. Le vendredi 15 avril 2011, 10:04 par Fred

le mieux si on ne supporte plus les gens, c'est carrément de ne plus aller à la messe. D'ailleurs beaucoup de gens suivent ce conseil visiblement...

14. Le vendredi 15 avril 2011, 10:33 par Taloche

Quand on lui donne un sens, la paix du Christ a une réelle importance; notamment si on va vers celui qui nous a fait du mal/ auquel on a fait du mal.
" Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres." 1 Jn 2: 9-10
Mais la tentation est véritablement grande de glisser vers les mondanités, surtout lors des messes où tout le monde connaît tout le monde.
Selon mon humble avis, c'est simplement que la Paix du Christ est mal placée pendant la Messe, elle "casse" la prière qui est toujours plus intense entre la Consécration et l'Eucharistie. Peut-être faudrait- il l'avancer plus avant dans la liturgie?

C'est comme la quête pendant l'offertoire, mais ça c'est un autre débat; ce n'est pas en palabrant que nous réformerons l'Eglise.

15. Le vendredi 15 avril 2011, 13:33 par David

@corine: et pourtant des énervés, il y en a. Profondément même, et peut-être même par ces eucharisties qui vous parlent. Le savoir, et s'accompagner sur ce chemin...

@FabienM: j'aime beaucoup cet honneur au "corps du Christ" debout que tu rends en restant toi même debout. ça me parle bien. Le coup de la messe dévotion perso, c'est quand même super bien ancré, hein?

@Fred: dans ce cas, tu rates TA messe, ta présence à Jésus. A défaut de ne plus y aller, beaucoup sont tentés, en ville, de choisir la messe qui leur correspond. Parfois à juste titre (on est quand même mieux avec les enfants quand la moitié de l'assemblée ne vous fusille pas du regard s'ils bougent une oreille), parfois pour éviter une implication (c'est plus embêtant). Je me demande si il y en a tant qui ne viennent plus par énervement, ou plutôt pour ne pas en voir l'intérêt.

@taloche: mouais. la paix, on la donne à notre prochain, on ne traverse pas l'église pour la donner à ceux qu'on aime. mais ça doit dépendre des paroisses, ça fait longtemps que j'ai déserté saint mondain des prés. Pour ce qui est de sa place, elle est justement à sa place/ La paix que l'on se donne vient de l'unité de son corps. elle n'est pas une attitude morale pour être digne et se réconcilier avec son frère, ça on est sensé l'avoir fait avant la messe, elle est réalisation en direct de la promesse du ressuscité. Je ne te donne pas "ma paix" je te donne "la paix du Christ" et c'est vachement différent. Elle est profondément liée au corps que nous sommes en train de devenir tout en le recevant. Et ce n'est pas "à mon humble avis", c'est comme ça. Lier quête et offrandes, c'est pas spi, mais c'est concret, et pas si insensé que ça, non?
je suis admiratif de votre souhait de "réformer" l'Eglise... mais bon, les réformes/contre réformes, ça ne fait pas toujours de bien. Et si on discernait en Eglise plutôt que gloser?

16. Le vendredi 15 avril 2011, 18:18 par Eliette

Je sais pas si c'est une grande preuve de fraternité de mettre Eddy Mitchell dans la tête des gens ;-)

17. Le vendredi 15 avril 2011, 18:21 par David

pas de bisou bisou, pendant votre messe du soir, pas de bisou bisou...

18. Le vendredi 15 avril 2011, 18:34 par do

oui, je suis d'accord.
finalement, c'est vrai qu'il faudrait construire les assemblées.
...et que la messe, de nos jours, ne suffit plus.
ou plutôt, ce n'est pas vraiment son but:
elle convenait bien dans une assemblée déjà constituée comme un village.
c'est sans doute ce que je trouve de bien à l'Emmanuel.
j'aime bien aussi le principe des cellules d'évangélisation (qui est finalement la même chose, transposée à la paroisse), ou de "la fraternité de la Parole" qu'avait essayé de fonder Mère Teresa et qui essaye de resurgir en Provence.
il faudrait autre chose.
je vois vaguement quoi pour moi, mais pour tous, c'est à chercher...

19. Le vendredi 15 avril 2011, 22:33 par do

ah, et puis il y a aussi les groupes de prière des mères http://www.mothersprayers.org/ (lien pas hyper frais)
et sûrement des tas de choses très bien.
mais il faut une vie après la messe.

20. Le vendredi 15 avril 2011, 22:57 par David

y en a des milliards, des choses comme ça; certaines ont même vraiment besoin de vous. 

21. Le dimanche 17 avril 2011, 17:23 par Anne-Priscille

@ Eliette : + 1

Il est raide ton billet, David.
Je voudrais tellement qu'il ne se vérifie pas au quotidien ! Et pourtant... malheureusement... Bien obligée d'ouvrir les yeux.
Et pourtant... Et pourtant non ! Révoltée ! C'est cela l'Eglise, mais ce n'est pas que cela ! Cette photo, c'est une horreur.
Continuer, continuer envers et contre tout. Parce que même si tout le monde fait tout de travers, même si on réalise -un jour, dès fois que ça nous arriverait d'ouvrir les yeux- que nous aussi on a les pieds dans la fange et le nez dans le guidon, Il est là. Que l'Eglise est là, qui nous accueille. Et qu'elle a sa réalité propre, indépendamment de nous, même si nous la constituons ! Qu'elle reste à jamais proposition, pour tous, tout le temps.

Et tant pis si des gens réagissent comme ça ! Parce que je suis sûre qu'à un moment où un autre, OUI, ILS VONT AIMER, même s'ils ne sont pas là pour ça, même s'ils ne viennent que pour la déco, le "qu'en dira-t-on", les traditions familiales, l'influence du milieu. Peut-être qu'ils n'aimeront qu'un seul instant, peut-être à cause de rien... Juste un rayon de soleil, ou parole répétée pour le 1001ème fois qui ce soir-là fera mouche. Mais cet instant, même s'il sera peut-être aussitôt oublié, il aura existé !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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