Aller à la recherche

hymne pascal

Un homme est mort qui n’avait pour sauveur
Que deux bras ouverts une fois pour la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que Celui qui l’avait appelé
Un homme est mort quand continue la lutte
contre la mort qui l’a dépassé, séduit, happé

Car tout ce qu’il voulait
nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
que le bonheur soit la lumière
au fond des yeux, au fond du cœur
Et la justice sur la terre
mais plus en lui, ici.

Il y a des mots qui font vivre
mais qu’on n’accueille plus pour soi
et ce sont des mots si brûlants
le mot Sauveur, le mot confiance
Charité, justice et le mot liberté
le mot Fils, et le mot délicatesse
mots que l’on professe, plus grands que nous
Le mot courage, et le mot consentir
et le mot frère, et le mot camarade
des mots auxquels on croit, qui parfois renvoient
sur ce qu’on ne vit que pusillanime
Et ces mots s’enroulent en spirale suffocante
dans la solitude, suscitant l’irréparable.

Ajoutons-y Pascal
Pascal est mort, vie reprise qu’il ne pouvait plus donner,
en marge de ce qui nous fait vivre
tutoyons-le, il était frère d’arme,
soldat de charité, enfermé dans le combat, désarmé.

Tutoyons-Le, il nous rappelle que le salut
est affaire fragile de fragilité saisie,
qu’Un seul est grand, qu’il y a des gouffre où l’on peut tomber

Tutoyons-nous il nous dessine en sombre l’espérance.

pascalJe crois avoir croisé quelque fois Pascal à la catho, dans nos premières années, j’avais oublié son nom, mais pas son visage. Il avait mené ses appels et ses missions dans des lieux dont j’ignore tout, dans des cercles autres, mais l’annonce de sa mort, inattendue, violente, choquante réanime ma colère contre novembre, sombre et poisseux, qui englue tant d’amis dans des solitudes inespérantes. Le combat, il l’a arrêté, je n’ai de cesse d’espérer que son Dieu saura d’autant plus le saisir, le recueillir, comme une mère son fils blessé au cœur. La foi ne connaît pas beaucoup de héros la nuit, je regrette simplement qu’il n’ait plus pu sentir la tiédeur de nos amitiés, le rose de nos optimismes, le soyeux de nos attentes bienveillantes.

un petit de Dieu est tombé. Et je ne vaux guère mieux.
Pardon et merci à Eluard de m’avoir laissé emprunter ses mots
et merci douloureux à ce billet: http://lawebattitude.blogspot.com/2011/11/205-amis-et-seul.html

Commentaires

1. Le mercredi 9 novembre 2011, 08:49 par David

pardon pour le caractère ardu de ce billet, les mots compliqués, le vol du poème d'Eluard, les allusions cryptiques... c'est ma manière alambiquée d'être pudique, et gêné tout en écrivant, tout en étant vrai mais pas indécent.

2. Le mercredi 9 novembre 2011, 09:20 par s.u.père (triste) François

La mort de Pascal m'a laissé sans voix, sans plume. Que dire, qu'écrire dans la tristesse, l'incompréhension et la consternation ? Merci David d'avoir ce talent.

3. Le mercredi 9 novembre 2011, 10:00 par cybersister

Merci David de cette belle page pleine d'affection, de délicatesse, de douleur discrète.
Demain matin, à Fontenay, au cours de la messe à la mémoire de Pascal, nous reprendrons certainement ces témoignages d'amitié qui viennent sur la toile depuis quelques jours..
Je voudrais tellement que le titre de mon billet soit faux !

4. Le mercredi 9 novembre 2011, 10:28 par Béatrice

"Il y a des mots qui font vivre
mais qu’on n’accueille plus pour soi"...
Quel beau billet.... Un seul mot (en fait 3): bravo et merci!

5. Le mercredi 9 novembre 2011, 12:49 par Nitt

Je ne sais trop que dire, alors je vais faire simple. Je prierai pour lui, et pour vous tous qui l'avez connu.

6. Le mercredi 9 novembre 2011, 15:33 par Corine

Oui, juste prier pour ces solitudes cachées, ces souffrances tues, et cet automne, mélancolie qui les réveille trop souvent. Oui, il est vrai ce billet David. Merci.

7. Le mercredi 9 novembre 2011, 16:15 par Isabelle

Terrible. Effrayant. Déchirant. Je m'associe à la prière de ceux qui l'ont connu et qui le pleurent.
"Il nous dessine en sombre l'espérance"
Merci

8. Le jeudi 10 novembre 2011, 14:50 par Koz

J'aimerais trouver un poème pour mettre les mots que je ne vais pas trouver.

Allez, nos prêtres, sachez que nous sommes nombreux à vous porter dans nos coeurs et dans nos prières. Pourvu que nous sachions, nous aussi, être attentifs à vous, savoir distinguer le désespoir qui s'instille. Et que vous sachiez, aussi, appeler quelque fidèle, un ami, un frère pour lui confier que vous non plus, ça ne va pas toujours.

et la question antispam anodine m'arrache tout de même un sourire : non, Koztoujours n'est pas le vrai nom d'Edmond Prochain

9. Le jeudi 10 novembre 2011, 17:46 par Vianney +

Nombreux ont été ceux qui ont prié pour Pascal aujourd'hui dans ma paroisse. Dans toutes nos prières communes, avec les uns et avec les autres, liturgiques ou non, je l'ai confié à tous.
Je ne le connaissais pas, je ne connaissais même pas son prénom, ni son diocèse... mais j'ai prié pour le frère d'armes blessé au cœur et l'ai confié aux cœurs nombreux - y compris les plus blessés de la maison de retraite d'où je reviens après y avoir célébré la messe - de mes frères et de mes paroissiens.

Et, en même temps, l'action de grâce pour un frère prêtre, un temps en grande difficulté, un temps au bord de la fuite, qui reprend ces jours-ci le chemin du ministère. Lueur d'espérance, aussi, en ce mois de novembre.

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet

Page top