Aller à la recherche

si tu avais Un ami...

Je n’ai pas envie de passer dans le camp de la peur, qui considère l’autre comme pourri, le camp de la certitude qui m’engonce dans mon bon droit offensé ; je n’ai pas envie de supputer une attaque en règle de vieux comptes à régler, par un “on” diffus et malodorant contre une église victime innocente, je ne veux pas te jeter ma prière à la gueule, ni même mon regard atterré, je ne veux pas t’éviter que tu saches ma souffrance parfois, je ne veux pas désespérer de l’homme, ni cesser de l’aimer quand il n’est pas aimable…  je ne veux pas jeter une société avec l’eau de son bain.

Mais je ne comprends pas l’homme quand tout un pan de l’altérité n’est plus respecté, honoré, reconnu. Ne dois-je aussi ne craindre, ne respecter que celui qui peut me démasquer, m’inquiéter, sévir, ou me mettre en danger ? n’y a-t-il que le bâton et la vidéosurveillance qui me gardent d’être au plus bas de moi même, d’être l’humiliant ? N’y a-t-il pas un domaine où l’homme devine qu’il fricote avec le vulgaire, la lie de son humanité ? Est-il humain de haïr, dénigrer, négliger, vilipender, rejeter, s’approprier ?

alors parfois, je voudrais te poser une question, à toi qui, masqué par ta bêtise, ton alcool, ta bravade, ta colère, ton âpreté au gain facile et immérité qu’ils “auraient dû mieux protéger, c’est leur faute”

quel verrou a sauté dans ta tête quand tu salis une tombe ?
quand tu voles 3 bibles dans une librairie ?
quand tu piques le siège de présidence en velours et les tapis d’une église ?
quand tu célèbres tes profits sur les décombres de l’usine qu’on a fermée pour te les donner ?

quand tu insultes un croyant, au nom de je ne sais quelle vérité, avec ou sans majuscule ?
quand tu dis qu’on a trop d’étrangers ?
quand tu dessines une croix renversée sur un portail, quand tu souilles une statue ?
quand tu salis un petit ?

quel héros te crois-tu, dans cette obscurité où tu jubiles ?
le héros qui a su blesser sa propre humanité…
où est l’ami qui aurait su retenir ton bras ? où est l’ami qui t’aurait fait l’honneur de te permettre d’être toi. le vrai toi.

tu me fais penser à un homme sous antidépresseur, dans ces premiers jours désinhibés… qui vacille à deux pas du suicide… Quel sera l’ami qui retiendra ta main quand tu continueras d’humilier en toi ce qui est trésor d’humanité?

je t’en veux d’étriller ma foi en toi. Je t’en veux. Le Christ, après tout, est mort de cela.

Commentaires

1. Le mercredi 30 novembre 2011, 05:51 par Mahina

Il y a du "mauvais" dans l'homme, mais aussi "du bon"... Mais notre société d'hyper communication ne reteint que les vols, meurtres, "assassinats" en tout genres de l'homme, d'une école, d'un lieu de prière...Jamais ou si peu de ces quelques actes héroïques, de ces petites joies, de ces éclairs d'amitiés. Pourquoi ne diffuser que l'horreur, à faire croire que l'homme est irrécupérable...Je rêve d'un monde plus juste, tolérant, aimant... est-ce seulement une utopie? Le Christ serait-il mort pour rien que l'homme soit irrécupérable??

2. Le mercredi 30 novembre 2011, 10:39 par David

j'ai écrit vite, peut-être à cause de cet article là http://www.la-croix.com/Actualite/S... peut être à cause de statuts de ces dernières semaines, peut être parce qu'on nous a pas mal dérobé de choses ces derniers temps dans ma paroisse, peut être parce que je m'en voudrais de ne pas être "l'ami"... ou que vous oubliiez de l'être.

3. Le mercredi 30 novembre 2011, 22:56 par Lepetitchose

Combien de fois ai-je pensé ces mots ?... Combien de fois me suis-je demandé comment aimer les connards, les salauds ? Pas forcément les grands et gros, pas forcément ceux qui t'ont énervé et amené à écrire ce billet, mais ceux qui empoisonnent leur environnement avec de petites touches de noir. Je leur en veux de me faire perdre patience, je leur en veux de me faire perdre ma confiance en eux, je leur en veux de m'obliger à me barricader pour ne pas récupérer leur mauvaise humeur.
Mais ta théorie de l'Ami, elle est en béton, elle ne pourra jamais être profanée au point de devenir obsolète, elle gagnera cent fois pour la seule personne à qui elle aura apporté et ne perdra qu'une fois pour la fois où l'Ami sera absent.
Et l'Ami, parfois, il n'arrive qu'après, il n'empêche que la seconde fois. Mais cela se voit moins...

Tu m'as mis les larmes aux yeux... C'est pas un péché ça d'ailleurs ? ;)

4. Le vendredi 2 décembre 2011, 08:47 par Vio

Alors là encore une fois un IMMENSE merci .Comme Le Petit Chose, une grosse boule dans la gorge à la fin de ce texte ...Le Christ est l'Ami pour chacun , celui qui est toujours là même si on ne le voit pas. Mais il nous demande aussi d'être l'ami, même de "celui qui n'est pas aimable ", et ça c'est une sacré mission, pas toujours facile, le programme d'une vie quoi !

Ajouter un commentaire

Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.

Fil des commentaires de ce billet

Page top