17062011031-polaMme E. Duval n’est pas peu fière
Mme E. Duval l’a attendue pendant des années
cette chaise paillée, et son petit médaillon de laiton
pas seulement numéroté, mais gravé à son nom.

Mme E. Duval a rejoint le club, l’élite, le gotha paroissial
celui des dames qui ont leur chaise, LEUR chaise
inamovible, déjà réservée, une place à l’église17062011036-pola
C’est déjà une place au paradis.

Certes, Mme E. Duval n’a pas l’envergure de Mme Bourges qui, elle, a deux chaises. Les vipères du coin attribuent la double dotation à l’envergure
du séant de la dame en question.
Elle a simplement arrosé la chaisière.

17062011033-pola01Mme E. Duval n’est pas peu fière
son couple est gravé dans le métal. elle est Mme E. Duval.
E. lui, n’a pas sa chaise réservée ni aucun homme d’ailleurs.
ils doivent avoir leur ballon gravé au bistrot du coin…
enfin, il a déjà son initiale c’est déjà un début.

Si le couple de madame Duval est promis à l’éternité
il y en a une autre pour laquelle le sort est plié
parce qu’à l’église, c’est définitivement inscrit
”Mme Vve Y. LAIGNEL”.
Y peut reposer tranquille, Mme Vve Y. ne va pas se recaser.

Outre les chaises de dames, il n’y a que le presbytère
qui ait ses chaises réservées. L’élite quoi.

Qu’ils viennent les nouveaux, les horsains, les aléatoires, les chrétiens à roulette, qui viennent en berceau, voiture de mariés, corbillard, ils sauront qu’il y a à Saint Amand des vrais chrétiens, des chrétiens qui ont leur chaise. Des chrétiennes, même plutôt.

17062011029-polaS’ils veulent en être, va falloir
cracher au bassinet, prendre sur ses deniers
et généreusement donner
au pauvre, au denier, à la quête
du temps pour le caté, des sous pour les fleurs,
et à la chaisière, petit boulot, sans nom…

et surtout passer par le confessionnal
bois rude sous les genoux
et devant les yeux, dans l’obscurité
sur son papier blanc punaisé, la tête du Christ,
et ses quelques mots bien raides.

c’est pas qu’ça aide pas à se confesser
c’est juste que ça chatouille la conscience.

Le dernier à avoir eu le droit à son nom
sur métal, bien en vue, a sa place lui aussi
réservée. Au vu et au su de tous,
et probablement sur les deniers de la commune

cette place là, t’as pas intérêt à la piquer.
enfin, il n’est pas appelé à rester !

17062011030-pola01

on a beau avoir envie d’en sourire,
mais ces noms fidèles laissant leur marque sur les chaises de l’église, sont un petit signe que l’Eglise est avant tout habitée de chrétiens fidèles, du quotidien, de la réponse, de ces chrétiens qui chaque jour répondent à l’appel, certes, à “leur” place, mais une place qu’ils acceptent d’habiter.

dans une communauté, c’est bon de savoir qu’on peut “compter” sur.

le numéro de Mme E. Duval, c’est le 162.

pour un bon moment.

et par extraordinaire, Mme E. Duval a croisé sans le voir Gérard F. fidèle d'en face, là où on refait le monde. Edmond Prochain a eu l'extrême délicatesse de raconter l'histoire de celui qu'elle ne connaît pas, et qui n'est pas moins local, installé, en recherche. Cliquez pour lire ça chez Edmond: http://edmondprochain.wordpress.com/2011/06/19/gerard-f-ne-connait-pas-mme-e-duval/ 

Commentaires

1. Le vendredi 17 juin 2011, 19:10 par David

j'attendais avant une répétition de mariage dans une église très loin de chez moi.

2. Le vendredi 17 juin 2011, 20:21 par M-Th

Cette histoire de chaise au nom marqué sur plaque de laiton, pour les VIP du bourg,
ça me ramène 70 ans en arrière !
Et maintenant, j 'attends avec confiance de découvrir mon vrai nom inscrit sur le petit caillou blanc de l'Apocalypse.

3. Le vendredi 17 juin 2011, 20:31 par David

M-Th : les chaises laitonnées sont dans le fond de cette église, je vous assure. Mais ça m'a amusé et surpris de les voir ainsi éparpillées. et un bout de tendresse parce que même s'il n'y a plus de laiton chez nous, sauf pour les donateurs parfois, pas mal de chrétiens le matin, à la messe, s'assoient fidèlement toujours à la même place. La place de Jean Marie, c'est toujours celle là... et j'aime bien le voir le matin, et m'inquiète quand elle reste vide.

si vous n'avez pas envie d'attendre l'apocalypse, allez vérifier dans les paumes des mains de Dieu... votre nom y est!

4. Le samedi 18 juin 2011, 09:27 par David

panneau à l'entrée d'un parking assez grand. Je suppose qu'il veut dire qu'il faut réserver UNE place pour le prêtre, histoire qu'il puisse venir célébrer... mais on avouera que a dénomination est ambigue... Est-ce le prêtre à qui s'adresse le panneau (Lui seul n'a pas le droit de stationner ici)? est-ce pour toute la place ? comment sait-on qu'il est prêtre (il a une 207 gris sale?) ?

5. Le samedi 18 juin 2011, 09:34 par Vieil imbécile

Ou bien interdit à ceux qui ne sont pas baptisés ?

6. Le samedi 18 juin 2011, 11:23 par Corine

J'aime beaucoup ce texte que je découvre à l'instant et surtout cette idée de place qui me rappelle beaucoup de discussions. Sur notre place dans l'église comme un héritage pour certains, un nom de famille inscrit depuis longtemps sur les chaises. Et ceux qui la gardent, la transmettent. Ceux qui la rejettent aussi. Ceux qui l'occupent. Et tous ceux qui la cherchent. La diversité. Autant de places.
Et une vraie question toujours, la place qu' IL prend dans nos vies et nos coeurs.
...J'aime bien me mettre à la même place à l'église, un peu la mienne, comme à la maison... ;-)

7. Le samedi 18 juin 2011, 11:32 par Edmond Prochain

Ces petites plaques m'ont toujours laissé un sentiment étrange. Et finalement, je ne les ai vraiment comprises que le jour où j'ai retrouvé presque les mêmes... mais sur un rebord de comptoir dans un café un peu crade ! Et je doute sincèrement que les propriétaires des plaques aient jamais été les époux légitimes des dames de tes chaises. Là-bas, les initiales étaient inversées : on s'y appelait "Jean-Michel F." ou "Gérard B." Et on ne s'embarrassait pas de "M." ou de titres quels qu'ils soient. C'étaient juste les habitués, ceux dont la présence manquait sans doute au patron quand leurs pieds ne venaient pas pile se ficher dans l'empreinte laissée, jour après jour, dans la crasse du sol (ceci est un fait authentique - mais tu sais bien). Ceux qui font tourner la boutique, les fidèles, ceux qui ont un nom pour les autres habitués.
Il faut croire que nous sommes comme ça : certaines ont leur chaise, d'autres leur tabouret. Et de l'église, nos douces bigotes peuvent murmurer quelques perfidies contre les piliers de bar ; au même moment, ils leur rendent bien la pareille.

8. Le samedi 18 juin 2011, 13:37 par lechafouin

C'est quoi ce panneau de signalisation, c'est un fake???

9. Le samedi 18 juin 2011, 18:39 par David

Nope, explication demandée cef après midi: le prêtre célébrait deux messes chaque dimanche et comme disent les paraboles d'Edmond, les gens étaient en avance à la messe, au point qu'à cette deuxième messe, il n'y avait plus de place où se garer. Peu lui chalait, il se garait à la va z y comme je te pousse, jusqu'à ce qu'un riverain s'agace du prêtre mal garé. Et hop, un panneau, un vrai.

@edmond: je le lirai avec plaisir, ça fera des jolis parallèles.

@vieil imbécile. baptisé-e-s vouliez vous dire ;)

@corine: je vous l'avoue, je m'acharne à trouver ça sympa, ça sent un peu la naphtaline et l'embourgeoisement forcené, mais y a du bon, y a du bon

10. Le samedi 18 juin 2011, 22:37 par Edmond Prochain

Chiche, David !
Tu as 24h pour me trouver une photo de vieux café de village... ou n'importe quoi quoi pourrait intelligemment illustrer l'article "Gérard F." ! ;)

11. Le dimanche 19 juin 2011, 01:58 par David

j'ai peut être une idée pour l'image.

12. Le dimanche 19 juin 2011, 07:54 par David

si Gérard était venu, finalement, dans cette église de Saint Amand, il serait sans doute passé non pas par le portail, mais...

18062011038-pola.jpg

13. Le dimanche 19 juin 2011, 09:54 par Edmond Prochain

Et voilà, ça devait arriver :
http://edmondprochain.wordpress.com...

14. Le dimanche 19 juin 2011, 12:24 par David

sortie de messe ce matin, il y avait un horsain, un nouveau, un jamais vu. Il s'est assis sans piquer la place de personne. A la fin, il est venu me saluer. je suis nouveau, mais je vous connais. D'ailleurs, Edmond Prochain a répondu à votre billet. Fourbe, Edmond, tu as des lecteurs qui viennent m'avertir de tes billets à la fin des messes. Mieux que le flux rss, et plus efficace, le réseau des cathos pour de vrai! et merci au lecteur nouveau cherbourgeois. Bienvenue! (et pour de vrai, Edmond m'avait prévenu par mail)

15. Le dimanche 19 juin 2011, 16:57 par GABRIEL... prêtre d'Orléans

Je suis un vieux prêtre retraité (83 ans) ? Je me souviens avoir vu dans ma jeunesse des plaques de ce type dans l'église de mon village... Il en traîne peut-être encore quelques-unes ici ou là, fixées sur les prie-Dieu encore en état de service... Mais franchement je ne pense pas que l'on fasse encore attention à ce genre de gadgets, du moins dans le Diocèse auquel j'ai l'honneur d'appartenir... Et qui n'est pas spécialement à la pointe du progrès, sans toutefois être ringard : juste ce qu'il faut!
Cette Mme DUVAL vit-elle encore , ailleurs que dans vos souvenirs? J'ai l'impression de me retrouver avant 1940, à l'âge de mon enfance!

16. Le dimanche 19 juin 2011, 21:28 par David

je ne connais pas Mme E. Duval, mais je suis passé près de sa chaise, toute vermoulue, dans le fond de l'église de saint amand. il y a sur le devant des chaises d'une nouvelle génération (peut être quand même années 80) et il ne serait pas surprenant que Mme E. Duval ait vécu dans les années 40, je ne sais pas. J'ai simplement brodé autour de ces plaques de laiton qu'on retrouve encore dans pas mal d'églises. J'aurais pu faire la même chose avec les noms des donateurs sur les chapiteaux néogothiques de l'église de mon village. La présence dans l'église sans avoir à y être, encore mieux.

je ne suis pas fan de ces noms, ni de ce que ça peut représenter. J'essaie juste de raconter la petite histoire, bien, qui se cache peut être derrière.

dans la paroisse où j'ai célébré ce mariage, on n'y fait pas attention non plus, j'en suis sûr... mais dans la vôtre comme dans les églises où je passe aujourd'hui, j'en connais beaucoup qui s'asseoient souvent aux mêmes places, et qui nous inquiètent quand nous voyons cette place vide. Fidélité sans plaque, mais jolie fidélité. Au pire, permettez moi de le rêver.

17. Le dimanche 19 juin 2011, 21:40 par Edmond Prochain

L'amusant, c'est que je n'ai pas réussi à imaginer moi-même une autre époque que ces années 1940 pour situer cette Mme E. Duval (ou mon Gérard F.). D'ailleurs, à peine les plaques de laiton esquissées, j'ai eu des souvenirs de "L'affaire Saint-Fiacre" qui remontaient... quoique, le roman devait plutôt se passer dans la décennie précédente, en fait.
Le vrai truc rigolo dans tout ça, c'est que tu me donnes envie de relire Simenon, avec ce billet, David...!

18. Le lundi 20 juin 2011, 07:43 par Claire 78

Plus que les noms, ce sont les numéros inscrits sur les chaises qui m'ont toujours intriguée petite... Un jeu de l'oie géant, le 1 près du ciel ou pour se consoler trouver son âge comme au fond des verres... ;-)

19. Le lundi 20 juin 2011, 08:59 par Tigreek

@David, Edmond, Gabriel : pas besoin de remonter jusqu'aux années 40... Dans mon enfance (années 80), une petite paroisse rurale, certaines mamies occupaient systématiquement 'leur' prie-dieu. Il portait un nom, était-ce le leur ? Je ne sais. Mais ce qui est sûr, c'est que la parité si justement décrite par Edmond existait bien...
Et je plussoie David sur les gens un peu toujours aux mêmes places, et l'inquiétude lorsqu'on ne voit pas certains fidèles... Surtout lorsqu'on sait quelques-uns malades...

20. Le lundi 20 juin 2011, 09:11 par David

@claire78 sur les bancs aussi il y avait des numéros, mais il n'étaient pas aléatoires, au moins...

@tigreek: j'imagine les combats de cannes, si jamais on piquait le prie Dieu...

@tous: en cherchant "chaisière" sur le net, je suis tombé sur ce petit récit, intéressant comme tout sur cet usage, dans les années 50... http://jeanpierrejeannin.wordpress.... tiens, d'ailleurs, c'était le curé qui faisait la quête.

21. Le lundi 20 juin 2011, 09:14 par David

Oh My God, mais ça existe encore: http://www.cv.com/fiches-metiers/sp... Et à Deauville la location des parasols, ça en fait partie?

22. Le lundi 20 juin 2011, 10:28 par Claire 78

Délicieuse cette description de chaisière : on dirait du Alain Fournier !!!
J'aime beaucoup aussi qu'une gérante de dancing soit classée comme chaisière !!!

23. Le lundi 20 juin 2011, 14:10 par Pourquoisecompliquerlavie

Bonjour,

Mon enfance à moi, c'était les années 60.
Dans l'église de mon village, près de l'autel les chaises et dans le fond de l'église, les bancs et dans la chapelle de droite le banc des chatelains. Les bancs étaient réservés par famille. les plaques portaient le nom des familles. Celui de ma grand mère, c'était le 5ème à droite en montant vers l'autel. Tant qu'elle était vivante, je n'ai pas eu le droit de m'asseoir plus haut, plus vers l'autel.... Arghh. Ma mère aujourd'hui encore a du mal à monter au delà de la 1ère travée, même si la porte du fond n'est plus jamais ouverte et si tout le monde entre par la porte "du chateau".

Tous les garçons du KT étaient enfants de choeur assis sur les bancs devant les stalles et les filles étaient dans les stalles. Les filles faisaient la quête. Je n'ai pas eu le droit non plus car je n'allais dans le village que pour les vacances. Et en racontant, ça me rappelle aussi les cartes de messe que je devais rapporter au KT, tamponnées ou signées par le prêtre de mes lieux de villégiature ....

C'était avant Vatican 2. Vu d'ici, aujourd'hui, tout cela est rigolo, vieillot .... Oui.

Oui mais, cette sorte de reconnaissance appelait peut-être le bénévolat ? La présence "obligatoire" entraînait peut-être plus de présences (cf carte de messe) ?

Je me demande parfois si le côté "on se fiche de la forme du moment qu'il y a le fond" n'a finalement pas fait disparaître le fond avec la forme. D'ailleurs quand j'étais petite, plus de 3 enfants sur 4 étaient baptisés, aujourd'hui, à peine 1 sur 3.
Quand j'étais petite, plus de 2 mariage sur 3 étaient religieux, aujourd'hui, 1 sur 3 (je parle de mariages pas de PACS et autres unions non formalisées).

Alors bien sûr, ce n'est pas la disparition des places réservées qui est la seule cause de tout cela. Quoique ... Comme le disait Pascal (Blaise), si tu n'arrives pas à prier, mets-toi à genoux et ça viendra. Alors, les gestes, les formes et les contraintes ne sont peut-être pas aussi inutiles qu'on veut nous le faire croire aujourd'hui.

Vous aurez noté que pendant la même période, les plaques des comptoirs de bistrots ont aussi disparu et que de la même manière, la consommation d'alcool en France a baissé de moitié pendant la même période .... (non, ce n'est pas une blague !)

24. Le lundi 20 juin 2011, 14:59 par David

je vous l'ai dit, je ne suis jamais contre la forme, car elle peut permettre d'accéder au fond... pas toujours d'ailleurs. Les places "du chateau" rappelaient vivement à certains qu'ils n'y étaient pas et la déférence de mes grands parents pour ceux du château, jusqu'à la génération de mes propres parents avait quelque chose qu'on devine mal, pas loin de 200 ans ap la révolution, d'ailleurs. Bref, si certains avaient des places, d'autres n'en avaient pas. Soit par choix, soit par manque de moyens, soit par exclusion, de leur gré ou de force. on peut lire sur ce genre de sujets les récits d'enfance d'Alain Rémond. Enterrements avec des "classes" différentes, places de choix ou arrières bancs, j'éviterais de voir des rapports de conséquence trop évidents entre des usages et des pratiques.

Faire que chacun se sente attendu, reconnu, appelé, oui, s'inquiéter toujours de celui qui manque, qu'il soit habitué ou rare participant, oui, être exigeant pour pouvoir beaucoup donner, sans doute, être exigeant au point d'accepter de perdre ceux qui ne seront pas à la hauteur, moins...

on ne se fiche pas de la forme, on ne la fige pas pour autant... et il ne faudrait pas chercher que dans les "exigences" plus ou moins relatives de l'Eglise la désaffection pour certains sacrements. Qu'une génération ait choisi de ne pas transmettre c'est un fait. Que cette génération ci ne sache même pas qu'elle le doit, c'en est un autre. Que l'engagement à vie soit une valeur et une richesse peu mise en exergue par notre société, assoiffée de plaisir immédiat c'est encore une donnée du problème.

je veux regarder avec émotion ces plaques de laiton, comme la clé de "la porte des hommes". Je ne veux pas oublier les dizaines de chaises sans nom juste à côté, et encore moins ceux qui ne méritaient pas d'y être...

je suis confus peut être, mais vous voyez l'esprit de ma réponse.

25. Le lundi 20 juin 2011, 18:43 par Anne-Priscille

Bein "naphtaline" ou pas, j'aime. Merci. Et pour les liens rajoutés en commentaires aussi.

26. Le lundi 20 juin 2011, 19:54 par Vieil imbécile

Il y a quelques semaines le prêcheur de la petite ville de province dans laquelle j'étais de passage a regretté l'attitude d'un de ses confrères qui supprimait régulièrement des chaises "vides" pour laisser l'illusion d'une église pleine. Il nous dit qu'il avait envie de faire exactement l'inverse, d'acheter autant de chaises qu'il y a de paroissiens, d'en remplir l'église, de stocker le reste, et de se réjouir infiniment tous ensemble dès qu'une chaise vide trouvait nouveau preneur.
Vous vous réjouissez, et nous aussi, quand la chaise d'un(e) habitué(e) est occupée. Mais combien plus nous nous réjouirons quand toutes les chaises vides auront retrouvé leurs destinataires ! et combien nous ne pourrons rester tranquilles tant qu'il restera une petite chaise vide...

27. Le lundi 20 juin 2011, 19:59 par David

je ne tasse jamais tous les chrétiens vers l'avant, on a le droit de rester planquer derrière les piliers, et les chaises vides ne font pas peur, à moins d'un rapport de 1/100 où ça fait bizarre. j'aime bien votre idée de chaises. Ma paroisse à Paris, c'était 42000 habitants. ;)
mais bon, se pose le problème quand il y a 5 messes par week end, ou, pour la paroisse où je suis actuellement sept églises qui servent plus ou moins régulièrement.

28. Le lundi 20 juin 2011, 20:05 par Pourquoisecompliquerlavie

@Père

Bien sûr vous avez raison.
Et mon commentaire fait entre deux dossiers ne disait pas tout ce que je voulais dire.

Mais de même qu'un prêtre déguisé ;) en prêtre permet d'être reconnu de tous, que les enterrements qu'on voyait avant et qui sont cachés ajh rendaient la mort familière, que les règles libèrent (mais si, mais si) vous savez bien que les choses sont neutres, c'est l'esprit, l'Esprit qu'on y met qui en fait la valeur et l'efficacité.

Ces Mme E Duval, les voulaient ces plaques et dans le beaucoup qu'elles étaient prêtes à faire pour les avoir, il n'y avait probablement pas que des vanités, des mesquineries. Peut-être y avait il aussi un souhait - humain - de récompense, d'avant goût de la récompense ultime...

29. Le lundi 20 juin 2011, 20:12 par David

je verrais bien un parallèle avec les médailles diocésaines. Breloques par certains côtés, reconnaissance de vies données par ailleurs. Tout est manière de les utiliser, et d'en parler. le rapport de l'Eglise catholique avec son "intérieur" et "extérieur" est tjs un peu compliqué. Prenez aussi les "ministères institués" qui sont souvent une belle chose, un bel accompagnement, une grosse responsabilité, une chance et un appel dans la vie, et perçus aussi comme excluant en institutionnalisant (en plus, ils sont réservés aux hommes, comme les plaques semblaient réservées aux femmes). Choix cornéliens, mais qui peuvent être au service de l'Evangile.

30. Le mercredi 22 juin 2011, 12:33 par Vianney

Merci à Edmond et David ! Un bel exercice de duo, que j'aime beaucoup ! Bravo !

31. Le vendredi 30 mars 2012, 22:07 par ponsard therese

merci David, j'aime bien .., j'ai lu cette petite histoire à ma maman (90 ans ) elle se souvient que sa famille dans les deux sèvres, était plus " mal placée" que la famille de sa cousine, mais ils étaient plus "anciens" dans la ville ..eux!!!!.. alors!!!! et les Bonneaux eux n'avaient pas de chaises , pas de chance !! on était habitué , " c'était comme sur un parking," ça nous a permis de parler de ce temps lointain, ..
j'en profite pour te dire que nous prions pour toi et pour tous les prêtres .. à bientôt trez

32. Le samedi 31 mars 2012, 08:57 par David

@Thérèse: petite histoire contemporaine sur ces chaises. Je crois que c'était quand même un truc très figé de l'époque. Aujourd'hui, on peut vouloir leur faire dire autre chose. Pour le coup, je suis tout impressionné que vous l'ayez donné à lire à qqn! merci

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