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ouvre-moi la porte, toi qui as la clef

Dans la paroisse où je sévis, il doit y avoir 7 clochers, cinq à Cherbourg entre ultra-centre et quartiers, et deux dans la commune d’à côté. 7 clochers où nous célébrons plus ou moins régulièrement, suivant l’implantation… et parmi elles, une se love dans le creux de la “montagne”, sous la falaise, derrière le premier à-pic des façades de l’avenue. Elle est un cœur caché d’un quartier éprouvé. On pourrait dire qu’elle est dans une impasse, mais ça serait aller trop vite en besogne.

un petit clocher, un petit parking, une petite école privée pas loin, des ouatères publiques adossées, et depuis la grand’route, si on ne passe pas trop vite, on voit une porte… fermée.

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“N’empêche qu’une porte c’est mieux qu’un mur”

c’est ce qu’ont dû se dire ceux qui ont eu l’idée compréhensible mais saugrenue, idée logique mais bizarre, idée des deux portes dont l’une en trompe l’œil, celle qu’on voit de la rue n’est qu’une peinture, l’autre, plus discrète est à côté.

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et je pense à cette porte figurée comme celle à laquelle frappent quelques uns de mes contemporains, qui frappent et s’étonnent qu’on ne leur ouvre pas, frappent et s’étonnent qu’on veuille les faire entrer par la porte à côté, celle qu’on ne voyait pas de loin, celle qui laisse aller à l’intérieur.

Ils demandent un baptême, mais refusent catégoriquement de catéchiser leur enfant ; et on leur dit que leur demande est une vraie question pour nous, comme frapper à cette porte en faux semblant ;
ils demandent une hagiographie lors d’un enterrement, quand nous voulons faire entrer dans une espérance qu’ils peineront à accueillir ; 
ils en veulent à l’Eglise de parler de Morale, de l’Homme sauvé, de Dieu, parce que ce n’est pas ce qu’attend la société… quand on a au cœur une profondeur, une élévation in-attendue mais in-dispensable.

Toi qui frappes à la porte avec toutes tes attentes… ne t’étonne pas qu’on ne t’ouvre pas le mur porteur, mais s’il te plaît, laisse-toi accompagner, d’un pas de côté, vers la porte qui mène à l’Intérieur…

Et moi, chrétien, prêtre, il me faudra de la douceur pour faire ce mouvement avec toi.

et aussi, comme dans cette autre église de l’agglomération, faire quelques travaux pour garder ou redonner à nos portails leur caractère naturellement “accueillant”.

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Commentaires

1. Le jeudi 1 décembre 2011, 12:09 par Nitt

Jolie métaphore, merci David.

2. Le jeudi 1 décembre 2011, 21:00 par Corine

J'aime bien aussi :-)

3. Le jeudi 1 décembre 2011, 22:13 par Tigreek

Elle reviennent souvent ces questions... Peut-être parce que ça fait mal de rester en rupture alors qu'on aimerait accueillir... Peut-être parce qu'on ne comprend pas leur logique qui est si loin de la nôtre ! Ou encore parce qu'il y a une sorte de superstition inconsciente et inavouable qui les pousse à frapper à la porte mais ne pas vouloir entrer ? ...

4. Le jeudi 1 décembre 2011, 22:44 par Isabelle

"S’il te plaît, laisse-toi accompagner, d’un pas de côté, vers la porte qui mène à l’Intérieur…"
Demain, préparation au baptême. Trouver les mots, avec "douceur", oser présenter une réponse aux attentes, pas celle qui est attendue, mais parvenir à déplacer la question"d'un pas vers le côté". Et faire comprendre que nous n'avons pas toutes les réponses, loin de là et heureusement.
Merci pour ce billet qui dit tant!

5. Le vendredi 2 décembre 2011, 08:35 par Vio

Merci encore une fois David pour ce beau texte, ouvrant la porte à des réflexions urgentes pour tous....

6. Le vendredi 2 décembre 2011, 22:42 par C.S. Indhal

Je trouve ça très poétique, cette porte qui n'ouvre sur rien, mais fait signe vers une autre plus discrète...

7. Le samedi 7 janvier 2012, 15:25 par barbad

Tellement fort ce symbole de la "porte" , la fictive et celle qui donne accès à "l 'intérieur"
Merci de nous offrir en partage cette méditation riche et porteuse de sens.

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