Michel Guillot : “la prière de l’oraison selon la spiritualité ignatienne comporte plusieurs temps. Après s'être préparé à commencer la prière en faisant silence,

Entrer en prière en choisissant un lieu et une attitude qui vont aider à “chercher ce que je veux”, à savoir prier avec davantage d’attention, d’écoute de la Parole de Dieu, de tranquillité intérieure. Divers lieux et diverses positions peuvent convenir, selon l’âge, la santé, le tempérament des personnes : en marchant ou assis, à genoux ou debout, voire couché, au dehors ou dans sa chambre ou son bureau, dans une chapelle ou un oratoire domestique ; c’est à chacun de déterminer, après quelques essais, ce qui lui convient pour se tenir dans l’attitude de silence intérieur et d’écoute recherchée. Aller donc là et se tenir dans la position où l’on est davantage aidé à se recueillir et à être attentif à la Parole, à l’appel, à la présence de Dieu.

Entrer en prière par une prière préparatoire : En commençant le temps de prière, s’offrir au Seigneur pour l’accueil de sa Parole. Dieu veut toujours entrer en contact profond avec nous : lui demander que nos pensées , nos désirs et nos actes soient orientés dans cette direction, pendant ces moments que nous avons décidé de lui consacrer. Qu’ils soient animés par la louange de sa grande bonté et par le désir de mettre toute notre vie à son service.

Se représenter le cadre de la scène. Se représenter les lieux où se déroule la scène que l’on veut contempler, et la manière dont soi-même on y prend place, permet d’entrer dans l’ambiance de ce qu’on va contempler. Celle-ci, en effet, n’est pas la même par exemple si Jésus enseigne la foule, discute avec les scribes ou parle avec Marie dans la maison des sœurs de Lazare… On essaie ainsi, en situant les choses et en y prenant sa place, de s’accorder au climat affectif de l’épisode à contempler ou du passage à méditer.”

ça, c’est vraiment une des bonnes idées des exercices spirituels. Dans l’oraison, se représenter la scène domestique et ordonne l’imagination, et utilise toutes les facultés de l’intelligence et du cœur pour la prière, gommant la crainte du cinéma intérieur pour en faire un lieu de révélation.

Mais c’est là que, parfois, ça foire. Parce que tu vois, Ignace, avec ton petit nom charmant, tu as sous-estimé le sens aigu de notre intelligence à “penser à ce qu’il ne faut pas”, faire des associations saugrenues, repérer le détail qui tue ou… imaginer vraiment la réaction des disciples.

Nous, on connaît la fin de l’histoire et pourtant on ne peut pas s’empêcher, tout sauvés et imbibés de grâce soit-on, de passer souvent à côté du fin mot, ou de la Bonne Parole de l’histoire. Mais les disciples… Ils ont dû avoir du mal à entraver certaines paroles ou attitudes du Christ. ou…

Si cette expérience vous arrive ou vous est arrivée, le dimanche pendant l’Evangile, le matin en lisant l’Evangile au quotidien, ou pendant l’homélie, vous allez adôôôrer la version “papier” des bédés d’Edmond Prochain. Compilation des petites pensées parasites des disciples (que nous sommes) à l’écoute du Christ… ça pourrait paraître irrespectueux, c’est en fait plutôt un appeau à vraie lecture, la lecture avec attention qui pourrait déceler Dieu jusque dans les iotas des Ecritures.

Elvine a dessiné ce que strip generator avait anticipé, donnant encore plus de caractère à chacun des disciples et autres personnages des Evangiles que Jésus rencontre au quotidien. Quand vous aurez acheté auprès de votre libraire la BD, vous allez la dévorer en une fois, éclater de rire souvent et vous vous direz que l’Evangile, finalement, vous ne l’aviez pas si bien lu. Heureusement, au bas de chaque strip, la référence est là pour vous renvoyer au texte que vous ignoriez…

A vrai dire, à la première lecture rapide de tous les strips les uns à la suite des autres, on peut lâcher de temps à autres une moue de “mouais” parce qu’on accroche moins… et puis, comme toute BD, on prend le temps de relire… et en s’attardant, en s’arrêtant, on apprécie le goût de la Parole qui se dégage du “sel” ainsi extrait.

Si l’Evangile est votre air , lire les disciples, c’est comme l’effet secondaire d’une bouffée d’oxygène… ça fait rire, déploie les poumons, et donne envie de continuer à en vivre.

et si vous n’êtes pas convaincu, le panégyrique se trouve

Commentaires

1. Le vendredi 23 septembre 2011, 10:48 par Edmond Prochain

Je suis flatté, non pas tant que tu aies aimé (ça, j'en suis d'abord heureux), mais que tu aies à ce point compris la démarche. Même si, on est d'accord, le but est d'abord de procurer de la détente... On a quand même tranquillement conçu l'album pour le mettre au service de la Parole de Dieu, et pas l'inverse.
Certaines propositions éditoriales (ne venant pas nécessairement de l'Emmanuel, d'ailleurs) envisageaient des modes de présentation qui tendaient à inverser ce rapport, et je les ai rejetées sans aucune hésitation.

Le résultat final aurait peut-être pu éviter quelques "mouais" à la lecture, mais il est le fruit d'une sélection entre Elvine et moi : je ne suis pas spécialement fier de certains gags qui la font mourir de rire, et elle ne comprend pas bien parfois pourquoi j'en aime particulièrement un autre... Et finalement, mis bout à bout, on se retrouve avec une série de strips qui ne jouent pas du tout sur les mêmes registres d'humour, sur les mêmes effets. C'est sans doute une chance pour que davantage de gens s'y retrouvent, différemment... J'aime bien l'idée aussi.

En tout cas : merci ! :)

2. Le vendredi 23 septembre 2011, 11:18 par mad

Cool, je ne suis pas complètement à côté de la plaque ! c'est à peu près comme ça que je percevais la démarche. D'ailleurs ça m'a valu quelques distractions et fous-rires, soit que j'imagine l'oraison de Mgr Edmond (puisque nul ne sait s'il est évêque ou laïc ;-) ), soit que je me représente l'évangile du jour en version strip generator et maintenant dessins d'Elvine.
En fait sérieusement, on sent qu'Edmond n'a pas voulu railler les disciples, mais bien lire l'Evangile... et ça, c'est vraiment chouette.

3. Le vendredi 23 septembre 2011, 11:42 par François

Et t'es fier de ton titre ? Eh bien ... c'est pas gagné avec les jeunes prêtres ... et je sais de quoi je parle !
Franchement, ça ne m'étonne pas que tu sois copain avec Edmond, tiens !

4. Le vendredi 23 septembre 2011, 11:51 par David

@françois: on ne se moque pas, la dyslexie, c'est un vrai souci. la contrepèterie aussi.

@mad: vraiment chouette.

@edmond: et je suis sûr que j'ai pas tout à fait les mêmes "mouais" que les autres...

5. Le vendredi 23 septembre 2011, 14:42 par Vieil imbécile

Mouais, quand on utilise slip generator, on est pas étonné de voir où ça aboutit...
Trêve de sliperies. Je l'ai lu cet été, et j'étais déjà bien vieux, puisque je n'ai pas eu la chance d'éclater de rire à chaque page. Mon impression globale de lecture est plutôt le "honhon" accompagné d'un sourire intérieur... qui se transforme insensiblement en réflexion, en approfondissement. Et qui n'en finit pas de résonner de longs jours après.
Cela m'a d'ailleurs rappelé une polémique d'avant-été, suscitée par deux journalistes de Libé me semble-t-il, qui ramenaient l'Incarnation au trivial. Certains étaient tombés à bras raccourcis sur les malheureux signataires, en leur reprochant "en plus" de ne pas avoir de talent. Or il me semble souvent qu'Edmond va aussi loin dans la dérision, mais - et c'est ce qui fait toute la différence - avec talent. Et finalement c'est peut-être ça le talent : s'appuyer sur les dissonances pour amener vers le beau, le haut.
Bon, j'espère que le jeune Edmond ne lira pas ça, ses chevilles ne lui permettraient plus d'enfiler son dixième de titre davidien quotidien...

6. Le vendredi 23 septembre 2011, 17:31 par Gael

Je ne crois pas qu'Ignace s'attardait tant sur les pensées de la prière que davantage sur les fruits portés. Et quand je vois le résultat, je ne peux que dire : merci Edmond !
Gael

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