L’athéisme militant, dressé contre Dieu, et, il faut bien le dire, s’appuyant des faiblesses et des abus qui ont pris Dieu pour prétexte, a pu, dans un premier temps s’accompagner d’euphorie, comme si l’homme pouvait jouir enfin, par lui-même et pour lui-même, de ce que jusqu’alors on attribuait à Dieu. Mais ce qui vient ensuite, au moins à ceux qui veulent encore penser, est plutôt le sentiment d’une responsabilité extrême, voire d’une condition humaine désespérante.(…)

c’est ainsi que l’Eglise se bat, en quelque sorte, sur deux fronts : contre ce qui contribue à donner une image de Dieu trop conforme à ce que nous sommes ; contre ce qui méconnaît ou défait cette relation à Dieu qui, lorsqu’elle est en Sa vérité, nous sauve. (…)

Car le Dieu de l’Evangile, même s’il s’accord avec ce qu’une juste raison exige, dépasse nos vues humaines et ébranle toute vaine prétention de la raison. Il est pour nous en celui dont saint Paul, encore, dit qu’Il est l’image du Dieu invisible: Jésus Christ et Seigneur.”

Maurice Bellet, minuscule traité acide de spiritualité. Bayard, p. 20.

à mettre en parallèle avec l’antienne de l’Evangile de mardi dernier:

elle est vivante, la parole de Dieu ;
elle agit avec puissance,
et pénètre les pensées de notre coeur.”

et non pas nos pensées qui pénètrent le cœur de Dieu…
découvrir le vrai Dieu n’est pas le conformer à l’idée qu’on se fait de lui, c’est se laisser découvrir et se connaître par lui! (avec lui, et en lui // déformation pro)