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mon cher Ivan

Bonne nouvelle : Le Vatican en a marre des curés "sans saveur"

Par Ivan Rioufol le 7 novembre 2011 8h30, le figaro

Les curés sont majoritairement prévisibles, ennuyeux, transparents. Ils font fuir les fidèles. Cette constatation d'une évidence, c'est Le Vatican lui-même qui la dresse, c'est-à-dire Benoît XVI. C'est donc une bonne nouvelle. Les prêches des prêtres catholiques sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants", vient de dénoncer le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican. Selon l'AFP, le cardinal italien a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge", a-t-il affirmé. Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication". Il explique:"L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".

Cet aveu d'un conformisme ecclésiastique est évidemment bien tardif, en regard des avancées de la déchristianisation et de la lassitude de nombreux catholiques (dont je suis) face à un clergé pusillanime et politiquement correct, même si je sais qu'il abrite de belles et courageuses personnalités qui œuvrent le plus souvent dans l'ombre. Cependant, le mea culpa est désormais assumé par l'Eglise et cette contrition est un pas important qui vient d'être franchi. Il est piquant de constater que c'est sous l'influence d'un pape plutôt malhabile dans la communication de masse que Le Vatican a décidé de moderniser sa manière de s'adresser aux gens. Reste que cet appel à rendre plus consistantes les prédications dans les églises n'est qu'un retour aux sources du catholicisme et aux méthodes employées par Jésus lui-même, souvent construites sur la provocation et l'exagération.

Dans un livre remarquablement documenté sur Jésus (1), l'historien Jean-Christian Petitfils rappelle notamment ce que fut l'intransigeance du Christ, sa violence verbale parfois, et son goût pour le style apocalyptique. "On se tromperait, écrit Petitfils, en en faisant un doux missionnaire ou un débonnaire professeur de morale (le Jésus sulpicien!). c'est un prophète authentique qui crie, invective, lance de cinglantes diatribes". Jésus ne craint pas le style provoquant, quand il dit ne pas apporter la paix mais "le glaive". Il jette l'anathème sur ceux qui ont refusé son message ou pour secouer les foules de leur torpeur spirituelle. Il prend à partie ses adversaires: "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites (...), serpents, engeance de vipères!". C'est pourtant le même Jésus qui, "compatissant, empli d'une infinie miséricorde, appelle à lui toutes les victimes, tous les blessés de la vie", note l'historien. "Il ne cherche pas à instaurer son règne par la force".

Aux prêtres et aux évêques d'être à la hauteur de leur mission, en cessant d'être des robinets d'eau tiède et des enfonceurs de portes ouvertes. Il y a urgence.

(1) Jésus, de Jean-Christian Petifils, Fayard

mon cher Ivan,

je te remercie de soumettre à mon attention cette dépêche AFP, qui, je n’en doute pas, a su restituer la profondeur et la saveur des propos du cardinal Ravasi, qui, étant du Vatican, comme toi tu es du figaro, engage le propos du pape comme tu engages la position de Sarkozy. C’est vrai, quoi.

Soit dit en passant, tu as raison, et Ravasi aussi, on s’ennuie parfois en homélie. Pas tout le temps, mais parfois. Soit que le prédicateur n’était pas en verve ce jour là, ou pas en verve tout court, mais j’y reviendrai, soit que le texte, déjà, à la base, n’était pas facile facile, soit que j’étais pas super dispo pour écouter, agacé derechef par le tic verbal dudit prédicateur. Si ça peut te rassurer, je m’emmerde aussi souvent en écoutant la radio, lisant les journaux, mais jamais en regardant la télé, parce que je ne l’ai pas. Pire, non seulement je m’emmerde mais il m’arrive fréquemment de penser “ce type est un con, et il parle comme un con, et il ne pense pas”. Et autant je m’enquiquine ferme pendant certaines homélies, autant j’y ai plus rarement ce genre de pensées, même si ça finit par arriver.

L’homélie, c’est un truc récurrent, genre quotidien et hebdomadaire, format court, et où le sujet est imposé par la Parole qu’on sert, et le peuple auquel on s’adresse ((nous les cathos on dit peuple quand tu dis lectorat)). Parfois on est bons, on trouve le fil, l’intuition qui rend le propos intéressant, parfois, non. C’est con, j’ai oublié de prendre l’option “génie” au séminaire. Mais bon. Et puis, on est pas là pour qu’à la fin, on nous dise “chrysostome est de retour, mais pour aider les chrétiens à vivre.” Servir la Parole, le Christ, faire entrer dans la profondeur du propos, c’est pas toujours funky, et on n’y excelle pas tous et tout le temps. Mais bon. SI je faisais de la comm, je prendrais un micro HF, je me collerais en plein milieu du choeur, et je te parlerais au coeur, à toi, oui toi au 2e rang, qui veut être converti par Dieu, je serais enflammé, je serais drôle, je serais délicat, je serais… haï au bout de 3 fois du même numéro. Parce que la messe, c’est pas un numéro de charme, c’est l’espace de la rencontre avec le Christ. L’homélie y conduit, mais pas que. Le rite pose cet espace, les paroles du rite le permettent, et s’il est vrai que parfois la forme est franchement hyper ascétique voire repoussante, le fond n’est jamais dans la forme, que veux tu.

L’autre souci, mon cher Ivan, c’est que si on recrute un journaliste à sa plume, on ne recrute pas un curé à sa langue. On est divers, nous les prêtres, certains sont orateurs et bons orateurs, d’autres fédérateurs de communautés, tâcherons de l’unité, bosseurs en sous main, priants à l’extrême, accompagnateurs de génie… et on n’arrive pas à avoir toutes les qualités. C’est bien simple, il me semble bien souvent que toutes me manquent. On essaie d’être bons, mais bon, on fait c’qu’on peut et parfois c’est pas glorieux.

Alors certes, le coup du robinet d’eau tiède, c’est vrai que ça tue, le coup de la comm’ mal assumée, c’est redoutable, la parole qui manque de feu aussi, mais bon, tu vas pas arrêter d’aller voir ta mère parce qu’elle a un bouton sur le nez, voire une langue de vipère. C’est ta mère, t’y vas, et tu vas même t’arranger pour qu’elle ne tombe pas dans ses pires et détestables excès.

Si les curés te balancent de l’eau tiède, c’est peut être que l’Evangile a suffisamment marqué les esprits pour que ce qu’il dit te “tombe sous le sens” mais pas assez marqué les vies pour qu’on soit encore obligés de faire subtil et de le rappeler. Pire pour les portes ouvertes. OK, on les enfonce, mais toi, tu les franchis?

l’homélie est un art, et nous sommes de pauvres artisans. Je te promets qu’on bosse, certains plus que d’autres à ce genre de sujets, et qu’on brûle encore pas mal… mais ce n’est pas suffisant. J’accepte de me faire tancer, et qu’on me dise que j’ai tapé trop souvent à côté, mais je t’en prie, ne me fais pas le coup du “je suis pas venu à la messe, le curé est pire que la tourtel”, parce que c’est peut être ce dimanche là que la Parole que je sers, comme toi, t’aurait brûlé.

PS: si tu veux plus d’infos, pique à Jean Marie Le Guénois un bouquin auquel je viens de participer, “ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux” qu’on lui a envoyés en envoi presse, ça pourrait te réconcilier avec les curés tièdes comme moi, mais qui y croient encore.

PPS: je sais que ma petite réponse est méchante et beaucoup plus incisive que ton propos qui était bien quand même… mais bon, quand je suis agacé, je dis des gros mots, c’est comme ça. Et puis les gros mots c’est dans le langage informatique et télévisuel du temps, c’est “coloré”. Rouge, en fait. voire “exagéré”.

Commentaires

1. Le lundi 7 novembre 2011, 13:09 par Nitt

Tu viens de me donner envie de prendre le train direction Cherbourg pour écouter un de tes sermons ! ^^

(Y a pas, c'est quand on râle, nous autres blogueurs, qu'on est vraiment amusants...)

2. Le lundi 7 novembre 2011, 14:08 par Fikmonskov

Je pourrais croire que ce texte est écrit pour moi, qui ai pesté méchamment dimanche à la sortie de la messe...

Merci pour cette petite remise en place :)

3. Le lundi 7 novembre 2011, 14:19 par s.u.père François

Merci David d'avoir pris la parole et la plume... après cette intervention vaticane qui m'a un peu désolé. Mais il est vrai, peuple des fidèles laïcs, comme les ministres ordonnés, tous nous avons à nous remettre en cause dans l'exercice homilétique (qui n'est qu'une partie de la messe, moins importante que la proclamation de la Parole de Dieu elle-même, et que l'Eucharistie tout de même... la grâce agit en dehors des qualités du célébrant : ouf !) Mais je voulais (pour apaiser le faux-débat) ajouter ceci :

"On doit éviter les homélies vagues et abstraites, qui occultent la simplicité de la Parole de Dieu, comme aussi les divagations inutiles qui risquent d’attirer l’attention plus sur le prédicateur que sur la substance du message évangélique. Il doit être clair pour les fidèles que ce qui tient au coeur du prédicateur, c’est de montrer le Christ, sur lequel l’homélie est centrée. (...) Le prédicateur doit « être le premier à être interpellé par la Parole de Dieu qu’il annonce » etc...

Ces paroles sont de Benoît XVI dans son exhortation apostolique Verbum Domini (§59) et datent déjà d'un an ! Donc rien de nouveau sous le soleil... et cette problématique sur l'homélie,se retrouve jusque chez les pères de l'Eglise.

Mais à la différence du cardinal Gianfranco Ravasi (ou de ce qu'en ont traduit les dépêches), Benoît XVI s'adresse à tout prédicateur (prêtres, diacres, cardinaux et évêques) Et pour ces derniers je pourrais en citer qui soit particulièrement insipide (mais chut!... et puis la Grâce agit quand même.)

Donc j'invite à relire, paisiblement, Verbum Domini 59-60 qui nous dit, entre autres : "comme nous le rappelle saint Jérôme, la prédication doit enfin être accompagnée par le témoignage de sa propre vie".... (et toc !)

Verbum domini : http://www.c-b-f.org/Verbum%20Domin...

4. Le lundi 7 novembre 2011, 14:50 par cybersister

Excellent ! Je me régale de ce coup de gueule ! Il est tellement plus facile de critiquer que de faire. C'est vrai que parfois ce n'est pas top les homélies, mais je trouve que habituellement c'est quand même pas mal. Ou alors j'ai la chance d'être dans le bon quartier... Et puis je me mets parfois dans la peau des prêtres et je suis angoissée devant le nombre d'homélies qu'ils ont à faire, devant une assemblée hétéroclite culturellement, religieusement, socialement, politiquement... dire ce qu'il faut, comme il faut, en 8 mn (c'est le temps supportable), ne pas aborder 36 sujets, ne pas faire de morale... Je pourrais continuer longtemps ainsi...
Quand j'étais petite (ou petite avec un e), je voulais être prêtre, mais je n'ai pas persévéré à cause des homélies !...

5. Le lundi 7 novembre 2011, 15:01 par Clémence

Pssit : c'est JM Guénois, pas Le Guénois. (tu peux effacer ce com après utilisation...)

6. Le lundi 7 novembre 2011, 15:09 par gael

Avec ton eau tiède me vient une comparaison : la Parole de Dieu est brûlante certes mais à feu doux : on est des steaks congelés et si on met à feu vif le dessus est cuit mais l'intérieur cru alors que si on laisse mijoté ... on devient savoureux tout entier !

7. Le lundi 7 novembre 2011, 15:40 par Marie

Cher Mr David,

J'aime bien votre réponse, je veux dire le côté j'arrête de tout encaisser sans rien dire... Malheureusement, il y manque un petit constat réaliste : oui, pas mal de paroissiens, même impliqués et très croyants, font avec les homélies comme avec la radio ou les journaux (et non comme ils font avec leur mère) : quand ça les ennuie, ils dorment, ou ils changent de messe (quand ils ont le choix), ou ils viennent moins souvent.

C'est très regrettable, ça dénote l'évolution du rapport à l'Eglise qui quitte le lien filial et communautaire pour un lien fonctionnel voire de consommateur, mais finalement vos paroissiens, quand ils ne sont pas à la messe, ont pris l'habitude de changer de chaine TV ou de station de radio quand l'animateur ne leur convient pas, et vous n'êtes pas animateurs, mais vous vous retrouvez à subir ce même traitement.

Sans doute qu'on attend pas de vous un "one man show" dans le choeur parce qu'effectivement au bout de 3 fois, ça serait le désastre. Mais oui, dans notre société de média, l'exigence dans l'art oratoire a grandi, celle de l'adaptation au "public" aussi.

Il se trouve que je suis animatrice de chants et là c'est pareil, quand l'animateur chante faux, que le répertoire est (au choix : has been, trop guimauve, trop chacha ou pas assez joyeux), et ben on ne se prive pas de nous le dire, et de faire des comparaisons... Voilà. Après on fait ce qu'on peut, et on compte sur l'Esprit Saint pour le reste...

Je crois que si mon curé, un jour, profitais de son homélie pour nous décrire son emploi du temps de la semaine, peut-être que ceux pour qui le lien avec l'Eglise commence dimanche à 11 h et s'achève dimanche à 12 h 00 (pas tous les dimanches) se rendraient compte de tous les autres talents qu'il a à défaut de celui de l'Homélie.

Très amicalement

Marie.

8. Le lundi 7 novembre 2011, 15:58 par Koz

Et Rioufol fait d'un propos général et introductif un axe de polémique. On ne se refait pas.

Comment m'empêcher de penser qu'Ivan Rioufol aimerait que l'Eglise ait un peu les couilles de dire qu'on ne pourra pas accueillir tous les immigrés, que l'islam va nous bouffer, que la civilisation chrétienne est en déclin etc. Il apprécierait probablement moins le prêtre qui te secoue dans ton rapport à l'argent, dans tes dons aux oeuvres ou, plus encore, dans ton implication quotidienne auprès des plus faibles, ainsi que dans l'accueil des immigrés. Je le dis d'autant plus facilement que, sur tous ces points, je me fais secouer (peut-être un peu moins sur les dons, tout de même, faut pas charrier, je suis pas un mauvais bougre).

Ah et, sinon, dans le propos du Cardinal Ravasi, il y avait aussi un clin d'oeil direct pour toi, David :

"Mais la communication de la foi n’a pas lieu seulement dans l’homélie, a estimé le haut prélat, avant de citer en exemple le système Twitter – l’envoi de brefs messages d’information électronique – qui, par la brièveté de ses messages, « oblige à donner quelque chose de fulgurant, d’essentiel »."

http://www.la-croix.com/Religion/Ur...

J'imagine que, s'il évoque twitter, il doit penser à peu près de même des blogs ;-)

9. Le lundi 7 novembre 2011, 17:32 par David

@Koz: je sens que M. Rioufol ne va même pas lire ma réponse. Mon commentaire, sans doute parce qu'il avait un lien a été déjà délicatement modéré. Et je voudrais dire que "modéré", c'est tiède, Ivan!

@Mme Marie: vous croyez que je ne vois pas le haut de votre crâne quand vous vous endormez, (ou que je m'endors moi même?) vous croyez que je ne repère pas ceux qui ne viennent plus, et que ça ne m'ennuie pas un peu... vous croyez que ça me fait pas un peu bizarre quand dans une homélie on décale un peu le propos pour rendre toute l'acidité pertinente de la parole de Dieu et qu'on ne sent pas le frémissement complice de celui qui n'ose pas s'amuser du décalage, mais sourit quand même. Franchement, il y a aussi des assemblées qui poussent à dire des banalités. Mais je reste d'accord avec vous, comme avec Koz, un peu de flamboyant et de beauté, si ça ne conduit pas nécessairement vers Dieu, c'en est une condition d'accessibilité. Alors que le moche, non.

toutefois, vous avez raison aussi, on est toujours "trop" ceci et "pas assez ça". Parfois à juste titre, parfois, ça mériterait juste un bon coup de pied au cul.

@Gael: moi, l'eau tiède des bains de pied, ça me fait vomir aussi, tu sais ;)

@clémence: je corrige et implore la miséricorde des journalistes.

@cybersister: il m'arrive de trouver mes propres homélies chiantes, c'est dire.

10. Le lundi 7 novembre 2011, 21:02 par tchekfou

Tiens, voilà maintenant qu'après être passés maitres es endormissement, les prêtres se rebiffent.

Mais le christianisme n'est-il pas un chemin de pardon, de confiance, blablabla.

Vaut mieux lire un bon sermon de saint Augustin (et Dieu sait qu'ils diffèrent en quantité et en qualité, en virulence et en polémique, de ceux de nos bons curés) pendant l'homélie que de s'endormir avec les autres.

On ne demande ni charme, ni com', ni ce que la télé nous propose.

Ce que nous demandons, nous le demandons ab negatio : pas de gauchisme primaire, pas d'auto-flagélation, pas de discours langoureux et mielleux sur le "coeur", la 'rencontre", pas d'altérophilie outrancière. etc. etc.
Une expositio forte et certaine de ce qu'elle dit.

11. Le lundi 7 novembre 2011, 21:49 par DUGAST

Je propose une idée toute simple : priez pour nos prêtres : ils en ont besoin : en effet, beaucoup sont seuls, assumant plusieurs clochers, assumant des laïcs de bonne foi mais n'ayant pas toujours de bonnes idées pour la liturgie et assumant la fatigue.
N'oubliez pas de demander des prêtres selon votre désir, et, pour ceux qui ceux qui sont père de famille, n'oubliez pas de demander qu'un de vos garçons si vous en avez un, accepte cette belle mission d'être prêtre. En union de prière.

12. Le lundi 7 novembre 2011, 22:02 par David

@tchekfou. euh? Lol? #conseilleurs #payeurs toussa.

@Dugast: et partagez avec eux la joie de la mission, parce qu'elle est joyeuse cette mission, hein? (et merci pour l'invitation, je la prends à titre "priez pour vos frères prêtres", hein.)

13. Le mardi 8 novembre 2011, 12:28 par Marie

Merci pour votre réponse. C'est vrai qu'il y a des assemblées qui poussent à la banalité. J'aime beaucoup celle de Koz aussi. L'eau tiède, le centre mou, ça évite de faire fuir l'un ou l'autre (ça me rappelle mes cours de sociologie électorale, mon Dieu...), et de faire des églises par "tendances" (et encore...), ... comme les blogs. Parfois j'aimerais bien que mon curé secoue quelques puces, mais on ne sait jamais il pourrait être accusé d'altérophilie exagérée (pour un disciple du Christ, quelle insulte suprême -ironie-)

Et puis, pour vous rassurer, statistiquement, sur toute une assemblée, vous ne pouvez plaire à tout le monde. Et finalement, c'est un peu toujours pareil : les râleurs on les entend, les dormeurs on les voit, les évadés on voit le vide qu'ils laissent... Mais dans tous ceux qui restent, qui écoutent et qui ne disent rien, il y en a qui sont là parce que c'est vous, et pas un autre. Ca fait du bien de le dire, aussi.

PS : vos questions anti-spam, c'est toujours une tentation de blagouenette...
14. Le mardi 8 novembre 2011, 12:59 par David

sur une année, on finit par entendre parfois des dimanches plus provocants, plus priants, plus altérophiliques... pour peu que comme prêtre on arrive encore à interroger notre pratique homilétique... et ce n'est pas toujours le cas.

il y a tout de même des choses qu'on s'interdit, formellement, parce que ce serait inaudible. ça n'empêche pas de passer le même message, autrement. ;)

PS: j'ai beaucoup souri en écrivant mes questions antispam, au moins certaines. Si vous blagounettez en réponses, ce n'est pas grave, quelques temps plus tard, je revalide.

15. Le mardi 8 novembre 2011, 14:33 par Stef

Je suis complètement d'accord avec Rioufol que de niaiseries ont peut entendre en paroisse dans les homélies : sophisme, profession de foi politique bien ancrée a gauche voir des choses assez peu en accord avec les dogmes catholique. J'ai quitté ma paroisse il y a maintenant 6 ans pour aller définitivement dans une chapelle desservie par la fraternité st Pierre et la, alors que pendant les sermons j'avais été ennuyé agacé par tant de platitudes j'entends des grands sermons qui font appel aux pères de l'Eglise, à Bossuet et surtout à l’Évangile, des sermons qui servent a quelque chose qui parfois dérangent dans notre facon de pratiquer notre religion . évidemment je ne met pas le clergé diocésain dans le même panier j'ai entendu les sermons de ce pretre de Marseilles le pere Zanotti Sorkine ( on peut les entendre sur le net) des grands sermons vraiment !

16. Le mardi 8 novembre 2011, 15:16 par jean duma

C'est marrant cette réaction à un article que je me suis permis de trouver prophétique, parce que les prophètes, ils sortent aussi de pays pas possible comme Bethléem, Nazareth, la Galilée ou Le Figaro, des coins où on ne les attendait pas et dont on dit parfois pis que pendre.
Parce qu'il a raison, il y en a comme çà qui sont des extincteurs permanents, des bonbonnes d'argon infaillibles, des touilleurs de vide. La logorrhée soviétiforme, le dico des poncifs, le recrachage charito-planplan, on connaît ici, en Côtes d'Armor, nom de nom ! Et c'est marrant comme le développement du phrasé creux induit la chute de la fréquentation sacramentelle.
Et il n'y a qu'en France qu'on est soit dedans, soit dehors et qu'on ne peut rien dire comme çà, en passant : que nos chers prêtres, vie donnée, vie offerte, soient des laborieux du prêche, pas toujours bon, soit, gloire honneur et fraternité, mais de dire que certains sermons n'enflamment jamais les coeurs,il faut affronter la vérité, non ? C'est vrai qu'en France, chut, on tait, on étouffe, on sourit, on attend et on crève dans les églises vides.
Le succès de certains tient pas mal à cet enthousiasme de la parole, verbe primitif de vie... Je ne crois pas que Actes 2 ait prouvé qu'il faille beaucoup travailler au séminaire pour distiller du fire qui burn !
Et tenez donc, une analyse même pas sémantique mais lexicale qui lui donne raison, à ce plumitif figariste. http://luc1249.wordpress.com/2011/1...
Allons, hauts les coeurs !
Gloire et honneur à nos prêtres, prières et accueil dans les familles !
(et çà, très cher padre, c'est ce qui manquait à Rioufol : pas qu'il ait tort, mais qu'il soit aussi charitable dans la vérité. En même temps, on a pas demandé à Jonas de dire qu'il aimait tout le monde en traversant Ninive ! Et puis last but not least, Veritatem Facientes In Caritate : ils sont sympas et finalement pas mauvais sur le fond)

17. Le mardi 8 novembre 2011, 19:26 par Koz

Les choses sont donc bien claires. Cesser d'être inodore et sans saveur, c'est un appel à arrêter d'être à gauche. Ou en tout cas à la mouler sur ces sujets.

J'ai beau être de droite, je suis atterré par ces raisonnements à la petite semaine.

18. Le mardi 8 novembre 2011, 20:07 par Vieil imbécile

Quelques réflexions trollatiques, à défaut d'être drôlatiques...
1/ Déserter parce que l'homilétiquant ne nous passionne pas montrerait que l'assemblée des chrétiens s'apparente plus à un club de boulistes qu'à une communion.
2/ Il est toujours possible de s'alimenter via internet avant ou après la messe : au pire, pendant l'homélie, quelques minutes de prière et de méditation in petto de la Parole reçue ne peuvent faire de mal.
3/ Quand mon regard est bienveillant, je trouve toujours quelque chose de "bouleversant" dans la plus "tiède" des homélies. Quand mon regard n'est pas bienveillant, je ne trouve pas beaucoup de prêcheurs qui arrivent à me décarapaçonner... il me semble bien que le secret de l'homélie creuse/bouleversante réside plus dans mon regard d'écoutant (pardon, j'ai pas pu résister à cette absurdité de langage :)) qu'à l'habileté du prédicateur.
4/ Nous aurons plus de prêtres le jour où nous saurons les aimer tels qu'ils sont. Et ils seront meilleurs en chaire le jour où ils sentiront la chaleur de cet amour.
5/ Je trouve quand même que nous avons une chance folle d'avoir une telle panoplie (j'allais dire diversité, mais j'sais pas trop pourquoi ce terme m'énerve en ce moment... chacun ses agacements :)) de prêtres. S'ils étaient tous sur le même moule de grand tribun, on perdrait quelque chose. Quelque chose de plus indicible. Quelque chose qu'on doit apprendre à regarder ;)
6/ Merci David d'être ce que vous êtes.

19. Le mardi 8 novembre 2011, 23:24 par David

entrollez moi au bout de la terre, vieil imbécile. c'est intéressant de vous voir développer une idée, un petit bout de truc qu'on avait commencer à dérouler. ça se lit mieux que "vous critiquez quelqu'un dont je pense qu'il a totalement raison". Merci.

20. Le mercredi 9 novembre 2011, 00:05 par do

Quand Jésus annonce que répudier sa femme pour en prendre une autre, c'est un adultère, et que donc y faut pas, même notre premier Pape - qui pourtant avait une belle-mère - se met à trouver son mariage un peu tiédasse. C'est dire combien notre tiédeur au contact des homélies est liée à notre incapacité à vivre l'Amour... (j'imagine la tête de Madame Saint Pierre au moment où il a répondu à Jésus "bah, ça vaut pas le coup de se marier, si on peut même pas changer de femme..."!)

Et puis, si nos prêtres nous servent un peu d'eau tiède, c'est pas bien grave: Jésus a montré qu'il était capable de transformer ça en vin de la Vigne Véritable.

le prérequis? peut-être justement reconnaître qu'on n'est que de pauvres cruches d'argile, nous aussi... (désolée, les prêtres, pour le "aussi": c'était juste pour pas vous exclure du plan de salut, hein!)

21. Le mercredi 9 novembre 2011, 09:05 par jeanduma

Humour divin : alors que tout le monde râle sur des prêches sans saveur (et moi le premier), ce matin, Dédicace de St Jean de Latran. Notre cher vieux prêtre de 8h00, habitué des sermons socio-larmoyants, des réécritures de prières eucharistiques, plus fan de citations de Sartre/Camus et autres Nietzsche, mais bien là à 80 piges et fidèle au poste lorsque tant ont déserté, nous sort ce matin un truc canon, histoire des basiliques en 10 phrases, et une bascule sur la seule basilique, le coeur des hommes dans lesquels Il piaffe d'habiter...

Comme quoi, c'est bien le butinage spirituel qui compte : du coup, j'en ai avancé le post de demain : http://luc1249.wordpress.com/2011/1...

Bon, en même temps, çà ne mange pas de pain que Rome rappelle qu'il faut être salé ?

22. Le vendredi 11 novembre 2011, 15:03 par camille

dans l'homélie, il y a celui qui parle, et ceux qui écoutent ( sans parler de Celui qui est ! ) : autant les paroles peuvent conduire à la méditation-reflexion-remise-en-cause, etc, autant l'attention de ceux qui écoutent peut porter celui qui parle à aller plus loin ( ou pas ).
tous dans la même barque, mieux vaut coordonner nos mouvements et l'Esprit nous conduira là où Il nous veut !

23. Le vendredi 11 novembre 2011, 17:08 par David

@camille; votre commentaire m'a rappelé un vieux billet: http://davidlerouge.fr/index.php?po... parce que dans nos assemblées, il y a les forts, les gens qui vont bien, qui en veulent, et tjrs plus, qui préfèrent les homélies musclées, la radicalité... mais pas que. merci de me l'avoir rappelé.

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