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Bref.

Les gens snobs, comme moi Clignement d'œil, n’ont pas la télé parce qu’à la télé, ils passent n’importe quoi. Le journal d’infos est insupportable pour peu qu’on s’en soit désintoxiqué, et les jeux et autres émissions s’y révèlent souvent sordides. On n’y exalte pas grand chose de passionnant, pub comprise. Mais les gens snobs comme moi n’en regardent pas moins, bien souvent, des films, des fils, des infos, des séries via leur Box Internet, où ils peuvent choisir de perdre du temps en regardant des chefs d’œuvre… comme, bien plus souvent, des navets (mais choisisConfus). Et si une téléréalité s’avère encore plus navrante que d’habitude, tel ou tel réseau social saura s’en faire écho… il serait dommage que la daube reste cantonnée. Les encore plus snobs oublisent des livres, c’est-à-dire les dévorent tout en les oubliant au fur et à mesure de leur lecture. J’en suis parfois.

N’ayant pas la télé, et n’étant pas propriétaire, je peux raccrocher super vite quand je me fais piéger par un télévendeur insipide, et peux me permettre d’ignorer royalement les changements de grilles de rentrée des chaînes plus ou moins généralistes. Il y a peu, j’ignorai encore le palmashow, ce qui est plus une faute professionnelle qu’une faute de goût pour un aumônier. Mais bon, en 10 jours, à la rentrée, j’ai vu fleurir un franc succès pour une nouvelle série courte de Canal plus, approchant du million de fan sur facebook. Bref.

media--image-667902-article-soFormat court comme ceux dans lesquels Canal+ a depuis longtemps excellé, avec un humour grinçant, irrévérencieux, mais un ton qu’on sait souvent repérer. Après tout, j’ai été fan des deschiens, ai vu les Nuls, et apprécié certains épisodes de Groland tout comme je connaissais les paroles de “Reviens JPP reviens, parce que la France elle a besoin de toi”.

Là encore, dans Bref., il y a un ton, et une écriture, une voix off, celle qu’on a dans sa tête, celle des plans qu’on se fait, des jugements qu’on omet, des lâchetés qu’on tait, et un montage vraiment original et sympa… plans courts, plans longs, et un rythme très parlé.

Le personnage central et principal est un trentenaire lambda, sans sans, sans femme ni boulot ni projet, ni … clairement définis… un mec qui gère sa vie à la petite semaine. Les chroniques sont croquées avec cette compromission des vies un peu molles, et il y a beaucoup de “bien vu” dans tout ça. C’est souvent drôle, pour peu qu’on ne s’offusque pas trop des quelques turpitudes sexuelles ici très décomplexées. Bref, j’ai regardé tous les épisodes sur Facebook. Et j’ai souri.

Au bout de ces quelques semaines, il me reste tout de même un petit truc bizarre dans le fond de la gorge… un truc qui m’arrive bien souvent quand je tombe sur un des programmes du grand journal de canal, au rire millimétré, à l’audace calibrée, au cynisme amusant, à la répartie bien vannée. Un soupçon de nulle part (ailleurs)

Je ne suis pas tant choqué par la récurrence des allusions sexuelles à ses “plans cul/ masturbation” mais plus fatigué, étrillé par le désengagement, le lymphatisme récurrent, l’absence de perspective. Tout dans la vie du gars, les relations, les projets se gère à la petite semaine, sans envergure, ni désir de fonder. C’est “cool”, “amusant”, “bien trouvé”, “plaisant”, “orgasmique” mais rien ne peut y durer.

Si le succès provient de la capacité des contemporains à se reconnaître dans le personnage, voire parce que c’est une chronique cinglante d’un monde fatigué, alors cette série, que j’aime bien, me fait un peu peur. Peur parce que je pressens mieux pourquoi beaucoup de couples se fatiguent, rompent, cessent d’y croire, ou d’envisager de fonder pour longtemps. Et des enfants, lassent-ils autant, trouveront-ils la permanence de leur identité dans une volonté aussi fatiguée et changeante? Personne ne dit plus qu’on construit, que ces couples existent, heureux, qu’un projet peut vous travailler et vous emmener plus loin, si loin. On dit juste que c’est la crise et que ça va (peut-être) passer.

Le rythme de la série est donné par une voix, intérieure et qui ne dialogue pas, voire qui ment ou se ment. Et elle est seule mesure et censure, vite désactivée.

Dans le dernier épisode, le héros assiste médusé à un mariage qui se transforme en supercherie dès la première soirée, mariage qu’il ranime provisoirement sans espoir de rémission. Des amis, des jeunes qui rament, j’en connais. J’ose croire avec eux, je l’espère, qu’ils cherchent à bâtir quelque chose qui va plus loin, plus profondément. ça doit être possible. Mais nous avons une responsabilité de faire entendre un autre son, celui d’une profondeur et d’un engagement. En tout cas, n’en déplaise à Canalplus, on va se bouger pour construire un monde différent, dans lequel on puisse croire.

Bref, j’ai regardé une série, et pensé à mes amis.

Commentaires

1. Le mercredi 5 octobre 2011, 01:30 par David

un épisode un peu sympa, c'est celui là... http://www.canalplus.fr/c-divertiss... et en dessous, ben les autres, plus dégrisants.

2. Le mercredi 5 octobre 2011, 02:21 par Isabelle

Brrr... ça ne donne pas envie d'aller voir...

3. Le mercredi 5 octobre 2011, 02:34 par do

J'apprends à regarder ...une série à la télé?
ce qui est terrible, c'est quand les discussions entre collègues, en chair et en os, laissent ce même goût amer. amis infidèles, fringues, chaussures, club de sport, kilos perdus ou gagnés, critiques de brus. euthanasisme et eugénisme comme seule réponse à la moindre évocation de l'irruption d'une difficulté dans une vie. et pour seule source d'admiration: ces chinois âgés qui font leur gym tous les matins pour ne pas être "à charge" de leurs enfants plus tard.

ce qui est terrible, c'est quand même ces séries-là arrivent à être une distraction!

4. Le mercredi 5 octobre 2011, 02:41 par Isabelle

Et bien sûr, j'ai été voir... ;-)
C'est souvent bien glauque...
Merci pour la fin de votre billet qui chasse cet arrière-goût désabusé qu'on ressent en voyant ne serait-ce que quelques épisodes.

5. Le mercredi 5 octobre 2011, 07:58 par Corine

J'irai voir...mais je ne sais pas si j'aurai très envie d'en reparler après.

6. Le mercredi 5 octobre 2011, 08:15 par David

l'humour de la série fonctionne tout de même vraiment bien, et on ne peut s'empêcher de penser souvent "ah ah, bien vu", surtout pour le lien que j'ai mis "comme tout le monde". N'empêche que ça devient un must, ces formats courts de C+. J'aime bien le mot que je n'ai pas su trouver, Isabelle: désabusé. 

et grâce à @bzavier, j'ai lu ça aussi: 

Capture_plein_ecran_05102011_080923.bmp.jpg

ah. Si vous voulez vraiment vous affliger, parcourez les milliers de commentaires qui émaillent chaque vidéo sur la page FB. Là, sans retenue, on pleure. 

7. Le mercredi 5 octobre 2011, 08:46 par Isabelle

Oui, l'humour fonctionne bien, très bien, même, trop bien, peut-être: c'est parce que ça reste très bien fait et enlevé qu'on peut visiblement devenir accro et ne pas réagir à ce que cette série a d'enfermant. C'est limite destructeur, même si je vois sûrement les choses de manière trop sombre.
En forçant un peu le trait, ça me fait penser à un recueil de nouvelles qu'une libraire m'avait conseillé pour mon aîné qui commençait à bien lire. Heureusement, j'ai lu le livre avant de... ne pas le proposer à mon fils. Même désenchantement, même enfermement. Mêmes côtés bien trouvés. La libraire n'a pas compris pourquoi je suis revenue lui dire ce que je pensais de ses conseils...
Quant aux commentaires, pour le coup... non merci! J'imagine...

8. Le mercredi 5 octobre 2011, 08:47 par Claire

La vie, je la préfère en format long (tant qu'à faire...;-) ) !!!

9. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:17 par Fred

J'aime bien "Bref", dernier opus d'un monde désanchanté et de trentenaires désabusés. Ils ne sont pas tous comme ça évidemment.
Concernant la "mise en perspective, l'absence de projets" tout ça, en 1'30, il faut quand même avouer que ça ressemblerait à un exploit. Comme si tu voulais faire de l'ultra grand angle à 25 cm du sujet.
Avantage de la série : comme le micro ondes, c'est vite fait, vite réchauffé.
J'ai personnellement un problème avec les "dialogues" (on est loin d'Audiard) : les "acteurs" parlent trop vite, je ne comprends pas la moitié de ce qui se dit. Du coup, je repasse souvent "Bref" deux fois, ce qui n'est plus bref...
;-)

10. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:20 par Lorenzoo

C'est quand même une bonne série révélatrice d'un certain désenchantement ambiant... On se dit : enfin du nouveau (en tout cas ça a peut être existé mais on l'a oublié)... En tout cas j'aime, même si sur le fond la pauvreté d'engagement du personnage fait peur...

11. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:21 par Marc

Bref, je suis totalement fan.

12. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:23 par Jean duma

Canal est un repère -marrant certes parfois- de valeurs fausses, l'apologie d'un pays de zombies -le finalement glauque groland produit par des cinquantenaires !-, moins que l'illustration du vide contemporain qu'on trouvera plus sur tf1.

Quant à moi, meme pas peur de ces pantins faux, qui ne tiennent que par le regard des autres... J'ai recu la certitude qui est aussi un combat, du Dieu en moi, qui me libere de ce surf superficiel, ce flottement indecis et creux.

Bref, j'ai été baptisé

13. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:25 par Guillaume Duvillaret

Peut être que le succès de la série ne vient pas seulement dans la capacité à se reconnaître dans le personnage, mais dans celle de l'idéaliser, de le prendre en modèle. Le "héros" est cool, complaisant avec ses travers (les travers sont plutôt bien trouvés, mais mériteraient de pousser à changer, à devenir meilleur, ce qui n'est pas le cas dans cette série), il ne se prend pas la tête. Et si c'était aujourd'hui ce que beaucoup recherchaient ?

14. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:42 par Polydamas

Juste pour vous signaler que le blog de l'auteur de la série est là : http://blavog.free.fr/blavog/

Il y a une ambiance, un ton assez particulier et un peu plus profond que ce qu'il présente dans la série.

15. Le mercredi 5 octobre 2011, 09:45 par David

merci Polydamas, j'irai lire tout à l'heure. Je n'avais pas poussé jusque là. Rien contre l'auteur en particulier, vous avez compris... juste cette impression que tout ça produit sur moi!

16. Le mercredi 5 octobre 2011, 11:15 par monsieurB

Un papier bien torché monsieur le curé !
;-)

17. Le mercredi 5 octobre 2011, 11:20 par monsieurB

Ce même auteur est aussi le scénariste du tres bon blog " la bande pas dessinée"

18. Le mercredi 5 octobre 2011, 11:31 par Nitt

Ça ne me donne pas envie non plus... Quand on voit la démission à sa porte, sur son lieu de travail, un peu partout en général, on n'a pas forcément envie d'en rajouter dans la fiction.

Mais lorsqu'on voit, au milieu de tous ces "bof" et cruels manques d'ambition, des jeunes qui disent : "je me suis toujours battue et aujourd'hui je sais pas faire autrement. Quand je vois les autres, j'ai envie de les secouer" ou "je suis mariée, ça fait bizarre de le dire", ou d'autres encore qui mettent toute leur énergie pour changer leur destin, on se dit que "l'espèce humaine n'est pas encore complètement foutue".

19. Le mercredi 5 octobre 2011, 11:58 par Let

Merci pour cette analyse fine et rondement menée...
Depuis quelques jours, depuis que j'ai découvert Bref. et que j'ai moi aussi regardé quasi toute la collection... m'habite une sorte de culpabilité molle !
J'ai vu, j'ai ri, et j'ai gardé un petit goût amer au fond de la gorge à l'idée d'être une sorte d'illuminée dans un monde de zombies. Je ne me considère pas mieux, mais je serais terrorisée à l'idée que ma vie devienne comme celle de Bref. ou pire, comme celle de son plan Q régulier !
Bref, j'ai pas la TV non plus, je suis trentenaire, et je m'en sors carrément bien !

Ps : dans le même genre... Je préfère les 1ers épisodes de Norman fait des vidéos ! http://normanfaitdesvideos.com/

20. Le mercredi 5 octobre 2011, 13:15 par Le Spirituel D'abord

Merci David pour cette analyse que je partage. J'ai rencontré par hasard samedi dernier l'acteur de Bref gare St Lazare, on a un peu échangé, il n'est pas insensible aux remarques sur sa série (qu'il co-écrit). Bref, je pense que tu peux lui envoyer l'article, voilà son compte Twitter : @kyank.

21. Le mercredi 5 octobre 2011, 15:43 par Polydamas

En fou furieux du web, ça fait un moment que je le lis, il avait annoncé son projet sur Canal. Le résultat ne m'étonne guère, c'est assez cohérent avec sa personnalité.

Je recommande de revenir assez loin dans les archives :
- http://blavog.free.fr/blavog/index....
- http://blavog.free.fr/blavog/index....
- http://blavog.free.fr/blavog/index....
- http://blavog.free.fr/blavog/index....

22. Le mercredi 5 octobre 2011, 15:59 par David

ok, Polydamas, je vous concède le titre de fou furieux du web, et j'apprécie les liens que je vais continuer à lire dès que j'aurai plus de temps. Mon impression vient de l'ensemble de la série, moins que de l'auteur. Je lisais, il fut un temps, la bande pas dessinée... donc finalement, connu!
sinon, y a Monsieur B qui grâce tout ça veut se mettre à réécrire, et c'est la nouvelle de l'année (et le billet de l'année aussi) (http://letiroir.canalblog.com/)

23. Le mercredi 5 octobre 2011, 16:16 par Navo

Intéressante analyse.

Effectivement, l'idée était d'avoir un héros qui subit la vie. On trouvait ça intéressant à traiter. Il fait peu de choix, ne sait pas trop où il en est, ni où il va.

Je pense, malgré tout, que traiter un sujet, un personnage de ce type, n'est pas forcément "enfermant". Il traverse la vie avec une certaine candeur. Il n'est pas si désabusé que ça, plutôt désinvolte. Et il est à l'image de beaucoup de gens dans notre société.

N'oublions pas non plus qu'il s'agit d'humour, de forcer un peu le trait et de rire.

Mais l'évolution du personnage est une donnée importante pour nous et elle est prise en compte.

Merci, en tout cas, d'avoir pris le temps de cette analyse.

24. Le mercredi 5 octobre 2011, 16:38 par L'Orignal

Chapeau !

25. Le mercredi 5 octobre 2011, 18:05 par monsieurB

Et dire qu'il m'aura fallu Bref pour avoir envie de reprendre mon blog.
Le monde est curieux tout de même !

26. Le mercredi 5 octobre 2011, 18:30 par Nico

C'est une analyse intéressante et pertinente.

Malheureusement, je n'arrive pas à voir cette série comme l'illustration d'un monde désenchanté dans lequel un mec désabusé traine sa carcasse sans aucun espoir de rémission. "Malheureusement" car je suis sans doute trop primaire pour voir les choses ainsi.

Pour moi, comme pour beaucoup d'autres je pense, il s'agit d'une sympathique série qui me fait beaucoup rire. Rien de plus, rien de moins.

Et si ce n'est pas un exploit, ce n'est pas donné à tout le monde non plus.

27. Le mercredi 5 octobre 2011, 19:08 par David

@Navo: je crois que je vous rejoins sans aucun souci sur l'expression: il est à l'image de beaucoup de gens dans notre société. Et ce n'est donc pas du tout votre écriture, ou le format de la série qui me chatouille le lobe frontal, c'est ce constat, que je fais également parfois. Si certains s'en sortent bien avec désinvolture, d'autres mettent plus de temps à se reconstruire. Et cela me rend inquiet. Qu'on en joue, qu'on s'en amuse, je me suis franchement marré aussi. Moi aussi j'ai lâché des éclats de rire. Un théologien que j'aime bien l'a posé aussi... Esquissant une société sûre et sans réel danger (il ne peut plus nous arriver grand chose, ce qui est le cas de Kyan) mais qui n'a plus grand chose qui l'attire autrement (soit) et surtout ne sait pas ce qu'elle manque. Pour aborder cela, il évoque les limbes. Le propos est tout aussi inquiétant, mais stimulant.

A dire vrai, je croise aussi beaucoup de personnes qui ne se jouent pas si bien de la désinvolture mais rament pour assumer leurs rêves d'une vie autre (grande, structurée, rêvée). En tout cas, c'est drôle.

@Nico (Quel Nico de mon carnet d'adresse?) ça me fait rire aussi, je le dis et le répète. J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'aimer regarder et écouter parler les trucs même les plus drôles. ça donne plein d'occasion d'apprendre.

28. Le mercredi 5 octobre 2011, 19:29 par Polydamas

@ David :

Petite précision. D'accord avec vous sur le constat. Cela dit, et je parle à titre personnel, quand on essaye de suivre la voie que Dieu a choisi pour nous (ou celle que l'on imagine que Dieu a choisi pour nous), avec le don total que cela implique, l'engagement et la volonté d'avancer, il est clair également que l'on peut se "crâmer" en route. La croix, la passion, c'est difficile, exigeant, la tentation de tout laisser tomber, et d'envoyer Dieu paître, est très forte. On comprend mieux ainsi la passivité de certains de nos contemporains devant les grandes décisions de vie où ils sont paralysés par l'enjeu, et préfèrent donc laisser faire le hasard, en s'enfermant dans des situations inextricables, mais qui les permettront de construire. Je ne suis pas d'accord, mais je comprends extrêmement bien la mentalité.

Déjà que c'est loin d'être facile lorsque l'on est catholique, lorsqu'on comprend le sens de ce que l'on vit, mais alors lorsqu'on n'a pas eu la chance d'être éclairé sur les manières dont il faut considérer la vie, c'est pas loin d'être impossible d'avoir des idéaux, et d'essayer de les vivre.

Et c'est un fou furieux d'idéaliste qui parle. :)

29. Le mercredi 5 octobre 2011, 19:42 par David

trois fois d'accord et super intéressé par vos commentaires, Polydamas, en une journée, va falloir qu'on sable le champagne... Oui. Les situations sont souvent si complexes, les engagements impossibles, les perspectives enfumées et "sans crédibilité", le sens de l'engagement ni éduqué, ni permis, l'amour bafoué, fatigué, blessé... je comprends si bien, et sais aussi pertinemment que même engagé, on peut aussi parfois continuer dans la désinvolture plutôt que continuer à se laisser "embraser" (ça fait mal, parfois, c'est inquiétant aussi...). Donc oui, je comprends. Et puisqu'on s'entend: Champagne.

30. Le mercredi 5 octobre 2011, 21:51 par Vieil Imbécile

Eh oui, je n'avais pas encore trollé... votre dernier échange me fait penser à une phrase qui est ressortie plusieurs fois sous mes doigts ces derniers temps... "Aimer quelqu'un c'est accepter d'avoir à souffrir à cause de lui" du regretté Mgr Claverie. Qu'on la comprend cette tentation de préférer refuser cette souffrance, et d'opter pour le hasard, l'indifférence, la démission ! Et peut-être faut-il être fou pour choisir l'amour. Euh... le furieux n'est qu'optionnel ;)

31. Le mercredi 5 octobre 2011, 22:13 par David
  1. don't feed the troll# non seulement on la comprend la tentation, mais on accompagne et reste fidèle à ceux qui ont été dépassés par elle, pour ne pas devenir un petit censeur! #bonappétit# ;)
32. Le mercredi 5 octobre 2011, 22:27 par Polydamas

@ David :

Champagne ? Avec plaisir. :)

Mais ce n'est pas parce que l'on est, peut-être, en désaccord sur certains sujets, que je ne suis pas en unité plus profonde avec l'Esprit sous l'inspiration duquel vous écrivez. Je crois qu'on est d'accord depuis le début...

@Vieil Imbécile :

J'ai un vrai côté furieux. Qui s'est apaisé, voire a disparu, mais la bête couve toujours... :p

Sinon, la citation de Mgr est effectivement très précieuse.

33. Le mercredi 5 octobre 2011, 22:44 par Le Spirituel D'abord

Personne n'a relevé cette phrase dans le commentaire de @Navo : "Mais l'évolution du personnage est une donnée importante pour nous et elle est prise en compte"
Peut-on imaginer un épisode "Bref, j'ai rencontré Dieu" et une vie qui se transforme ?

34. Le mercredi 5 octobre 2011, 23:02 par David

@LSD: Bonne idée et merci du lien opéré vers kyank... 

Au sujet de la conversion du perso ben, non. surtout pas la 2e partie de ce que tu imagines. Qu'il rencontre Dieu (après la police), pourquoi pas, il faudra tenir dans la longueur et donc le sujet pourrait sortir, mais qu'il soit touché ou qu'il bouge, je ne crois pas. Désinvolte, C'est justement ça le sujet de ce billet et le "caractère" du personnage. non?

35. Le jeudi 6 octobre 2011, 13:45 par Le Spirituel D'abord

Je pense au contraire qu'une rencontre avec Dieu offrirait au personnage une formidable perspective d'évolution, après tout, le concept se prête bien à l'intériorité, puisqu'il parle en voix off tout le temps.
Une telle évolution du personnage n'empêcherait en aucun cas qu'il garde son caractère gaffeur, lourd et indécis et qu'il lui arrive toujours autant d'aventures. Cela veut dire que tu "l'enfermes" et le condamne à sa petite vie tranquille et sans but ? Moi je suis sûre que ce garçon a un avenir qui va nous surprendre ! Bref, je crois en lui ;)

36. Le jeudi 6 octobre 2011, 14:22 par Sophie


**je copie colle un comme de sophie sur FB. pour discussion.**

" je maintiens que si ressemblance il y a avec nos vies de tous les jours, plus ou moins frappantes (pour ma part c'est plutôt moins que plus dans l'ensemble et heureusement) c'est dans l'unique but d'amuser. Ce vide intellectuel que tu détectes, cette vie banale "à la petite semaine" comme tu dis, est, hélas, notre lot à tous, du moins dans les grandes lignes, car elle n'exclue pas des projets d'avenir. D'ailleurs, si on ne retrouve aucune profondeur spirituelle dans le personnage de la série, ni aucune ambition valable, qui nous dit que ce n'est pas le cas pour autant ? Seulement, c'est tout de suite moins bankable que les blagues grivoises ; blagues grivoises totalement assumées d'ailleurs.
Enfin, je finirai sur une comparaison certes un peu outrageante, mais en lisant ton billet, et les lacunes, je ne sais comment les appeler, que tu attribues à cette mini-série tordante et sans prétention, je ne pouvais pas ne pas faire le lien avec les critiques des contemporains de Zola : une vie sans but précis, sans espoir, ou baffoués, morne, voire lubrique, pourtant, Zola dépeins à merveille l'horreur du genre humain, non pas que Bref soit un chef-d'oeuvre égal, mais tout ce laïus pour dire, que ce qui te chiffonnes dans Bref, peut être, pour d'autres points de vue, justement, une qualité."

37. Le jeudi 6 octobre 2011, 15:15 par David
Puisque Marc au gros pouce m'en a reparlé en fan, je suis allé revoir deux ou trois épisodes qu'il aimait bien. Episodes délicieux qui ne correspondent pas du tout au billet, mais touchent juste. Pour apprécier la série, autant regarder celui là! et du coup, je pense que l'a priori sur ce que j'ai dit, ouce que vous avez vu, dépend pas mal de l'épisode. +1 pour je suis comme tout le monde, ou ci-dessous j'ai passé un entretien d'embauche. C'est Bon: 

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
Bref. J'ai passé un entretien d'embauche. - Episode du du 05/09 l'épisode préféré de Marc au gros pouce. 
38. Le jeudi 6 octobre 2011, 17:32 par Corine

Finalement j'ai un peu envie d'en parler...J'ai regardé quelques épisodes sans doute pas suffisamment. J'y ai reconnu des gens. Des gens que je croise aussi autour de moi... Désabusés oui c'est vrai, pour certains. Conformes aussi: conformes à l'idée d'un monde en crise, triste, sans espoir. Conformes à ce qu'on véhicule aussi sur ce monde.

Je sais seulement une partie du monde dans lequel je vis. On peut se contenter d'y être, d'y vivre ainsi, désabusés. Ou faire d'autres choix. Ce que j'aime moins dans Bref et dans d'autres séries web que ma fille ainée me montre aussi, c'est qu'il semble ne pas y avoir de choix. Qu'il faut rester conformes à cette image désabusée, un peu à la mode aussi, que montrer autre chose, du coup, ce serait ne pas connaître le monde.Ce serait être privilégié, niais ou utopique.Je n'ai pas la prétention de le connaître davantage ce monde mais je n'aime pas les images formatées.Et à tout bien réfléchir, je ne sais pas si ceux qui sont fans se reconnaissent tant que ça ou bien reconnaissent ce qu'on veut leur faire croire comme étant une certaine norme aujourd'hui: c'est ainsi que le monde est fait et on n'y peut rien, c'est la crise, de la société ou de la trentaine ...
Le héros de Bref m'a fait sourire mais il est formaté, et j'aime mieux la différence, la révolte, les autres sons de cloches. Et ils existent.

39. Le jeudi 6 octobre 2011, 18:16 par Claire

Je m'amuse qu'un billet intitulé bref arrive à près de 40 commentaires (ou analyses). Si vous faites long, je promets de faire court... ;-)

40. Le vendredi 7 octobre 2011, 11:40 par David

décidément, ça vaut le coup de réfléchir et de discuter: http://www.lalibre.be/culture/media... (c'est plutôt dans le bas de cet article de la libre belgique, dénoncé par des amis belges)

41. Le samedi 8 octobre 2011, 10:45 par Corine

Sur le héros:"et finalement c'est lui qu'il détruit": c'est plutôt chouette de lire que les auteurs ne sont pas dupes...
Merci David, ça vaut le coup de discuter oui, le pire ce serait de regarder sans apprendre.

42. Le samedi 8 octobre 2011, 14:53 par Polydamas

Je veux pas jouer mon père la morale, mais je n'ai pas pu m'empêcher de sourire quand on voit que Canal a sucré les scènes avec un paquet de clopes du fait du CSA, alors que les allusions sexuelles à répétition ne posent aucun problème. Des paradoxes d'une société...

43. Le samedi 8 octobre 2011, 19:41 par David

@pèrelamorale: ben c'est canalplus, quand même! et c'est supposé être la vie intérieure d'un gens. Et les gens, ça pense à ça. Non? en tout cas, dans les échanges qu'on peut avoir impromptus sur le quotidien d'un prêtre, c'est globalement récurrent.

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