Aller à la recherche

de chrysanthèmes en chrysanthèmes

les codes culturels, voyez-vous, ça s’exporte mal.

A la maison, nous avons des amis de longue date. Des amis qui nous sont tombés dessus il y a trente ans, alors qu’elle était prof de français en Allemagne et que personne ne pouvait vraiment l’accueillir lors de l’échange de nos deux collèges. Elle était venue chez nous, et l’amitié avait pris. Quand les autres avaient réalisé la super prof attentive et délicate que nous avions accueillie, tout le monde voulait se l’arracher mais elle est simplement revenue chez nous. Chaque année.

Trente ans, c’est en gros ma vie, et je les ai toujours vus là. Coups de fil, cartes postales, échanges, et finalement beaucoup plus. J’avais traversé l’Allemagne avec eux à 9 ans, ils avaient fait 1700 km pour participer à mon ordination, on finissait par bien connaître leur région, ils étaient revenus pour le mariage de ma sœur, et encore, et encore… et tout le monde dans la famille baragouine suffisamment d’allemand pour mener une conversation… Au minimum essen, trinken Bier, Rot Wein, Müde, ins Bett et des petits trucs nécessaires dans le genre.

Chaque fois qu’ils viennent en France, même si le collège de mon adolescence a disparu, ils apportent des myriades de petits cadeaux délicats… Toffifee, chocolats, cartes, vêtements de bébés, bières délicieuses et naturelles. C’est pas l’Oktoberfest orgiaque, c’est plus goûtu, plus discret : de l’amitié.

Cette année, pour les trente ans, ils avaient encore apporté tout plein de cadeaux, et des fleurs en tous genres. Belles, délicates, de saison… Pour chacun de petites attentions, fines, ajustées, délicates !

Et pour la voisine, bien malade : senteurs et couleurs. L’attention était géniale mais je ne sais pas pourquoi, certaines fleurs, en France, peuvent rendre susceptible… ou superstitieux. Avant de traverser la rue, on substitua donc gentiment des chocolats aux chrysanthèmes.

Forts de cette expérience, on devrait peut être actualiser l’Evangile avec des codes “à la française” comme le faisaient les peintres du Moyen Âge, pour rendre les symboles plus évidents. Parce que le parfum, voyez-vous…  

Jésus se trouvait à Béthune, chez Simon le pouilleux. Pendant qu'il était à table, une femme entra, avec une couronne énorme contenant des chrysanthèmes coupés très colorés et de grande valeur. Brisant le bouquet, elle le lui répandit sur les pieds

Or, quelques-uns s'indignaient : « A quoi bon gaspiller ces fleurs ? On aurait pu les vendre pour plus de trois cents pièces d'argent et en faire don aux pauvres. » Et ils la critiquaient. Mais Jésus leur dit : « Laissez-la ! Pourquoi la tourmenter ? C'est une action charitable qu'elle a faite envers moi. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous voudrez, vous pourrez appeler le 115 ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire. D'avance elle a fleuri mon corps pour mon ensevelissement. Amen, je vous le dis : Partout où la Bonne Nouvelle sera proclamée dans le monde entier, on racontera, en souvenir d'elle, ce qu'elle vient de faire. »

l’histoire de la fille qui avait offert des chrysanthèmes à Jésus.
reste à continuer d’actualiser! Clignement d'œil

Commentaires

1. Le vendredi 4 novembre 2011, 14:17 par lilo

Le parfum, c'était sur la tête, pas sur les pieds.....à moins qu'il n'y ait un code culturel qui m'échappe. Ceci dit, les fleurs doivent tomber dans l'assiette !

2. Le vendredi 4 novembre 2011, 15:14 par David

@lilo: je sais: j'ai dû changer, parce que jeter des fleurs au visage, c'est un truc de femme bafouée, en code français

3. Le vendredi 4 novembre 2011, 15:38 par yoann

la bible en version 2.0, ça à l'air cool ^^

4. Le vendredi 4 novembre 2011, 16:50 par Clémence

Je connais un monsieur français mais très distrait, voulant apporter gentiment des fleurs à sa femme qui venait d'accoucher de leur petit garçon un 31 octobre, et qui est arrivé à la maternité avec ces fleurs dont était si bien garnie ce jour-là la boutique du fleuriste... des chrysanthèmes!

5. Le vendredi 4 novembre 2011, 17:32 par David

@clémence: je suis sûr qu'on en a ri longtemps. La voisine eut sans doute encore moins apprécié

@yoann: avec des comms interactifs? je crois que c'est le cas depuis le début ;)

6. Le samedi 5 novembre 2011, 11:37 par Nitt

Aaah, les chrysanthèmes ! Chaque fois que je fais un cours interculturel sur les invitations, les fêtes et les cadeaux, je prends le temps de bien préciser que ces fleurs sont bannies des "cadeaux à faire aux vivants".

Je vois bien l'évangile avec Zachée qui grimpe à un lampadaire, Marie qui passe l'aspirateur et vide le lave-vaisselle en râlant, la famille du paralysé qui passe par le vélux pour atteindre Jésus confortablement assis sur le canapé tout cuir...

7. Le samedi 5 novembre 2011, 12:37 par Claire

J'aime beaucoup mes chrysanthèmes et cela m'arrive de m'en offrir....Je n'ai pas la main verte et ces fleurs résistent à mes mauvais soins...Je précise, mon salon n'est pas un reposoir et je ne suis pas suicidaire... ;-) A vous lire tous, il faut peut-être que je consulte.... ;-)

8. Le samedi 5 novembre 2011, 12:39 par Claire

les et non pas mes chrysanthèmes....

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet

Page top